11 janvier 2008

Algérie: 8e édition du festival du film amazigh

Sétif renoue avec le 7e art
Jeudi 10 Janvier 2008

Le coup d'envoi de la 8e édition du Festival national du film amazigh qui connaît pour la première fois, cette année, la participation des Marocains avec trois longs métrages qui entreront en compétition, a été donné, hier, à la salle de la Maison de la culture de Sétif, en présence des autorités locales de la wilaya, ainsi que d'éminentes personnalités du monde du cinéma.

La capitale des Hauts-Plateaux, qui renouera avec le 7e art,  vibrera pendant une semaine au rythme des films, dans une ville où les salles de cinéma ont été transformées en centres commerciaux et pizzerias. Sur les 64 films d'expression amazigh, sous-titrés en arabe ou en français, réalisés en 2007 et visionnés par la commission, 23 entreront en lice pour arracher le trophée du festival L'Olive d'or de cette édition placée sous le signe “Pour une Algérie riche de sa diversité” et dont l'hommage a été consacré à feu Bouamari Mohammed, figure emblématique du cinéma algérien. Le jury international sera présidé par Belkacem Hadjadj.

Cette édition que les organisateurs considèrent exceptionnelle est une opportunité pour projeter des films réalisés en 35 mm et exprimés dans les différentes variantes de la langue de Massinissa : kabyle, chaoui, tamachaqt, tacheliht et tarifit. “La 8e édition est un  tournant historique et décisif du festival, son acte de naissance sera délivré à Sétif et lui donnera le droit de prétendre à la reconnaissance universelle”, a affirmé le commissaire du festival, M. Assaad Si Ali El-Hachemi, lors d'un point de presse animé à l'hôtel Sitifis.

“Le choix de Sétif n'est pas fortuit, on y a trouvé toutes les commodités, les salles d'exposition, les salles de conférences, l'infrastructure hôtelière et surtout les équipements nécessaires pour la projection, sans oublier la contribution et les facilitations de la part du premier responsable de la wilaya et de ses collaborateurs”, a renchéri notre interlocuteur. Trois catégories distingueront, désormais, cette édition. La première par la projection de Ayrouwen de Brahim Tsaki. La deuxième catégorie ou le “Clap asaru”, dont la spécificité repose sur le substrat culturel et civilisationnel, au lieu du critère linguistique, alors que la troisième est dédiée aux jeunes auteurs qui représentent pour le festival une véritable réserve du cinéma amazigh.

En marge des projections de films et des débats, les organisateurs ont prévu un colloque scientifique intitulé “Image, Imaginaire et Histoire” avec la participation de M. Ali Haroun et Louisa Ighil Ahriz (Algérie), Gilles Manceron (France), Patrick Growley, Denise Brahimi, Hamid Aïdouni, Belkacem Hadjadj. Des cinébus sillonneront les communes de la wilaya durant les 5 jours de cette édition qui, selon les organisateurs, sera marquée par trois stations, à savoir le coup d'envoi, la célébration de Yennayer et la clôture de cette édition qui coïncidera avec la clôture de “Alger, capitale de la culture arabe”.


Source: Liberté (consulté le 11 janvier 2008)

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10 janvier 2008

Aperçu historique sur l'Afrique du nord

Note: Bien qu'il ne cite pas suffisamment de sources, cet article demeure fort intéressant. Je le trouve très riche par ces renvois. Bonne lecture.

Algérie

- 400000: présence humaine en Algérie, âge attribué aux restes de "l'Atlanthrope", découverts dans les sédiments du lac préhistorique Ternifine, en Oranie.

L'Atlanthrope était un contemporain, et un parent, du Sinanthrope et du Pithécanthrope de Java. Des ossements ont été retrouvés au milieu des outils de pierre taillée qu'il fabriquait. Des outils du même type ont été retrouvés sur d'autres sites attestant la présence de l'homme primitif.

A cette époque, l'Algérie était peuplée d'éléphants dont certaines espèces se maintiendront jusqu'à l'époque historique, mais aussi des rhinocéros, de phaccochères, d'hippopotames, de girafes, de bubales... "Ce sont les rives du Tchad et du Zambèze, transportées dans le Maghreb et au coeur du Sahara ; c'est un paysage de savanes tropicales, d'oueds pérennes, de lacs et de marais dans lesquels se déroulent les civilisations du paléolithique inférieur".

La civilisation Atérienne,  site de Bir-El-Ater, au sud de Tebessa,  civilisation reliée à l'ensemble moustérien (paléolithique moyen).

La civilisation Capsienne (Homo-Sapiens) aux environs du VIIème millénaire avant notre ère.  premiers hommes de notre espèce qui se soient manifestés an Afrique du Nord.

Partis du sud contantinois, les Capsiens, suivent la ligne des chotts, et se répandent dans l'ensemble du Maghreb. Ils peuvent être considérés comme les ancêtres des Numides, mais ils ne franchiront pas l'Atlas Tellien.

La côte était occupée à cette époque par des Ibéromaurissiens, apparentés au type Cromagnon. Malgré leur faible niveau de culture, ils s'adaptèrent à la civilisation néolithique comme les Capsiens.

Progressivement refoulés, ils se maintiennent pourtant jusqu'à l'époque historique. Les Capsiens, eux, adoptent les industries néolithiques et gardent leur forme de vie.

En Algérie, on assiste, d'une façon frappante, au voisinage immédiat de l'histoire et de la préhistoire. Hérodote et Saluste portent témoignage sur les formes maghrébines de la civilisation néolithique.

Il faut souligner, que c'est au Sahara, que la civilisation néolithique devait connaître ses plus belles réussites. Qu'il s'agisse de peintures du Tassili-N'Ajjers, et du Tassili du Hoggar, qu'il s'agisse de pierres taillées et polies, comme on peut en voir dans la magnifique collection du musée du Bardo, on découvre des oeuvres achevées d'une étonnante perfection technique. Et les fresques si importantes sur le plan documentaire, témoignent du goût artistique des Sahariens de la Préhistoire. Certaines pierres sculptées et lissées, qui représentent des animaux, bovidés ou gazelles, ont une puissance d'évocation étonnante.

massyles_chef2Gravures rupestres sahariennes du Tassili des Ajjer (3 000 ans av. J.-C.).

Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs, les Berbères s’organisèrent en tribus et en confédérations, que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques, numides et maures.

Le langage berbère s'appelle TAMAZIGHT n'a rien avoir avec l'arabe, ni l'hebreu, ni le punique, on a trouvé aucune langue s'en rapprochant, l'ecriture aussi, les Touaregues qui sont aussi berbères l'utilisent pour pratiquer des sois disant rites magiques.Cette écriture possède des caractères trés proche du grec.

Les berbères descendraient selon une légende du peuple atlante ceux ci seraient arrivés en afrique du nord par les iles canaries.

nsmailt6

Extrait d'alphabet punique

Extrait d'alphabet berbère du temps des numides.La date présumée par les scientifiques est VII s av J.C mais elle pourrait être     bien plus ancienne, les scientifiques n' ont pu dater d'autres inscriptions.

nsmailh9 Un extrait de texte berbere touareg en" tifinagh "( qui signifie     notre trouvaille), cet alphabet est encore utilisé de nos jours, il se lit de     généralement gauche à droite mais aussi dans d'autre sens, vous aurez remarqué que les     différences entre le "tifinagh" et l'ancien berbere sont minimes sur les docs

VIII° VI° siècle av JC
cartexpansiongrecque

Les Phéniciens fondèrent Carthage vers l'année 814 avant J.C.,

-734 les corinthiens fondent syracuse en Sicile

VII° av JC les nabatéens

Hérodote, au V siècle avant J.C., nous a laissé un apeçu sur le cadre de vie et sur les habitudes des Numides :

"A l'Est du fleuve Triton, vivent les Maxyès, peuple de laboureurs sédentaires possédant des maisons. Selon la tradition, une moitié de leur tête est rasée, l'autre moitié arbore une longue chevelure ; ils se teignent le corps au henné. Ils prétendent descendre des Troyens. La région où ils vivent, montagneuse, plus boisée que le territoire des Nomades, plat et sablonneux, comme d'ailleurs le rste de la Lybie vers le Couchant, abonde en fauves et animaux sauvages de grande taille : lions, éléphants, ours, ânes cornés, bracochères, cinochéphales, serpents . . . "

Hérodote nous renseigne aussi sur l'organisation de l'agriculture et les hauts rendements agricoles de la région.

Il est difficile de déterminer avec exactitude l'origine des Numides, mais l'hypothèse de l'origine troyenne émise par les propos maxyès, est acceptable. Salluste affirme, par ailleurs, que les Massyles et les Massaéysyles auraient été amenés par Hercule, au cours de son périple vers l'Espagne.

Strabon confirme Salluste en ce qui concerne l'authenticité d'Hercule, ce fabuleux roi Assyrien, qui serait venu d'Asie avant Cyrus.

Malgré l'ignorance profonde où nous nous trouvons en ce qui concerne la Numidie jusqu'au IV siècle avant J.C., tout laisse supposer que son développement a suivi le même itinéraire que celui des peuples méditérranéens.

Hérodote rapporte que des relations commerciales se dévelopèrent très tôt entre Phéniciens et Numides, favorisant ainsi la pénétration de la langue et de la culture puniques assez profondément dans le pays.
Les Numides apprirent des Phéniciens les procédés agricoles et industriels de la fabrication de l'huile d'olive et du vin, l'exploitation etle travail du cuivre. L'influence culturelle, par contre, fut très limitée et s'exerça essentiellement par l'intermédiaire de Carthage; elle ne se manifesta de manière sûre que dans le domaine de l'art, dont nous retrouvons des exemples dans les grands médracens de l'Aurès et de Tipaza.
D'après Polybe, historien grec, né en 200 avant J.C. et connaisseur de l'Afrique pour y avoir séjourné longtemps, le premier roi des Massyles fut Navarase, beau-frère de Hannibal (247-183 avant J.C.) grand général et homme d'Etat carthaginois.

-348: premiere convention entre Rome et Carthage.
-280: arrivee de Pyrrhus, roi  d'Epire, en Italie (a l'appel des Tarentins).
-278-276: Pyrrhus en Sicile.
-272: mort de Pyrrhus.
-269: Hieron, roi de Syracuse.
-263: Hieron : Syracuse devient l'alliée de Rome.

Au IIIe siècle avant J.C., la Numidie masséylienne était gouvernée par Syphax qui chercha à helléniser son pays, comme le faisaient à cette époque, les autres peuples de la Méditerranée. Il fut d'abord l'allié des Romains contre Carthage puis l'influence de son épouse Sophonisbe le fit changer de camp. Il fut battu et fait prisonnier par Scipion.

Première guerre punique (264-241 avant J.C.)

-247: naissance d'Hannibal (carthaginois).
-241: paix de Lutatius (fin de la premiere guerre punique).

Carthage dut faire face à la guerre de mercenaires, et fut aidée par la cavalerie numide du prince Navarase.

Au cours des années qui suivirent cette guerre, la puissance carthaginoise s'affaiblit, ce qui permit au roi des Massyles, Gala ( grandpère de Massinissa), d'entreprendre la conquête des villes côtières, dont Hippo-Régius, qui devint sa capitale. Il fut reçu triomphalement par la population qui chassa les Carthaginois.

HIPPONE

Plus ancienne que Carthage, HIPPONE (Hippo-Regius) garde des vestiges impressionnants de cette période ; on suppose que sous les ruines de son passé romain se trouve une ville punique. L'imposant mur préromain n'en est-il pas une preuve ?

Hippo-Regius fut conquise par Gaia, père de Massinissa, qui en fit une des capitales de son royaume.

massinissa MASSINISSA, roi des Numides (v. 238- Cirta 143 av. J.-C.), fils de Gaia, roi des Massyles.

-235: triomphe de T. Manlius Torquatus sur les Sardes.
-234: naissance de M. Porcius Caton.
-229: mort d'Hamilcar Barca.
-229: guerre d'Illyrie; triomphe du consul Cn. Fulvius (228).
-225-222: guerre contre les Gaulois.

Vantant dans leur discours la gloire et la valeur du peuple romain, la grandeur de son empire, les ambassadeurs demandèrent aux Gaulois de ne pas laisser l'armée d'Hannibal traverser leur territoire et leurs villes au cas ou  elle se dirigerait vers l'Italie; alors, a ce qu'on raconte, ils partirent d'un tel eclat de rire que les magistrate et les plus ages eurent bien du mal a calmer la jeunesse, si absurde et insolente leur paraissait cette demande: penser que, pour eviter la guerre en Italie, les Gaulois la feraient venir chez eux et qu' il s'exposeraient leur territoire aux dévastations pour défendre celui des autres! hannibal

"Quand le calme fut rétabli, on répondit aux ambassadeurs qu'aucun service rendu par les Romains, aucun outrage de la part des Carthaginois ne justifiait qu'ils se mobilisent pour les Romains contre les Carthaginois. Au contraire ils entendaient dire qu'en Italie on expulsait de leurs terres et de leur pays des peuples de leur race27, qu'on exigeait d'eux un tribut et qu'on leur faisait subir toutes sortes de vexations. Ce fut a peu près le même scénario dans les autres assemblées Gauloises et il ne fut pratiquement jamais question d'amitié ou de paix avant l'arrivée a Marseille." Tite live

-223: victoire du consul C. Flaminius sur les Gaulois (prise de Milan).
-222: victoire des consuls M. Claudius Marcellus et Cn. Cornelius Scipion sur les Insubres (prise de Clastidium); fondation des colonies de Cremone et de Plaisance.
-221: mort d'Hasdrubal j Hannibal lui succede.
-219: guerre contre Demetrios de Pharos; triomphe des consuls M. Livius Salinator et Paul Emile.

Deuxième guerre punique (218-202 avant J.C.)

Romains et Carthaginois se disputèrent avec acharnement l'alliance des royaumes numides.

-219/218: siege et prise de Sagonte (automne 219, pour Tite-Live: 218); 1'ambassade romaine a Carthage et déclaration de guerre,

P. Scipion debarque a Marseille (ete -218) et confie a Cn. Scipion la direction de la guerre d'Espagne;

Hannibal passe le Rhone, franchit les Alpes (août septembre -218); bataille du Tessin (fin novembre), de la Trebie (décembre).

-217 (fin juin): bataille du lac Trasimene; désignation de Fabius (dictateur) et de Minucius (maitre de la cavalerie); P. Scipion rejoins son frère en Espagne (automne).
-216: défaite de Cannes (aout) j défection de Capoue et de la plupart des villes du sud de l'Italie; capitulation de Casilinum (printemps);

-216 defaite d'Hasdrubal en Espagne (automne)

-216 mort de Gelon, fils de Hieron;
hiver -216-215: </ les delices de Capoue >~.

