Note: Bien qu'il ne cite pas suffisamment de sources, cet article demeure fort intéressant. Je le trouve très riche par ces renvois. Bonne lecture.

Algérie

- 400000: présence humaine en Algérie, âge attribué aux restes de "l'Atlanthrope", découverts dans les sédiments du lac préhistorique Ternifine, en Oranie.

L'Atlanthrope était un contemporain, et un parent, du Sinanthrope et du Pithécanthrope de Java. Des ossements ont été retrouvés au milieu des outils de pierre taillée qu'il fabriquait. Des outils du même type ont été retrouvés sur d'autres sites attestant la présence de l'homme primitif.

A cette époque, l'Algérie était peuplée d'éléphants dont certaines espèces se maintiendront jusqu'à l'époque historique, mais aussi des rhinocéros, de phaccochères, d'hippopotames, de girafes, de bubales... "Ce sont les rives du Tchad et du Zambèze, transportées dans le Maghreb et au coeur du Sahara ; c'est un paysage de savanes tropicales, d'oueds pérennes, de lacs et de marais dans lesquels se déroulent les civilisations du paléolithique inférieur".

La civilisation Atérienne,  site de Bir-El-Ater, au sud de Tebessa,  civilisation reliée à l'ensemble moustérien (paléolithique moyen).

La civilisation Capsienne (Homo-Sapiens) aux environs du VIIème millénaire avant notre ère.  premiers hommes de notre espèce qui se soient manifestés an Afrique du Nord.

Partis du sud contantinois, les Capsiens, suivent la ligne des chotts, et se répandent dans l'ensemble du Maghreb. Ils peuvent être considérés comme les ancêtres des Numides, mais ils ne franchiront pas l'Atlas Tellien.

La côte était occupée à cette époque par des Ibéromaurissiens, apparentés au type Cromagnon. Malgré leur faible niveau de culture, ils s'adaptèrent à la civilisation néolithique comme les Capsiens.

Progressivement refoulés, ils se maintiennent pourtant jusqu'à l'époque historique. Les Capsiens, eux, adoptent les industries néolithiques et gardent leur forme de vie.

En Algérie, on assiste, d'une façon frappante, au voisinage immédiat de l'histoire et de la préhistoire. Hérodote et Saluste portent témoignage sur les formes maghrébines de la civilisation néolithique.

Il faut souligner, que c'est au Sahara, que la civilisation néolithique devait connaître ses plus belles réussites. Qu'il s'agisse de peintures du Tassili-N'Ajjers, et du Tassili du Hoggar, qu'il s'agisse de pierres taillées et polies, comme on peut en voir dans la magnifique collection du musée du Bardo, on découvre des oeuvres achevées d'une étonnante perfection technique. Et les fresques si importantes sur le plan documentaire, témoignent du goût artistique des Sahariens de la Préhistoire. Certaines pierres sculptées et lissées, qui représentent des animaux, bovidés ou gazelles, ont une puissance d'évocation étonnante.

massyles_chef2Gravures rupestres sahariennes du Tassili des Ajjer (3 000 ans av. J.-C.).

Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs, les Berbères s’organisèrent en tribus et en confédérations, que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques, numides et maures.

Le langage berbère s'appelle TAMAZIGHT n'a rien avoir avec l'arabe, ni l'hebreu, ni le punique, on a trouvé aucune langue s'en rapprochant, l'ecriture aussi, les Touaregues qui sont aussi berbères l'utilisent pour pratiquer des sois disant rites magiques.Cette écriture possède des caractères trés proche du grec.

Les berbères descendraient selon une légende du peuple atlante ceux ci seraient arrivés en afrique du nord par les iles canaries.

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Extrait d'alphabet punique

Extrait d'alphabet berbère du temps des numides.La date présumée par les scientifiques est VII s av J.C mais elle pourrait être     bien plus ancienne, les scientifiques n' ont pu dater d'autres inscriptions.

nsmailh9 Un extrait de texte berbere touareg en" tifinagh "( qui signifie     notre trouvaille), cet alphabet est encore utilisé de nos jours, il se lit de     généralement gauche à droite mais aussi dans d'autre sens, vous aurez remarqué que les     différences entre le "tifinagh" et l'ancien berbere sont minimes sur les docs

VIII° VI° siècle av JC
cartexpansiongrecque

Les Phéniciens fondèrent Carthage vers l'année 814 avant J.C.,

-734 les corinthiens fondent syracuse en Sicile

VII° av JC les nabatéens

Hérodote, au V siècle avant J.C., nous a laissé un apeçu sur le cadre de vie et sur les habitudes des Numides :

"A l'Est du fleuve Triton, vivent les Maxyès, peuple de laboureurs sédentaires possédant des maisons. Selon la tradition, une moitié de leur tête est rasée, l'autre moitié arbore une longue chevelure ; ils se teignent le corps au henné. Ils prétendent descendre des Troyens. La région où ils vivent, montagneuse, plus boisée que le territoire des Nomades, plat et sablonneux, comme d'ailleurs le rste de la Lybie vers le Couchant, abonde en fauves et animaux sauvages de grande taille : lions, éléphants, ours, ânes cornés, bracochères, cinochéphales, serpents . . . "

Hérodote nous renseigne aussi sur l'organisation de l'agriculture et les hauts rendements agricoles de la région.

Il est difficile de déterminer avec exactitude l'origine des Numides, mais l'hypothèse de l'origine troyenne émise par les propos maxyès, est acceptable. Salluste affirme, par ailleurs, que les Massyles et les Massaéysyles auraient été amenés par Hercule, au cours de son périple vers l'Espagne.

Strabon confirme Salluste en ce qui concerne l'authenticité d'Hercule, ce fabuleux roi Assyrien, qui serait venu d'Asie avant Cyrus.

Malgré l'ignorance profonde où nous nous trouvons en ce qui concerne la Numidie jusqu'au IV siècle avant J.C., tout laisse supposer que son développement a suivi le même itinéraire que celui des peuples méditérranéens.

Hérodote rapporte que des relations commerciales se dévelopèrent très tôt entre Phéniciens et Numides, favorisant ainsi la pénétration de la langue et de la culture puniques assez profondément dans le pays.
Les Numides apprirent des Phéniciens les procédés agricoles et industriels de la fabrication de l'huile d'olive et du vin, l'exploitation etle travail du cuivre. L'influence culturelle, par contre, fut très limitée et s'exerça essentiellement par l'intermédiaire de Carthage; elle ne se manifesta de manière sûre que dans le domaine de l'art, dont nous retrouvons des exemples dans les grands médracens de l'Aurès et de Tipaza.
D'après Polybe, historien grec, né en 200 avant J.C. et connaisseur de l'Afrique pour y avoir séjourné longtemps, le premier roi des Massyles fut Navarase, beau-frère de Hannibal (247-183 avant J.C.) grand général et homme d'Etat carthaginois.

-348: premiere convention entre Rome et Carthage.
-280: arrivee de Pyrrhus, roi  d'Epire, en Italie (a l'appel des Tarentins).
-278-276: Pyrrhus en Sicile.
-272: mort de Pyrrhus.
-269: Hieron, roi de Syracuse.
-263: Hieron : Syracuse devient l'alliée de Rome.

Au IIIe siècle avant J.C., la Numidie masséylienne était gouvernée par Syphax qui chercha à helléniser son pays, comme le faisaient à cette époque, les autres peuples de la Méditerranée. Il fut d'abord l'allié des Romains contre Carthage puis l'influence de son épouse Sophonisbe le fit changer de camp. Il fut battu et fait prisonnier par Scipion.

Première guerre punique (264-241 avant J.C.)

-247: naissance d'Hannibal (carthaginois).
-241: paix de Lutatius (fin de la premiere guerre punique).

Carthage dut faire face à la guerre de mercenaires, et fut aidée par la cavalerie numide du prince Navarase.

Au cours des années qui suivirent cette guerre, la puissance carthaginoise s'affaiblit, ce qui permit au roi des Massyles, Gala ( grandpère de Massinissa), d'entreprendre la conquête des villes côtières, dont Hippo-Régius, qui devint sa capitale. Il fut reçu triomphalement par la population qui chassa les Carthaginois.

HIPPONE

Plus ancienne que Carthage, HIPPONE (Hippo-Regius) garde des vestiges impressionnants de cette période ; on suppose que sous les ruines de son passé romain se trouve une ville punique. L'imposant mur préromain n'en est-il pas une preuve ?

Hippo-Regius fut conquise par Gaia, père de Massinissa, qui en fit une des capitales de son royaume.

massinissa MASSINISSA, roi des Numides (v. 238- Cirta 143 av. J.-C.), fils de Gaia, roi des Massyles.

-235: triomphe de T. Manlius Torquatus sur les Sardes.
-234: naissance de M. Porcius Caton.
-229: mort d'Hamilcar Barca.
-229: guerre d'Illyrie; triomphe du consul Cn. Fulvius (228).
-225-222: guerre contre les Gaulois.

Vantant dans leur discours la gloire et la valeur du peuple romain, la grandeur de son empire, les ambassadeurs demandèrent aux Gaulois de ne pas laisser l'armée d'Hannibal traverser leur territoire et leurs villes au cas ou  elle se dirigerait vers l'Italie; alors, a ce qu'on raconte, ils partirent d'un tel eclat de rire que les magistrate et les plus ages eurent bien du mal a calmer la jeunesse, si absurde et insolente leur paraissait cette demande: penser que, pour eviter la guerre en Italie, les Gaulois la feraient venir chez eux et qu' il s'exposeraient leur territoire aux dévastations pour défendre celui des autres! hannibal

"Quand le calme fut rétabli, on répondit aux ambassadeurs qu'aucun service rendu par les Romains, aucun outrage de la part des Carthaginois ne justifiait qu'ils se mobilisent pour les Romains contre les Carthaginois. Au contraire ils entendaient dire qu'en Italie on expulsait de leurs terres et de leur pays des peuples de leur race27, qu'on exigeait d'eux un tribut et qu'on leur faisait subir toutes sortes de vexations. Ce fut a peu près le même scénario dans les autres assemblées Gauloises et il ne fut pratiquement jamais question d'amitié ou de paix avant l'arrivée a Marseille." Tite live

-223: victoire du consul C. Flaminius sur les Gaulois (prise de Milan).
-222: victoire des consuls M. Claudius Marcellus et Cn. Cornelius Scipion sur les Insubres (prise de Clastidium); fondation des colonies de Cremone et de Plaisance.
-221: mort d'Hasdrubal j Hannibal lui succede.
-219: guerre contre Demetrios de Pharos; triomphe des consuls M. Livius Salinator et Paul Emile.

Deuxième guerre punique (218-202 avant J.C.)

Romains et Carthaginois se disputèrent avec acharnement l'alliance des royaumes numides.

