15 novembre 2008

Bibliothèque nationale [d'Alger] : la musique comme moyen d’expression

La Bibliothèque nationale d’Alger a abrité, dans la soirée de dimanche, une conférence-débat portant sur la musique, moyen de communication entre les civilisations et les cultures arabes, animée par Maya Saïdani. Prévue à 21 h, la conférence ne débutera qu’une heure après

Ce retard accusé était dû en partie à la défection, au dernier moment, du professeur et musicien Ahmed Serri, lequel devait animer conjointement avec Maya Saïdani la rencontre. Dans une courte communication, la musicologue Maya Saïdani a, d’emblée, précisé que la musique est un thème vaste qui ne faut être débattu en deux heures de temps. Toutefois, la musique a pour principal objectif de faire appel à la paix. l’intervenante s’est posée plusieurs questions dont :  Si on pouvait considérer toute musique comme un moyen d’expression, qu’elle est le devenir de la musique algérienne au sein de la société ? Que savons-nous de la musique algérienne ? Existe-t-il une ou des musiques algériennes ?

Sur un ton serein, la conférencière a levé le voile sur la problématique des messages véhiculés à travers les différents styles que renferme la musique algérienne dont le raï. Elle n’a pas manqué de souligner que certains musiciens se sont lancés dans la modernisation de la musique, et ce, dans un but lucratif. C’est ce qui explique en partie les mauvais produits qui existent sur le marché national. « L’enfant, dit-elle, doit être bercé, dès son jeune âge par la musique. Une écoute attentive doit se faire au lieu de considérer la musique comme un moyen de divertissement. La musique est un phénomène scientifique qui nécessite avant tout une compréhension. Des parents habituent leurs enfants à écouter une musique de qualité mais je ne sais pas si on va vers une qualité ou une production. » Nos musiques, précise-t-elle, sont des traditions orales. « A mon sens, quelque part, il y a un problème dans nos notes musicales, car il y a rupture entre les traditions orales. »

Actuellement, la structure de la société algérienne ne lui permet pas de suivre un maître précis. Les médias nationaux ont un rôle important dans l’éducation de la musique. Ils se doivent de contribuer d’avantage pour apprendre aux auditeurs et de les éduquer à écouter la musique traditionnelle. La diversité des styles musicaux contribue à l’aboutissement d’une définition précise de la musique. Concernant l’histoire de la musique andalouse, l’interlocutrice a affirmé qu’il faut être prudent sur ce volet. A son avis, la question de la musique andalouse classique reste toujours posée. « Les textes existent certes, mais on ne sait pas qui a fait quoi. Il y a des genèses de la musique. Aujourd’hui, les musicologues hésitent à décider s’ils doivent parler de musique algérienne ou des musiques algériennes », argumente-t-elle.

A la question de savoir ce qu’elle pense sur l’apparition de certains groupes gnawa qui se plaisent à métisser les différentes musiques du monde, elle a argué que la qualité des produits de ces groupes dépend de leur niveau artistique et de leur savoir-faire en matière musicale. Il est à noter, par ailleurs, que Maya Saïdani est actuellement maître-assistante à l’Ecole supérieure de musique. Après des études à La Sorbonne où elle obtient un DEA, elle décroche par la suite un doctorat en histoire de musique et de musicologie. Elle vient tout juste d’éditer aux éditions Casbah un important et volumineux ouvrage, intitulé La musique du Constantinois, contexte, nature, transmission et définition.

Source: El Watan

Edition  du 16 octobre 2006

Par Nacima Chabani

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29 septembre 2008

Nadia At Mansour, chanteuse, poète et écrivain kabyle

Nadia At Mansur Ikni est née en Algérie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 16 ans. Médecin Interne des Hôpitaux de Paris, dermatologue, elle s'oriente, après un post-doctorat à Harvard, USA, vers la psychologie jungienne. Elle travaille alors comme médecin-assistant en psychiatrie en Suisse. Elle a publié de nombreux articles scientifiques et donné des conférences. Elle est également auteur, compositeur, et interprète de l'album Chants soufis de Kabylie.

Biographie
1966. 8 mai. Naissance à Alger de Nadia, fille de Ramdane Ouahès et Colette Ouahès née Paulmier
1982. Etudes de médecine à Paris
1983. Entreprend l’apprentissage du berbère en traduisant, avec l’aide de son père, les chansons de Aït Menguellet
1989. Interne des hôpitaux de Paris, spécialité dermatologie, elle quitte Paris pour les Etats-Unis et occupe un poste de chercheur à Harvard (Boston)
1997. Médecin psychiatre en Suisse, elle s’initie à la psychologie junguienne
1999. Abandonne la médecine pour se consacrer à la psychologie des profondeurs
2001. Première représentation sur scène, à la Maison pour tous de Chatou, dans la région parisienne, des Chants soufis de Kabylie dont elle est l’auteur, le compositeur et l’interprète.
2002. Mariage avec Hakim Ikni et premier spectacle au Théâtre de la Vieille Grille à Paris.
2003. Le 10 juin, participe avec d’autres artistes à la première partie du spectacle de Aït Menguellet à l’Olympia. Dix jours plus tard, naissance de sa fille Rosa.
2004. Abandon de la scène après un dernier spectacle donné, à l’occasion de la fête de la musique, à l’hôpital Sainte-Anne à Paris.
2005. Parution de son ouvrage A la recherche de l’âme, interprétation d’un conte kabyle initiatique.
Elle exerce aujourd’hui la psychanalyse junguienne à Paris.


A la recherche de l'âme : Interprétation d'un conte kabyle initiatique (Essai) - Éditions Edisud, Paris ISBN : 2-7449-0550-X, 2005

Présentation

L'auteur s'intéresse ici au sens psychologique profond d'un conte kabyle ancien, véritable mine de sagesse, intitulé " Aïni ". En suivant le cheminement du héros à la recherche de la femme aimée, le récit raconte la voie qui mène à la réalisation intérieure, illustrant remarquablement le processus d'individuation décrit par C.G. Jung. Au fil des pages, le lecteur pourra puiser des éclairages passionnants sur la signification profonde de cette quête immémoriale de l'être à la recherche de son âme.

C'est un véritable apprentissage de l'amour, qui s'accomplit dans toute sa plénitude après des épreuves initiatiques dont l'auteur dégage le sens. Avec des siècles d'avance, le conte anticipe le développement de la vie maritale vers un lien individuel régi par le sentiment. Il vise donc au développement psychique et à l'accroissement de conscience, et son message est toujours d'une grande actualité. Il est démontré par ailleurs, grâce à de nombreuses amplifications, sa dimension éminemment universelle, ainsi que ses liens avec le soufisme.

C'est la première fois que la psychologie des profondeurs est appliquée à l'analyse de la symbolique d'un conte kabyle, surtout de cette qualité exceptionnelle. L'écriture se veut simple et concrète afin que les concepts psychanalytiques utilisés soient accessibles au grand public. Le présent ouvrage apporte une valeureuse contribution à la restauration du féminin dans un monde encore dominé par les valeurs masculines.