Alliée à Hannibal, la cavalerie numide se distingua brillamment. Elle parvint à envahir l'Iberia, la Gaule, traversant les Pyrénéees ; puis lesAlpes, contribuant à remporter en 216 avant J.C. la bataille de Cannae, la plus célébre victoire des troupes de Hanninal, demeurée, à ce jour, dans les annales militaires, comme un exemple de stratégie et de tactique.

La résistance et la robustesse des montures et des cavaliers numides y jouèrent un rôle considérable.

-215: mort de Hieron (printemps), avènement de Hieronyme, defection de Syracuse; mort du consul designe L. Postumius en Gaule; Philippe envoie des ambassadeurs a Hannibal; siege de Cumes; soumission de la Sardaigne; resistance de Nole (automne); reddition de Locres et de Crotone; succes des Scipions en Espagne.
-214: assassinat de Hieronyme (printemps); massacre de la famille royale; siege de Syracuse; operations en Sicile (Enna); M. Valerius Laevinus libere Oricum et Apollonie (fin de l'ete); succes en Espagne (Castulon, Munda).

-213: prise par les romains d'Arpi; siege de Syracuse (suite); prise de Tarente (?); les Scipions envoient une ambassade a Syphax, roi des Numides; alliance des Carthaginois avec Masinissa, fils de Gala.

ARCHIMÈDE, savant (Syracuse 287 av. J.-C.-id. 212). Archimède dirigea la défense de Syracuse attaquée par Rome. Pendant trois ans, il tint en echec l'armée de Marcellus. Il fit consuire des machines pour lancer à de grandes distances des traits ou des pierres. Au moyen de miroirs ardents formés par des miroirs plans judicieusement associés il enflammait, dit-on, les vaisseaux des assiégeants. Cependant, les Romains étant entrés dans Syracuse par surprise, Marcellus ordonna qu'on épargnât le grand homme. Mais celui-ci fut tué par un soldat.

-213 Rome prend Syracuse

-212: exécution des otages de Thurium et de Tarente; defection de Tarente a ['exclusion de la citadelle;

defection de Thurium; mort du proconsul Ti. Sempronius Gracchus dans une ambuscade; les Romains mettent le siege devant Capoue (automne); capitulation de Syracuse; mort de P. et de Cn. Scipion; reprise des operations en Espagne sous le commande ment de L. Marcius; fin de la campagne de Sicile (entree de l'hiver).

Scipion L'AFRICAIN part, en - 211, dans la péninsule Ibérique pour venger son père et ouvrir un second front contre Hasdrubal, dont le frère, Hannibal, ravage l'Italie. Il assiège et prend Carthagène, place forte économique, vitale pour le camp punique. Sa droiture le rend populaire auprès des indigènes, lassés de l'occupation carthaginoise. Il peut, alors, rallier facilement les Ibères à sa cause et soumettre l'ensemble de l'Espagne orientale.

La guerre en Iberia achevée et dans la perspective de la guerre en Afrique, Carthaginois et Romains recherchèrent l'alliance du roi numide.

Scipion L'AFRICAIN décida alors de traverser le détroit de Gibraltar pour négocer avec Lui. D'après Tite-Live, alors que Scipion entrait au port, Hasdrubal y arrivait aussi. Ainsi, ces deux ennemis se retrouvaient-ils sur le territoire du prince numide flatté de voir les deux plus grandes puissances du monde venir solliciter, en même temps, son amitié.

-210-208 ( ?): naissance de Polybe.

-205 Aidé par Massinissa, roi de Numidie détrôné par Syphax, allié des Carthaginois, Scipion ruse, feint de négocier, endort la méfiance de l'adversaire. Une nuit, il fond avec toute son armée sur le camp punique, et achève ce raid éclair par le massacre des Carthaginois à la bataille des grandes plaines. Les prévisions de Scipion se réalisent : Carthage, encerclée, rappelle Hannibal d'Italie. À regret, ce dernier quitte la péninsule qu'il occupe depuis quinze ans.,

-203: Hannibal quitte le sol de l'Italie.

Pour reconquérir le royaume de son père, réduit par Syphax roi des Masaesyles, Massinissa  s'allie aux Romains et Scipion fait prisonnier Syphax (-203) qui sera ramené à Rome, dont il épouse la femme, Sophonisbe.

hannibal Hannibal demande la paix à Scipion, qui la refuse, et les deux grands chefs de guerre s'opposent à la bataille de Zama (- 202). La deuxième guerre punique prendra fin avec la bataille de Zama. Ce sont les troupes numides de Massinissa, rallié à Scipion, qui contribuèrent à la défaite de Carthage, contrainte aolrs de     reconnaître Massinissa comme roi de Numidie.

Hannibal fut non seulement un meneur d'hommes, mais aussi un brasseur d'idées. Derrière le capitaine qui fit trembler Rome se cache l'homme politique né dans une Carthage soumise aux influences grecques. Hannibal se pose comme le continuateur d'Alexandre, comme l'homme du rassemblement des États méditerranéens. On peut dire que deux siècles avant César, avant Auguste, Hannibal a compris que le monde ne pouvait retrouver la prospérité que     dans l'unité.

-202: victoire  de Scipion à Zama et fin de la deuxieme guerre punique.

Après Zama , les Carthaginois doivent reconnaître Masinissa comme roi de Numidie. Il favorise l'urbanisation du pays, et fait de Cirta sa capitale. Voulant dominer l'Afrique, il empiète sur le domaine de Carthage, qui lui déclare la guerre, mais est vaincue. Il restera toute sa vie un allié des Romains.

CIRTA Constantine

Appelée SARIM BATIM par les Carthaginois CIRTA, recèle, en plus des restes des civilisations néolithiquescomme la grotte de Bou-Zabaouine, d'importants vestiges de la civilisation punique, ainsi, la stèle d'EL HORFA, qui atteste le maintien des cultes puniques après la chute de Carthage. On peut supposer que les populations de l'intérieur parlaient la langue punique, car Saint Augustin, quelques siècles plus tard, conseillait à ses prêtres d'apprendre le punique, avnt de se rendre dans les villes de l'intérieur et dans la campagne.
La civilisation carthaginoise, héllénisée pendant les derniers siècles de son existance, s'est répandue assez profondément dans le pays. Ses influences se retrouvent dans les traditions numides postérieures.

Lors de son couronnement(-204), Massinissa avait 36 ans. Né en 238 avant J.C., il régna pendant 54 ans jusqu'à sa mort en 148 avant J.C.

Pendant son long règne, il entreprit la construction d'un état unifié et monarchique. D'abord il s'attacha à sédentariser les populations et transforma les pasteurs nomades en agriculteurs.

Il favorisa l'urbanisation de la Numidie, poussant les cultivateurs à former de gros bourgs, auxquels il donna une organisation semblable à celle des villes puniques.

-195: Hannibal s'exile definitivement. 183: mort d'Hannibal.
-179: mort de Philippe V de Macedoine, son fils Per see lui succede.
-167-150: Polybe est assigne a residence a Rome; frequente les Scipions (surtout Scipion Emilien), prepare son Histoire centree sur les annees 220-167 (enquetes et voyages).
-149: mort de Caton.

Massinisssa qui regardait avec intérêt l'Orient Grec, avait accepté la forme de civilisation que six siècles, placés sous l'influence de Carthage, elle-m^me hellénisée au cours des deux derniers siècles, avaient apportée aux élites Numides. Il voulait éduquer son peuple selon les méthodes hellénistiques.

Dans son oeuvre d'unification, il empiéta sur le domaine de Carthage, qui lui déclara la guerre. Massinissa en sortit vainqueur.

-149 -146. Troisième guerre punique

La puissance grandissante de Massinissa en Afrique inquiéta Rome, au point qu'en déclarant la guerre à Carthage en 149 avant J.C. (troisème guerre punique), elle visait aussi Massinissa.

-148: mort de Masinissa.
A sa mort, son royaume fut partagé entre ses trois fils: Micipsa père de Hiempsal I et d'Adherbal, Manastebal père de Jugurtha et de Gauda, et Gulussa père de Hiempsal II dont la descendance assurera la lignée des derniers rois numides.

En détruisant Carthage en 146 avant J.C. et en créant la première colonie romaine en Afrique, Rome mettait une limite à l'extension territoriale de la Numidie et au renforcement de son pouvoir économique et Politique.

Après la mort de Manastebal et de Gulussa, Micipsa hérita du royaume et régna pendant 30 ans (148-118 avant J.C.)

La puissance de la Numidie unifiée inquiéta Rome, qui accentua la pénétration et obligea Micipsa à partager le royaume en indivis entre ses deux fils Hiempsal I et Adherbal et son neveu Jugurtha.

jugurtha
Rome aurait-elle pu deviner que ce partage susciterait une guerre après la chute de l'invincible Carthage? La Numidie se soulèvera violemment et Rome aura, en Jugurtha, un ennemi aussi redoutable que Hannibal.
    En effet, le partage de la Numidie imposé par Rome marqua le début de la lutte de     Jugurtha pour conserver l'unité de sa patrie. En 116 avant J.C., il s'empara de toute la Numidie et dut éliminer Hiempsal. En 112 avant J.C., Cirta; principauté de Adherbal, tomba après le siège qui finit par le massacre de ses défenseurs et des marchandsromains. Rome lui déclara la guerre. "La guerre de Jugurtha" chantée     parSalluste, dura sept ans.

Six armées romaines disparurent dans cette lutte mémorable. Jugurtha, aussi prompt dans la décision que dansl'action; adoré des Numidespour sa beauté; son courage et les ressources de son esprit, tint longtempsen échec les forces romaines.

Jugurtha résista mais perdit Cirta pendant le siège de l'hiver 107-106 avant J.C.. Livré en 105 par son allié, il fut conduit à Rome, enchaîné. Il contempla la ville qu'il méprisa pour sa promptitude à se vendre. Il y resta prisonnier, jusqu'à sa mort.

-105 Après sa défaite, son royaume fut partagé :

Sous l’autorité romaine, la Numidie devint avec l’Égypte le "grenier de Rome", fournissant blé et huile d’olive.

Bocchus reçut une partie de la Numidie occidentale. La Numidie orientale fut partagée en deux royaumes : La Numidie occidentale et la Numidie orientale qui revint à Gauda (105-88 avant J.C.) puis à Hiempsal II (88-68 avant J.C.) respectivement frère et neveu de Jugurtha.

A sa mort, Bocchus plaça son fils Bogud sur le trône de la Mauritanie occidentale qui prit le nom de Bogudiana, et légua ses nouvelles provinces à son fils Bocchus II qui la dénomma Mauritanie de Bocchus.

Ce partage eut lieu en 91 avant J.C.. Bocchus III régna jusqu'en 33 avant J.C.

Il se déclara en faveur de Pompée. Néanmoins, César lui laissa ses états, puis il suivit Octavien, tandis que son frère Bogud soutenait Antoine et put ainsi régner sur toute la Numidie.

-51 Cleopatre reine d'Egypte

-30 L'Egypte devient province romaine après la mort de Cléopâtre

juba1er Juba I succèda à Hiempsal son père, jusqu'en 46 avant J.C.. Il prit le     parti de Pompée et anéantit l'armée de Soribornus Curio, qui débarqua en Afrique en 49     avant J.C.. Battu à Thapsus par César, il se donna la mort, comme le firent ses alliés,     Scipion Scipion et Caton . ..

Son fils, le futur roi Juba II, enfant encore, fut emmené captif à Rome où il fut éduqué. Il épousa Cléopâtre Selené, fille de Cléopâtre et d'Antoine.

Auguste lui restitua, pour un temps, la Numidie et en 25 av. J.C. il devint roi de la Maurétanie, dont la capitale fut Iol.

Le phare de l'îlot date de son règne; il a été comparé; toutes proportions gardées, à celui d'Alexandrie. Cette construction atteste que Juba II, à l'instarde ses aînés, appliquait les principes d'une véritable politique économique. Le phare était l'une des élémentsde l'aménagement du port, destiné à développer sur la côte le trafic maritime, en vue du commerce aussi bien que des explorations géographiques.

Ptolémée fils de Juba II; fut le dernier roi Numide. Il fut assassiné par Caligula, en l'année 42 de notre ère. A ce moment-là, la ville s'étendait sur 2,5 km de long et 1,5 km de large, et renfermait dans son enceinte un grand nombre d'oeuvres artistiques et littéraires.

Les Romains; après la mort de Ptolémée, fils de Juba II, annexèrent la Maurétanie. Ils la divisèrent en deux provinces impériales: la Maurétanie Tingitane et la Maurétanie Césarienne, laquelle correspondait aux "Telles" Oranais et algérois et à la partie occidentale du Constantinois.

Contemporain de Ptolomée, Tacfarinas dirigea larévolte des Numides contre l'impérialisme romain; sous le règne de Tibère. Dès l'année 17 de notre ère, il livra une guerre sans merci aux armées romaines. Cette lutte indépendantiste dura huits années. Le guerrier Mazipa, combatit à ses cötés. Malgré les demi-défaites de Tacfarinas; la guerre sanglante entre les Numides et Rome ne prit fin qu'en l'année 24, dans la bataille que lui livra le pré-consul Donabela en Auzia. (Aumale), où Tacfarinas trouva la mort au champ d'honneur comme le voulait la tradition numide.

Tacfarinas tint tête à César, à qu'il envoya des Ambassadeurs. César, refusa ses revendications; argumentant que même celles de Spartacus n'avaient pas été prises en considération.

La domination Romaine

La Numidie est un territoire miliatire, dont le commandement est installé à Lambèse ; elle de viendera procince indépendante de la Proconsulaire en 198. A partir de 126, des voies de pénétration l'aideront à progresser par les pistes du Sud, mais elle se rétrécit vers le nord : Hippo Régius (Hippone) est en Proconsullaire, Igilgili (Jijel) en Maurétanie Sétifienne.

La côte de Numidie a deux ports : Rusicade (Skikda) et Chullu (Collo). Le reste de l'Algrie forme la Maurétanie Césarienne.

La Maurétanie était gouvernée à partir de Césarée (Cherchell). Sa frontière est plus méridionale, loin des monts du Hondna et des hautes plaines Oranaises; elle ne pénètre guère à plus de 100 km de la mer. Au-delà de cette band côtière, les populations numides continuent à suivre leur mode de vie, et à se battre contre l'occupation romaine.