-219/218: siege et prise de Sagonte (automne 219, pour Tite-Live: 218); 1'ambassade romaine a Carthage et déclaration de guerre,

P. Scipion debarque a Marseille (ete -218) et confie a Cn. Scipion la direction de la guerre d'Espagne;

Hannibal passe le Rhone, franchit les Alpes (août septembre -218); bataille du Tessin (fin novembre), de la Trebie (décembre).

-217 (fin juin): bataille du lac Trasimene; désignation de Fabius (dictateur) et de Minucius (maitre de la cavalerie); P. Scipion rejoins son frère en Espagne (automne).
-216: défaite de Cannes (aout) j défection de Capoue et de la plupart des villes du sud de l'Italie; capitulation de Casilinum (printemps);

-216 defaite d'Hasdrubal en Espagne (automne)

-216 mort de Gelon, fils de Hieron;
hiver -216-215: </ les delices de Capoue >~.

Alliée à Hannibal, la cavalerie numide se distingua brillamment. Elle parvint à envahir l'Iberia, la Gaule, traversant les Pyrénéees ; puis lesAlpes, contribuant à remporter en 216 avant J.C. la bataille de Cannae, la plus célébre victoire des troupes de Hanninal, demeurée, à ce jour, dans les annales militaires, comme un exemple de stratégie et de tactique.

La résistance et la robustesse des montures et des cavaliers numides y jouèrent un rôle considérable.

-215: mort de Hieron (printemps), avènement de Hieronyme, defection de Syracuse; mort du consul designe L. Postumius en Gaule; Philippe envoie des ambassadeurs a Hannibal; siege de Cumes; soumission de la Sardaigne; resistance de Nole (automne); reddition de Locres et de Crotone; succes des Scipions en Espagne.
-214: assassinat de Hieronyme (printemps); massacre de la famille royale; siege de Syracuse; operations en Sicile (Enna); M. Valerius Laevinus libere Oricum et Apollonie (fin de l'ete); succes en Espagne (Castulon, Munda).

-213: prise par les romains d'Arpi; siege de Syracuse (suite); prise de Tarente (?); les Scipions envoient une ambassade a Syphax, roi des Numides; alliance des Carthaginois avec Masinissa, fils de Gala.

ARCHIMÈDE, savant (Syracuse 287 av. J.-C.-id. 212). Archimède dirigea la défense de Syracuse attaquée par Rome. Pendant trois ans, il tint en echec l'armée de Marcellus. Il fit consuire des machines pour lancer à de grandes distances des traits ou des pierres. Au moyen de miroirs ardents formés par des miroirs plans judicieusement associés il enflammait, dit-on, les vaisseaux des assiégeants. Cependant, les Romains étant entrés dans Syracuse par surprise, Marcellus ordonna qu'on épargnât le grand homme. Mais celui-ci fut tué par un soldat.

-213 Rome prend Syracuse

-212: exécution des otages de Thurium et de Tarente; defection de Tarente a ['exclusion de la citadelle;

defection de Thurium; mort du proconsul Ti. Sempronius Gracchus dans une ambuscade; les Romains mettent le siege devant Capoue (automne); capitulation de Syracuse; mort de P. et de Cn. Scipion; reprise des operations en Espagne sous le commande ment de L. Marcius; fin de la campagne de Sicile (entree de l'hiver).

Scipion L'AFRICAIN part, en - 211, dans la péninsule Ibérique pour venger son père et ouvrir un second front contre Hasdrubal, dont le frère, Hannibal, ravage l'Italie. Il assiège et prend Carthagène, place forte économique, vitale pour le camp punique. Sa droiture le rend populaire auprès des indigènes, lassés de l'occupation carthaginoise. Il peut, alors, rallier facilement les Ibères à sa cause et soumettre l'ensemble de l'Espagne orientale.

La guerre en Iberia achevée et dans la perspective de la guerre en Afrique, Carthaginois et Romains recherchèrent l'alliance du roi numide.

Scipion L'AFRICAIN décida alors de traverser le détroit de Gibraltar pour négocer avec Lui. D'après Tite-Live, alors que Scipion entrait au port, Hasdrubal y arrivait aussi. Ainsi, ces deux ennemis se retrouvaient-ils sur le territoire du prince numide flatté de voir les deux plus grandes puissances du monde venir solliciter, en même temps, son amitié.

-210-208 ( ?): naissance de Polybe.

-205 Aidé par Massinissa, roi de Numidie détrôné par Syphax, allié des Carthaginois, Scipion ruse, feint de négocier, endort la méfiance de l'adversaire. Une nuit, il fond avec toute son armée sur le camp punique, et achève ce raid éclair par le massacre des Carthaginois à la bataille des grandes plaines. Les prévisions de Scipion se réalisent : Carthage, encerclée, rappelle Hannibal d'Italie. À regret, ce dernier quitte la péninsule qu'il occupe depuis quinze ans.,

-203: Hannibal quitte le sol de l'Italie.

Pour reconquérir le royaume de son père, réduit par Syphax roi des Masaesyles, Massinissa  s'allie aux Romains et Scipion fait prisonnier Syphax (-203) qui sera ramené à Rome, dont il épouse la femme, Sophonisbe.

hannibal Hannibal demande la paix à Scipion, qui la refuse, et les deux grands chefs de guerre s'opposent à la bataille de Zama (- 202). La deuxième guerre punique prendra fin avec la bataille de Zama. Ce sont les troupes numides de Massinissa, rallié à Scipion, qui contribuèrent à la défaite de Carthage, contrainte aolrs de     reconnaître Massinissa comme roi de Numidie.

Hannibal fut non seulement un meneur d'hommes, mais aussi un brasseur d'idées. Derrière le capitaine qui fit trembler Rome se cache l'homme politique né dans une Carthage soumise aux influences grecques. Hannibal se pose comme le continuateur d'Alexandre, comme l'homme du rassemblement des États méditerranéens. On peut dire que deux siècles avant César, avant Auguste, Hannibal a compris que le monde ne pouvait retrouver la prospérité que     dans l'unité.

-202: victoire  de Scipion à Zama et fin de la deuxieme guerre punique.

Après Zama , les Carthaginois doivent reconnaître Masinissa comme roi de Numidie. Il favorise l'urbanisation du pays, et fait de Cirta sa capitale. Voulant dominer l'Afrique, il empiète sur le domaine de Carthage, qui lui déclare la guerre, mais est vaincue. Il restera toute sa vie un allié des Romains.

CIRTA Constantine

Appelée SARIM BATIM par les Carthaginois CIRTA, recèle, en plus des restes des civilisations néolithiquescomme la grotte de Bou-Zabaouine, d'importants vestiges de la civilisation punique, ainsi, la stèle d'EL HORFA, qui atteste le maintien des cultes puniques après la chute de Carthage. On peut supposer que les populations de l'intérieur parlaient la langue punique, car Saint Augustin, quelques siècles plus tard, conseillait à ses prêtres d'apprendre le punique, avnt de se rendre dans les villes de l'intérieur et dans la campagne.
La civilisation carthaginoise, héllénisée pendant les derniers siècles de son existance, s'est répandue assez profondément dans le pays. Ses influences se retrouvent dans les traditions numides postérieures.

Lors de son couronnement(-204), Massinissa avait 36 ans. Né en 238 avant J.C., il régna pendant 54 ans jusqu'à sa mort en 148 avant J.C.

Pendant son long règne, il entreprit la construction d'un état unifié et monarchique. D'abord il s'attacha à sédentariser les populations et transforma les pasteurs nomades en agriculteurs.

Il favorisa l'urbanisation de la Numidie, poussant les cultivateurs à former de gros bourgs, auxquels il donna une organisation semblable à celle des villes puniques.

-195: Hannibal s'exile definitivement. 183: mort d'Hannibal.
-179: mort de Philippe V de Macedoine, son fils Per see lui succede.
-167-150: Polybe est assigne a residence a Rome; frequente les Scipions (surtout Scipion Emilien), prepare son Histoire centree sur les annees 220-167 (enquetes et voyages).
-149: mort de Caton.

Massinisssa qui regardait avec intérêt l'Orient Grec, avait accepté la forme de civilisation que six siècles, placés sous l'influence de Carthage, elle-m^me hellénisée au cours des deux derniers siècles, avaient apportée aux élites Numides. Il voulait éduquer son peuple selon les méthodes hellénistiques.

Dans son oeuvre d'unification, il empiéta sur le domaine de Carthage, qui lui déclara la guerre. Massinissa en sortit vainqueur.

-149 -146. Troisième guerre punique

La puissance grandissante de Massinissa en Afrique inquiéta Rome, au point qu'en déclarant la guerre à Carthage en 149 avant J.C. (troisème guerre punique), elle visait aussi Massinissa.

-148: mort de Masinissa.
A sa mort, son royaume fut partagé entre ses trois fils: Micipsa père de Hiempsal I et d'Adherbal, Manastebal père de Jugurtha et de Gauda, et Gulussa père de Hiempsal II dont la descendance assurera la lignée des derniers rois numides.

En détruisant Carthage en 146 avant J.C. et en créant la première colonie romaine en Afrique, Rome mettait une limite à l'extension territoriale de la Numidie et au renforcement de son pouvoir économique et Politique.

Après la mort de Manastebal et de Gulussa, Micipsa hérita du royaume et régna pendant 30 ans (148-118 avant J.C.)

La puissance de la Numidie unifiée inquiéta Rome, qui accentua la pénétration et obligea Micipsa à partager le royaume en indivis entre ses deux fils Hiempsal I et Adherbal et son neveu Jugurtha.

jugurtha
Rome aurait-elle pu deviner que ce partage susciterait une guerre après la chute de l'invincible Carthage? La Numidie se soulèvera violemment et Rome aura, en Jugurtha, un ennemi aussi redoutable que Hannibal.
    En effet, le partage de la Numidie imposé par Rome marqua le début de la lutte de     Jugurtha pour conserver l'unité de sa patrie. En 116 avant J.C., il s'empara de toute la Numidie et dut éliminer Hiempsal. En 112 avant J.C., Cirta; principauté de Adherbal, tomba après le siège qui finit par le massacre de ses défenseurs et des marchandsromains. Rome lui déclara la guerre. "La guerre de Jugurtha" chantée     parSalluste, dura sept ans.

Six armées romaines disparurent dans cette lutte mémorable. Jugurtha, aussi prompt dans la décision que dansl'action; adoré des Numidespour sa beauté; son courage et les ressources de son esprit, tint longtempsen échec les forces romaines.

Jugurtha résista mais perdit Cirta pendant le siège de l'hiver 107-106 avant J.C.. Livré en 105 par son allié, il fut conduit à Rome, enchaîné. Il contempla la ville qu'il méprisa pour sa promptitude à se vendre. Il y resta prisonnier, jusqu'à sa mort.

-105 Après sa défaite, son royaume fut partagé :

Sous l’autorité romaine, la Numidie devint avec l’Égypte le "grenier de Rome", fournissant blé et huile d’olive.