Le Soir d'Algérie - 10 mai 2007

Jung par ici

C’est pour le moins un parcours et une position atypiques qu’a fait et qu’occupe Nadia  At Mansur dans l’univers des idées et de la culture. Fille des mélanges assumés, il n’est pas étonnant qu’elle embrasse le mysticisme couplé à Jung, qui se rencontrent dans l’introspection et le besoin de subvertir en création les interrogations de l’âme et de l’esprit. Poète, musicienne, médecin, psychanalyste, Nadia At Mansur exprime, en fait, toujours la même chose.

Qu’elle chante, écrive ou parle, il s’agit toujours de dire cette lumière de sagesse et de sérénité qui fait habiter un monde parallèle au brutal monde concret et qui peut lui apporter cette part de quiétude qui fait si cruellement défaut. Nadia At Mansur a renoncé aux vanités du monde, à ses brillances superfétatoires, aux ambitions sociales, pour se consacrer à ce qui, au fond de chacun de nous, brûle d’un feu plus pérenne que tous les autres, le désir de se connaître pour mieux partager. Les ancrages identitaires, nationaux, ne sont pas une fin en soi pour elle. Ils sont juste la marque du départ pour mieux asseoir en elle et autour d’elle ces synthèses du monde qui font circuler dans l’universalité les sentiments et les idées. En allant vers Jung, Nadia At Mansur va en fait vers elle-même, c'est-à-dire vers nous tous.

Bachir Agour

L'univers de la sagesse ancestrale

L’imaginaire kabyle est peuplé de contes qui, à la fois, le singularisent et le rattachent au destin universel. Nadia At Mansur Ikni, dans son ouvrage A la recherche de l’âme, sous titré Interprétation d’un conte kabyle initiatique, paru chez Edisud en 2005, nous introduit et nous guide dans cet univers de la sagesse ancestrale. Elle a choisi Aïni, un conte traditionnel kabyle que les vieux racontaient, dans les assemblées de village, aux jeunes hommes désireux de se marier. La légende est ancienne.

Recueillie par l’anthropologue allemand Léo Frobenius au XIXème siècle, elle figure dans un recueil de contes kabyles traduits il y a une dizaine d’années par Edisud. Un conte hors du commun, fort dans son expression, exacerbé dans les sentiments qu’il développe, cruel dans les châtiments qu’il évoque. Il est dit initiatique car il vient éveiller à la connaissance de soi. Dans une première étape, l’auteur nous présente le conte. Elle prend soin de le situer dans son contexte culturel, dressant un tableau lucide et sans concession de la société kabyle traditionnelle :

«Dans la société masculine kabyle, l’émotion authentique est masquée et le domaine des sentiments est particulièrement ombrageux. Ecrire que la susceptibilité est démesurée est encore la sous-estimer. » Le conte restitué, Nadia At Mansur nous en livre l’interprétation. Elle en déchiffre les symboles universels — la clé, la porte, la cire, la colombe, — qui donnent accès aux mille et une facettes de l’inconscient.

«Le conte est l’âme qui se raconte», nous dit l’auteur. Médecin, psychologue junguienne, poétesse, chanteuse, compositeur et interprète de ses propres textes, elle met au service de sa culture originelle sa connaissance de la psychologie des profondeurs. Elle conclut sur l’influence soufie qui, au-delà du conte, imprègne le cœur de la Kabylie. Un conte sur l’amour étonnamment moderne qui nous rappelle que seul l’homme délivré du désir de posséder une femme la possède réellement.

Un livre érudit et pointu mais raconté avec une simplicité et une clarté telles qu’il demeure à la portée de tous.

Meriem Nour

A la recherche de l’âme, Interprétation d’un conte kabyle initiatique,
Edisud, 2005, Collection le sens caché des contes, 143p.

“Nos contes sont des bijoux”

Le Soir d’Algérie : Psychanalyste, médecin, chanteuse dans la tradition soufie, poète, écrivain. Vous êtes tout cela à la fois. Comment s'articulent ces différentes activités ?
Nadia At Mansur : Mon activité actuelle se concentre sur l’exercice de la psychanalyse et l’écriture. J’ai débuté dans la vie professionnelle par un parcours médical classique, une spécialisation suivie d’un post-doctorat en recherche.

Par la suite, j’ai totalement quitté ce domaine qui ne me satisfaisait pas, et dans lequel j’étouffais pour tout dire, pour aller vers ce qui m’appelait sans doute depuis longtemps, qui est l’univers de la psychologie. Ma découverte du psychiatre suisse C. G. Jung avait auparavant constitué un tournant dans mon existence.

C’est lui qui m’a procuré les instruments nécessaires à la navigation sur les eaux tumultueuses de l’inconscient, qui m’a ouvert les portes d’une compréhension symbolique des choses de l’esprit, du phénomène religieux. J’ai, depuis, dirigé mes activités dans cette voie junguienne, qui inclut aussi bien l’activité psychanalytique proprement dite, que l’approche psychologique des contes, des mythes, des textes sacrés. Quant à la créativité artistique qui m’a saisie un temps, elle a sans doute voulu exprimer la joie intérieure devant ce qui s’apparentait à une sortie d’Egypte.

Vous êtes née à Alger. Vous avez étudié la médecine à Paris où vous vivez. Vous avez séjourné en Suisse, travaillé dans la recherche aux Etats-Unis, voyagé en Afrique. Quelle est votre quête ?
Le départ pour Paris avait pour objectif les études médicales. Le séjour américain servait mon ambition d’alors, aller auprès des meilleurs dans mon domaine, la dermatologie, tout en observant un certain recul vis-à-vis d’un horizon hospitalo-universitaire parisien étroit que je supportais de moins en moins. Le départ pour la Suisse, par contre, répondait à une exigence intérieure et marquait mon changement d’orientation vers la psychologie. C’était un pèlerinage sur les lieux de vie et d’enseignement de C. G. Jung à Zurich.

J’y ai effectué ma psychanalyse personnelle tout en travaillant en tant que médecin-assistant en psychiatrie. Quant à l’Afrique noire, je l’ai découverte à l’occasion d’un voyage au Sénégal qui m’a nourrie et m’a pleinement confirmée dans mon sentiment d’africanité. J’ai eu la chance de pouvoir assister à des cérémonies de désenvoûtement, une célébration dans un mausolée de saint musulman, ainsi qu’à une messe catholique.

J’y ai vu le musulman Mamadou assis en compagnie du chrétien Augustin. La terre sénégalaise est exceptionnelle de douceur et de tolérance. Pour répondre précisément à votre question sur la quête, la connaissance de soi — et son corollaire, la perte des illusions — est pour moi d’une importance vitale et l’objet d’un travail sans fin.

L'Afrique et la Chine ont une place particulière dans votre parcours. Pourquoi ?
Je ressens l’Afrique comme étant la Mère intérieure, mes racines les plus profondes. Au contact des Sénégalais, j’ai pu apprécier à quel point nous autres Algériens étions africains. Les Touareg m’ont fait aussi une forte impression, dans leur enracinement naturel, leur noblesse de caractère.