Les cités romaines dans la Numidie et la Maurétanie s'érigèrent sur les villes romaines dans la numidie, dont certaines connurent un grand essor et jouirent d'une grande renommée dans ces contrées anciennes.

Hippone, Cuicul, Tiddis, Thevesli, Madouros, Tipaza, Siga, Ténès, et probablement les plus importantes villes romaines eurent comme assises les villes numides elles-même, fondées le long de la côte, sur l'emplacement des comptoirs phéniciens.

Les plus importantes ruines des villes romaines, se trouvent à l'est de la Maurétanie Césarienne, dans les Aurès, et au nord de la Numidie.

Si la sédentarisation s'est faite au temps des phéniciens et des Royaumes numides, c'est l'urbanisation qui constituera la base de l'empire romain. Le nombre et la splendeur monumentale des cités romaines que révèlent les imposantes ruines de Timgad, Lambèse, Djemila-Cuicul, Tiddis, Tipaza . . . témoignent du rôle joué par les Cités africaines.

TIDDIS

Petite ville numide, à 17 km de Cirta-Constantine, Tiddis recèle d'importants vestiges de cette période. Les fouilles archéologiques ont montré que Tiddis, tout au long de son histoire, a eu une vocation : la poterie. On y a découvert un vaste quartier de potiers, dont les ateliers sont équipés de fours, de douves et la plus belle collection d'outils de toutes les époques, y compris l'époque punique.

Les fouilles ont permis de découvrir des vases puniques et des lampes grecques du V siècle avant J.C..

Dans les tombeaux situés aux abords de la ville - les BAZINAS, sépultures très évoluées - on a trouvé des vases d'un aspect inconnu. Il s'agit d'un décor peint, géométrique, avec des bandes d'oiseaux et des danseurs très stylisés. Bref, de la poterie Kabyle, telle qu'elle est fabriquée aujourd'hui encore par les femmes, sans tours, par des techniques immémoriales...

Tiddis renferme aussi des vestiges anciens, des DOLMENS, sur le versant occidental du plateau ; et, surplombant de part et d'autre le ravin de Kheneg s'élève une cinquantaine de Bazinas au pied de la montagne à l'est.

Au IVe siècle apr. J.-C., alors que les légions romaines appelées à défendre l’Empire en déclin, se retirèrent de Numidie, la région fut, pour un temps, déclarée indépendante, sous la pression du mouvement donatiste. La population berbère latinisée, tôt convertie à la foi chrétienne, s’était en effet massivement ralliée à cette secte chrétienne, persécutée par les autorités romaines, après que le christianisme fut devenu religion officielle de l’Empire (313), tandis que les tribus berbères des montagnes, non latinisées, continuaient à résister.

Saint Augustin, né à Tagaste (Souk-Ahras), 354-430, est le plus célèbre des Pères de l'Eglise Latine et le plus gra,nd esprit des premiers siècles du Christianisme, en Occident.

Evêque d'Hippone, dès 396, il mourut dans la ville assiégée par les Vandales.

L'influence de Saint Augustin, est sans doute celle qui a marqué le plus la théologie de tous les temps, car son oeuvre a quelque chose d'universel. Toute sa pensée est centrée sur deux problèmes essentiels : Dioeu et le destin de l'homme.

429 les Vandales envahissent l'Afrique du Nord.
Dans un contexte d’anarchie, les Vandales, peuple germanique, envahirent l’Afrique du Nord et y établirent un royaume en 429. Leur domination, limitée à la bande côtière, resta cependant fragile, et des principautés berbères indépendantes purent se reconstituer durant cette période
Après avoir débarque en Tingitane (Maroc),les vandales pénétrèrent à l'est. On constate qu'au passage ils détruisirent les murailles de Caesarea (Cherchell) la capitale de la Maurétanie ; celles de Tipaza furent rasées méthodiquement à une hauteur uniforme.
En Numidie, ils parurent s'installer : ce fut le siège d'Hippone, où mourut Saint Augustin. Puis ils repatirent et s'installèrent en Tunisie ou ils resteront un siècle.

439  Geiséric( Vandales)  s'empare de Carthage.

Pillée par les Vandales en 440 puis reconstruite par Justinien, Carthage céda, à la fin du VIIe siècle, la place à Kairouan. Depuis quelques années, un mouvement culturel aspire à la renaissance de Carthage.

V siècle: la révolte de la population montagnarde.
Ceux de l'Aurès prirent et détruisirent Timgad vers 477. Les Circoncellions ne cesseront pas leur révolte et vers le milieu du siècle ils joignent leurs efforts à ceux des Donatistes pour mener une lutte commune.
 

En 533, les Vandales furent chassés par les armées de l’empereur byzantin, Justinien Ier, dont le rêve était de faire renaître la splendeur de l’Empire romain. La conquête byzantine, pourtant, se limita seulement à l’est du pays.

+636+646 Perte par l'empire byzantin de la Syrie et l'Egypte  prises par les arabes

Les Byzantins arrivèrent en Afrique du Nord vers le milieu du VI siècle, et, si leur occupation fut limitée dans l'espace, lle dépassa largement le teritoire occupé par les Vandales.
Ils s'intallèrent là où ils trouvèrent les matériaux nécessaires à la fortification des villes.
Les Byzantins se heurtèrent aux mêmes cavaliers, aux mêmes tribus que, naguère, les Carthaginois et les Romains. Cependant, ils restèrent un siècle, en Afrique du Nord. Ils fortifièrent les villes pour les défenfre contre les paysans des plaines et surtout conte ceux des massifs montagneux. Mais les luttes paysanes ne cessèrent jamais.

Le rêve de Justinien Ier s’effondra lorsque, en 647, les Arabes, porteurs d’une nouvelle religion, l’islam, se lancèrent à la conquête de l’Afrique du Nord. À l’est, dans les Aurès, ils durent s’opposer à la résistance de deux chefs berbères, Kusayla et la Kahina, une prophétesse. Mais, dès le début du VIIIe siècle, les Berbères se soumirent et se convertirent massivement à l’islam. Des chefs de guerre, tel Musa ibn Nusayr, s’illustrèrent même dans les troupes qui combattaient pour l’expansion de l’islam. Dès le début du VIIIe siècle, l’Algérie, comme l’ensemble du Maghreb, était devenue une province placée sous l’autorité des Omeyades. Les Arabes y constituaient une élite urbaine.

647, Les Arabes pénétrent pour la première fois dans le Maghreb, ils trouvent une province affaiblie par son isolement.

L'avénement de l'Islam au VIIe siécle est un des faits les plus considérables de l'histoire du Maghreb.

En l'an 681, avec l'arrivée de Sidi-Okba, l'Algérie entre dans l'histoire de l'Islam, car cette religion nouvelle obtient de plus en plus l'adhésion de la population qui participera à la conquête et à l'islamisation d'une grande partie de la péninsule ibérique;

IXème siècle de notre ère, Au III ème siècle de l'Hégire,  l'Afrique du Nord, toute entière, était conquise par l'Islam. Ce fut une conquète spirituelle sans précédent.

Après 740, tandis que se multipliaient les querelles de succession pour le califat, les Berbères se dressèrent contre l’autorité califale et, comme beaucoup de ceux qui, dans la communauté musulmane, luttaient contre la domination arabe, ils rallièrent les kharijites, dissidents fondamentalistes et démocrates de l’islam. Une communauté kharijite subsiste d’ailleurs aujourd’hui dans le Mzab (ibadites). Les Berbères kharijites fondèrent plusieurs petits royaumes.

La carte politique de l'Afrique du Nord qui va de la Tripolitaine à l'Océan Atlantique, présente au IXème siècle, la division que nous connaissons encore. Trois royaumes se juxtaposent : Tunisie, Algérie et Maroc.

777 Royaume des Rostémides ROYAUME DE TIHERT (Tiaret)

Au Maghreb central, l'Algérie est gouvernée par la dynastie des Rostémides, qui règnent dans Tihert, près de l'actuel Tiaret. A leur simplicité d'ascètes, ces imams joignent le goût de l'étude et une culture de savants. Dans Tihert, ils assemblent de riches bibliothèques et ils envoient en Orient des missions pour acheter des   manuscrits.

La science passionne leur entourage : les femmes de leurs familles s'adonnent à   l'examen du dogme, de l'exégèse coranique, des pratiques du culte et de la jurisprudence   islamique. D'autres sciences captent leur intérêt, en particulier l'astronomie au sens   large du terme.

5 2 789 Avènement du roi Idriss 1er, qui fonde un royaume   indépendant au Maroc

788-974 Idrissides   Maroc.Capitale:Fès   

800-909 Aghlabides  Ifriqiya, Algérie orientale,Sicile.

Le royaume des Rostémides, fut balayé en 911 par la dynastie arabe chiite des Fatimides, soutenue   par les Kabyles, une confédération berbère de l’Est. Dès le XIe siècle,   l’arabe devint la langue majoritaire dans les plaines et les steppes. Seuls les   Berbères des montagnes résistaient durablement.

Deux dynasties berbères devaient cependant régner sur toute la région entre le XIe et le XIIIe siècle : les Almoravides et les Almohades. Venues du Sud marocain, elles étendirent leur influence du Nord-Ouest africain au sud de l’Espagne. Tlemcen, la capitale des Almohades, devint un centre artisanal réputé. On y construisit de belles mosquées et de nombreuses écoles   coraniques. Les ports maritimes (Béjaïa, Annaba et Alger, en pleine expansion)   développèrent un commerce actif, apportant en Europe les fameux chevaux barbes, de la   cire, un cuir de qualité et des tissus.

1035

C'est en 1035 que les Almoravides, vont entrer dans l'Histoire. Guidés par le Saharien Yoûsof, fils de Tachfin, ils s'attribuent une mission religieuse. Yoûsof a laissé les plus beaux monuments de l'art musulman, en Algérie.

A la première étape de sa traversée, il remonte à agadir où il fonde Tagrart qui sera son lieu de résidence. Son modeste palais sera plutôt une dépendance de la Grande Mosquée.

Almoravides 1056-1147 Afrique du Nord et Andalousie

Tlemcen ne fut qu'une étape ; les Almoravides s'emparèrent de Nédroma, Ténès, mais ne dépassèrent pas Alger.

Les mosquées sont le plus beau legs des Almoravides. La date de la construction de la Mosquée de Nédroma est attesté par une inscription sur bois de cèdre qui couronnait le Minbar. Ces vestiges sont conservés au Musée des Antiquités du Parc de la Liberté à Alger.

C'est aussi l'inscriptin de la chaire qui nous permet de dater la Grande MOSQUEE D'Alger (1096).

L'architecture s'inspire de celle de la Grande Mosquée de Cordoue.

A Nédroma comme à Tlemcen et à Alger, l'art andalous exerce une grande influence. Pur la Grande Mosquée de Tlemcen, Yoûsof voulait un édifice simple et ainsi apparaît-il au visiteur qui pénètre dans la Mosquée par la face latérale. Le dépouillement architectural, où nous reconnaissons l'austérité du chef Saharien, fait contarste avec l'abondance décorative de la nef centrale, plus tardive, avzec ses plafonds aux poutres sculptées, le mirhab qui se creuse dans le mur du fond et la coupole qui précède cette niche. Une inscription sur la corniche nous indique qu'elle fut exécutée en 1136.

Le cadre du mirhab et la coupole dont les arceaux s'entrecroisent et soutiennent des panneaux de plâtre ajourés s'inspirent de la Grande Mosquée de Cordoue. S'y ajoutent des éléments de l'art hammadite telles les stalactites qui surmontent les arceaux entrecroisés.

De 1147 à 1269  la dynastie berbère des almohades régna sur l'Afrique du Nord et sur la moitié de l'Espagne.

"La prospérité du royaume almoravide fut interrompue par l'apparition d'El-Mahdi, fondateur de la dynastie des Almohades . . .". C'est ainsi qu'Ibn El-Khaldoun introduit ce nouveau personnage qui modifiera le cours de l'histoire du pays. C'est une époque mouvementée, où l'on assite à la fin de la grande épopée almoravide.

A la fin du règne d'Ali Ben Yoûsof en 1192, les Masmoûda disposaient déjâ de forces redoutables. Se dirigeant vers l'est, les troupes Almohades commandées par Abd-El-Moûmin arrivèrent aux monts de Tlemcen. En Espagne comme au Maghreb, les Almoravides furent incapables de résister aux Almohades. Seuls échappèrent les "hommes voilés", qui tenaient les Baléares : les Béni Ghânya, qui joueront un rôle non négligeable dans l'histoire de l'Algérie.

Ibn Toûmert, dit El-Mahdi, fut le précurseur du mouvement almohade. Disciple du théologien Ghazali, ce réformateur veut appliquer en Occident les préceptes de son maître. Partout, il censure les abus et captive les auditeurs par son éloquence. Il porte contreverse sur le terrain de la théologie alors que les Almoravides faisaient de la jurisprudence, leur arme de combat.

Ses partisans; les "Al-Muwahhidûn" (les Unitariens), professaient le dogme de l'unité de Dieu dans toute sa pureté. L'Algérie va prendre place dans l'histoire frâce au rôle joué par Abd El-Moumin, né à Nedroma. Grand Chef guerier, il dirigea trois campagnes qui conduisirent à l'unification de l'Afrique du Nord.

De cette époque date le premier cadastre de l'Afrique du Nord : en 1159, Abd El-Moumin ordonna l'arpentage de l'Ifroquiya et du Maghreb. On mesura depuis la Cyrénaîque jusqu'à l'oued N'oun, de long en large. On retrancha de cette surface un tiers pour les montagnes, les rivières, les lacs salés, les routes et les déserts. Les deux tiers restants furent frappés du Kharadj ou impôt foncier. Ce fut là une grande innovation.

1198 Mort de Averroes à Marrakech (médecin et philosophe arabe né à Cordoue en 1126)

Les Almohades souverains du Maghreb jouissaient d'un grand prestige tant en Orient qu'en Occident. Cependant l'Empire Almohade, rongé par les luttes intestines pour le puvoir et par la difficulté de gouverner un si vaste empire, commeçait son déclin.

Ce fut d'abord l''Espagne, qui échappa au califat almohade, suivi par la Tunisie (1236) avec les Hafsides, Tlemcen (1239) avec les Abd-Alwadides, le Maroc (1269) avec les Merinides, qui prirent Marrakech. Ce fut la fin de la dynastie almoravide.

C'est ainsi que la dynastie berbère des almohades régna sur l'Afrique du Nord et sur la moitié de l'Espagne de 1147 à 1269.