Bocchus reçut une partie de la Numidie occidentale. La Numidie orientale fut partagée en deux royaumes : La Numidie occidentale et la Numidie orientale qui revint à Gauda (105-88 avant J.C.) puis à Hiempsal II (88-68 avant J.C.) respectivement frère et neveu de Jugurtha.

A sa mort, Bocchus plaça son fils Bogud sur le trône de la Mauritanie occidentale qui prit le nom de Bogudiana, et légua ses nouvelles provinces à son fils Bocchus II qui la dénomma Mauritanie de Bocchus.

Ce partage eut lieu en 91 avant J.C.. Bocchus III régna jusqu'en 33 avant J.C.

Il se déclara en faveur de Pompée. Néanmoins, César lui laissa ses états, puis il suivit Octavien, tandis que son frère Bogud soutenait Antoine et put ainsi régner sur toute la Numidie.

-51 Cleopatre reine d'Egypte

-30 L'Egypte devient province romaine après la mort de Cléopâtre

juba1er Juba I succèda à Hiempsal son père, jusqu'en 46 avant J.C.. Il prit le     parti de Pompée et anéantit l'armée de Soribornus Curio, qui débarqua en Afrique en 49     avant J.C.. Battu à Thapsus par César, il se donna la mort, comme le firent ses alliés,     Scipion Scipion et Caton . ..

Son fils, le futur roi Juba II, enfant encore, fut emmené captif à Rome où il fut éduqué. Il épousa Cléopâtre Selené, fille de Cléopâtre et d'Antoine.

Auguste lui restitua, pour un temps, la Numidie et en 25 av. J.C. il devint roi de la Maurétanie, dont la capitale fut Iol.

Le phare de l'îlot date de son règne; il a été comparé; toutes proportions gardées, à celui d'Alexandrie. Cette construction atteste que Juba II, à l'instarde ses aînés, appliquait les principes d'une véritable politique économique. Le phare était l'une des élémentsde l'aménagement du port, destiné à développer sur la côte le trafic maritime, en vue du commerce aussi bien que des explorations géographiques.

Ptolémée fils de Juba II; fut le dernier roi Numide. Il fut assassiné par Caligula, en l'année 42 de notre ère. A ce moment-là, la ville s'étendait sur 2,5 km de long et 1,5 km de large, et renfermait dans son enceinte un grand nombre d'oeuvres artistiques et littéraires.

Les Romains; après la mort de Ptolémée, fils de Juba II, annexèrent la Maurétanie. Ils la divisèrent en deux provinces impériales: la Maurétanie Tingitane et la Maurétanie Césarienne, laquelle correspondait aux "Telles" Oranais et algérois et à la partie occidentale du Constantinois.

Contemporain de Ptolomée, Tacfarinas dirigea larévolte des Numides contre l'impérialisme romain; sous le règne de Tibère. Dès l'année 17 de notre ère, il livra une guerre sans merci aux armées romaines. Cette lutte indépendantiste dura huits années. Le guerrier Mazipa, combatit à ses cötés. Malgré les demi-défaites de Tacfarinas; la guerre sanglante entre les Numides et Rome ne prit fin qu'en l'année 24, dans la bataille que lui livra le pré-consul Donabela en Auzia. (Aumale), où Tacfarinas trouva la mort au champ d'honneur comme le voulait la tradition numide.

Tacfarinas tint tête à César, à qu'il envoya des Ambassadeurs. César, refusa ses revendications; argumentant que même celles de Spartacus n'avaient pas été prises en considération.

La domination Romaine

La Numidie est un territoire miliatire, dont le commandement est installé à Lambèse ; elle de viendera procince indépendante de la Proconsulaire en 198. A partir de 126, des voies de pénétration l'aideront à progresser par les pistes du Sud, mais elle se rétrécit vers le nord : Hippo Régius (Hippone) est en Proconsullaire, Igilgili (Jijel) en Maurétanie Sétifienne.

La côte de Numidie a deux ports : Rusicade (Skikda) et Chullu (Collo). Le reste de l'Algrie forme la Maurétanie Césarienne.

La Maurétanie était gouvernée à partir de Césarée (Cherchell). Sa frontière est plus méridionale, loin des monts du Hondna et des hautes plaines Oranaises; elle ne pénètre guère à plus de 100 km de la mer. Au-delà de cette band côtière, les populations numides continuent à suivre leur mode de vie, et à se battre contre l'occupation romaine.

Les cités romaines dans la Numidie et la Maurétanie s'érigèrent sur les villes romaines dans la numidie, dont certaines connurent un grand essor et jouirent d'une grande renommée dans ces contrées anciennes.

Hippone, Cuicul, Tiddis, Thevesli, Madouros, Tipaza, Siga, Ténès, et probablement les plus importantes villes romaines eurent comme assises les villes numides elles-même, fondées le long de la côte, sur l'emplacement des comptoirs phéniciens.

Les plus importantes ruines des villes romaines, se trouvent à l'est de la Maurétanie Césarienne, dans les Aurès, et au nord de la Numidie.

Si la sédentarisation s'est faite au temps des phéniciens et des Royaumes numides, c'est l'urbanisation qui constituera la base de l'empire romain. Le nombre et la splendeur monumentale des cités romaines que révèlent les imposantes ruines de Timgad, Lambèse, Djemila-Cuicul, Tiddis, Tipaza . . . témoignent du rôle joué par les Cités africaines.

TIDDIS

Petite ville numide, à 17 km de Cirta-Constantine, Tiddis recèle d'importants vestiges de cette période. Les fouilles archéologiques ont montré que Tiddis, tout au long de son histoire, a eu une vocation : la poterie. On y a découvert un vaste quartier de potiers, dont les ateliers sont équipés de fours, de douves et la plus belle collection d'outils de toutes les époques, y compris l'époque punique.

Les fouilles ont permis de découvrir des vases puniques et des lampes grecques du V siècle avant J.C..

Dans les tombeaux situés aux abords de la ville - les BAZINAS, sépultures très évoluées - on a trouvé des vases d'un aspect inconnu. Il s'agit d'un décor peint, géométrique, avec des bandes d'oiseaux et des danseurs très stylisés. Bref, de la poterie Kabyle, telle qu'elle est fabriquée aujourd'hui encore par les femmes, sans tours, par des techniques immémoriales...

Tiddis renferme aussi des vestiges anciens, des DOLMENS, sur le versant occidental du plateau ; et, surplombant de part et d'autre le ravin de Kheneg s'élève une cinquantaine de Bazinas au pied de la montagne à l'est.

Au IVe siècle apr. J.-C., alors que les légions romaines appelées à défendre l’Empire en déclin, se retirèrent de Numidie, la région fut, pour un temps, déclarée indépendante, sous la pression du mouvement donatiste. La population berbère latinisée, tôt convertie à la foi chrétienne, s’était en effet massivement ralliée à cette secte chrétienne, persécutée par les autorités romaines, après que le christianisme fut devenu religion officielle de l’Empire (313), tandis que les tribus berbères des montagnes, non latinisées, continuaient à résister.

Saint Augustin, né à Tagaste (Souk-Ahras), 354-430, est le plus célèbre des Pères de l'Eglise Latine et le plus gra,nd esprit des premiers siècles du Christianisme, en Occident.

Evêque d'Hippone, dès 396, il mourut dans la ville assiégée par les Vandales.

L'influence de Saint Augustin, est sans doute celle qui a marqué le plus la théologie de tous les temps, car son oeuvre a quelque chose d'universel. Toute sa pensée est centrée sur deux problèmes essentiels : Dioeu et le destin de l'homme.

429 les Vandales envahissent l'Afrique du Nord.
Dans un contexte d’anarchie, les Vandales, peuple germanique, envahirent l’Afrique du Nord et y établirent un royaume en 429. Leur domination, limitée à la bande côtière, resta cependant fragile, et des principautés berbères indépendantes purent se reconstituer durant cette période
Après avoir débarque en Tingitane (Maroc),les vandales pénétrèrent à l'est. On constate qu'au passage ils détruisirent les murailles de Caesarea (Cherchell) la capitale de la Maurétanie ; celles de Tipaza furent rasées méthodiquement à une hauteur uniforme.
En Numidie, ils parurent s'installer : ce fut le siège d'Hippone, où mourut Saint Augustin. Puis ils repatirent et s'installèrent en Tunisie ou ils resteront un siècle.

439  Geiséric( Vandales)  s'empare de Carthage.

Pillée par les Vandales en 440 puis reconstruite par Justinien, Carthage céda, à la fin du VIIe siècle, la place à Kairouan. Depuis quelques années, un mouvement culturel aspire à la renaissance de Carthage.

V siècle: la révolte de la population montagnarde.
Ceux de l'Aurès prirent et détruisirent Timgad vers 477. Les Circoncellions ne cesseront pas leur révolte et vers le milieu du siècle ils joignent leurs efforts à ceux des Donatistes pour mener une lutte commune.
 

En 533, les Vandales furent chassés par les armées de l’empereur byzantin, Justinien Ier, dont le rêve était de faire renaître la splendeur de l’Empire romain. La conquête byzantine, pourtant, se limita seulement à l’est du pays.

+636+646 Perte par l'empire byzantin de la Syrie et l'Egypte  prises par les arabes

Les Byzantins arrivèrent en Afrique du Nord vers le milieu du VI siècle, et, si leur occupation fut limitée dans l'espace, lle dépassa largement le teritoire occupé par les Vandales.
Ils s'intallèrent là où ils trouvèrent les matériaux nécessaires à la fortification des villes.
Les Byzantins se heurtèrent aux mêmes cavaliers, aux mêmes tribus que, naguère, les Carthaginois et les Romains. Cependant, ils restèrent un siècle, en Afrique du Nord. Ils fortifièrent les villes pour les défenfre contre les paysans des plaines et surtout conte ceux des massifs montagneux. Mais les luttes paysanes ne cessèrent jamais.

Le rêve de Justinien Ier s’effondra lorsque, en 647, les Arabes, porteurs d’une nouvelle religion, l’islam, se lancèrent à la conquête de l’Afrique du Nord. À l’est, dans les Aurès, ils durent s’opposer à la résistance de deux chefs berbères, Kusayla et la Kahina, une prophétesse. Mais, dès le début du VIIIe siècle, les Berbères se soumirent et se convertirent massivement à l’islam. Des chefs de guerre, tel Musa ibn Nusayr, s’illustrèrent même dans les troupes qui combattaient pour l’expansion de l’islam. Dès le début du VIIIe siècle, l’Algérie, comme l’ensemble du Maghreb, était devenue une province placée sous l’autorité des Omeyades. Les Arabes y constituaient une élite urbaine.

647, Les Arabes pénétrent pour la première fois dans le Maghreb, ils trouvent une province affaiblie par son isolement.

L'avénement de l'Islam au VIIe siécle est un des faits les plus considérables de l'histoire du Maghreb.