La Chine apparaît dans mes songes comme étant la manifestation d’un territoire psychique inconnu, fort lointain, très éloigné de la conscience et qui représente le But. N’oublions pas qu’elle est la patrie du taoïsme et du célèbre Yi King («Le Livre des transformations ») dans lequel on pourrait puiser tous les jours. J’ajouterais à ces deux contrées la Suisse, pays auquel je dois beaucoup. C’est là que se sont produites les mutations les plus décisives en ce qui me concerne.

Vous-même êtes à la croisée des traditions. Berbère kabyle par votre père et Française de Sologne par votre mère. Quelle place ont l'une et l'autre dans votre vie ?
L’origine berbère a façonné en moi une âme instinctive, proche de la nature et des émotions. Elle me relie au corps, au monde concret. Elle me fait vibrer, chanter, bercer mon enfant et l’allaiter longtemps. Je lui dois ma flamme, mes élans, aussi ma subjectivité la plus partiale.

Par ma mère, j’ai hérité d’une tradition spirituelle qui remonte loin dans le temps, celle des Paulmier, humbles pèlerins chrétiens qui s’en allaient à pied visiter le Saint Sépulcre à Jérusalem. A travers elle, m’a été infusé un certain esprit éthéré, un amour prononcé pour l’objectivité et une propension à l’introversion, à la solitude et à l’approfondissement. Ces deux lignées m’ont nourrie de deux tendances vitales aussi contraires que complémentaires et je m’en réjouis tous les jours.

Vous appartenez à la lignée des Aït Mansour Amrouche. Taos Amrouche a-t-elle influencé d'une façon ou d'une autre votre choix artistique ?
Si influence il y a eu, elle aura été inconsciente. «Ma» créativité artistique n’a pas été voulue ni construite. Pour vous en donner une image, c’est un peu comme si votre fenêtre s’ouvrait un beau jour sous le coup d’une forte rafale de vent et que s’engouffrait dans votre salon une nuée de papillons exotiques.

En fait, je l’ai plutôt vécue comme l’irruption d’un torrent dans ma maison... Expérience aussi puissante que saisissante. Ceci étant dit, j’ai des affinités sans doute nombreuses avec cette grande dame de la chanson kabyle. Sa musique et la mienne se rencontrent peut-être dans quelque chose comme une tentative de relier terre et ciel. Nos démarches sont toutes deux, je crois, assez originales. Je n’appartiens pas au «main stream», aussi bien en psychanalyse qu’en musique.

Quelle est l'origine de votre intérêt pour les contes berbères kabyles ?
Les contes recèlent des trésors pour qui s’intéresse à la psychologie. Ils apportent beaucoup à la connaissance des structures profondes et universelles de l’esprit. D’autre part, il existe des particularités régionales qui font qu’un conte n’est pas strictement le même s’il naît à Annaba ou à Ajaccio. De la même façon, un récit qui voyage verra se modifier subtilement certains détails de sa narration. Ceci car il est l’expression en miroir de la vie psychique collective sur laquelle il énonce des faits sans détour. Il est donc important de tenter de l’analyser, même si l’essence d’un conte est un mystère qui nous échappera toujours.

Vous avez choisi d'analyser le récit initiatique kabyle Aïni. Pourquoi ce choix ?
Le conte intitulé «Aïni» est absolument exceptionnel et nous devons à celui qui l’a recueilli, l’anthropologue allemand Léo Frobenius, de pouvoir le lire aujourd’hui, ainsi que beaucoup d’autres récits anciens d’une grande richesse. «Aïni» est une histoire pour adultes qui raconte une initiation à l’amour, avec toutes les difficultés, les pièges et les rebondissements qui accompagnent ce genre d’aventure.

C’est véritablement un conte mature, tout en nuances, délivrant un enseignement symbolique sur la relation entre les sexes à travers l’apprentissage par le héros de la psychologie féminine. Un conte tel que «Aïni» devrait être largement connu car il nous divulgue avec une grande intelligence l’art subtil de l’Amour. Et de la maîtrise de cet art dépendent en grande partie notre sentiment de bonheur, notre capacité à être en paix avec nous-mêmes. Faut-il le dire, le conte finit bien...

Vous allez nous livrer prochainement d'autres contes. Lesquels et pourquoi ?
Mon prochain livre est consacré à l’interprétation du conte kabyle «Le grain magique» (Aâeqqa yessawalen). Celui-ci illustre à merveille la vision objective de la psyché collective sur elle-même, sans fard ni apitoiement. C’est la Kabylie vue de l’intérieur. Une vision dont on a grand besoin. Il y a aussi des retombées concrètes sur le plan individuel pour qui veut se connaître et progresser. Nos contes sont des bijoux. Aujourd’hui, ils doivent être non seulement écoutés et transcrits, mais également compris au meilleur de nos capacités afin d’enrichir notre vécu, d’alimenter spirituellement notre quotidien. Tout comme les rêves, les contes doivent être interprétés. Et leur parole pleine de sens deviendra vie.

Propos recueillis par
Meriem Nour

Source: Dz Lit.free

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21 juillet 2008

Idir, l’espace kabyle et les grands espaces

Le mercredi 09 juillet 2008

L'auteur-compositeur-interprète kabyle Idir est le parrain des 22e Nuits d’Afrique. (Photo Rémi Lemée, La Presse)
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L'auteur-compositeur-interprète kabyle Idir est le parrain des 22e Nuits d’Afrique.
Photo Rémi Lemée, La Presse

Alain Brunet

La Presse

La Kabylie, cet espace berbère d’Algérie, a sa langue propre, ses valeurs propres, ses revendications propres, ses artistes, ses poètes, ses chantres. S’il faut nommer un seul chanteur kabyle, Idir vient en tête. Le parrain des 22e Nuits d’Afrique a la stature d’un Gilles Vigneault, d’un Félix Leclerc ou d’un Richard Desjardins.

La carrière de cet auteur-compositeur-interprète, né en 1949, remonte à son adolescence alors qu’il se destinait vers des études de géologie. Après un premier tube (Rsed A Yidess) diffusé à Radio Alger en 1973, Idir signait chez Pathé Marconi en 1975 et lançait un album réalisé à Paris: A Vava Inouva, dont la chanson-titre allait devenir un succès planétaire, c’est-à-dire distribué dans 77 pays et traduit en 15 langues.

«J’ai commencé à 17 ans, ça m’a toujours fait bizarre de voir des gens beaucoup plus âgés venir me demander conseil à partir des mots que j’écrivais dans mes chansons. Je crois qu’on m’attribuait des choses qui dépassaient de loin ma compétence. C’était l’effet du succès… C’était être là au moment où il fallait, avec les mots qu’il fallait dire à l’époque. C’est vrai que j’ai vite occupé une place à part, il ne faut pas faire de fausse modestie. Je suis un privilégié, je dépasse le cadre d’un simple chanteur.»

Le sociologue français Pierre Bourdieu, d’ailleurs, a déjà fait observer qu’Idir n’était pas un chanteur mais un membre de chaque famille qui possédait ses disques.