L’anéantissement des Almohades, en 1269, déclencha une rude bataille commerciale entre chrétiens et musulmans pour le contrôle des ports de la Méditerranée. La région fut partagée entre trois dynasties berbères : les Mérinides à Fès, les Abdelwadides à Tlemcen et les Hafsides à Tunis. Dès la fin du XVe siècle, après la reconquête chrétienne (la Reconquista) de la totalité de l’Andalousie, l’Espagne occupa plusieurs ports de la côte algérienne (Mers el-Kébir, Oran, Béjaïa). Les Abdelwadides acceptèrent le protectorat espagnol, mais les autorités religieuses des villes portuaires, soutenues par la population, engagèrent des corsaires, qui capturaient les navires marchands et retenaient l’équipage et la cargaison en échange d’une rançon.

1518, Alger et plusieurs autres ports furent assiégés par les Espagnols; les Turcs ottomans furent appelés à la rescousse.

Au début du XVIe siècle, Alger subit l'attaque des Espagnols (1514) qui occuperont la ville jusqu'à l'arrivée des frères Barberousse, en 1516. Ces derniers s'étant placés sous la protection de Constantinople, Alger devint la capitale d'un Etat algérien, plus ou moins vassal de l'Empire Ottoman. Malgré la rivalité entre les Janissaires turcs et les "raïs", Alger connut une grande prospérité lors de l'apogée de la "course" au XVIIe siècle.

Les Barberousse, deux frères corsaires, d’origine grecque ou sicilienne — selon les sources — et convertis à l’islam, obtinrent du sultan Soliman le Magnifique d’être envoyés en Afrique du Nord avec une flotte. Ils chassèrent les Espagnols de la plupart de leurs nouvelles possessions, résistèrent au siège de Charles Quint devant Alger (1541).

1549 Naissance de Ahmad al-Mansur, sultan du Maroc

1554 Les Abdelwadides furent déposés. Khayr al-Din, le plus jeune des Barberousse, fut nommé beylerbey, c'est-à-dire représentant du sultan en Algérie

Les Abdelwadides furent déposés en 1554, et Khayr al-Din, le plus jeune des Barberousse, fut nommé beylerbey, c’est-à-dire représentant du sultan en Algérie. Proconsuls militaires d’Afrique, ces "rois d’Alger" exercèrent leur autorité non seulement sur la zone littorale, mais sur les pachas de Tunisie et de Tripolitaine. En raison de son éloignement de Constantinople, la régence d’Alger fut gouvernée comme une province autonome.

Conséquence indirecte de la Reconquista espagnole, l’établissement des Ottomans en Algérie déboucha sur la mise en place d’une monarchie élective et des formes de gouvernement qui marquèrent profondément l’Algérie : au XVIIe siècle, Alger choisissait son dey qui recevait ensuite l’investiture de Constantinople. L’ordre était en principe assuré par deux forces militaires rivales, l’odjaq, la milice des janissaires, et la taïfa des raïs, la corporation des corsaires. Mais l’arrière-pays, le Sud, le Constantinois, la Kabylie, échappait au pouvoir de la régence d’Alger, qui fut essentiellement une "colonie d’exploitation". Le pouvoir ottoman eut recours à la formation de smalas (colonies militaires) et aux maghzens, des tribus privilégiées qui faisaient rentrer l’impôt.

Empire Chérifien 1525-2---- Maroc

1603 Mort de Ahmad al-Mansur, sultan du Maroc

1664 Moulay Rachid fonda la dynastie alaouite, qui règne encore de nos jours sur le Maroc

1827 Charles X se lance dans un blocus naval et dans une expédition militaire contre Alger

Dominée par la forteresse de la Casbah, la ville d'Alger couvrait toutes les pentes de l'acropole et étendait, en bordure de la mer, ses riches quartiers commerçants semés de palais et de mosuées. Au début du XIXe siècle (4 juillet 1830) la ville fut prise par les Français. Après 1830, des monuments anciens furent détruits pour faire place à des constructions administratives et militaires. Ne subsistèrent que la belle mosquée hanafite de la pêcherie (XIVe siècle) et la grande mosquée malakite (XIe siècle). Vers la fin du XIXe siècle, Alger devint un grand marché de vin, un important centre financier et un grand port.

1831 Les troupes françaises s'emparent d'Alger

1837 Par le traité de la Tafna, la souveraineté d'Abd el-Kader est reconnue

1839 Abd el-Kader déclare la guerre sainte contre la France
1839 La Grande-Bretagne occupe Aden, en Somalie

1839 : Début de l'ère des réformes dans l'Empire ottoman.

1839 L'empire Ottoman "cède" l'Algérie à la France

1840 Bugeaud devient gouverneur général de l'Algérie
1844 Bugeaud, le gouverneur général de l'Algérie, crée les Bureaux Arabes, dont le rôle est de protéger les arabes contre les exactions commises par les colons
1847 Défaite de Abd el-Kader
1848 La France déclare que l'Algérie est un territoire français
1849 Le Nord Yémen passe sous l'autorité ottomane
1858 La France crée un Ministère de l'Algérie

1870 Le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 32 000 juifs d'Algérie

1871 Insurrection en Kabylie

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alger joua un rôle important dans le débarquement des troupes alliées et devint le centre des décisions politiques et militaires en Afrique du Nord.

1945 8 mai : Le jour de la victoire, une sanglante explosion de violence est durement réprimée à Sétif.

Guerre d'Algérie

Pendant la guerre de libération contre l'occupant français (1954-1962), Alger fut un important foyer de la lutte armée. La Bataille d'Alger constitue un moment historique de grande signification.

1954

01.11. Le C.R.U.A. (Comité révolutionnaire de l'unité algérienne) déclenche la rébellion armée.
1er Novembre 0 heure declenchement de la guerre d'Algerie
-Série d'attentats ( attaques de casernes et postes militaires, incendies attaques de fermes, jets d'engins
explosifs, ...) à travers différentes régions du territoire
-Mort de Ramdane Benabdelmalek Adjoint de Ben M'hidi en Zone V, Benabdelmalek, ancien membre de
l'Organisation Speciale (O.S) etait l'un des 22 a la reunion du clos salembier (juillet 1954). Il fut tue dans la
nuit du 1er Novembre, non loin de cassaigne, a Bosquet, qui prendra son nom apres l'independance,
devenant ainsi le premier martyr militaire de la revolution. Il etait originaire de Constantine et, pour
echapper aux recherches de la police, avait emigre en Oranie a l'instar de son chef Ben M'hidi et de
Souidani Boudjemaa, originaires l'un de Biskra, l'autre de Guelma.

2 Novembre
-Stupeur et consternation dans les milieux europeens.
-Arrestation de nombreux militants et dirigeant MTLD.
3 Novembre -Roger Leonard declare:<<le mot d'ordre est venu de l'etranger>>.

5 Novembre

Le gouvernement français envoie des renforts en Algérie.
-Suspention de <<l'Algerie libre>>, organe du MTLD.
-Arrestation de membres du CRUA en Oranie.
-Accrochage dans la region de Souk-Ahras.
-Francois Mitterrand declare : << contre les separatistes, ca ne peut etre que la guerre >>.
-Dissolution du MTLD pour :<< atteinte a l'integrite du territoire national et a la Republique >>.

7 Novembre
-Perquisition aux siege d'organisations politiques et parapolitiques algerienne a Paris et en province.

8 Novembre
-Arrestation de Ahmed Zabana grievement blesse, Responsable de groupe dans l'Organisation Speciale(O,S)
il fut Arrete en 1950 et libere en mai 1953. Se convertissant au metier de soudeur, a Sidi-Bel-Abbes, il acquit
dews connaissances en matiere de fabrication de bombes artisanales. Sous les ordres de Ben M'hidi, il
organise un groupe d'action et, le 1er Novembre, attaquea la maison forestiere de St Lucien dont il abattit
le gardien. Lors d'un accrochage dans la region de St Denis du Sig, il fut blesse et fait prisonnier.
Juge par le Tribunal militaire d'Alger, le 3 mai 1956, et condamne a mort, il fut guillotine a Barberousse le
19 juin 1956. Zabana laissa un extraordinaire souvenir de courage et de determination a ses camarades de
detention qui furent frappes par sa capacite d'endurance aux sevices. << En effet, temoigne un ancien
detenu, blesse aux jambes, il devait ramper pour aller chercher sa gamelle sous les yeux de ses compagnons
auxquels les geoliers imposaient cette scene pour briser leur moral. Zabana en profitait pour les galvaniser
et les exhorter a ne pas flancher >>.
-Arrestation de Moulay Merbah a Alger.
12 Novembre -Accrochage en Kabylie.
15 Novembre -Premiere intervention de l'aviation dans l'aures.
20 Novembre -Mort de Badji Mokhtar, Militant MTLD des 1939, il fut elu au conseil municipal de
Souk-Ahras en 1947, tout en etant responsable de la section de l'O.S. Arrete en 1950 dans l'affaire Khiari qui
devoila l'organisation Speciale,il fut condamne a 3 ans de prison. Apres sa liberation en 1954, il se joingnit
au groupe des partisans de l'action et participe a la reunion des 22. Didouche Mourad lui confia la zone
frontiere entre Souk-Ahras et la mer, qu'il dirigea jusqu'au 19 Novembre 1954 ou il fut tue dans un
engagement avec les forces francaises dans la region de Medjez-Sfa, a la ferme Dali.
21 Novembre
-Declaration de F. Mitterrand au << Parisien Libere >> : << Le mouvement lance par les emeutiers n'a pas
atteint son but. Il a ete declenche trop tot, car cette operation devait etre lancee en janvier prochain. Nous
le savions et avions pris toutes nos precautions >>.
23 Novembre -Le gouvernement francais accorde une aide de 34 milliards au Maroc et a la Tunisie
24 Novembre -M. Temple, ministre francais de la guerre, declare : << les cadres de l'Indochine
seront affectes a l'encadrement des Goums en Algerie.
26 Novembre -Voyage de F. Mitterrand en Algerie : << jusqu'au 26 novembre, il y eu 528
terroristes arretes, 60 % viennent du MTLD >>.
29 Novembre -Mort de Grine Belgacem, jeune revolutionnaire ayant rompu avec l'administration
coloniale des 1950, a l'instar de beaucoup d'Algeriens, il gagna le maquis. On aime lui coller l'indicatif de
<<bandit d'honneur>> sans avoir jamais etudie la vie de cet homme qui pourtant n'avait terrorise que les
gardiens du systeme. Grine s'etait mis sous les ordres de l'ALN des le 1er Novembre et sa mort dans un
accrochage fut un grand soulagement pour les autorites francaises qui voyait en lui un des principaux chefs
de l'insurrection, tant il les avait effrayees.
-Evacuation du douar Ichmoul dans la region d'Arris, apres de violents combats.

1 au 15 Decembre
-Huit operations d'encerclements, ratissages et controles de la population en Kabylie.
7 Decembre
-F. Mitterrand declare a l'assemblee de l'union Francaise : << Le MTLD est l'ennemi a abattre. Le
gouvernement appliquera la loi sans pitie ; il n'y a pas de nuance a observer >>.
8 Decembre
-R. Leonard declare a Paris-Presse : << Le Gouverneur general estime a 400 le nombre des hommes resolus
qui sevissent dans l'Aures et croit que l'aneantissement de la bande de Grine Belgacem va tres serieusement
reduire les vocations.
10 Decembre
-Le premier ministre libyen demande au gouvernement francais de retirer ses troupes du Fezzan.
20 Decembre
-Operation de grande envergure dans la region de l'Ouenza avec 12 000 soldats.
22 Decembre
-Pour mettre fin aux activites clandestines du parti dissous, perquisition aux domiciles d'anciens membres du
MTLD en France et en Algerie ( 208 perquisitions, 142 arrestations ).
-Huit membres du MTLD sont arretes, tous adjoints au maire d'Alger, il s'agit de Abdelhamid Ali, Mustapha
Bouchakour, Mohamed Meftoul, Messaoud Zitouni, Zerargui Tahar, Abdelkader Amrani, Abdelkader Doumene
et Benzirag.
Les autorites francaises etaient convaincues que le MTLD etait seul capable de declencher un mouvement
insurrectionnel. Ce qui d'ailleurs n'etait pas une erreur, dans la mesure ou presque la totalite des responsables
du declenchement venaient de ce parti. Mais elles etaient loin de suivre l'evolution rapide du MTLD apres les
Congres de Niort et d'Alger ou l'eclatement avait engendre la neccessite de passer a l'action pour debloquer la
situation et eviter un passage a vide qui aurait pu durer indefiniment.
23 Decembre
-Mise en etat de siege de la region de Souk-Ahras.
-Operation Violette avec 4 000 soldats dans le Sud de l'Aures.
26 Decembre
-Operation dans le djebel Ichmoul.
30 Decembre
-Operation Aloes en Grande Kabylie.
-Depot de dossiers de torture aupres du procureur General a Alger, avec plaintes dument motivees.

1955

18 Janvier
-Mort de Didouche Mourad chef de la zone 2 (wilayaII) dans un engagement a Boukarkar, pres de Smendou.
Membre du Comite des 22, un des principaux fondateurs du FLN, il fut le premier chef de la zone 2 a
disparaitre au cours d'un engagement avec les unites parachutistes du colonel Ducourneau, a Oued-Boukarkour
pres de Smendou.
Ses nombreuses missions a Constantine pour le compte du parti, lui permirent d'avoir une bonne connaissance
de la region. c'est pourquoi, lors de la reunion du comite des Six a la veille du declenchement, il ceda l'Algerois
qu'il devait diriger et dont il etait originaire, a Bitat, contre le Nord Constantinois.
18 Janvier au 24 Fevrier
-Operation Veronique dans le Djebel Ahmar Kheddou (Aures) avec 5 000 soldats ( bombardements de villages,
incendies,massacres de civils), operation visant a l'isolement des combattants de l'ALN par rapport a la
population qui, privee de ravitaillement par bouclages, controles et rationnements, n'apporterait plus de soutien
logistique a ces combattants. L'effet de cette operation sera insignifiant, tant les autorites militaires et civiles
de la region ignoraient presque totalement les structures sociales des habitants de l'Aures et surtout les rapports
etablis entre ces derniers et les hommes de l'insurrection qui, depuis bien avant le 1er Novembre 1954, vivaient
deja en maquisards.
Sur le plan militaire et selon la presse colonialiste, neuf combattants seulement furent tues du cote algerien. ce
resultat montre bien l'inefficacite des moyens mis en oeuvre face a l'ALN.
20 Janvier
-Jacques Chevallier, nomme ministre de la defense apres le remaniement opere par Mendes-France.
23 Janvier
-Operation Violette dans l'Aures, prolongement de l'operation Veronique, avec 3 300 soldats, dirigee par le
colonel Millet, l'operation n'eut selon la presse, que quatre tues parmi les combattants algeriens.
C'est dire que l'offencive declenchee par le Haut-Commandement de l'armee francaise contre l'Aures fut un
echec total, et que la pratique de la guerre de guerilla par l'ALN etait efficace. La guerre des ombres allait
desormais se reveler couteuse pour le gouvernement francais qui n'arretera pas de reclamer toujours plus de
d'argent et de contingents pour la pacification.
25 Janvier
-Jacques Soustelle,nomme Gouverneur general a la place de Roger Leonard.
-Articles de presse relatifs a la torture.