En l'an 681, avec l'arrivée de Sidi-Okba, l'Algérie entre dans l'histoire de l'Islam, car cette religion nouvelle obtient de plus en plus l'adhésion de la population qui participera à la conquête et à l'islamisation d'une grande partie de la péninsule ibérique;

IXème siècle de notre ère, Au III ème siècle de l'Hégire,  l'Afrique du Nord, toute entière, était conquise par l'Islam. Ce fut une conquète spirituelle sans précédent.

Après 740, tandis que se multipliaient les querelles de succession pour le califat, les Berbères se dressèrent contre l’autorité califale et, comme beaucoup de ceux qui, dans la communauté musulmane, luttaient contre la domination arabe, ils rallièrent les kharijites, dissidents fondamentalistes et démocrates de l’islam. Une communauté kharijite subsiste d’ailleurs aujourd’hui dans le Mzab (ibadites). Les Berbères kharijites fondèrent plusieurs petits royaumes.

La carte politique de l'Afrique du Nord qui va de la Tripolitaine à l'Océan Atlantique, présente au IXème siècle, la division que nous connaissons encore. Trois royaumes se juxtaposent : Tunisie, Algérie et Maroc.

777 Royaume des Rostémides ROYAUME DE TIHERT (Tiaret)

Au Maghreb central, l'Algérie est gouvernée par la dynastie des Rostémides, qui règnent dans Tihert, près de l'actuel Tiaret. A leur simplicité d'ascètes, ces imams joignent le goût de l'étude et une culture de savants. Dans Tihert, ils assemblent de riches bibliothèques et ils envoient en Orient des missions pour acheter des   manuscrits.

La science passionne leur entourage : les femmes de leurs familles s'adonnent à   l'examen du dogme, de l'exégèse coranique, des pratiques du culte et de la jurisprudence   islamique. D'autres sciences captent leur intérêt, en particulier l'astronomie au sens   large du terme.

5 2 789 Avènement du roi Idriss 1er, qui fonde un royaume   indépendant au Maroc

788-974 Idrissides   Maroc.Capitale:Fès   

800-909 Aghlabides  Ifriqiya, Algérie orientale,Sicile.

Le royaume des Rostémides, fut balayé en 911 par la dynastie arabe chiite des Fatimides, soutenue   par les Kabyles, une confédération berbère de l’Est. Dès le XIe siècle,   l’arabe devint la langue majoritaire dans les plaines et les steppes. Seuls les   Berbères des montagnes résistaient durablement.

Deux dynasties berbères devaient cependant régner sur toute la région entre le XIe et le XIIIe siècle : les Almoravides et les Almohades. Venues du Sud marocain, elles étendirent leur influence du Nord-Ouest africain au sud de l’Espagne. Tlemcen, la capitale des Almohades, devint un centre artisanal réputé. On y construisit de belles mosquées et de nombreuses écoles   coraniques. Les ports maritimes (Béjaïa, Annaba et Alger, en pleine expansion)   développèrent un commerce actif, apportant en Europe les fameux chevaux barbes, de la   cire, un cuir de qualité et des tissus.

1035

C'est en 1035 que les Almoravides, vont entrer dans l'Histoire. Guidés par le Saharien Yoûsof, fils de Tachfin, ils s'attribuent une mission religieuse. Yoûsof a laissé les plus beaux monuments de l'art musulman, en Algérie.

A la première étape de sa traversée, il remonte à agadir où il fonde Tagrart qui sera son lieu de résidence. Son modeste palais sera plutôt une dépendance de la Grande Mosquée.

Almoravides 1056-1147 Afrique du Nord et Andalousie

Tlemcen ne fut qu'une étape ; les Almoravides s'emparèrent de Nédroma, Ténès, mais ne dépassèrent pas Alger.

Les mosquées sont le plus beau legs des Almoravides. La date de la construction de la Mosquée de Nédroma est attesté par une inscription sur bois de cèdre qui couronnait le Minbar. Ces vestiges sont conservés au Musée des Antiquités du Parc de la Liberté à Alger.

C'est aussi l'inscriptin de la chaire qui nous permet de dater la Grande MOSQUEE D'Alger (1096).

L'architecture s'inspire de celle de la Grande Mosquée de Cordoue.

A Nédroma comme à Tlemcen et à Alger, l'art andalous exerce une grande influence. Pur la Grande Mosquée de Tlemcen, Yoûsof voulait un édifice simple et ainsi apparaît-il au visiteur qui pénètre dans la Mosquée par la face latérale. Le dépouillement architectural, où nous reconnaissons l'austérité du chef Saharien, fait contarste avec l'abondance décorative de la nef centrale, plus tardive, avzec ses plafonds aux poutres sculptées, le mirhab qui se creuse dans le mur du fond et la coupole qui précède cette niche. Une inscription sur la corniche nous indique qu'elle fut exécutée en 1136.

Le cadre du mirhab et la coupole dont les arceaux s'entrecroisent et soutiennent des panneaux de plâtre ajourés s'inspirent de la Grande Mosquée de Cordoue. S'y ajoutent des éléments de l'art hammadite telles les stalactites qui surmontent les arceaux entrecroisés.

De 1147 à 1269  la dynastie berbère des almohades régna sur l'Afrique du Nord et sur la moitié de l'Espagne.

"La prospérité du royaume almoravide fut interrompue par l'apparition d'El-Mahdi, fondateur de la dynastie des Almohades . . .". C'est ainsi qu'Ibn El-Khaldoun introduit ce nouveau personnage qui modifiera le cours de l'histoire du pays. C'est une époque mouvementée, où l'on assite à la fin de la grande épopée almoravide.

A la fin du règne d'Ali Ben Yoûsof en 1192, les Masmoûda disposaient déjâ de forces redoutables. Se dirigeant vers l'est, les troupes Almohades commandées par Abd-El-Moûmin arrivèrent aux monts de Tlemcen. En Espagne comme au Maghreb, les Almoravides furent incapables de résister aux Almohades. Seuls échappèrent les "hommes voilés", qui tenaient les Baléares : les Béni Ghânya, qui joueront un rôle non négligeable dans l'histoire de l'Algérie.

Ibn Toûmert, dit El-Mahdi, fut le précurseur du mouvement almohade. Disciple du théologien Ghazali, ce réformateur veut appliquer en Occident les préceptes de son maître. Partout, il censure les abus et captive les auditeurs par son éloquence. Il porte contreverse sur le terrain de la théologie alors que les Almoravides faisaient de la jurisprudence, leur arme de combat.

Ses partisans; les "Al-Muwahhidûn" (les Unitariens), professaient le dogme de l'unité de Dieu dans toute sa pureté. L'Algérie va prendre place dans l'histoire frâce au rôle joué par Abd El-Moumin, né à Nedroma. Grand Chef guerier, il dirigea trois campagnes qui conduisirent à l'unification de l'Afrique du Nord.

De cette époque date le premier cadastre de l'Afrique du Nord : en 1159, Abd El-Moumin ordonna l'arpentage de l'Ifroquiya et du Maghreb. On mesura depuis la Cyrénaîque jusqu'à l'oued N'oun, de long en large. On retrancha de cette surface un tiers pour les montagnes, les rivières, les lacs salés, les routes et les déserts. Les deux tiers restants furent frappés du Kharadj ou impôt foncier. Ce fut là une grande innovation.

1198 Mort de Averroes à Marrakech (médecin et philosophe arabe né à Cordoue en 1126)

Les Almohades souverains du Maghreb jouissaient d'un grand prestige tant en Orient qu'en Occident. Cependant l'Empire Almohade, rongé par les luttes intestines pour le puvoir et par la difficulté de gouverner un si vaste empire, commeçait son déclin.

Ce fut d'abord l''Espagne, qui échappa au califat almohade, suivi par la Tunisie (1236) avec les Hafsides, Tlemcen (1239) avec les Abd-Alwadides, le Maroc (1269) avec les Merinides, qui prirent Marrakech. Ce fut la fin de la dynastie almoravide.

C'est ainsi que la dynastie berbère des almohades régna sur l'Afrique du Nord et sur la moitié de l'Espagne de 1147 à 1269.

L’anéantissement des Almohades, en 1269, déclencha une rude bataille commerciale entre chrétiens et musulmans pour le contrôle des ports de la Méditerranée. La région fut partagée entre trois dynasties berbères : les Mérinides à Fès, les Abdelwadides à Tlemcen et les Hafsides à Tunis. Dès la fin du XVe siècle, après la reconquête chrétienne (la Reconquista) de la totalité de l’Andalousie, l’Espagne occupa plusieurs ports de la côte algérienne (Mers el-Kébir, Oran, Béjaïa). Les Abdelwadides acceptèrent le protectorat espagnol, mais les autorités religieuses des villes portuaires, soutenues par la population, engagèrent des corsaires, qui capturaient les navires marchands et retenaient l’équipage et la cargaison en échange d’une rançon.

1518, Alger et plusieurs autres ports furent assiégés par les Espagnols; les Turcs ottomans furent appelés à la rescousse.

Au début du XVIe siècle, Alger subit l'attaque des Espagnols (1514) qui occuperont la ville jusqu'à l'arrivée des frères Barberousse, en 1516. Ces derniers s'étant placés sous la protection de Constantinople, Alger devint la capitale d'un Etat algérien, plus ou moins vassal de l'Empire Ottoman. Malgré la rivalité entre les Janissaires turcs et les "raïs", Alger connut une grande prospérité lors de l'apogée de la "course" au XVIIe siècle.

Les Barberousse, deux frères corsaires, d’origine grecque ou sicilienne — selon les sources — et convertis à l’islam, obtinrent du sultan Soliman le Magnifique d’être envoyés en Afrique du Nord avec une flotte. Ils chassèrent les Espagnols de la plupart de leurs nouvelles possessions, résistèrent au siège de Charles Quint devant Alger (1541).

1549 Naissance de Ahmad al-Mansur, sultan du Maroc

1554 Les Abdelwadides furent déposés. Khayr al-Din, le plus jeune des Barberousse, fut nommé beylerbey, c'est-à-dire représentant du sultan en Algérie

Les Abdelwadides furent déposés en 1554, et Khayr al-Din, le plus jeune des Barberousse, fut nommé beylerbey, c’est-à-dire représentant du sultan en Algérie. Proconsuls militaires d’Afrique, ces "rois d’Alger" exercèrent leur autorité non seulement sur la zone littorale, mais sur les pachas de Tunisie et de Tripolitaine. En raison de son éloignement de Constantinople, la régence d’Alger fut gouvernée comme une province autonome.