«À travers la tradition dont je suis tributaire, en révélant qui je suis, mes fans retrouvent une tranche de leur histoire dans la mienne.»

Jamais Idir, d’ailleurs, n’a cessé de cultiver une saine proximité avec son public kabyle, qu’il fréquente toujours : «Il est tout à fait normal pour moi d’aller chez les gens comme ça, simplement. Sans eux je ne suis rien, déconnecté, mal à l’aise, je ne peux évoluer comme il le faut. Ce sont les petites gens qui m’attirent, souvent âgées, qui ne savent ni lire ni écrire. Je suis bien en leur compagnie car on évite le superflu. On va tout de suite à l’essentiel.»

Issus d’une tradition orale jusqu’à une période encore récente, les Kabyles algériens n’ont quand même pas peur des mots, bien au contraire.

«Chez nous, la valeur du mot est énorme. Avant  la modernité, les tribus kabyles en guerre faisaient s’opposer leurs poètes dans des joutes oratoires. Toutes les tribus se rendaient à l’évidence des mots les plus extraordinaires… et la guerre finissait ! Même les personnes âgées qui vivent encore d’aujourd’hui et qui n’ont pas eu d’éducation veulent d’abord savoir ce que raconte une chanson.»

Chantre de l’identité kabyle dans les années 70, Idir s’identifie aussi à l’espace berbère, qui s’étend des îles Canaries à l’Égypte, du Tchad à la Méditerranée. «On y retrouve la même base linguistique que dans la langue kabyle explique le chanteur. C’est passionnant de voir comment une civilisation qui a couvert un territoire aussi immense a pu résister dans certaines poches stratégiques. Les montagnes, le désert…»

Idir, lui, résiste en région parisienne, bien qu’il retourne très souvent en Algérie où vit encore sa vieille maman de 93 ans. Il explique sa migration: «Dans ma langue maternelle, je n’étais pas reconnu de fait en Algérie. Je n’arrivais pas à m’épanouir. J’en étais même venu à me demander si la société occidentale n’avait pas eu raison de moi, si je ne courais pas après un pays  qui s’éloignait chaque jour un peu plus. L’espace kabyle subit l’arabisation à outrance, l’idéologie a pris le pas sur le reste de la vie. On a uniformisé cette région avec un chômage énorme… Je crois qu’on ne veut pas d’une région qui puisse être une conscience, une matière grise, car ça fait peur aux gens qui sont en face.»

Outre le kabyle qui constitue son premier véhicule linguistique, le français est aussi une langue d’expression pour Idir. En témoigne La France des couleurs, un album de 17 titres réalisé l’an dernier avec une foule de jeunes artistes français issus tous horizons raciaux et culturels. Jeudi soir, il compte d’ailleurs présenter un répertoire bilingue au public des Nuits d’Afrique.

«J’ai été nourri au biberon de Brel, Brassens, Ferré, Vigneault et Leclerc. Des enregistrements québécois chez moi à l’époque? Bien sûr. Nous étions des enfants de l’indépendance, nous étions ouverts, nous recevions Fidel Castro et le Che. Nous avions réussi notre révolution, nous étions le phare du Tiers-Monde, champion du non alignement. Toute l’Afrique était en marche vers la décolonisation, tu imagines la fierté d’un lycéen algérien de 17 ans? C’était une période très porteuse», souligne-t-il, sans cacher son bonheur de parrainer un festival qui célèbre l’Afrique dans toutes ses couleurs.

Cela étant, Idir ne semble plus retrouver tous ses repères dans le nouveau paysage culturel de Kabylie «Les chanteurs des plus jeunes générations, pense-t-il, font plus dans l’illustration et dans le folklorisme. Je suis profondément kabyle dans l’âme mais ça ne m’empêche pas de venir au Québec, de m’imprégner de l’Autre. Or, j’ai l’impression que là-bas, on s’en tient au kabylo-kabyle. Et ça m’énerve un petit peu. Ce n’est pas la Kabylie qui doit l’emporter chez un artiste kabyle, c’est son art. Si je te regarde, je préfère te débusquer dans ton clin d’œil, dans ta manière de sourire. Ça me renseignera plus sur toi que tes idées.»

Pour Idir, en fait, l’art est un combat du profane sur le sacré, c’est le pouvoir de dire non et donc le pouvoir de plaire, d’attirer des gens juste par la beauté du mot et d’une belle mélodie.

«En vieillissant, confie-t-il en concluant, je me suis rendu compte que la musique était quelque chose d’essentiel à mon travail. Mais j’ai longtemps cru que la musique était un prétexte pour dire un mot. Oui, j’aurais fait des joutes oratoires si j’avais vécu au 19e siècle. Et j’aurais remporté des victoires!»

Source: La Presse

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29 avril 2008

L’enseignement du berbère en France

De Charybde en Sylla

 

“Toute langue est issue d’une culture, et véhicule la culture dont elle est issue”. Ce truisme n’est l’apanage d’aucun savant ou spécialiste en linguistique : il découle simplement du bon sens commun, essence d’une réalité universelle. La culture berbère a traversé des millénaires, et essuyé moult " invasions linguistiques ", à travers son histoire. Par sa force et sa richesse, elle a su bâtir une langue orale d’une vigueur exceptionnelle, qui a défié le temps et intégré en son sein (et donc avalé) les autres langues.

Aujourd’hui encore l’oralité véhicule un enseignement non négligeable. Mais avec la mondialisation " standardisante ", instillée par l’audiovisuel, l’Internet et l’écriture, la sauvegarde d’une langue, dite minoritaire, tel le berbère, ne réside plus que dans l’usage de ses locuteurs : elle doit aussi et surtout s’enseigner. " Car les langues, écrit Claude Hagège, professeur au Collège de France, ne permettent pas seulement de parler ou d’écrire notre histoire bien au-delà de notre anéantissement physique. Elles la contiennent." 


Qu’en est-il de l’enseignement du berbère en France ?

Petit rappel historique sur l’émigration des Berbères en France


D’aucuns, historiens et observateurs, s’accordent sur le fait que les Berbères – les Kabyles, en particulier- constituent l’une des communautés étrangères les plus anciennes de France. Concernant les Kabyles, leur départ vers l’Hexagone a commencé vers le dernier quart du 19ème siècle, au lendemain de l’insurrection de 1871 ( soulèvement de la Kabylie contre l’occupant français).

Les Berbères marocains, quant à eux, le début de leur présence ouvrière en terre de France se situe vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Leur flux migratoire devient important dans les années 60 et 70. Cependant, d’autres pays comme la Hollande ou la Belgique accueilleront aussi beaucoup de Berbères marocains.