Effectifs francais porte a 80 000 soldats contre 49 700 en Novembre 1954.
6 Fevrier -Chute du gouvernement Mendes-France, Considere par les ultras d'Algerie, comme le liquidateur
de l'Indochine, de la Tunisie et du Maroc, pour lesquels les negotiations en cours prevoyaient l'independance.
10 Fevrier
-Discussion entre Ben Bella, Khider, Ait Ahmed, Boudiaf et Mezghana (Messaliste) au Cair qui aboutissent a
une declaration commune annoncant la creation du FLN.
-Adhesion de Abane Ramdane au FLN, c'est sans nul doute l'un des personnage les plus importants de la
revolution algerienne. des sa liberation, il prit contact avec Ouamrane et rejoignit le FLN. Krim Belkacem le
designa comme conseiller politique de la zone 4 (W. IV). C'est alors que Abane Ramdane commenca a s'imposer
comme theoricien de la revolution. Rompant avec Messali et ses fideles partisans, il oeuvra au ralliement des
autres partis et formations algeriennnes, au FLN. Mais c'est surtout au Congres de la Soummam qu'il montrera
une grande habilete politique et une grande capacite d'organisateur.
11 Fevrier
-Ben Boulaid, chef de la zone 1 (wilaya I) fait prisonnier a la frontiere algero-libyenne, il devait prendre contact
avec Ben Bella en Libye pour fixer un plan d'acheminement des armes, lorsqu'il fut reconnu sur renseignements
par les autorites francaises en Tunisie. Apres un bref engagement ou il tua un soldat et en blessa un autre,
Ben Boulaid fut Arrete. Incarcere d'abord en Tunisie, il fut transfere a la prison civile de Constantine.
12 Fevrier -Jaques Soustelle, Gouverneur general arrive a Alger.
22 Fevrier -Cinquante tirailleurs desertent et rejoignent l'ALN avec armes et bagages.
23 Fevrier -Second ministere Edgar Faure.
26 Fevrier
-Deux fidaine sont arretes apres un engagement avec un groupe de gendarmes pres du Douar Maatka
(commune de Tizi-Ouzou). un troisieme fut tue. L'un des deux prisonniers derouta la police et la gendarmerie
dans les interrogatoires et s'averera un personnage d'une grande importance, apres l'arrestation le 23 mars 1955
de Rabah Bitat. Il s'agit de Aziz el-Riffi.
En effet, ce ne fut qu'apres l'arrestation de Bitat, que la presse communiqua :<<L'agent de liaison entre Krim,
Bitat et Ouamrane ne tardera pas a etre arrete>>. En fait, il etait entre les mains de la police. Il s'agissait de
Benhamadi (ou Fettah ou Zaoui). Quelque document trouve sur Bitat fut a l'origine de l'identification du captif
Benhamadi se revela etre Hamadi Aziz el-Riffi, originaire du Rif marocain. Il fut un des lieutenants de l'Emir
Abdelkrim el Khattabi, dans le Comite de liberation du Maghreb et, apres avoir suivi un stage de formation
militaire a Baghdad, revint au Caire avec le grade de sous-lieutenant.
Contacte en juin 1954 par Ben Bella, il fut remis a la disposition de la revolution algerienne par Abdelkrim el
Khettabi et envoye en Algerie des le debut de la guerre pour servir de conseiller militaire a l'ALN.
Arrive a Alger le 12 novembre, il ne put prendre contact avec l'organisation que le 9 Decembre ou il fut conduit
chez Krim Belkacem avant d'etre fait prisonnier le 26 Fevrier.
Hamadi el-Riffi fut condamne a mort le 29 janvier 1957 et execute.

3 Mars
-La consultation electorale prevue pour mi-mars est ajournee pour le Sud et le Sud-Est constantinois.
8 Mars
-Soixante-quinze tirailleurs tuent huit soldats, emportent armes et bagages et rejoignent l'ALN.
15 Mars
-Mr. Bourges-Maunoury, ministre de l'Interieur, annonce au conseil des ministre que d'importentes mesures
militaires allaient etre proposees au Conseil superieur de la Defense nationale, il ne s'agit pas de proclamer l'etat
de siege, mais un etat d'exception ou d'urgence.
-Soustelle, Gouverneur general, est attendu a Paris, pour en discuter avec le ministre de l'Interieur.
22 Mars
-L'etat d'urgence en Algerie, approuve par le Conseil des ministres, est depose le meme jour a l'Assemblee nationale
francaise, le gouvernement delimitera par decret les territoires ou l'etat d'urgence sera applique.
Les nouvelles mesures et dispositions permetront de soumettre dans certains cas les crimes et delits a la juridiction
militaire.
23 Mars
-Arrestation de Rabah Bitat, c'est le troisieme du groupe des Six et des Neuf historiques, apres Didouche
et Ben Boulaid, qui disparait du theatre des operations depuis le debut de l'Insurrection, ceci sur denonciation de
l'adjudant Slimane dit Djoudene. Celui-ci etait depuis longtemps un indicateur a la solde de l'administration
francaise, infiltre dans le camp activiste du MTLD avant le declenchement du 1er Novembre.
Il etait responsable du parti a Bouira et, beneficiant de la confiance des dirigeants du FLN, avait une certaine
responsabilite au plus haut niveau de la zone 4. C'est ainsi qu'il atttira Bitat dans un guet-apens sous pretexte de
lui remettre un message de la delegation exterieure.
28 Mars
-Rencontre de personnalites politiques algeriennes avec Soustelle, dans l'espoir de briser la representativite
unique du FLN et montrer qu'il y avait plusieurs tendances qui se declarent interlocuteurs valables. Soustelle
recevra toujours dans le meme espoir, Ferhat Abbas pour l'UDMA, Toufik el Madani et Kheireddine, pour les
Oulema. Mais ces personnalites etaient deja en contact direct ou non avec le FLN pour une eventuelle adhesion.
30 Mars
-Sur demande de Soustelle, dix huit officiers des affaires indigenes du Maroc arrivent en Algerie, sous le
commandement du Lieutenant-colonel Verlier, ou ils vont etre en mission dans l'Aures.

1er Avril
- L'etat d'urgence pour une periode de six mois, en Algerie, vote a l'Assemblee nationale par 379 voix contre
219 entre immediatement en application.
4 Avril
- Decret fixant l'application de l'etat d'urgence aux regions auresienne, constantinois et kabyle qui englobent
environ un million et demi de personnes.
13 Avril
- Edgare Faure, president du Conseil declare : <<Il n'est pas normal qu'un pays(la Libye) qui doit son
independance a l'initiative americaine, entretienne sur son territoire, pres des frontieres orientales de la
Tunisie, des camps ou l'on forme des hommes pour la guerre de guerilla, pour des raids et des assassinats>>.
Cette declaration avait pour but principal de susciter la reaction des pays membres de l'OTAN et surtout
celle des Americains. Le Gouvernement francais, conscient de ses faiblesses sur le plan militaire, son armee
etant dispersee en Indochine, en Tunisie, au Maroc et en Algerie, commencait des le declenchement de
l'insurrection algerienne a regarder du cote des forces francaises de l'OTAN.
Francois Mitterand l'avait explicite dans sa declaration au Parisien libere, le 21 novembre 1954.
22 Avril
- Implantation permanente dans l'Aures de troupes legionnaires, et parachutistes.
23 Avril
- Resolution en faveur des pays maghebins, a la Conference de Bandung. Grace au soutien de Nasser, une
delegation Algerienne, ou figuraient M. Yazid et Ait Ahmed, fut admise a la conference. Ce fut la premiere
assise a laquelle participait l'Algerie combattante.
- Application de la censure en vertu de l'etat d'urgence.
- Constitution de milices de colons qui entreprendront des exactions a leur compte.
24 - 25 Avril
- Soustelle, accompagne du prefet de Constantine M. Dupuch et du General Cherriere, se rend a paris pour
discuter de la situation en Algerie et surtout de celle de l'Aures, avec le ministre de l'interieur et les
membres du Gouvernement. A la suite des entretiens Edgare Faure - Soustelle, il fut decide la creation d'un
commandement dans la zone d'urgence du Constantinois, sous l'autorite et la responsabilite du prefet.
Un officier general sera charge de la direction de toutes les operations civiles et militaires, a compter du
1er mai 1955.
-Communique du Gouvernement general relatif a la resolution de Bandung. Le Gouvernement general
proteste contre la resolution de Bandung sur le droit de l'independance de la Tunisie, du Maroc, et de
l'Algerie qui signifie une ingerence dans les affaires interieures francaises. Le communique insiste sur
l'attitude de certains pays du groupe afro-asiatique qui abritent et entrainent des hommes comme
Hamadi el Riffi.
28 Avril
- L'etat d'urgence est etendu aux communes de Biskra et d'El-Oued.
- Dans la zone d'urgence, les reunions publiques sont interdites dans la region de Batna et dans les
communes mixtes de Tebessa. Le General Parlange, chef de la region d'Agadir, nomme Commandant unique
dans l'Aures.
29 Avril
- Rencontre De Gaulle-Edgar Faure a l'hotel La Peyrouse a Paris ou ils s'entretiennent de la situation en Algerie.
30 Avril
- Un groupe de combattants ALN attaque et desarme un goum dans la region de Philippeville.

30.09. L'Assemblée générale de l'ONU vote l'inscription à l'ordre du jour de l'affaire algérienne.
12.12. Les élections en Algérie sont reportées.

1956
2 février : Jacques Soustelle est remplacé par Robert Lacoste.
Avril-mai : Envoi du contingent.
20 août Les chefs F.L.N. (Front de libération nationale) de l'intérieur se réunissent pour la première fois; c'est le congrès de la Soummam d'où sortira la plate-forme du F.L.N.
29.10. Israël, l'Angleterre et la France déclenchent une opération militaire contre l'Egypte.
15.11. L'ONU inscrit la question algérienne à son ordre du jour.
05.12. Le gouvernement français dissout les conseils généraux et les municipalités en Algérie.

14 décembre : Le général Raoul Salan est nommé commandant en chef en Algérie.

1957 les tortures et exécutions sommaires

7 janvier : Les parachutistes du général Jacques Massu passent à l'offensive à Alger.
07.01. Le général Massu est chargé du maintien de l'ordre à Alger.
20.09. L'ONU inscrit la question algérienne à son ordre du jour.
24 septembre : Le général Massu gagne la bataille d'Alger.
29.11. L'Assemblée nationale vote la loi-cadre et la loi électorale de l'Algérie.

1958
7 janvier : Début de l'exploitation du pétrole saharien.
15 avril : Chute du gouvernement Gaillard: crise ministérielle de trente-sept jours.
26.04. 30 000 Algérois demandent un Gouvernement de salut public après la chute du gouvernement Gaillard.
13.05. Un Comité de salut public est créé à Alger sous la présidence du général Massu; on fait appel à de Gaulle.
13 mai : A Alger, la foule envahit les bâtiments administratifs et applaudit le Général de Gaulle.
15.05. De Gaulle se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République.
01.06. L'Assemblée nationale investit de Gaulle par 339 voix contre 224.
4 juin : Tournée triomphale du Général de Gaulle en Algérie: "je vous ai compris!".
19 septembre : Formation du gouvernement provisoire de la République Algérienne. (G.P.R.A.)
28.09. La nouvelle Constitution est approuvée par référendum (79 % de oui en métropole, 95 % en Algérie).
23.10. De Gaulle propose au F.L.N. la paix des braves.
Décembre : Le Général Challe et Paul Delouvrier remplacent le général Salan.
21.12. De Gaulle est élu président de la République.

1959
Janvier : Élaboration du plan Challe basé sur le principe de pacification.
22 juillet : Offensive Challe: opération "Courvoie".
16.09. De Gaulle proclame le droit des Algériens l'autodétermination.

1960
19 janvier : Le Général Massu est muté en métropole pour avoir critiqué la politique du général de Gaulle.
24 janvier : "Semaine des barricades"; les "ultras" tirent sur les gendarmes.
29 janvier : Discours de De Gaulle; la révolte s'éteint.
30 mars : Le général Challe démis de ses fonctions de commandant en Chef en Algérie.
25-29 juin : Les pourparlers de paix de Melun se soldent par un échec.
6 septembre : "Manifeste des 121" sur le droit à l'insoumission.
22 novembre : Création d'un poste de ministre d'état des affaires algériennes confié à Louis Joxe.
23 novembre : Départ de Paul Delouvrier.
20 décembre : Les Nations Unies reconnaissent à l'Algérie le droit à l'autodétermination.

1961
08.01. La politique algérienne du général est approuvée par référendum (75 % de oui).
25 janvier : Première manifestation de l'O.A.S.; assassinat de Me Popie.
25.04. Putsch des généraux à Alger; de Gaulle assume les pleins pouvoirs aux termes de l'article 16 de la Constitution.
20.05. Ouverture des pourparlers d'Evian.
20 mai-28 juillet : Échec des premiers entretiens d'Évian.
14.07. Recrudescence des attentats de l'O.A.S. (Organisation Armée Secrète).
8 septembre : Attentat du Petit-Clamart.