Conséquence indirecte de la Reconquista espagnole, l’établissement des Ottomans en Algérie déboucha sur la mise en place d’une monarchie élective et des formes de gouvernement qui marquèrent profondément l’Algérie : au XVIIe siècle, Alger choisissait son dey qui recevait ensuite l’investiture de Constantinople. L’ordre était en principe assuré par deux forces militaires rivales, l’odjaq, la milice des janissaires, et la taïfa des raïs, la corporation des corsaires. Mais l’arrière-pays, le Sud, le Constantinois, la Kabylie, échappait au pouvoir de la régence d’Alger, qui fut essentiellement une "colonie d’exploitation". Le pouvoir ottoman eut recours à la formation de smalas (colonies militaires) et aux maghzens, des tribus privilégiées qui faisaient rentrer l’impôt.

Empire Chérifien 1525-2---- Maroc

1603 Mort de Ahmad al-Mansur, sultan du Maroc

1664 Moulay Rachid fonda la dynastie alaouite, qui règne encore de nos jours sur le Maroc

1827 Charles X se lance dans un blocus naval et dans une expédition militaire contre Alger

Dominée par la forteresse de la Casbah, la ville d'Alger couvrait toutes les pentes de l'acropole et étendait, en bordure de la mer, ses riches quartiers commerçants semés de palais et de mosuées. Au début du XIXe siècle (4 juillet 1830) la ville fut prise par les Français. Après 1830, des monuments anciens furent détruits pour faire place à des constructions administratives et militaires. Ne subsistèrent que la belle mosquée hanafite de la pêcherie (XIVe siècle) et la grande mosquée malakite (XIe siècle). Vers la fin du XIXe siècle, Alger devint un grand marché de vin, un important centre financier et un grand port.

1831 Les troupes françaises s'emparent d'Alger

1837 Par le traité de la Tafna, la souveraineté d'Abd el-Kader est reconnue

1839 Abd el-Kader déclare la guerre sainte contre la France
1839 La Grande-Bretagne occupe Aden, en Somalie

1839 : Début de l'ère des réformes dans l'Empire ottoman.

1839 L'empire Ottoman "cède" l'Algérie à la France

1840 Bugeaud devient gouverneur général de l'Algérie
1844 Bugeaud, le gouverneur général de l'Algérie, crée les Bureaux Arabes, dont le rôle est de protéger les arabes contre les exactions commises par les colons
1847 Défaite de Abd el-Kader
1848 La France déclare que l'Algérie est un territoire français
1849 Le Nord Yémen passe sous l'autorité ottomane
1858 La France crée un Ministère de l'Algérie

1870 Le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 32 000 juifs d'Algérie

1871 Insurrection en Kabylie

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alger joua un rôle important dans le débarquement des troupes alliées et devint le centre des décisions politiques et militaires en Afrique du Nord.

1945 8 mai : Le jour de la victoire, une sanglante explosion de violence est durement réprimée à Sétif.

Guerre d'Algérie

Pendant la guerre de libération contre l'occupant français (1954-1962), Alger fut un important foyer de la lutte armée. La Bataille d'Alger constitue un moment historique de grande signification.

1954

01.11. Le C.R.U.A. (Comité révolutionnaire de l'unité algérienne) déclenche la rébellion armée.
1er Novembre 0 heure declenchement de la guerre d'Algerie
-Série d'attentats ( attaques de casernes et postes militaires, incendies attaques de fermes, jets d'engins
explosifs, ...) à travers différentes régions du territoire
-Mort de Ramdane Benabdelmalek Adjoint de Ben M'hidi en Zone V, Benabdelmalek, ancien membre de
l'Organisation Speciale (O.S) etait l'un des 22 a la reunion du clos salembier (juillet 1954). Il fut tue dans la
nuit du 1er Novembre, non loin de cassaigne, a Bosquet, qui prendra son nom apres l'independance,
devenant ainsi le premier martyr militaire de la revolution. Il etait originaire de Constantine et, pour
echapper aux recherches de la police, avait emigre en Oranie a l'instar de son chef Ben M'hidi et de
Souidani Boudjemaa, originaires l'un de Biskra, l'autre de Guelma.

2 Novembre
-Stupeur et consternation dans les milieux europeens.
-Arrestation de nombreux militants et dirigeant MTLD.
3 Novembre -Roger Leonard declare:<<le mot d'ordre est venu de l'etranger>>.

5 Novembre

Le gouvernement français envoie des renforts en Algérie.
-Suspention de <<l'Algerie libre>>, organe du MTLD.
-Arrestation de membres du CRUA en Oranie.
-Accrochage dans la region de Souk-Ahras.
-Francois Mitterrand declare : << contre les separatistes, ca ne peut etre que la guerre >>.
-Dissolution du MTLD pour :<< atteinte a l'integrite du territoire national et a la Republique >>.

7 Novembre
-Perquisition aux siege d'organisations politiques et parapolitiques algerienne a Paris et en province.

8 Novembre
-Arrestation de Ahmed Zabana grievement blesse, Responsable de groupe dans l'Organisation Speciale(O,S)
il fut Arrete en 1950 et libere en mai 1953. Se convertissant au metier de soudeur, a Sidi-Bel-Abbes, il acquit
dews connaissances en matiere de fabrication de bombes artisanales. Sous les ordres de Ben M'hidi, il
organise un groupe d'action et, le 1er Novembre, attaquea la maison forestiere de St Lucien dont il abattit
le gardien. Lors d'un accrochage dans la region de St Denis du Sig, il fut blesse et fait prisonnier.
Juge par le Tribunal militaire d'Alger, le 3 mai 1956, et condamne a mort, il fut guillotine a Barberousse le
19 juin 1956. Zabana laissa un extraordinaire souvenir de courage et de determination a ses camarades de
detention qui furent frappes par sa capacite d'endurance aux sevices. << En effet, temoigne un ancien
detenu, blesse aux jambes, il devait ramper pour aller chercher sa gamelle sous les yeux de ses compagnons
auxquels les geoliers imposaient cette scene pour briser leur moral. Zabana en profitait pour les galvaniser
et les exhorter a ne pas flancher >>.
-Arrestation de Moulay Merbah a Alger.
12 Novembre -Accrochage en Kabylie.
15 Novembre -Premiere intervention de l'aviation dans l'aures.
20 Novembre -Mort de Badji Mokhtar, Militant MTLD des 1939, il fut elu au conseil municipal de
Souk-Ahras en 1947, tout en etant responsable de la section de l'O.S. Arrete en 1950 dans l'affaire Khiari qui
devoila l'organisation Speciale,il fut condamne a 3 ans de prison. Apres sa liberation en 1954, il se joingnit
au groupe des partisans de l'action et participe a la reunion des 22. Didouche Mourad lui confia la zone
frontiere entre Souk-Ahras et la mer, qu'il dirigea jusqu'au 19 Novembre 1954 ou il fut tue dans un
engagement avec les forces francaises dans la region de Medjez-Sfa, a la ferme Dali.
21 Novembre
-Declaration de F. Mitterrand au << Parisien Libere >> : << Le mouvement lance par les emeutiers n'a pas
atteint son but. Il a ete declenche trop tot, car cette operation devait etre lancee en janvier prochain. Nous
le savions et avions pris toutes nos precautions >>.
23 Novembre -Le gouvernement francais accorde une aide de 34 milliards au Maroc et a la Tunisie
24 Novembre -M. Temple, ministre francais de la guerre, declare : << les cadres de l'Indochine
seront affectes a l'encadrement des Goums en Algerie.
26 Novembre -Voyage de F. Mitterrand en Algerie : << jusqu'au 26 novembre, il y eu 528
terroristes arretes, 60 % viennent du MTLD >>.
29 Novembre -Mort de Grine Belgacem, jeune revolutionnaire ayant rompu avec l'administration
coloniale des 1950, a l'instar de beaucoup d'Algeriens, il gagna le maquis. On aime lui coller l'indicatif de
<<bandit d'honneur>> sans avoir jamais etudie la vie de cet homme qui pourtant n'avait terrorise que les
gardiens du systeme. Grine s'etait mis sous les ordres de l'ALN des le 1er Novembre et sa mort dans un
accrochage fut un grand soulagement pour les autorites francaises qui voyait en lui un des principaux chefs
de l'insurrection, tant il les avait effrayees.
-Evacuation du douar Ichmoul dans la region d'Arris, apres de violents combats.

1 au 15 Decembre
-Huit operations d'encerclements, ratissages et controles de la population en Kabylie.
7 Decembre
-F. Mitterrand declare a l'assemblee de l'union Francaise : << Le MTLD est l'ennemi a abattre. Le
gouvernement appliquera la loi sans pitie ; il n'y a pas de nuance a observer >>.
8 Decembre
-R. Leonard declare a Paris-Presse : << Le Gouverneur general estime a 400 le nombre des hommes resolus
qui sevissent dans l'Aures et croit que l'aneantissement de la bande de Grine Belgacem va tres serieusement
reduire les vocations.
10 Decembre
-Le premier ministre libyen demande au gouvernement francais de retirer ses troupes du Fezzan.
20 Decembre
-Operation de grande envergure dans la region de l'Ouenza avec 12 000 soldats.
22 Decembre
-Pour mettre fin aux activites clandestines du parti dissous, perquisition aux domiciles d'anciens membres du
MTLD en France et en Algerie ( 208 perquisitions, 142 arrestations ).
-Huit membres du MTLD sont arretes, tous adjoints au maire d'Alger, il s'agit de Abdelhamid Ali, Mustapha
Bouchakour, Mohamed Meftoul, Messaoud Zitouni, Zerargui Tahar, Abdelkader Amrani, Abdelkader Doumene
et Benzirag.
Les autorites francaises etaient convaincues que le MTLD etait seul capable de declencher un mouvement
insurrectionnel. Ce qui d'ailleurs n'etait pas une erreur, dans la mesure ou presque la totalite des responsables
du declenchement venaient de ce parti. Mais elles etaient loin de suivre l'evolution rapide du MTLD apres les
Congres de Niort et d'Alger ou l'eclatement avait engendre la neccessite de passer a l'action pour debloquer la
situation et eviter un passage a vide qui aurait pu durer indefiniment.
23 Decembre
-Mise en etat de siege de la region de Souk-Ahras.
-Operation Violette avec 4 000 soldats dans le Sud de l'Aures.
26 Decembre
-Operation dans le djebel Ichmoul.
30 Decembre
-Operation Aloes en Grande Kabylie.
-Depot de dossiers de torture aupres du procureur General a Alger, avec plaintes dument motivees.