Le Berbère et l’enseignement universitaire 


Depuis les années 50, il existe dans les académies parisiennes une épreuve facultative orale de berbère. Mais la plus vieille institution universitaire française à enseigner le berbère est l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (l’INALCO), depuis 1913. D’autres universités dispenseront, plus tard, dans leurs cursus, un enseignement du berbère, mais seulement à titre optionnel : ainsi l’université Paris VIII (St Denis) depuis le début des années 70, et l’université de Provence (Aix-Marseille I ) depuis 1981. D’autres cours, quoique de façon sporadique, ont pu être ouverts par des universités telles que Paris V, Paris III, Lille III, Toulouse II… Ce constat peu favorable à la stabilité de l’enseignement et à la progression de la langue berbère en France est inhérent aux moyens humains et matériels dérisoires qui sous-tendent l’immense et dure tâche. A l’INALCO où l’on délivre des diplômes du 1er, 2ème et 3ème cycles en études berbères, seuls trois enseignants sont titulaires. Un équivalent horaire de deux postes d’enseignants est dispensé sous la forme d’heures complémentaires, ou attribué à des contrats à durée déterminée. 


 L’enseignement primaire et secondaire


Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe en France aucun enseignement stabilisé ou officiel du berbère dans les collèges et les lycées français. Cette langue ne bénéficie d’aucune aide ni d’aucune prise en charge par les institutions françaises au niveau national. Pourtant, selon certaines études, le berbère devance de loin les autres langues facultatives dont quelques unes telles que : le turc, le vietnamien, l’Arménien, le serbe, le croate… bénéficient d’un statut officiel et d’un appui d’un Etat. Depuis 1995, une épreuve écrite de berbère peut être présentée au baccalauréat. Elle est organisée par l’Education nationale, mais les sujets sont préparés et corrigés par l’INALCO, suite à une convention entre cette institution universitaire et la direction des enseignements scolaire. Aucune préparation à cette épreuve n’est proposée aux élève dans un cadre scolaire étatique – mis à part quelques chefs d’établissements, initiative très rare, qui essayent de créer un semblant de cours. L’essentiel de l’enseignement du berbère en France est assuré par des associations culturelles. Des hommes politiques de gauche et de droite, à l’instar de Jack Lang, en 2002, ou de Jean-François Copé, en 2004, ont manifesté un semblant d’intérêt pour la normalisation de l’enseignement de la langue berbère. Pour le premier il s’agissait ni plus ni moins que d’embrigader le Berbère dans " une expérience marginale et exploratoire " sans aucune assise scolaire normalisée. Pour le second, sa " mise en place d’une expérience d’enseignement pour la préparation des épreuves du Berbère au bac dans un lycée parisien, le lycée Lavoisier ", est restée figée à ce jour. En France, la question de l’enseignement du Berbère est toujours posée. Selon Moh Cherbi, l’un des enseignants du Berbère les plus connus en France, " la question du berbère reste posée tant que son officialisation n’est pas effective en Algérie. Mais si là-bas le combat incombe à tout un peuple, ici, en France, le rôle des intellectuels est important. Leur combat essentiel est de porter la revendication identitaire et linguistique berbères jusqu’aux institutions françaises et européennes afin de normaliser l’enseignement de la langue au niveau national. "


Le berbère, une langue en France


Pourtant c’est ce qu’il ressort du débat qui a eu lieu en France, entre juin 1998 et mai 1999, autour de la ratification de la Charte européenne des langues régionales minoritaires. Pour la première fois, une proposition officielle de considérer le berbère comme langue de France est annoncée publiquement.

Cependant, La France n’a jamais ratifié ladite charte.

Au Royaume-Uni, le Cornique, langue régionale parlée par une centaine de personne vit aujourd’hui sa plus belle renaissance. Grâce à sa protection par la Charte européenne de langues régionales ou minoritaires, cet idiome celtique des Cornouailles est enseigné aux enfants à l’école. Parmi ses fervents défenseurs, la romancière Ruth Rendell et la chaîne de supermarchés Asda. Cette dernière pratique dans ses magasins cornouaillais un affichage bilingue : Anglai/Cornique.

Les Berbères de France, détenteurs de multiples commerces, ne doivent-ils pas tout simplement commencer par montrer l’existence et leur attachement à leur langue par son inscription sur les devantures au côtés du Français ? Chose par ailleurs, pratiquée il y a belle lurette par les communautés arabe, turque, grecque, etc.

Bien sûr, le combat est sur tous les fronts. Aucune démarche n’est à négliger.


Source: La Dépêche de Kabylie

Édition du Mardi 29 Avril 2008 N° 1798   
Synthèse A. B.

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19 avril 2008

Azzédine Rakkah, chercheur actif au CERI

Azzédine Rakkah est actuellement directeur de recherche à la FNSP et au CERI, à Paris. Il est Docteur en sciences politiques : IEP de Paris, 1997. Son champ de compétence est vaste, puisqu’il couvre aussi bien la problématique de l’État au Maghreb, l’islamisme et la violence politique, les problèmes de sécurité en Méditerranée et les questions de démocratisation.

Auteur d’une thèse remarquée et très lue sur la guerre civile en Algérie, et d’un grand nombre de travaux de référence, il présente un projet de recherche très novateur sur « La violence de la rente pétrolière : Algérie, Lybie et Irak ».

Sa réflexion sur la formation violente des États rentiers autoritaires croise des approches historiques, économiques et politiques, pour aboutir à une réflexion sur les difficultés d’installation de la démocratie dans ces pays. Sa connaissance des terrains et sa maîtrise des questionnements théoriques font que cette recherche s’annonce comme séminale.

Azzédine Rakkah est l’un des chercheurs les plus actifs et les plus brillants du CERI. Ses travaux sur la guerre civile algérienne - le thème de sa thèse de doctorant - ont trouvé un écho international dont a témoigné l’accueil réservé à son premier livre en anglai (publié par Columbia University Press aux Etats-Unis).

Ses recherches actuelles attestent une remarquable capacité à la mobilité thématique. Il explore en effet des pistes nouvelles concernant les ressorts de la violence islamiste dans une perspective comparatiste et prépare un nouvel ouvrage sur la Libye fondés sur des enquêtes de terrain. Loin de s’enfermer dans l’étude d’un seul pays, est l’un des rares chercheurs français à jouir d’une expertise transversale sur la zone arabo-musulmane.

Azzédine Rakkah co-pilote l’un des projets transversaux du CERI sur les métamorphoses de la violence contemporaine ; il a coordonné un projet soumis à l’Agence Nationale de la Recherche par le CERI en association avec d’autres centres de recherche ; il siège pour un deuxième mandat consécutif au Conseil d’unité du CERI

Il assurera cet automne un séminaire à la Maitrise en études internationales, Problèmes d’actualité en politiques internationales : Moyen Orient (INT6060B) et donnera à l’hiver le le cours POL 2840 « Enjeux politiques au Moyen-Orient ».

Source: Cerium

Envoyer un message à Azzédine Rakkah

Publications par Azzédine Rakkah :


3 octobre 2007

Chronique du Cérium

Algérie :  L’émergence des attentats suicides

26 septembre 2007

Chronique du Cérium

Les trois leçons des élections marocaines

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12 avril 2008

Hommage à Zerrouki Allaoua

Le rossignol de la chanson kabyle 

zeroukiL’artiste accrocha ses fans avec sa grâce naturelle et aussi sa force oratoire et ses tendances poétiques.