1962

18.02. Pourparlers des Rousses.

7-18 mars : Second entretien d'Évian: l'accord est signé.Ces   accords mettaient fin à huit ans d'une guerre qui n'en portait pas encore le   nom et pour laquelle la France avait déployé environ 400 000 hommes et durant   laquelle de 250 000 à 400 000 algériens furent tués (plus d'un million selon   le FLN).

mars 62 des décrets d’amnistie interdisent les poursuites contre les   auteurs de violence des deux camps. Les victimes ne pourront jamais attaquer   leurs bourreaux. Il reste tout de même le droit à la vérité, estiment certains.   Il y a un demi siècle, ils vivaient dans la Casbah d’Alger. Mustapha Merouane   avait 20 ans, Mohamed Abderaoui 27, Abdelkader Amour 17, Mohamed Boulay 12.   Les plus âgés militaient pour le FLN, distribuaient des tracts, portaient des   messages. Ils racontent les mêmes horreurs : la descente des paras au petit   matin, les interrogatoires, à leur domicile ou au Fort-l’Empereur, sur les hauteurs   de la ville. Le corps ligoté sur un sommier métallique, des fils électriques   dans le sexe, les orteils, les oreilles, le supplice de l’eau, les passages   à tabac… Tous nomment le même homme, qui dirigeait ces séances de torture :   Jean-Marie Le Pen.

19.03. Cessez-le-feu en Algérie.

08.04. Référendum à propos de l'Algérie (90,7 % des voix approuvent   les accords d'Evian).

20 avril : Le général Salan est arrêté.

Dès juin 62, l’historien et militant Pierre Vidal-Naquet publie dans   Vérité-Liberté un rapport de police daté de 57 qui accable Jean-Marie Le Pen.

17 juin : Trêve de l'O.A.S. et du F.L.N.; exode des pieds-noirs.

01.07. Référendum d'autodétermination en Algérie ; l'indépendance est   approuvée par 99,72 des voix.

03.07. Le G.P.R.A. (Gouvernement provisoire de la République d'Algérie)   s'installe à Alger.

5 juillet 1962 : Indépendance de l'Algérie

Le 2 février 1992 sur TF1, en pleine controverse sur l'immigration et   à quelques mois des élections législatives de 1993, Michel Rocard avait affirmé   :"j'ai fait condamner M Le Pen pour fraude électorale" et "Il   faut tout de même savoir qui est M. Le Pen, et s'en souvenir. En Algérie, il   a torturé." Poursuivi en diffamation par le leader d'extrême droite, l'ancien   premier ministre, condamné en première instance, avait été relaxé en appel à   Paris. Mais cette dernière décision qui reconnaissait la bonne foi de M. Rocard,   avait été cassée, la Cour de cassation confirmant sa première jurisprudence   Le Pen. Au terme d'un second procès devant la cour d'appel de Rouen, Michel   Rocard avait bénéficié d'une nouvelle relaxe. Et la Cour de cassation avait   fini par s'incliner.

juin 2000 , témoignage de Louisette Ighilahriz, dans Le Monde. Jacques   Massu allait exprime des regrets à l´égard de l´emploi de la torture. « Non,   la torture n´est pas indispensable en temps de guerre, on pourrait très bien   s´en passer, confiait le vainqueur de la bataille d´Alger. Quand je repense   à l´Algérie, cela me désole, car cela faisait partie (…) d´une certaine   ambiance. On aurait pu faire les choses autrement » (Le Monde du 22 juin).
  Le quotidien publie également une interview du général Paul Aussaresses, ancien   responsable des services de renseignement à Alger, qui reconnaît avoir pratiqué   des "exécutions sommaires" : "la torture ne m'a jamais fait plaisir,   mais je m'y suis résolu", dit-il. Il nie avoir pratiqué la torture lui-même,   mais reconnaît avoir procédé à 24 "exécutions sommaires"

31 octobre 2000 . L'Humanité publie l'appel de 12 intellectuels, parmi   lesquels Pierre Vidal-Naquet et Henri Alleg, qui réclament la reconnaissance   et la condamnation par l'Etat français de l'usage de la torture en Algérie.

9 novembre 2000 . Le Monderévèle "l'affaire Mohamed Garne", né d'un   viol collectif de sa mère par des soldats français, en août 1959 en Algérie.   Ce "Français par le crime" demande la reconnaissance par la justice française   du préjudice subi.

28 décembre 2000 . Enquête du Mondesur les troubles psychiques liés   à la guerre. 350 000 anciens d'Algérie seraient concernés.

Mai 2001 . publication du livre du général Aussaresses, Services spéciaux   Algérie, 1955-1957.

27 juin 2001 . Trois anciens militants du FLN accusent sur France 3   le général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major, d'avoir été le "chef d'orchestre"   de leurs tortures, en 1957, à Alger.

juin 2001 La plus haute juridiction française, la Cour de cassation,   a ainsi confirmé, en juin 2001, un arrêt de la cour d'appel de Paris   en faveur de Pierre Vidal-Naquet. Quelques mois auparavant, elle avait pris   la même décision en faveur de Michel Rocard, qui, en 1992, à la télévision,   avait déclaré: "Il faut tout de même savoir qui est M. Le Pen,   et s'en souvenir. En Algérie, il a torturé."

12 octobre 2001 . Publication par Le Monded'une enquête sur les viols   pendant la guerre d'Algérie.

22 novembre 2001 . Mohamed Garne se voit accorder une pension de l'Etat   français.

26 novembre 2001 . Procès du général Aussaresses au tribunal correctionnel   de Paris. Il est poursuivi pour "complicité d'apologie de crimes de guerre"   et sera condamné en janvier 2002 à 7 500 euros d'amende (peine confirmée en   appel en avril 2003.)

les 4 mai et 4 juin 2002 articles sur la torture en Algérie publiés   par Le Monde, avant le premier tour de l'élection présidentielle et le deuxième   tour des législatives. Signés par Florence Beaugé, spécialiste de l'Algérie   au Monde, ils faisaient état, sur la foi de témoignages concordants, de la participation   de M. Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie.

Juin 2003 : La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a relaxé,   jeudi 26 juin, le quotidien Le Monde de la plainte déposée contre lui   par Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national s'estimait diffamé par   des articles parus dans le quotidien en mai et juin 2002, dans lesquels Florence   Beaugé, spécialiste de l'Algérie, faisait état, sur la foi de témoignages concordants,   de la participation de Jean-Marie Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie.   Le tribunal, estimant l'enquête menée « particulièrement sérieuse et approfondie   » et son « caractère de contradiction suffisant », a débouté M. Le Pen de sa   plainte, reconnaissant « la bonne foi » du journal.

Victoire contre l'impérialisme...

"Pendant sept ans et demi d'une guerre cruelle le peuple algérien a tenu tête à l'une des plus fortes puissances coloniales du siècle: plus d'un million de soldats français ont été mobilisés à cet effet avec tout leur armement moderne: aviation, artillerie, blindés, marine.

La France est arrivée à dépenser jusqu'à trois milliards de francs par jour. Elle a bénéficié de l'appui massif de l'OTAN dans tous les domaines: militaire, financier, diplomatique, moral.

Elle a tenté avec l'aide d'une grande partie du peuplement européen en Algérie, de lutter désespérément pour le maintien de l'Algérie française .

Face à cette puissance qu'avait à opposer le Peuple algérien ?

D'abord sa foi en la justesse de sa cause, la confiance en lui-même et en ses destinées et la volonté inébranlable de briser les chaînes du colonialisme; ensuite, et surtout, son unanimité dans la lutte. Les Algériens - hommes et femmes, jeunes et vieux, d'Alger à Tamanrasset et de Tebessa à Mamia - se sont dressés dans leur totalité dans la guerre de libération. Ni les tentatives de division, ni la présence de contre-révolutionnaires et de provocateurs dans leurs rangs n'ont pu altérer leur foi et leur unité. Les Algériens se sont sentis comme les organes d'un même corps dans cette lutte gigantesque. Le F.L.N. et l'A.L.N. ont été des instruments de combat efficaces au service du Peuple, et par leur action continue ont porté des coups sérieux au colonialisme.

La Révolution algérienne a forcé l'admiration de tous. Elle jouit actuellement d'un prestige universel qui lui vaut de nombreux appuis.

A nos frères Maghrébins et Arabes, au pays socialistes, aux peuples du tiers monde, aux démocrates de France et d'Europe qui nous ont aidés, nous devons aujourd'hui d'exprimer notre reconnaissance pour leur soutien et leur solidarité.

Cette lutte a été d'un précieux enseignement pour les peuples subjugués encore par l'impérialisme. Elle a détruit le mythe de l'invincibilité de l'impérialisme. Tout en conduisant à la libération de l'Afrique, elle a démontré qu'un peuple aussi petit soit-il, et avec des moyens réduits, peut tenir tête à un impérialisme même très puissant et arracher sa liberté."
Extraits de l' Appel au peuple algérien par le président du GPRA, Benkhedda, in "Le Moujahid" , édition spéciale du 19 mars 1962

"L'Algérie, pendant l'année dont nous parlons [1961-1962], a été une terre maudite. Tous ceux qui y ont touché se sont sali les mains. Les responsables sont dans tous les camps. Le F.L.N., le pouvoir, les barbouzes, les gendarmes, les autorités civiles : personne ne s'est montré brillant, ni tout à fait honnête. Ce fut une vaste foire d'empoigne, où le plus fort et le plus rusé a gagné. Si elle ne sut pas se montrer unie, l'O.A.S. (1) avait au moins des motifs pour expliquer son action. L'avenir a prouvé que les pieds-noirs avaient quelques raisons de ne pas vouloir l'Algérie algérienne."
Robert Buchard, Organisation Armée secrète , Paris, Albin Michel, 1963, T. II, pp. 211-212

"Les signataires d'Evian, les Français en particulier, peuvent-ils assurer que la paix raciale est là, que la vie communautaire juste et équitable va régner par enchantement, que les adversaires d'hier vont, fraternellement, bâtir une Algérie nouvelle ?
La croire et même l'espérer, c'est oublier une réalité vieille de sept ans et cinq mois. D'aucuns diront très antérieure.
Les lointains attentats du 1er novembre 1954 se sont transformés en flots de sang et de haine. L'armée française a laissé derrière elle des centaines de milliers de tués. Le F.L.N. annoncera un million, chiffre probablement peu éloigné de la réalité. Il y eu des représailles aveugles et collectives (...). Chaque famille algérienne compte plusieurs chouhada (1) (...).
Les tortures, les sévices ont été le lot journalier. La bataille d'Alger a été gagnée, si l'on se rappelle les termes de Bigeard, dans la m... et le sang.
Dans les postes, les commissariats, la contrainte a été constamment le moyen de pression pour obtenir des renseignements. Il y a eu des exécutions légales aussi bien en France qu'en Algérie. La justice française n'a pas été tendre. La guillotine a fonctionné. Pendant les quelques mois où François Mitterand a été garde des Sceaux, cinquante-huit terroristes algériens ont été guillotinés. Les corvées de bois ont liquidé les irréductibles, les gêneurs, tous ceux qu'on ne pouvait plus présenter. Les cadavres ont été éparpillés au hasard dans les fonds d'oued et des fourrés avant de devenir la proie des chacals pleurant dans la nuit.
En France même, il y a eu des ratonnades policières. (...) Il y a eu les prisons, les internements, les camps de déportation. Des régions transformées en zones interdites ont été dévastées. Des douars entiers ont vu leurs mechtas brûlées, le bétail abattu, les récoltes abandonnées. Les populations regroupées ont pataugé dans la boue et plié sous la misère.
Les haines de clan ont joué à mort entre Algériens pro-français et anti-français. Le neutralisme n'était pratiquement plus possible. L'engagement pour un camp ou pour l'autre était obligatoire.
(...) Le F.L.N., qui a commencé les assassinats et les massacres, a de son côté autant servi l'horreur. Elle fut sa meilleure alliée. (...) Bombes, attentats se sont succédé. Jeunesse innocente fauchée au Milk Bar ou à l' Otomatic, fermiers assassinés, musulmans francophiles égorgés, la liste est longue de ceux qui ont payé le tribut de leur titre de Français ou de Pro-Français. Qui n'a pas supporté dans sa famille, dans ses biens, dans sa chair même le prix de la rébellion ?
La réponse est sans ambiguïté. Faute de protection, la communauté européenne et ses amis sont condamnés à l'exil ou à la mort. La valise ou le cercueil."

1) Martyrs

Pierre Montagnon, La guerre d'Algérie , pp. 376-377

depuis l'indépendance, le Grand Alger, en continuel développement, abrite près de 3 000 000 d'habitants. Capitale politique et intellectuelle, Alger est aussi un imortant centre industriel. Le port d'Alger est le premier port d'Algérie.

Torture en Algérie : deux généraux français affrontent leur mémoire

Un débat sur la condamnation par l´Etat français des pratiques de l´armée pendant la guerre d´Algérie s´est ouvert depuis la publication du témoignage d´une militante du FLN, torturée en 1957. Le général Jacques Massu se dit favorable à cette repentance officielle.

QUARANTE ANS après, la mémoire de la guerre d´Algérie sursaute. Profondément enfouis dans l´inconscient national au nom de la paix sociale, les douloureux souvenirs d´un drame de huit ans (1954-1962) qui a déchiré la France et failli emporter la République, émergent à l´heure où ses acteurs vieillissants dressent l´inventaire de leur vie. Ce processus avait fait un bond avec la publication, dans Le Monde du 20 juin, du témoignage de Louisette Ighilahriz, une militante algérienne indépendantiste. Pendant trois mois, à la fin de 1957, à Alger, cette jeune fille alors âgée de vingt ans, fut atrocement torturée à l´état-major de la 10e division parachutiste du général Massu. Depuis lors, elle recherchait désespérément le médecin militaire français qui, pris de compassion, l´avait finalement sauvée en la transférant à l´hôpital.

Nommément mis en cause dans ce témoignage, les généraux Massu et Bigeard avaient réagi immédiatement : tandis que Marcel Bigeard qualifiait de « tissu de mensonges » le récit de la militante algérienne, Jacques Massu allait jusqu´à exprimer des regrets à l´égard de l´emploi de la torture. « Non, la torture n´est pas indispensable en temps de guerre, on pourrait très bien s´en passer, confiait le vainqueur de la bataille d´Alger. Quand je repense à l´Algérie, cela me désole, car cela faisait partie (…) d´une certaine ambiance. On aurait pu faire les choses autrement » (Le Monde du 22 juin). Cette étonnante déclaration de repentance avait fait grand bruit, notamment parmi les millions de personnes – anciens appelés, pieds-noirs, anciens harkis et Algériens de France – dont la jeunesse a, d´une façon ou d´une autre, été salie par le conflit algérien. Parmi l´abondant courrier que Le Monde a alors reçu, une partie reprochait au journal d´avoir rouvert des plaies encore à vif, oublié les atrocités commises par le FLN et mis en cause l´armée, en publiant la confession de « Louisette » ; une autre contenait de multiples témoignages sur l´utilisation de la torture et les exécutions sommaires. Les regrets du général Massu étaient salués particulièrement par le père Alain Maillard de La Morandais, ancien officier en Algérie, qui invitait l´Eglise à la repentance vis-à-vis des « crimes de la torture depuis l´Indochine jusqu´à l´Algérie ».