1955

18 Janvier
-Mort de Didouche Mourad chef de la zone 2 (wilayaII) dans un engagement a Boukarkar, pres de Smendou.
Membre du Comite des 22, un des principaux fondateurs du FLN, il fut le premier chef de la zone 2 a
disparaitre au cours d'un engagement avec les unites parachutistes du colonel Ducourneau, a Oued-Boukarkour
pres de Smendou.
Ses nombreuses missions a Constantine pour le compte du parti, lui permirent d'avoir une bonne connaissance
de la region. c'est pourquoi, lors de la reunion du comite des Six a la veille du declenchement, il ceda l'Algerois
qu'il devait diriger et dont il etait originaire, a Bitat, contre le Nord Constantinois.
18 Janvier au 24 Fevrier
-Operation Veronique dans le Djebel Ahmar Kheddou (Aures) avec 5 000 soldats ( bombardements de villages,
incendies,massacres de civils), operation visant a l'isolement des combattants de l'ALN par rapport a la
population qui, privee de ravitaillement par bouclages, controles et rationnements, n'apporterait plus de soutien
logistique a ces combattants. L'effet de cette operation sera insignifiant, tant les autorites militaires et civiles
de la region ignoraient presque totalement les structures sociales des habitants de l'Aures et surtout les rapports
etablis entre ces derniers et les hommes de l'insurrection qui, depuis bien avant le 1er Novembre 1954, vivaient
deja en maquisards.
Sur le plan militaire et selon la presse colonialiste, neuf combattants seulement furent tues du cote algerien. ce
resultat montre bien l'inefficacite des moyens mis en oeuvre face a l'ALN.
20 Janvier
-Jacques Chevallier, nomme ministre de la defense apres le remaniement opere par Mendes-France.
23 Janvier
-Operation Violette dans l'Aures, prolongement de l'operation Veronique, avec 3 300 soldats, dirigee par le
colonel Millet, l'operation n'eut selon la presse, que quatre tues parmi les combattants algeriens.
C'est dire que l'offencive declenchee par le Haut-Commandement de l'armee francaise contre l'Aures fut un
echec total, et que la pratique de la guerre de guerilla par l'ALN etait efficace. La guerre des ombres allait
desormais se reveler couteuse pour le gouvernement francais qui n'arretera pas de reclamer toujours plus de
d'argent et de contingents pour la pacification.
25 Janvier
-Jacques Soustelle,nomme Gouverneur general a la place de Roger Leonard.
-Articles de presse relatifs a la torture.

Effectifs francais porte a 80 000 soldats contre 49 700 en Novembre 1954.
6 Fevrier -Chute du gouvernement Mendes-France, Considere par les ultras d'Algerie, comme le liquidateur
de l'Indochine, de la Tunisie et du Maroc, pour lesquels les negotiations en cours prevoyaient l'independance.
10 Fevrier
-Discussion entre Ben Bella, Khider, Ait Ahmed, Boudiaf et Mezghana (Messaliste) au Cair qui aboutissent a
une declaration commune annoncant la creation du FLN.
-Adhesion de Abane Ramdane au FLN, c'est sans nul doute l'un des personnage les plus importants de la
revolution algerienne. des sa liberation, il prit contact avec Ouamrane et rejoignit le FLN. Krim Belkacem le
designa comme conseiller politique de la zone 4 (W. IV). C'est alors que Abane Ramdane commenca a s'imposer
comme theoricien de la revolution. Rompant avec Messali et ses fideles partisans, il oeuvra au ralliement des
autres partis et formations algeriennnes, au FLN. Mais c'est surtout au Congres de la Soummam qu'il montrera
une grande habilete politique et une grande capacite d'organisateur.
11 Fevrier
-Ben Boulaid, chef de la zone 1 (wilaya I) fait prisonnier a la frontiere algero-libyenne, il devait prendre contact
avec Ben Bella en Libye pour fixer un plan d'acheminement des armes, lorsqu'il fut reconnu sur renseignements
par les autorites francaises en Tunisie. Apres un bref engagement ou il tua un soldat et en blessa un autre,
Ben Boulaid fut Arrete. Incarcere d'abord en Tunisie, il fut transfere a la prison civile de Constantine.
12 Fevrier -Jaques Soustelle, Gouverneur general arrive a Alger.
22 Fevrier -Cinquante tirailleurs desertent et rejoignent l'ALN avec armes et bagages.
23 Fevrier -Second ministere Edgar Faure.
26 Fevrier
-Deux fidaine sont arretes apres un engagement avec un groupe de gendarmes pres du Douar Maatka
(commune de Tizi-Ouzou). un troisieme fut tue. L'un des deux prisonniers derouta la police et la gendarmerie
dans les interrogatoires et s'averera un personnage d'une grande importance, apres l'arrestation le 23 mars 1955
de Rabah Bitat. Il s'agit de Aziz el-Riffi.
En effet, ce ne fut qu'apres l'arrestation de Bitat, que la presse communiqua :<<L'agent de liaison entre Krim,
Bitat et Ouamrane ne tardera pas a etre arrete>>. En fait, il etait entre les mains de la police. Il s'agissait de
Benhamadi (ou Fettah ou Zaoui). Quelque document trouve sur Bitat fut a l'origine de l'identification du captif
Benhamadi se revela etre Hamadi Aziz el-Riffi, originaire du Rif marocain. Il fut un des lieutenants de l'Emir
Abdelkrim el Khattabi, dans le Comite de liberation du Maghreb et, apres avoir suivi un stage de formation
militaire a Baghdad, revint au Caire avec le grade de sous-lieutenant.
Contacte en juin 1954 par Ben Bella, il fut remis a la disposition de la revolution algerienne par Abdelkrim el
Khettabi et envoye en Algerie des le debut de la guerre pour servir de conseiller militaire a l'ALN.
Arrive a Alger le 12 novembre, il ne put prendre contact avec l'organisation que le 9 Decembre ou il fut conduit
chez Krim Belkacem avant d'etre fait prisonnier le 26 Fevrier.
Hamadi el-Riffi fut condamne a mort le 29 janvier 1957 et execute.

3 Mars
-La consultation electorale prevue pour mi-mars est ajournee pour le Sud et le Sud-Est constantinois.
8 Mars
-Soixante-quinze tirailleurs tuent huit soldats, emportent armes et bagages et rejoignent l'ALN.
15 Mars
-Mr. Bourges-Maunoury, ministre de l'Interieur, annonce au conseil des ministre que d'importentes mesures
militaires allaient etre proposees au Conseil superieur de la Defense nationale, il ne s'agit pas de proclamer l'etat
de siege, mais un etat d'exception ou d'urgence.
-Soustelle, Gouverneur general, est attendu a Paris, pour en discuter avec le ministre de l'Interieur.
22 Mars
-L'etat d'urgence en Algerie, approuve par le Conseil des ministres, est depose le meme jour a l'Assemblee nationale
francaise, le gouvernement delimitera par decret les territoires ou l'etat d'urgence sera applique.
Les nouvelles mesures et dispositions permetront de soumettre dans certains cas les crimes et delits a la juridiction
militaire.
23 Mars
-Arrestation de Rabah Bitat, c'est le troisieme du groupe des Six et des Neuf historiques, apres Didouche
et Ben Boulaid, qui disparait du theatre des operations depuis le debut de l'Insurrection, ceci sur denonciation de
l'adjudant Slimane dit Djoudene. Celui-ci etait depuis longtemps un indicateur a la solde de l'administration
francaise, infiltre dans le camp activiste du MTLD avant le declenchement du 1er Novembre.
Il etait responsable du parti a Bouira et, beneficiant de la confiance des dirigeants du FLN, avait une certaine
responsabilite au plus haut niveau de la zone 4. C'est ainsi qu'il atttira Bitat dans un guet-apens sous pretexte de
lui remettre un message de la delegation exterieure.
28 Mars
-Rencontre de personnalites politiques algeriennes avec Soustelle, dans l'espoir de briser la representativite
unique du FLN et montrer qu'il y avait plusieurs tendances qui se declarent interlocuteurs valables. Soustelle
recevra toujours dans le meme espoir, Ferhat Abbas pour l'UDMA, Toufik el Madani et Kheireddine, pour les
Oulema. Mais ces personnalites etaient deja en contact direct ou non avec le FLN pour une eventuelle adhesion.
30 Mars
-Sur demande de Soustelle, dix huit officiers des affaires indigenes du Maroc arrivent en Algerie, sous le
commandement du Lieutenant-colonel Verlier, ou ils vont etre en mission dans l'Aures.

1er Avril
- L'etat d'urgence pour une periode de six mois, en Algerie, vote a l'Assemblee nationale par 379 voix contre
219 entre immediatement en application.
4 Avril
- Decret fixant l'application de l'etat d'urgence aux regions auresienne, constantinois et kabyle qui englobent
environ un million et demi de personnes.
13 Avril
- Edgare Faure, president du Conseil declare : <<Il n'est pas normal qu'un pays(la Libye) qui doit son
independance a l'initiative americaine, entretienne sur son territoire, pres des frontieres orientales de la
Tunisie, des camps ou l'on forme des hommes pour la guerre de guerilla, pour des raids et des assassinats>>.
Cette declaration avait pour but principal de susciter la reaction des pays membres de l'OTAN et surtout
celle des Americains. Le Gouvernement francais, conscient de ses faiblesses sur le plan militaire, son armee
etant dispersee en Indochine, en Tunisie, au Maroc et en Algerie, commencait des le declenchement de
l'insurrection algerienne a regarder du cote des forces francaises de l'OTAN.
Francois Mitterand l'avait explicite dans sa declaration au Parisien libere, le 21 novembre 1954.
22 Avril
- Implantation permanente dans l'Aures de troupes legionnaires, et parachutistes.
23 Avril
- Resolution en faveur des pays maghebins, a la Conference de Bandung. Grace au soutien de Nasser, une
delegation Algerienne, ou figuraient M. Yazid et Ait Ahmed, fut admise a la conference. Ce fut la premiere
assise a laquelle participait l'Algerie combattante.
- Application de la censure en vertu de l'etat d'urgence.
- Constitution de milices de colons qui entreprendront des exactions a leur compte.
24 - 25 Avril
- Soustelle, accompagne du prefet de Constantine M. Dupuch et du General Cherriere, se rend a paris pour
discuter de la situation en Algerie et surtout de celle de l'Aures, avec le ministre de l'interieur et les
membres du Gouvernement. A la suite des entretiens Edgare Faure - Soustelle, il fut decide la creation d'un
commandement dans la zone d'urgence du Constantinois, sous l'autorite et la responsabilite du prefet.
Un officier general sera charge de la direction de toutes les operations civiles et militaires, a compter du
1er mai 1955.
-Communique du Gouvernement general relatif a la resolution de Bandung. Le Gouvernement general
proteste contre la resolution de Bandung sur le droit de l'independance de la Tunisie, du Maroc, et de
l'Algerie qui signifie une ingerence dans les affaires interieures francaises. Le communique insiste sur
l'attitude de certains pays du groupe afro-asiatique qui abritent et entrainent des hommes comme
Hamadi el Riffi.
28 Avril
- L'etat d'urgence est etendu aux communes de Biskra et d'El-Oued.
- Dans la zone d'urgence, les reunions publiques sont interdites dans la region de Batna et dans les
communes mixtes de Tebessa. Le General Parlange, chef de la region d'Agadir, nomme Commandant unique
dans l'Aures.
29 Avril
- Rencontre De Gaulle-Edgar Faure a l'hotel La Peyrouse a Paris ou ils s'entretiennent de la situation en Algerie.
30 Avril
- Un groupe de combattants ALN attaque et desarme un goum dans la region de Philippeville.