Allaoua Zerrouki, le rossignol de la chanson, est de retour cette semaine! Sous l’égide de la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, est organisée une évocation du grand chanteur et ce, du 15 au 17 avril à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.
Un riche programme est arrêté avec des expositions, des conférences sur la vie et l’oeuvre de l’artiste et aussi une projection d’un reportage et d’un documentaire sur Seddouk ainsi qu’un spectacle et des témoignages avec la participation de ses amis artistes et des grandes figures de la chanson.
Zerrouki Allaoua est né le 05 juillet 1915 à Amalou, un village des environs de Seddouk. Issu d’une famille généreuse, son père Séghir ben Arezki était imam à Aït Aïdel.
Très tôt Allaoua a fait montre de son intérêt pour la musique, il confectionnait lui-même à l’aide de roseau ses flûtes et autres pipeaux.
N’ayant pas, pour des raisons propres à l’époque, été au collège, Allaoua passa le plus clair de son temps à l’apprentissage des saintes écritures. Adolescent il s’était découvert une passion pour la poésie et la chanson.
Dans le même temps, il débarque à Béjaïa et tout en travaillant pour assurer son pain il continue de s’intéresser à l’art et à la chanson.
Il est initié aux instruments à cordes, à la flûte et aux rythmes par Mahmoud Baâli, Larbi Abdelwahab et Boudjemaâ Kadim.
La chanson andalouse fut son premier penchant et marqua ses débuts artistiques.
Au milieu des années quarante, Zerrouki Allaoua quitte le pays et s’installe dans l’émigration, il se produit sur les scènes de France et de Navarre; là où se trouvent les travailleurs algériens, l’artiste accrocha ses spectateurs et auditeurs avec sa grâce naturelle et aussi sa force oratoire et ses tendances poétiques.
En 1948, c’est son premier microsillon chez Marconi avec «Tilifun Sonni Sonni» etc. Zerrouki Allaoua a tout chanté: la vie, l’exil, son expérience au fond de la mine, la nostalgie du pays et aussi l’amour et la séparation d’avec sa dulcinée.
Cette dulcinée qu’il a d’ailleurs fini par épouser en 1953, et qui lui donna deux enfants: Moh Seghir et une fille qui mourra durant l’épopée libératrice. Avec plus de vingt chansons et autres airs, la carrière de Zerrouki Allaoua est assez bien remplie. Ses chansons sont d’ailleurs toujours fredonnées comme El Babour, A tassekurt, Sidi Aich, Tskhilek attir, D acu I gurbeh, Lewjab n wassen, ay Aziz attas itezhid, Zhar Ula, et aussi un hommage au colonel Amirouche.
Un accident de la circulation alors qu’il se rendait à Avignon où il devait se produire avec son camarade de voiture et compagnon: Dahmane El Harrachi. Miraculé mais fragilisé par l’accident, Allaoua décède le 17 novembre 1968 suite à ses blessures à Paris; il repose aujourd’hui au cimetière du père Lachaise.

A. SAÏD

Source: L'expression -->12 Avril 2008 - Page : 21

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11 avril 2008

Hnifa, une vie brûlée

 

Documentaire sur une grande figure de la chanson kabyle

Hnifa, une vie brûlée, film documentaire réalisé par Ramdane Iftini et Sami Allam, adapté du livre biographique du journaliste Rachid Hamoudi, a été projeté en avant-première jeudi dernier à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

D’une durée de 60 minutes, l’œuvre retrace la vie tumultueuse de cette grande dame de la chanson kabyle (1924-1981) au destin tragique souvent comparé à celui d’Edith Piaf. Le portrait aborde en filigrane la situation sociale des Algériens durant la colonisation, l’émigration, la création de la radio d’expression berbère, les débuts de la révolution.
Musicalement, il nous replonge par le truchement de l’image et du son dans le monde merveilleux et éternel des chouyoukh du chaâbi comme El Anka, M’rizek et les autres ténors de la chanson algérienne des années d’or tels que Fadhila Dziria, Slimane Azem, Cherifa, Nouara…

Pour revenir au sujet du film, le réalisateur s’est contenté de deux témoignages sur Hnifa. Une amie d’enfance de la chanteuse et l’auteur compositeur Kamel Hamadi. Peu d’images aussi sur l’artiste disparue si ce n’est quelques séquences vivantes puisées dans deux films dans lesquels l’artiste a joué un rôle de figurante. Mais cela ne diminue en rien à la qualité documentaire et technique de ce film qui a reçu l’olivier d’or dans la catégorie documentaire lors de la 8e édition du Festival du film amazigh qui s’est déroulé à Sétif et qui vient de décrocher le prix du meilleur sujet au panorama du cinéma algérien organisé à Riadh El Feth.

« On n’a pas la prétention d’avoir ramassé la vie de Hnifa en une heure de temps. Notre documentaire n’est qu’un petit travail pour perpétuer la mémoire de cette grande dame de la chanson berbère (...). On n’a pas de biographies (livres, films). Dès qu’un artiste disparaît, on reste dans les hommages posthumes », a indiqué M. Iftini. Rachid Hamoudi, auteur du texte, dira pour sa part : « Hnifa, c’est d’abord une femme qui a eu une vie très tourmentée qui se prête à bien à l’écriture.

C’était aussi un fil d’Ariane pour faire connaître le contexte culturel dan slequel elle a vécu. On ne parle pas que d’elle dans le documentaire, mais aussi des autres chanteurs, de l’histoire de la radio, de l’apport des artistes de l’émigration à la révolution, de l’exil, etc. Il faut dire aussi que nous manquons de biographies sur les grands artistes ou écrivains. Peu d’entre eux se sont livrés sauf peut-être Bachtarzi, Mohamed Hilmi, Rouiched et ces dernières années Djohra Abouda et Matoub Lounès dans leurs livres. La plupart étaient illettrés et les récits autobiographiques sont également peu prisés dans une société où la pudeur est une valeur centrale. A l’exception du journal de Feraoun, de notes de Rachid Mimouni même nos écrivains se sont contentés de fiction. Il y a aussi un manque cruel d’archives au niveau des éditeurs de l’époque ou des organismes de spectacles. Il y a 10 ans, les archives de l’entreprise étaient dans un état lamentable.

A propos de Hnifa, on l’a comparée à Edith Piaf. Sait-on combien de livres et tout récemment un film (La Môme) qui lui ont été consacrés ? Au hasard, que connaît-on vraiment de Fadhila Dziria, de Tetma ou pour rester dans le champ culturel d’expression kabyle de Mouloud Mammeri, de cheikh Aheddad ? Un documentaire, un film, une émission permet d’abord à mon humble avis de faire connaître aux nouvelles générations une partie de leur histoire et de leur identité. Il faut retisser les fils distendus de la mémoire. »

Ahcène Tahraoui

Source: El Watan, Edition du 10 avril 2008 > Supplément TV


  • Projection du film-documentaire fiction Hnifa, une vie brûlée de Ramdane Iftini et Sami Allam
    La diva ressuscité par le cinéma

La projection débat du film documentaire de Ramdane Iftini et Sami Allam, Hnifa, une vie brûlée, a eu lieu jeudi dernier au siège de l’association. Il s’agit de remettre en séquences l’adaptation du livre de Rachid Hamoudi, qui retrace la vie tumultueuse d'une artiste à la voix unique dotée d’un talent hors norme, et ce depuis sa naissance en 1924 jusqu'à sa disparition en1981.