ACCUMULATION DE CONFESSIONS

Le travail de mémoire s´accélérait, un an après le vote historique des députés, le 10 juin 1999, permettant de qualifier de « guerre »des événements qui, officiellement, n´avaient consisté qu´en des opérations de « maintien de l´ordre ». Depuis lors, l´accumulation de confessions reflète un mouvement inédit de retour sur un « passé qui ne passe pas », rappelant la résurgence de la mémoire de l´occupation nazie à partir des années 70.

Cette aspiration n´a pas échappé au journal L´Humanité, qui a publié, le 31 octobre, un appel d´intellectuels demandant une reconnaissance et une condamnation officielles de la torture pendant la guerre d´Algérie. Signé par douze des principales personnalités ayant milité contre cette « gangrène », le texte invoque le « devoir de mémoire auquel la France se dit justement attachée ». Les signataires demandent à Jacques Chirac et à Lionel Jospin,« de condamner ces pratiques par une déclaration publique » et invitent « les témoins, les citoyens à s´exprimer sur cette question qui met en jeu leur humanité ».

A cet appel, Lionel Jospin a partiellement répondu, le 4 novembre. Rendant hommage au discours de Jacques Chirac reconnaissant la responsabilité du pays dans la persécution des juifs sous l´Occupation, M. Jospin a estimé que « d´autres moments sombres de notre histoire nationale »devaient faire l´objet du « même effort ». Le premier ministre, qui s´exprimait lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, a évoqué l´appel publié dans L´Humanité, s´affirmant « convaincu que ce travail de vérité n´affaiblit pas la communauté nationale. Au contraire, il la renforce en lui permettant de mieux tirer les leçons de son passé, pour construire son avenir ».

Philippe Bernard

Le Monde daté du jeudi 23 novembre 2000

Le quotidien publie également une interview du général Paul Aussaresses, ancien responsable des services de renseignement à Alger, qui reconnaît avoir pratiqué des "exécutions sommaires" : "la torture ne m'a jamais fait plaisir, mais je m'y suis résolu", dit-il. Il nie avoir pratiqué la torture lui-même, mais reconnaît avoir procédé à 24 "exécutions sommaires"

Source: pythacli (consulté le 10 janvier)

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HISTOIRE DES SOUVERAINS DU MAGHREB.

1326

Abou Moh. SALAH. Trad : A. BEAUMIER

HISTOIRE

PRÉPARATIFS POUR SURPRENDRE ALGER.

1602

CONESTAGGIO

HISTOIRE

HISTOIRE DE BARBARIE ET DE SES CORSAIRES.

1646

Père Pierre DAN

RELIGIONS

RELATION DE L’INTÉRIEUR DU SÉRAIL.

1675

Jean-Baptiste TAVERNIER

DOCUMENTS

HISTOIRE DE L’AFRIQUE.

1681

EL KAÏROUANI

HISTOIRE

HISTOIRE DU ROYAUME D’ALGER.

1725

Jacques Philippe LAUGIER DE TASSY

HISTOIRE

MÉMOIRES ARVIEUX. TOME V.

1735

Chevalier Laurent d'ARVIEUX

DOCUMENTS

LA BACRIADE ou la guerre d'Alger.

1827

BARTHELEMY et MERY. DIVERS

VOYAGE DANS LA RÉGENCE D’ALGER.

1830

Docteur SHAW

DOCUMENTS

LA CAMPAGNE D'AFRIQUE.

1830

A. M. PERROT

DIVERS

DE L’EXPÉDITION D’AFRIQUE EN 1830.

1832

Édouard d'AULT DUMESNIL

DOCUMENTS

ALGER ET LES CÔTES D’AFRIQUE.

1832

A. DE FONTAINE DE RESBECQ

DIVERS

ANNALES ALGÉRIENNES. Édition de 1836, 3 Tomes

1836

Henri PELLISSIER de REYNAUD

ANNALES

FONDATION DE LA RÉGENCE D’ALGER. 2 Tomes

1837

Sander RANG et Ferdinand DENIS

DOCUMENTS

GÉOGRAPHIE MÉDICALE D’ALGER ET DE SES ENVIRONS

1839

Docteur M. BONNAFONT DIVERS

LE DUC DE CARAMAN. EN 1836 À CONSTANTINE.

1843

DUC DE CARAMAN

DOCUMENTS

COLONISATION DE L’ALGÉRIE.

1843

Prosper Barthélemy ENFANTIN

ESSAIS

L'ALGÉRIE PAR ROZET ET CARETTE.

1846

ROZET et CARETTE

HISTOIRE

HISTOIRE DE LA GRANDE KABYLIE

1847

Général DAUMAS HISTOIRE

TRAVAILLEURS ET COLONISATION DE L’ALGÉRIE.

1848

Gaston de RAOUSSET-BOULBON

ESSAIS

EXPÉDITION DU GÉNÉRAL CAVAIGNAC DANS LE SAHARA

1849

Docteur Félix JACQUOT SAHARA

GUERRES ROMAINS, BYZANTINS, VANDALES.

1852

Adolphe DUREAU DE LA MALLE

HISTOIRE

DE LA PROSTITUTION DANS LA VILLE D’ALGER.

1853

Docteur E.-A. DUCHESNE

ESSAIS

ORIGINE ET MIGRATIONS DES TRIBUS DE L’ALGÉRIE.

1853

E. CARETTE HISTOIRE

MŒURS ET COUTUMES DE L’ALGÉRIE.

1853

Général DAUMAS

SAHARA

ANNALES ALGÉRIENNES. Édition de 1854, 3 Tomes

1854

Henri PELLISSIER de REYNAUD

ANNALES

L’ALGÉRIE FRANÇAISE. 2 Tomes

1856

Arsène BERTEUIL

HISTOIRE

REVUE AFRICAINE. 26 Volumes de 1 à 20. (4 volumes manquent)

1856

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ALGÉRIENNE

Revue Africaine.

ALGÉRIE UN REGARD ÉCRIT

1856

Pauline de NOIRFONTAINE

DIVERS

LES SAINTS DE L’ALGÉRIE

1857

Victor BÉRARD, RELIGIONS

ESCLAVES ET MARTYRS DE BARBARIE.

1857

ABBE Léon GODARD

RELIGIONS

LE RAÏS HAMIDOU. Notice biographique

1859

Albert DEVOULX ESSAIS
GÉRONIMO, LE MARTYR DU FORT DES VINGT-QUATRE-HEURES.

1859

A. BERBRUGGER RELIGIONS

LE COMMERCE ET LA NAVIGATION DE L’ALGÉRIE.

1860

F. ELIE DE LA PRIMAUDAIE

HISTOIRE

L’ALGÉRIE POUR LES ALGÉRIENS.

1861

Georges VOISIN (pseudo Ismayl Urbain)

ESSAIS

LES FRANÇAIS DANS LE DÉSERT DU SAHARA

1863

Colonel C. TRUMELET SAHARA

ABD-EL-KADER, SA VIE POLITIQUE ET MILITAIRE.

1863

Alex. BELLEMARE ESSAIS

L’ALGÉRIE DEVANT L’EMPEREUR.

1865

Docteur Auguste WARNIER

ESSAIS

ORAISON FUNÈBRE DU GÉNÉRAL DE LAMORICIÈRE.

1865

Monseigneur Félix DUPANLOUP

ESSAIS

HISTOIRE DE LA CONQUÊTE D’ALGER.

1867

Alfred NETTEMENT

HISTOIRE

L’ORIGINE DES BERBÈRES.

1867

M. G. OLIVIER

ESSAIS

LA MARINE DE LA RÉGENCE D’ALGER.

1869

Albert DEVOULX

HISTOIRE

LE R’AZOUAT EST-IL L’OEUVRE DE KHEIR-ED-DIN ?

1873

Henri-Delmas DE GRAMMONT

ESSAIS

SAINT-CYPRIEN ET L’ÉGLISE D’AFRIQUE AU IIIe SIÈCLE.

1873

MONSEIGNEUR FREPPEL

RELIGIONS

VINGT ANS EN ALGÉRIE (PAR UN COLON).

1875

A. VILLACROSE

DOCUMENTS

OCCUPATION ESPAGNOLE EN AFRIQUE DE 1506 à 1574.

1875

F. Élie de la PRIMAUDAIE. DOCUMENTS

RAPPORT DE PAUL SOLEILLET.

1875

Paul SOLEILLET

SAHARA

HISTOIRE DE LA CALLE.

1877

Charles FERAUD

HISTOIRE

VISITE AU PALAIS DE CONSTANTINE.

1877

Charles FERAUD

DOCUMENTS

ALGÉRIE — MZAB —TILDIKELT.

1877

Paul SOLEILLET

SAHARA

CONSTANTINE AU XVIe SIÈCLE.

1879

Ernest MERCIER

DOCUMENTS

DOUZE ANS EN ALGÉRIE DE 1830 À 1842.

1880

DOCTEUR Jean-Pierre BONNAFONT

DOCUMENTS

EXCURSION DE PARLEMENTAIRES EN ALGÉRIE.

1880

Paul BOURDE

DOCUMENTS

VOYAGE À CONSTANTINE.

1880

Louis REGIS

DOCUMENTS

MARABOUTS ET KHOUANS.

1884

Louis RINN

RELIGIONS

LE MAHDI DEPUIS LES ORIGINES.

1885

James DARMESTETER

RELIGIONS

BOUFARIK. — UNE PAGE DE LA COLONISATION.

1887

Colonel C. TRUMELET DOCUMENTS
BLIDA RÉCITS, LÉGENDE, TRADITION, HISTOIRE 2 Tomes.

1887

Colonel C. TRUMELET DOCUMENTS

HISTOIRE DE LA BERBÉRIE 3 Tomes

1888

Ernest MERCIER

HISTOIRE

LA JUIVERIE ALGÉRIENNE

1888

Fernand GREGOIRE

ESSAIS

JEAN CASTEYRAS OU TROIS ENFANTS EN ALGÉRIE.

1888

Adolphe BADIN

DIVERS

LES DEUX MISSIONS FLATTERS

1889

Henri BROSSELARD. SAHARA

LE LIVRE D’OR DE L’ALGÉRIE.

1889

Narcisse FAUCON

HISTOIRE

CORRESPONDANCE DES CONSULS D’ALGER.

1890

Henri-Delmas DE GRAMMONT

DOCUMENTS

LA CHASSE A L'HOMME.

1891

Maurice COMTE D’HÉRISSON

ESSAIS

TROIS SAISONS A HAMMAM-MESKOUTINE de 1890 à 1892.

1892

DOCTEUR A. PIOT

ESSAIS

L'ALGERIE LEGENDAIRE.

1892

Colonel TRUMELET

RELIGIONS

LES DEUX SIÈGES DE CONSTANTINE.

1896

Ernest MERCIER

DOCUMENTS

LES CONFRÉRIES MUSULMANES.

1897

Octave DEPONT et Xavier COPPOLANI

RELIGIONS

LES JUIFS ALGÉRIENS, LEURS ORIGINES.

1898

Henri GARROT

ESSAIS

L’ANTISÉMITISME ALGÉRIEN.

1899

Gustave ROUANET

ESSAIS

LES MARABOUTS MAGHRIBINS.

1900

Edmond DOUTTÉ

RELIGIONS

HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS.

1903

Paul MASSON

HISTOIRE

DIX ANS À TRAVERS L’ISLAM.

1904

Léon ROCHES

DOCUMENTS

TRAITÉS FRANCE - AFRIQUE DU NORD.

1906

E. ROUARD DE CARD

HISTOIRE

MAGIE & RELIGION DANS L’AFRIQUE DU NORD.

1909

Edmond DOUTTÉ

RELIGIONS

LA RELIGION DE BERBÈRES.

1910

René BASSET. RELIGIONS
DOMINATION ET COLONISATION.

1910

Jules HARMAND ESSAIS
HISTOIRE ANCIENNE DE L’AFRIQUE DU NORD.
TOME I : COLONISATION PHÉNICIENN
E - EMPIRE DE CARTHAGE.
TOME II : L’ÉTAT CARTHAGINOIS
TOME III : HISTOIRE MILITAIRE DE CARTHAGE.
TOME IV : LA CIVILISATION CARTHAGINOISE.
TOME V : LES ROYAUMES INDIGÈNES.
TOME VI : LES ROYAUMES INDIGÈNES. (suite)
TOME VII : LA RÉPUBLIQUE ROMAINE ET LES ROIS INDIGÈNES.
TOME VIII : JULES CÉSAR ET L’AFRIQUE. FIN DES ROYAUMES INDIGÈNES.

1918-28

Stéphane GSELL GSELL

L’HÉROÏQUE MISÈRE DE MIGUEL DE CERVANTÈS.

1600

Martial DOUËL.

DIVERS

Source: Algérie ancienne (Consulté le 10 janvier 2008) 

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Video INA: Assassinat du président algérien Boudiaf

Journal télévisé de la chaîne française FR3 du 29 Juin 1992 sur l'assassinat du président Boudiaf. Nous verons notamment l'intervention de l'écrivain algérien Rachid Mimouni.

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Vidéo de l'INA sur les émeutes en l'Algerie, octobre 1988

Journal télévisé de FR3 du 6 octobre 1988 consacré à la révolte de la jeunesse algérienne contre le régime politique du président Chadli Benjdid.

Toutes les JT, classés en ordre chronologique, sont sur la playlist de "Une décennie Noire pour l'Algérie" .

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09 janvier 2008

Vidéo sur l'arrêt des éléctions en Algérie, 1992

Journal télévisé du 13.01.1992 de la chaîne française FR3 consacré à l'arrêt du processus électoral en Algérie.

Interview de Hocine Ait Ahmed, président du Front des Forces Socialistes (FFS)

Réactions en France

Toutes les vidéos du groupe "Une décennie Noire" pour l'Algérie sont disponibles ici

 

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Cousins, croyants ou citoyens : les Kabyles à la croisée des chemins

Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe... tant qu’encore s’entendait le verbe qui résonnait depuis plus loin que Syphax et que Sophonisbe.

Mammeri, M. 1980.