30.09. L'Assemblée générale de l'ONU vote l'inscription à l'ordre du jour de l'affaire algérienne.
12.12. Les élections en Algérie sont reportées.

1956
2 février : Jacques Soustelle est remplacé par Robert Lacoste.
Avril-mai : Envoi du contingent.
20 août Les chefs F.L.N. (Front de libération nationale) de l'intérieur se réunissent pour la première fois; c'est le congrès de la Soummam d'où sortira la plate-forme du F.L.N.
29.10. Israël, l'Angleterre et la France déclenchent une opération militaire contre l'Egypte.
15.11. L'ONU inscrit la question algérienne à son ordre du jour.
05.12. Le gouvernement français dissout les conseils généraux et les municipalités en Algérie.

14 décembre : Le général Raoul Salan est nommé commandant en chef en Algérie.

1957 les tortures et exécutions sommaires

7 janvier : Les parachutistes du général Jacques Massu passent à l'offensive à Alger.
07.01. Le général Massu est chargé du maintien de l'ordre à Alger.
20.09. L'ONU inscrit la question algérienne à son ordre du jour.
24 septembre : Le général Massu gagne la bataille d'Alger.
29.11. L'Assemblée nationale vote la loi-cadre et la loi électorale de l'Algérie.

1958
7 janvier : Début de l'exploitation du pétrole saharien.
15 avril : Chute du gouvernement Gaillard: crise ministérielle de trente-sept jours.
26.04. 30 000 Algérois demandent un Gouvernement de salut public après la chute du gouvernement Gaillard.
13.05. Un Comité de salut public est créé à Alger sous la présidence du général Massu; on fait appel à de Gaulle.
13 mai : A Alger, la foule envahit les bâtiments administratifs et applaudit le Général de Gaulle.
15.05. De Gaulle se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République.
01.06. L'Assemblée nationale investit de Gaulle par 339 voix contre 224.
4 juin : Tournée triomphale du Général de Gaulle en Algérie: "je vous ai compris!".
19 septembre : Formation du gouvernement provisoire de la République Algérienne. (G.P.R.A.)
28.09. La nouvelle Constitution est approuvée par référendum (79 % de oui en métropole, 95 % en Algérie).
23.10. De Gaulle propose au F.L.N. la paix des braves.
Décembre : Le Général Challe et Paul Delouvrier remplacent le général Salan.
21.12. De Gaulle est élu président de la République.

1959
Janvier : Élaboration du plan Challe basé sur le principe de pacification.
22 juillet : Offensive Challe: opération "Courvoie".
16.09. De Gaulle proclame le droit des Algériens l'autodétermination.

1960
19 janvier : Le Général Massu est muté en métropole pour avoir critiqué la politique du général de Gaulle.
24 janvier : "Semaine des barricades"; les "ultras" tirent sur les gendarmes.
29 janvier : Discours de De Gaulle; la révolte s'éteint.
30 mars : Le général Challe démis de ses fonctions de commandant en Chef en Algérie.
25-29 juin : Les pourparlers de paix de Melun se soldent par un échec.
6 septembre : "Manifeste des 121" sur le droit à l'insoumission.
22 novembre : Création d'un poste de ministre d'état des affaires algériennes confié à Louis Joxe.
23 novembre : Départ de Paul Delouvrier.
20 décembre : Les Nations Unies reconnaissent à l'Algérie le droit à l'autodétermination.

1961
08.01. La politique algérienne du général est approuvée par référendum (75 % de oui).
25 janvier : Première manifestation de l'O.A.S.; assassinat de Me Popie.
25.04. Putsch des généraux à Alger; de Gaulle assume les pleins pouvoirs aux termes de l'article 16 de la Constitution.
20.05. Ouverture des pourparlers d'Evian.
20 mai-28 juillet : Échec des premiers entretiens d'Évian.
14.07. Recrudescence des attentats de l'O.A.S. (Organisation Armée Secrète).
8 septembre : Attentat du Petit-Clamart.

1962

18.02. Pourparlers des Rousses.

7-18 mars : Second entretien d'Évian: l'accord est signé.Ces   accords mettaient fin à huit ans d'une guerre qui n'en portait pas encore le   nom et pour laquelle la France avait déployé environ 400 000 hommes et durant   laquelle de 250 000 à 400 000 algériens furent tués (plus d'un million selon   le FLN).

mars 62 des décrets d’amnistie interdisent les poursuites contre les   auteurs de violence des deux camps. Les victimes ne pourront jamais attaquer   leurs bourreaux. Il reste tout de même le droit à la vérité, estiment certains.   Il y a un demi siècle, ils vivaient dans la Casbah d’Alger. Mustapha Merouane   avait 20 ans, Mohamed Abderaoui 27, Abdelkader Amour 17, Mohamed Boulay 12.   Les plus âgés militaient pour le FLN, distribuaient des tracts, portaient des   messages. Ils racontent les mêmes horreurs : la descente des paras au petit   matin, les interrogatoires, à leur domicile ou au Fort-l’Empereur, sur les hauteurs   de la ville. Le corps ligoté sur un sommier métallique, des fils électriques   dans le sexe, les orteils, les oreilles, le supplice de l’eau, les passages   à tabac… Tous nomment le même homme, qui dirigeait ces séances de torture :   Jean-Marie Le Pen.

19.03. Cessez-le-feu en Algérie.

08.04. Référendum à propos de l'Algérie (90,7 % des voix approuvent   les accords d'Evian).

20 avril : Le général Salan est arrêté.

Dès juin 62, l’historien et militant Pierre Vidal-Naquet publie dans   Vérité-Liberté un rapport de police daté de 57 qui accable Jean-Marie Le Pen.

17 juin : Trêve de l'O.A.S. et du F.L.N.; exode des pieds-noirs.

01.07. Référendum d'autodétermination en Algérie ; l'indépendance est   approuvée par 99,72 des voix.

03.07. Le G.P.R.A. (Gouvernement provisoire de la République d'Algérie)   s'installe à Alger.

5 juillet 1962 : Indépendance de l'Algérie

Le 2 février 1992 sur TF1, en pleine controverse sur l'immigration et   à quelques mois des élections législatives de 1993, Michel Rocard avait affirmé   :"j'ai fait condamner M Le Pen pour fraude électorale" et "Il   faut tout de même savoir qui est M. Le Pen, et s'en souvenir. En Algérie, il   a torturé." Poursuivi en diffamation par le leader d'extrême droite, l'ancien   premier ministre, condamné en première instance, avait été relaxé en appel à   Paris. Mais cette dernière décision qui reconnaissait la bonne foi de M. Rocard,   avait été cassée, la Cour de cassation confirmant sa première jurisprudence   Le Pen. Au terme d'un second procès devant la cour d'appel de Rouen, Michel   Rocard avait bénéficié d'une nouvelle relaxe. Et la Cour de cassation avait   fini par s'incliner.

juin 2000 , témoignage de Louisette Ighilahriz, dans Le Monde. Jacques   Massu allait exprime des regrets à l´égard de l´emploi de la torture. « Non,   la torture n´est pas indispensable en temps de guerre, on pourrait très bien   s´en passer, confiait le vainqueur de la bataille d´Alger. Quand je repense   à l´Algérie, cela me désole, car cela faisait partie (…) d´une certaine   ambiance. On aurait pu faire les choses autrement » (Le Monde du 22 juin).
  Le quotidien publie également une interview du général Paul Aussaresses, ancien   responsable des services de renseignement à Alger, qui reconnaît avoir pratiqué   des "exécutions sommaires" : "la torture ne m'a jamais fait plaisir,   mais je m'y suis résolu", dit-il. Il nie avoir pratiqué la torture lui-même,   mais reconnaît avoir procédé à 24 "exécutions sommaires"

31 octobre 2000 . L'Humanité publie l'appel de 12 intellectuels, parmi   lesquels Pierre Vidal-Naquet et Henri Alleg, qui réclament la reconnaissance   et la condamnation par l'Etat français de l'usage de la torture en Algérie.

9 novembre 2000 . Le Monderévèle "l'affaire Mohamed Garne", né d'un   viol collectif de sa mère par des soldats français, en août 1959 en Algérie.   Ce "Français par le crime" demande la reconnaissance par la justice française   du préjudice subi.

28 décembre 2000 . Enquête du Mondesur les troubles psychiques liés   à la guerre. 350 000 anciens d'Algérie seraient concernés.

Mai 2001 . publication du livre du général Aussaresses, Services spéciaux   Algérie, 1955-1957.

27 juin 2001 . Trois anciens militants du FLN accusent sur France 3   le général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major, d'avoir été le "chef d'orchestre"   de leurs tortures, en 1957, à Alger.

juin 2001 La plus haute juridiction française, la Cour de cassation,   a ainsi confirmé, en juin 2001, un arrêt de la cour d'appel de Paris   en faveur de Pierre Vidal-Naquet. Quelques mois auparavant, elle avait pris   la même décision en faveur de Michel Rocard, qui, en 1992, à la télévision,   avait déclaré: "Il faut tout de même savoir qui est M. Le Pen,   et s'en souvenir. En Algérie, il a torturé."

12 octobre 2001 . Publication par Le Monded'une enquête sur les viols   pendant la guerre d'Algérie.

22 novembre 2001 . Mohamed Garne se voit accorder une pension de l'Etat   français.

26 novembre 2001 . Procès du général Aussaresses au tribunal correctionnel   de Paris. Il est poursuivi pour "complicité d'apologie de crimes de guerre"   et sera condamné en janvier 2002 à 7 500 euros d'amende (peine confirmée en   appel en avril 2003.)

les 4 mai et 4 juin 2002 articles sur la torture en Algérie publiés   par Le Monde, avant le premier tour de l'élection présidentielle et le deuxième   tour des législatives. Signés par Florence Beaugé, spécialiste de l'Algérie   au Monde, ils faisaient état, sur la foi de témoignages concordants, de la participation   de M. Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie.

Juin 2003 : La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a relaxé,   jeudi 26 juin, le quotidien Le Monde de la plainte déposée contre lui   par Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national s'estimait diffamé par   des articles parus dans le quotidien en mai et juin 2002, dans lesquels Florence   Beaugé, spécialiste de l'Algérie, faisait état, sur la foi de témoignages concordants,   de la participation de Jean-Marie Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie.   Le tribunal, estimant l'enquête menée « particulièrement sérieuse et approfondie   » et son « caractère de contradiction suffisant », a débouté M. Le Pen de sa   plainte, reconnaissant « la bonne foi » du journal.

Victoire contre l'impérialisme...