L’immortelle diva de la chanson kabyle renaît de ses cendres. En effet, un documentaire a été présenté comme le récit d’une vie et d’un parcours hors du commun au format fiction. ainsi, sur 52 minutes de fiction, cette dernière retrace sa vie et avait sa place vu le manque d'images et de son de Hnifa, hormis ses chansons, son passage dans le film l'Incendie et quatre photos que le réalisateur a choisies de présenter façon Marilyn Monroe par Andy Warhol. Dans le cadre de la manifestation "Alger, capitale de la culture arabe 2007", la salle Algéria projettera aujourd’hui l’avant-première du documentaire consacré à la diva de la chanson kabyle, Hnifa.


Le film-documentaire intitulé Hnifa, une vie brûlée, retrace la vie et la carrière artistique de la chanteuse kabyle (1924-1981). Le film de 52 mn est produit et réalisé par Ramdane Iftini, en collaboration avec Samy Allam. Cette réalisation cinématographique est inspirée d’un texte du journaliste Rachid Hamoudi. Artiste au destin tragique, Hnifa est née dans un village de Haute Kabylie et à l’époque elle connut, à l’instar du reste de ses congénères, l’émigration vers la Casbah d’Alger d’abord et vers la France ensuite. Elle a chanté l’amour, la misère, l’exil...des thèmes en somme qui décrivent la tourmente et les destins contrariés.


Hnifa est décédée en 1981, dans un hôtel parisien. Sa dépouille est restée près d’un mois à la morgue, avant d’être enterrée dans un cimetière de la banlieue parisienne. Grâce à sa fille et aux artistes de sa génération, ses ossements ont été rapatriés au cimetière d’El Alia. Ramdane Iftini, coauteur avec Samy Allam du documentaire, Hnifa, une vie brûlée, n’est pas revenu de la 8e édition du Festival du cinéma amazigh, les mains vides. Premier produit, premier prix !

Le réalisateur, qui signe là son premier documentaire sur la vie et aussi le contexte socioculturel dans lequel a vécu l’artiste, a raflé la plus haute distinction de ce rendez-vous cinématographique, l’Olivier d’or. Un trophée qui vaut 200 000 DA et plus que ça : un symbole !


Le réalisateur déclare à ce sujet : “Sincèrement, j’avoue que tous les gens qui font un travail dans n’importe quel domaine artistique s’attendent à être récompensés de quelque façon que ce soit. Les prix en Algérie, je n’en ai pas une grande idée, mais en tout cas c’est toujours un plus pour ceux qui les arrachent en proposant une œuvre quelle qu’elle soit. Cela ouvre certainement d’autres portes aux lauréats pour de nouvelles productions artistiques et leur permet également d’avoir une sorte de carte de visite qui convainc”.


A une question de savoir ce qui a motivé son choix, le réalisateur déclare : "Au départ, ce produit devait être un livre cosigné avec Rachid Hamoudi. Nous avions tenté de reconstituer la vie, le parcours de Hnifa, et aussi tout le contexte socioculturel de l’époque. L’ouvrage était bouclé en 1993, et au moment de l’éditer Rachid Hamoudi et moi-même avions quitté Alger. Ce n’était pas la seule raison qui a motivé la non-édition du manuscrit, c’est surtout le fait que le document n’était pas très étoffé, il contenait 80 pages, et nous n’avions pas trouvé plus de quatre photos d’archives. C’est par la suite, sur la base de ce travail que nous avions, au début des années 90, reconstitué le scénario de l’œuvre Hnifa, une vie brûlée. A l’écran, nous avions buté sur un tout autre problème : celui du manque d’images d’archives. Extrêmement rares étaient les images qui mettaient en scène Hnifa.


Il y avait une seule séquence d’elle dans El Hariq de Mustapha Badie, où elle a campé un petit rôle, mais il fallait le savoir ! Dans notre documentaire, nous avons donc opté pour une reconstitution de quelques événements historiques qui s’étaient déroulés entre 1924 – date de la naissance de Hnifa et le début des années 80 – date de sa mort en 1981-, puis nous avions également reconstitué l’historique des figures marquantes de la scène lyrique, à commencer par Sfindja, entre 1910 jusque dans les années 80, avec notamment l’émergence de Ferhat Imazighen Imoula et Idir”.  

 

Merbouti Hacene

Source: La Dépêche de Kabylie N° :1747    

Date  2008-03-01

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Salon du livre amazigh à Boumerdès [Algérie]

La 4e édition s’ouvre le 15 avril prochain

Un salon du livre amazigh, sous le slogan "Aux couleurs du printemps amazigh", se tiendra du 15 au 20 avril prochains, à la Maison de la culture Rachid Mimouni de Boumerdès. Organisé sous l’égide du ministère de la Culture, en collaboration avec le HCA et la Direction de la culture de la wilaya de Boumerdès, "le Salon du livre amazigh se veut itinérant pour montrer où en est le livre et l’édition amazighe", dira Youcef. Merahi, SG du HCA.

Le Salon du livre, dans sa prochaine édition de Boumerdès, sera axé sur trois chapitres, à savoir : exposition -ente, ventes dédicaces de livres en présence des auteurs, des journées thématiques et des activités culturelles. Le salon portera sur tout ce qui a trait à la création et à la recherche, les journées thématiques du livre et de l’écriture amazigh autour en présence de spécialistes de la question amazighe : on citera entres autres Saïd Chemakh, Brahim Salhi, Mouloud Lounaouci, Amin Zaoui, Oulhadj Laceb, Djellaoui et Y. Nacib. Ce dernier à travers ce salon, rendra hommage à R. Ath Mensour (Prf. Ouahés), auteur de la traduction du Coran en tamazight qui sera disponible au Salon du livre. Des bibliobus sillonneront les trois communes ; Beni Amrane, Bordj-Menaïél et Naciria en vue de rapprocher le livre du citoyen, une initiative à laquelle participera la Bibliothèque nationale. Au chapitre des activités culturelles, une pièce de théâtre intitulée : "Uzu n’Tayri" de Hadjira Oubachir est prévue ainsi qu’un récital poétique de l’illustre Ben Mohamed et de H. Oubachir en présence du chanteur et poète Aït Menguellet Lounis. Des prix seront décernés aux meilleurs auteurs et quelques étudiants.