"Pendant sept ans et demi d'une guerre cruelle le peuple algérien a tenu tête à l'une des plus fortes puissances coloniales du siècle: plus d'un million de soldats français ont été mobilisés à cet effet avec tout leur armement moderne: aviation, artillerie, blindés, marine.

La France est arrivée à dépenser jusqu'à trois milliards de francs par jour. Elle a bénéficié de l'appui massif de l'OTAN dans tous les domaines: militaire, financier, diplomatique, moral.

Elle a tenté avec l'aide d'une grande partie du peuplement européen en Algérie, de lutter désespérément pour le maintien de l'Algérie française .

Face à cette puissance qu'avait à opposer le Peuple algérien ?

D'abord sa foi en la justesse de sa cause, la confiance en lui-même et en ses destinées et la volonté inébranlable de briser les chaînes du colonialisme; ensuite, et surtout, son unanimité dans la lutte. Les Algériens - hommes et femmes, jeunes et vieux, d'Alger à Tamanrasset et de Tebessa à Mamia - se sont dressés dans leur totalité dans la guerre de libération. Ni les tentatives de division, ni la présence de contre-révolutionnaires et de provocateurs dans leurs rangs n'ont pu altérer leur foi et leur unité. Les Algériens se sont sentis comme les organes d'un même corps dans cette lutte gigantesque. Le F.L.N. et l'A.L.N. ont été des instruments de combat efficaces au service du Peuple, et par leur action continue ont porté des coups sérieux au colonialisme.

La Révolution algérienne a forcé l'admiration de tous. Elle jouit actuellement d'un prestige universel qui lui vaut de nombreux appuis.

A nos frères Maghrébins et Arabes, au pays socialistes, aux peuples du tiers monde, aux démocrates de France et d'Europe qui nous ont aidés, nous devons aujourd'hui d'exprimer notre reconnaissance pour leur soutien et leur solidarité.

Cette lutte a été d'un précieux enseignement pour les peuples subjugués encore par l'impérialisme. Elle a détruit le mythe de l'invincibilité de l'impérialisme. Tout en conduisant à la libération de l'Afrique, elle a démontré qu'un peuple aussi petit soit-il, et avec des moyens réduits, peut tenir tête à un impérialisme même très puissant et arracher sa liberté."
Extraits de l' Appel au peuple algérien par le président du GPRA, Benkhedda, in "Le Moujahid" , édition spéciale du 19 mars 1962

"L'Algérie, pendant l'année dont nous parlons [1961-1962], a été une terre maudite. Tous ceux qui y ont touché se sont sali les mains. Les responsables sont dans tous les camps. Le F.L.N., le pouvoir, les barbouzes, les gendarmes, les autorités civiles : personne ne s'est montré brillant, ni tout à fait honnête. Ce fut une vaste foire d'empoigne, où le plus fort et le plus rusé a gagné. Si elle ne sut pas se montrer unie, l'O.A.S. (1) avait au moins des motifs pour expliquer son action. L'avenir a prouvé que les pieds-noirs avaient quelques raisons de ne pas vouloir l'Algérie algérienne."
Robert Buchard, Organisation Armée secrète , Paris, Albin Michel, 1963, T. II, pp. 211-212

"Les signataires d'Evian, les Français en particulier, peuvent-ils assurer que la paix raciale est là, que la vie communautaire juste et équitable va régner par enchantement, que les adversaires d'hier vont, fraternellement, bâtir une Algérie nouvelle ?
La croire et même l'espérer, c'est oublier une réalité vieille de sept ans et cinq mois. D'aucuns diront très antérieure.
Les lointains attentats du 1er novembre 1954 se sont transformés en flots de sang et de haine. L'armée française a laissé derrière elle des centaines de milliers de tués. Le F.L.N. annoncera un million, chiffre probablement peu éloigné de la réalité. Il y eu des représailles aveugles et collectives (...). Chaque famille algérienne compte plusieurs chouhada (1) (...).
Les tortures, les sévices ont été le lot journalier. La bataille d'Alger a été gagnée, si l'on se rappelle les termes de Bigeard, dans la m... et le sang.
Dans les postes, les commissariats, la contrainte a été constamment le moyen de pression pour obtenir des renseignements. Il y a eu des exécutions légales aussi bien en France qu'en Algérie. La justice française n'a pas été tendre. La guillotine a fonctionné. Pendant les quelques mois où François Mitterand a été garde des Sceaux, cinquante-huit terroristes algériens ont été guillotinés. Les corvées de bois ont liquidé les irréductibles, les gêneurs, tous ceux qu'on ne pouvait plus présenter. Les cadavres ont été éparpillés au hasard dans les fonds d'oued et des fourrés avant de devenir la proie des chacals pleurant dans la nuit.
En France même, il y a eu des ratonnades policières. (...) Il y a eu les prisons, les internements, les camps de déportation. Des régions transformées en zones interdites ont été dévastées. Des douars entiers ont vu leurs mechtas brûlées, le bétail abattu, les récoltes abandonnées. Les populations regroupées ont pataugé dans la boue et plié sous la misère.
Les haines de clan ont joué à mort entre Algériens pro-français et anti-français. Le neutralisme n'était pratiquement plus possible. L'engagement pour un camp ou pour l'autre était obligatoire.
(...) Le F.L.N., qui a commencé les assassinats et les massacres, a de son côté autant servi l'horreur. Elle fut sa meilleure alliée. (...) Bombes, attentats se sont succédé. Jeunesse innocente fauchée au Milk Bar ou à l' Otomatic, fermiers assassinés, musulmans francophiles égorgés, la liste est longue de ceux qui ont payé le tribut de leur titre de Français ou de Pro-Français. Qui n'a pas supporté dans sa famille, dans ses biens, dans sa chair même le prix de la rébellion ?
La réponse est sans ambiguïté. Faute de protection, la communauté européenne et ses amis sont condamnés à l'exil ou à la mort. La valise ou le cercueil."

1) Martyrs

Pierre Montagnon, La guerre d'Algérie , pp. 376-377

depuis l'indépendance, le Grand Alger, en continuel développement, abrite près de 3 000 000 d'habitants. Capitale politique et intellectuelle, Alger est aussi un imortant centre industriel. Le port d'Alger est le premier port d'Algérie.

Torture en Algérie : deux généraux français affrontent leur mémoire

Un débat sur la condamnation par l´Etat français des pratiques de l´armée pendant la guerre d´Algérie s´est ouvert depuis la publication du témoignage d´une militante du FLN, torturée en 1957. Le général Jacques Massu se dit favorable à cette repentance officielle.

QUARANTE ANS après, la mémoire de la guerre d´Algérie sursaute. Profondément enfouis dans l´inconscient national au nom de la paix sociale, les douloureux souvenirs d´un drame de huit ans (1954-1962) qui a déchiré la France et failli emporter la République, émergent à l´heure où ses acteurs vieillissants dressent l´inventaire de leur vie. Ce processus avait fait un bond avec la publication, dans Le Monde du 20 juin, du témoignage de Louisette Ighilahriz, une militante algérienne indépendantiste. Pendant trois mois, à la fin de 1957, à Alger, cette jeune fille alors âgée de vingt ans, fut atrocement torturée à l´état-major de la 10e division parachutiste du général Massu. Depuis lors, elle recherchait désespérément le médecin militaire français qui, pris de compassion, l´avait finalement sauvée en la transférant à l´hôpital.

Nommément mis en cause dans ce témoignage, les généraux Massu et Bigeard avaient réagi immédiatement : tandis que Marcel Bigeard qualifiait de « tissu de mensonges » le récit de la militante algérienne, Jacques Massu allait jusqu´à exprimer des regrets à l´égard de l´emploi de la torture. « Non, la torture n´est pas indispensable en temps de guerre, on pourrait très bien s´en passer, confiait le vainqueur de la bataille d´Alger. Quand je repense à l´Algérie, cela me désole, car cela faisait partie (…) d´une certaine ambiance. On aurait pu faire les choses autrement » (Le Monde du 22 juin). Cette étonnante déclaration de repentance avait fait grand bruit, notamment parmi les millions de personnes – anciens appelés, pieds-noirs, anciens harkis et Algériens de France – dont la jeunesse a, d´une façon ou d´une autre, été salie par le conflit algérien. Parmi l´abondant courrier que Le Monde a alors reçu, une partie reprochait au journal d´avoir rouvert des plaies encore à vif, oublié les atrocités commises par le FLN et mis en cause l´armée, en publiant la confession de « Louisette » ; une autre contenait de multiples témoignages sur l´utilisation de la torture et les exécutions sommaires. Les regrets du général Massu étaient salués particulièrement par le père Alain Maillard de La Morandais, ancien officier en Algérie, qui invitait l´Eglise à la repentance vis-à-vis des « crimes de la torture depuis l´Indochine jusqu´à l´Algérie ».

ACCUMULATION DE CONFESSIONS

Le travail de mémoire s´accélérait, un an après le vote historique des députés, le 10 juin 1999, permettant de qualifier de « guerre »des événements qui, officiellement, n´avaient consisté qu´en des opérations de « maintien de l´ordre ». Depuis lors, l´accumulation de confessions reflète un mouvement inédit de retour sur un « passé qui ne passe pas », rappelant la résurgence de la mémoire de l´occupation nazie à partir des années 70.

Cette aspiration n´a pas échappé au journal L´Humanité, qui a publié, le 31 octobre, un appel d´intellectuels demandant une reconnaissance et une condamnation officielles de la torture pendant la guerre d´Algérie. Signé par douze des principales personnalités ayant milité contre cette « gangrène », le texte invoque le « devoir de mémoire auquel la France se dit justement attachée ». Les signataires demandent à Jacques Chirac et à Lionel Jospin,« de condamner ces pratiques par une déclaration publique » et invitent « les témoins, les citoyens à s´exprimer sur cette question qui met en jeu leur humanité ».

A cet appel, Lionel Jospin a partiellement répondu, le 4 novembre. Rendant hommage au discours de Jacques Chirac reconnaissant la responsabilité du pays dans la persécution des juifs sous l´Occupation, M. Jospin a estimé que « d´autres moments sombres de notre histoire nationale »devaient faire l´objet du « même effort ». Le premier ministre, qui s´exprimait lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, a évoqué l´appel publié dans L´Humanité, s´affirmant « convaincu que ce travail de vérité n´affaiblit pas la communauté nationale. Au contraire, il la renforce en lui permettant de mieux tirer les leçons de son passé, pour construire son avenir ».

Philippe Bernard

Le Monde daté du jeudi 23 novembre 2000

Le quotidien publie également une interview du général Paul Aussaresses, ancien responsable des services de renseignement à Alger, qui reconnaît avoir pratiqué des "exécutions sommaires" : "la torture ne m'a jamais fait plaisir, mais je m'y suis résolu", dit-il. Il nie avoir pratiqué la torture lui-même, mais reconnaît avoir procédé à 24 "exécutions sommaires"

Source: pythacli (consulté le 10 janvier)