"Montrer et faire connaître l’écriture amazighe, parent pauvre de l’édition nationale…, donner l’occasion aux différents auteurs de se rencontrer et éventuellement créer une association des auteurs amazighs qui est une piste à prospecter sérieusement. Et aussi, donner l’occasion aux lecteurs de rencontrer les éditeurs et les auteurs", sont entre autres les objectifs de ce 4e rendez- vous, après Bouira (deux premières éditions) et Oran (3e édition), ajoute Y. Merahi. La participation du HCA se verra rehaussée par 100 titres, dont 17 sont édités en 2008 avec le 17e titre de "Timuzgha," et en point d’ancrage la commémoration du Printemps berbère. Le S.G du HCA n’a pas manqué de souligner l’absence criante d’un canal d’expression amazigh. Des auteurs nous sollicitent, mais nos moyens sont limités ; “on ne peut éditer tous les auteurs", dira-t-il. Et d’ajouter : "la poésie est l’expression capitale ; elle est la quintessence de l’expression, mais parfois il faut passer par la création, donc par le roman". Et d’expliquer en étayant ses dires : "Le lectorat existe potentiellement ; mais la société bute avec l’oralité…Et puis, l’école algérienne ne stimule pas vraiment l’imaginaire du citoyen… On préfère entendre et déclamer la poésie". A ce titre, le SG du HCA préconisera la relance et la recréation des bibliothèques communales par l’implication directe des APC. La prochaine édition du Salon du livre amazigh de Boumerdès sera d’un grand apport à tous les niveaux. "Une meilleure qualité et quantité prendront le relais ; avant c’était symbolique…


Le salon prendra de l’ampleur". En plus du Salon du livre de Boumerdés, cinq séminaires sont prévus au courant de cette année 2008. Le caractère oral de la langue et culture amazighs fait que d’autre supports médiatiques : journaux, radios locales, une chaîne de télévision s’avèrent plus que nécessaires, voire indispensables, pour une véritable promotion. D’ailleurs, la multiplication de supports médiatiques ne fera qu’encourager la création sous toutes ses formes. Par ailleurs, plusieurs étudiants en langue et culture amazighes nous ont fait part de leur sentiment de frustration après l’absence sur les étals des buralistes de "IZURAN", journal dans lequel quelques pages sont en langue amazighe.

 

 

Ahmed Kessi

Source: La Dépêche de Kabylie


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Précisions aux lecteurs des Carnets berbères

Suite aux nombreux courriels que j'ai reçus me demandant quelles sont les démarches à suivre auprès des autorités françaises pour l'obtention de décrets de naturalisation des citoyens algériens nés avant l'indépendance de l'Algérie (1962), je tiens à  préciser que le blog Carnets berbères n'a pas pour vocation (encore moins l'habileté) d'offrir ce genre de services. Carnets berbères est un site web et non une administration officielle.

Pour toutes questions relatives aux citoyens Algériens, nés avant 1962, qui voudraient obtenir leurs copies  d'acte  de naturalisation ou de naissance, veuillez lire ce qui suit: 

- L'acte demandé concerne une personne née en Algérie:  Il vous faut contacter le Centre des archives d'outre-mer.

Situé à Aix-en-Provence, le Centre  des archives d'outre-mer conserve les archives de l'histoire coloniale française et de la présence française en Algérie. Cependant, ne s'y trouvent pas les archives relatives aux protectorats (Maroc et Tunisie) conservées au ministère des Affaires étrangères.

Seul l'état-civil de plus de cent ans est conservé sous forme de microfilms à Aix-en-Provence.

Pour la période postérieure le lecteur s'adressera au ministère des Affaires étrangères, service de l'état civil à Nantes : service central de l'état civil 44941 Nantes cédex 09.

Centre des archives d'outre-mer
29 chemin du Moulin-Detesta, 13090 Aix-en-Provence (France)
téléphone (33) 04 42 93 38 50
télécopie (33) 04 42 93 38 89

  • http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/caom/fr/index.html
  • Source: Mairie d'Aix-en-Province

    Cordialement
    Sinistri

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    02 mars 2008

    Traduction d’ouvrages en tamazight, un déficit à combler

    Depuis l’introduction de la langue berbère dans le système éducatif, le besoin en textes universels et variés sur les autres cultures se fait sentir de plus en plus, affirment les spécialistes.

    Deux journées d’étude portant sur la traduction et l’adaptation des œuvres littéraires vers le tamazight ont été organisées les 29 et 30 décembre 2007 à la maison de la culture Mouloud Mammeri. Initiée par l’association des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi Ouzou en collaboration avec le HCA et la direction locale de la culture, cette rencontre a été mise à profit par les participants pour débattre des difficultés inhérentes à la traduction et à l’adaptation d’ouvrages édités à travers le monde vers la langue berbère.

    « La traduction reste l’unique moyen permettant l’intercompréhension entre les différentes langues et cultures. Durant les trois dernières décennies, plusieurs essais de traduction ont vu le jour. Ces tentatives étaient individuelles, éparses, ne répondant à aucun objectif précis et global, comme elles se sont faites dans des cadres non structurés. Depuis l’introduction de tamazight dans le système éducatif algérien, le besoin en textes universels et variés permettant l’ouverture sur les autres cultures se fait sentir de plus en plus », a indiqué le président de l’association des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi Ouzou à l’ouverture de ce colloque. Premier à intervenir dans les communications, Sadeg El Madjid, enseignant au département de la langue et culture amazighes de l’université Mouloud Mammeri, a mis en relief le déficit signalé actuellement en matière d’ouvrages pédagogiques pour l’enseignement et l’apprentissage du tamazight. « Jusqu’à présent, nous n’avons que des lexiques mais pas de dictionnaires », a-t-il déploré. Selon lui, la traduction et l’adaptation des œuvres vers le tamazight est un travail d’équipe qui demande une recherche permanente.

    Lui succédant, M. Aziri, linguiste et sous-directeur au HCA, s’est intéressé à la traduction littéraire en tamazight en prenant comme exemple le roman Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun réécrit en kabyle par Ould Taleb Moussa. Le conférencier n’a pas manqué de relever les lacunes qui ont émaillé cette traduction telles que l’omission du chapitre I et le rajout de certains passages qui n’existent pas dans le texte original. « Il n’y a pas de traducteurs professionnels en tamazight. Si nous voulons que notre culture s’arrime à la culture universelle, il faudrait traduire sérieusement en conjuguant nos efforts. » Pour ce faire, il propose la mise en place d’une instance dotée d’un budget qui aura à s’occuper de la traduction. « C’est l’une des voies qui permettent l’aménagement de la langue amazighe », dit-il.

    Une autre communication ayant pour thème « Traduction, création et champs littéraires kabyle » a été présentée par Salhi Mohand Akli, enseignant au département de tamazight de l’université Mouloud Mammeri. Le conférencier a rendu hommage au dramaturge et poète Mohya Abdellah dit Mohend Uyahia, décédé en 2004 et qui a adapté plusieurs œuvres telles: En attendant Godot de Samuel Beckett, La jarre de Luigi Pirandello, Le médecin malgré lui et Tartuffe de Molière, Le ressuscité de l’écrivain chinois Luxus et Les émigrés du Polonais Slawomir Mrozek. En guise de reconnaissance au talent de cet homme de culture, l’association des enseignants de tamazight de Tizi Ouzou en collaboration avec le Haut Commissariat à l’amazighité (HCA) a lancé, à l’occasion de la tenue de ces journées, le prix littéraire Mohia Abdellah pour l’adaptation et la traduction.

    Ahcène Tahraoui

    Source: El Watan ( Edition du 2 janvier 2008 > Culture)


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