Depuis plus d’un demi-siècle une idée circule, tente de se frayer un chemin difficile, portée tour à tour par des individus et des petits groupes souvent migrants et originaires de la Grande Kabylie. Cette idée exprime une Algérie algérienne, une Algérie arabo-berbère qui remet en cause la définition exclusive de ce pays comme Nation arabo-musulmane. Les impératifs de la lutte contre un ennemi commun (la colonisation française) ont fait échec à cette revendication. Mais à partir de 1980 un mouvement culturel kabyle puissant émerge, animé essentiellement par des artistes, des poètes et des intellectuels. Porté par une jeunesse entièrement formée par le système socio-éducatif étatique mis en place après l’indépendance, ce mouvement a réussi à faire la jonction entre la Grande et la Petite Kabylie, à établir des ponts entre les migrants et les autochtones et à réconcilier deux générations séparées par la guerre. La langue kabyle longtemps refoulée et repliée sur ses franges rurales se propage et s’affirme pour la première fois dans les villes. Cette revendication est traversée par de multiples contradictions. Elle est encore à la recherche d’un projet culturel cohérent, acceptable par les deux populations berbérophones non kabyles et arabophones. Il existe en Algérie en dehors de la Kabylie plusieurs communautés berbérophones dont les principales sont les Mozabites, les Touaregs et les Chaouis de l’Aurès. Mais actuellement seuls les Kabyles luttent massivement et ouvertement pour la reconnaissance de leur culture. Pour donner une dimension nationale à leur combat, ils doivent à la fois emporter l’adhésion des autres Berbérophones et convaincre la majorité des Arabophones en transformant certaines caractéristiques de leur propre particularisme culturel. Pour cela, il faut que ce mouvement découvre d’autres valeurs à partager et d’ autres sources de légitimation que celles auxquelles puise l’idéologie de l’Etat.

Cette lutte s’inscrit dans un contexte dominé par un arabisme intransigeant, longtemps identifié au progressisme(1).

Mais avant l’indépendance déjà, l’islamisme, l’arabisme et le nationalisme ont tissé des rapports complexes pour constituer une idéologie d’Etat qui ne tolère plus de mise en cause. Le mouvement kabyle a provoqué une faille dans ce système clos et mononolithique. Aux plus forts moments de cette revendication, les discours nationalistes comme les discours marxisants ou religieux, à court d’arguments, ont tous fait appel au mythe de la conspiration pour expliquer cette déroutante manifestation de la berbérité. Il fallait démasquer à travers de troublantes coïncidences, l’ennemi de la Nation. Le démon intérieur figuré par la tribu conjugue ses forces maléfiques avec les agissements occultes de l’étranger pour porter atteinte à l’union sacrée de la Nation. En effet, la dénomination « Kabyle » provient d’une racine sémitique K.B.L. signifiant tribu. Cette notion a toujours été appréhendée à travers une théorie, qui en fait le pôle de régression de l’histoire du Maghreb, et le levier de la division pouvant être utilisé par un Etat ennemi. Une problématique de l’impérialisme et de la domination, niant le jeu des libertés et n’insistant que sur les contraintes, a été longtemps mise au service de la théorie de la conspiration comme source unique de tous les maux de la société.

Quel est le champ des représentations sociales de base autour desquelles s’articulent aussi bien l’idéologie de l’Etat (arabisme, islamisme) que les identités culturelles prescrites ou revendiquées (arabité et berbérité) ? Chemin faisant, nous évoquerons quelques aspects de la lutte entre plusieurs groupes d’acteurs sociaux pour la maîtrise des réseaux (histoire, linguistique etc.) servant à gérer, à manipuler et à reproduire les symboles de l’autorité et de la légitimité politique.

Dans notre cas, la culture présentée comme « nationale » provient d’une politique volontariste d’acculturation cherchant à ajuster des populations hétérogènes à un programme commun.

Il est conçu à la fois comme un développement nécessaire pour rattraper un retard technologique et économique et, comme une volonté de réappropriation d’une culture ancestrale prestigieuse effacée par la colonisation. Ce programme est véhiculé par une idéologie dont les thèmes sont l’Etat-Nation (2). l’industrialisation, le sédentarisme et l’éducation pour tous dans une langue

transparente, écrite et à visée instrumentale. En fait, l’Etat moderne dissout les structures sociales où s’effectuent les transmissions de savoir sur un mode informel, personnel et initiatique. L’impératif de la généralisation de l’écriture désarticule la transmission orale liée au contexte, au rythme, à la scansion et à l’action. Devant les philosophies « épistémiques » qui vénèrent la preuve et détruisent le sens du secret, les doctrines initiatiques disparaissent, ou payent le prix de la laïcisation en se transformant en marques « symboliques » illustrant la continuité d’une communauté à travers le temps (folklorisation, idéologisation ...). Si les anciennes dynasties maghrébines ont rendu possible la coexistence de deux cultures, l’une savante liée aux villes, et l’autre populaire, liée aux tribus, les Etats actuels ont à la fois échoué à renouer avec la culture savante du moyen-âge et à donner la place qui lui revient, à la culture orale berbère et arabe.

La culture officielle se présente donc d’une part comme une culture objective et universelle et d’autre part comme une culture nationale et authentique. Son inspiration est justifiée par des références à des considérations à la fois idéalistes et pragmatiques qui renvoient en fait à des théories sous-jacentes implicites (positivisme, évolutionnisme etc...) retranchées derrière ce qu’on veut faire apparaître comme de simples descriptions de la réalité. Ce modèle a pour conséquence ultime, la négation effective de la tribu, de la diversité et de l’oralité. Dans plupart des Etats du sud, l’idéologie nationaliste n’est jamais intégralement appliquée. On vise plus la modernisation technologique que la modernité tout en gommant les principes démocratiques et la laïcité qui devraient accompagner un tel modèle. Cette politique engendre de grandes distorsions qui font échec finalement au « développement » voulu par l’Etat. Les minorités investissent ces espaces vierges, conséquences inattendues d’une modernisation mal adaptée et mettent à profit l’introduction des techniques modernes pour préserver le patrimoine oral (« retraditionnalisation »). Toujours, un groupe régional et militaire prend le pouvoir et finit par se désagréger en perdant ses clôtures culturelles par l’excès de modernité et le jeu déséquilibré des alliances de toutes sortes contractées avec l’extérieur : alliances matrimoniales conjuguées avec tous les clientélismes.

Comment est perçue dans le discours officiel la culture kabyle. Elle apparaît sous trois aspects :

1- elle serait un espace hérité du colonialisme, ce dernier ayant détruit l’Etat historique algérien et ayant empêché sa reconstruction, il aurait de ce fait favorisé l’éparpillement des groupes qui seraient revenus à leur tribalisme ancestral. Cette culture serait donc une réserve due à un accident de l’histoire, une survivance - obstacle qui gène l’intégration - appelée à disparaître par l’arabisation totale du pays. En témoigne ce propos d’un dirigeant du Front de Libération sous Boumédienne (1965-1978) : « En Algérie, le problème de la langue berbère sera résolu quand les enfants au retour de l’école ne comprendront plus leurs parents et réciproquement »" (3)

2- La culture kabyle serait une pure création coloniale. Les berbérophones seraient purement et simplement victimes de l’ancien « mythe kabyle » des militaires et des missionnaires « pères blancs ». Cette dernière position a engendré des attitudes passionnelles pendant la guerre et après l’indépendance (4).

3- L’Algérie est composée de Berbères plus ou moins arabisés : « le sang algérien » est arabo-berbère avec une dominante berbère dont la culture est arabe. Il s’agit là en fait d’une habile manoeuvre pour récupérer le mouvement kabyle le vidant de tout contenu culturel. La « race » est berbère, ce qui n’a aucune conséquence dans un Etat qui combat officiellement le racisme, mais la culture est arabe, ce qui nie l’existence réelle d’une Culture berbère. Aujourd’hui, ces positions ont évolué. On prône la reconnaissance de la culture berbère mais en tant que patrimoine de toute l’Algérie et non plus en tant que propriété d’une région donnée.

Des démarches intellectuelles accompagnent ces positions prenant souvent la forme d’opinions individuelles, mais leur concomitance dans la presse officielle en font des documents significatifs de l’affrontement idéologique autour de disciplines telles que l’histoire et la linguistique. Ces thèses puisent à deux sources d’information :

1- la distinction classique (en France) entre une langue et un dialecte.

2- les affirmations des historiens arabes du Moyen-age.

Le premier courant ne voit dans les langues populaires qu’un phénomène secondaire et sans importance. L’argumentation repose sur la distinction langue / dialecte intégrée aussi bien par les Arabisants que par les francisants. On confère à cette distinction un sens essentialiste qui renvoie à la hiérarchisation des langues : langue scientifique / langue non scientifique. Le dialecte est défini comme une langue inférieure ou abâtardie et non, d’un point de vue descriptif, comme la variation régionale d’une langue.

Le deuxième courant proclame l’origine arabe des berbères. L’hypothèse de l’origine moyen orientaliste des Berbères, posée par des historiens arabes du Moyen-Age est reprise comme un postulat (6). En fait, ces historiens ont tenté de donner une explication, avec les connaissances dont ils disposaient à l’époque, à deux faits historiques et archéologiques qu’ils avaient constaté en Afrique du Nord.

1- L’existence de l’alphabet libyque (7) qui présente certaines ressemblances avec les écritures phéniciennes et sud-arabiques

2- Des traces archéologiques de culture punique (8) que ces mêmes historiens identifiaient comme sémitiques.

Cet affrontement idéologique autour de l’Origine se déroule dans un contexte mouvant. Les arguments utilisés changent au gré des circonstances liées aux alliances du moment et à la situation des rapports de forces politiques. L’arabisation de l’Origine se présente tantôt comme une tentative d’adoption des Berbères - les Arabophones gardant de ce fait leur suprématie culturelle comme fondateur d’une nation moderne - tantôt, comme une affirmation des référents « umma », « socialisme. arabe », contre les valeurs occidentales. Ces discours sur les filiations ancestrales ont un impact profond sur les individus et visent à colmater la brèche ouverte par le mouvement kabyle qui pose les questions difficiles, à la fois, du pluralisme politique et, de la nécessité de la prise en charge du patrimoine oral par un Etat moderne.

D’autres variantes de cette démarche se retrouvent dans les manuels d’histoire conçus sur le modèle nationaliste. Tous visent à minimiser les résistances berbères à la conquête arabe, à brouiller les origines des dynasties berbères musulmanes et à occulter les mouvements « hétérodoxes » qui ont enrichi la pensée islamique au Moyen-Age (les tendances rationalistes, agnosticistes et les « hérésies » berbères).

La seule concession faite aux Kabyles est la valorisation des révoltes berbères contre la domination romaine. Cette concession constitue une réponse au mythe colonial de la vocation latine de l’Afrique du Nord détournée par l’arrivée des Arabes.

Essayons à présent de situer la revendication kabyle vis-àvis de chacun des deux thèmes spécifiques qui sous tendent l’idéologie de l’Etat : l’arabisme et l’islamisme.

1- L’arabisme est un courant idéologique encouragé à l’origine par les anglais au Moyen Orient et dirigé contre la domination turque. Il a été élaboré en grande partie par les chrétiens arabes. Ils lui ont donné son caractère laïque tout en reconnaissant la grandeur de la civilisation musulmane. En Algérie, il s’est mêlé à l’islam populaire et plus tard à l’islam réformiste, citadin et élitaire par ses origines. Plus qu’en Orient où il y eut place dès l’origine pour un arabisme chrétien et où un partage s’effectua entre groupes communautaires musulmans (Druzes, Shiites etc.), l’arabisme en Algérie se confond avec l’islam et un islam considéré comme global et unique (9). En Algérie, la colonisation française, identifiée à une domination chrétienne, a favorisé et confirmé la conjonction arabo-islamique et a constitué à travers elle, chez les Arabophones, l’identification nationale. Il se trouve que ce mouvement a annihilé la tendance berbériste présente dans le premier parti nationaliste (10) créé par des syndicalistes algériens en France, proches du parti communiste. Aujourd’hui le populisme arabo-musulman (11) échappe au contrôle de l’Etat pour se convertir en un islamisme radical chez une partie des Arabophones et des Kabyles arabisés des grandes villes.

2- L’islam : Il est mis au service d’une identité défensive dans ses deux versions réformistes et intégristes. Il semble qu’on a affaire à une « identité islamique » sans véritable pensée ou philosophie telles que celles qui se sont déployées au Moyen-Age musulman. Les réformistes tendent, en effet, à préconiser des changements qui vont à l’encontre de la loi musulmane traditionnelle, mais toujours dans le sens des valeurs admises par l’Occident (pour la réussite matérielle). Ces réformes sont présentées comme provenant de cette même loi dûment restituée à sa vérité après avoir été déformée par les premiers docteurs. Les réformistes considèrent que l’islam est une religion parfaite qui a anticipé sur les expériences techniques et démocratiques que l’Europe découvrira plus tard. L’idée est toujours demeurée - du moins implicitement - que dans la doctrine islamique les moyens pour réaliser un idéal de société équitable existent. Ce courant diffusé en Orient au début du XIXème siècle a fait une entrée tardive en Algérie (1914) où il a livré une lutte prolongée contre le maraboutisme et les confréries. En effet les théologiens modernistes ont combattu le soufisme (12) et le culte des Saints comme des forces hétérodoxes et obscurantistes responsables de la décadence du monde musulman. En fait le soufi « voyageur » de la religion intérieure menace l’unité et la cohésion de la « umma ». Le mystique n’a de guide que sa propre expérience tandis que l’orthodoxie a soin de critères doctrinaux bien établis pour contrôler l’expérience religieuse. Quant aux cultes des Saints, il est intimement lié à la structure tribale des ethnies. Un ensemble de tribus dont les membres se considèrent comme étant issus d’un ancêtre commun, honore d’un culte périodique le fondateur Saint ou Marabout. L’Etat-Nation est aussi bien menacé par les idéaux universalistes du soufisme que par les tensions régionalistes tribales du culte des Saints. C’est pour cette raison qu’il a intégré en Algérie, l’islam réformiste comme religion d’Etat. La récente ouverture démocratique a redonné une certaine vitalité aux confréries.

L’intégrisme actuel assimile ces idées tout en cherchant la permanence identitaire dans l’adhésion à un contenu fixe. Le changement est considéré comme une perte ou une régression par rapport aux origines représentées par le mythe de l’Age d’or de la première cité politique musulmane dirigée par le Prophète : Médine. Les jeunes Kabyles rejettent leurs marabouts pour des raisons contraires à celles des Arabophones. Ils sont perçus comme les représentants d’une religion d’Etat et d’une langue officielle qui menace la leur. Traditionnellement, les marabouts se distinguent de la masse kabyle et proclament leur filiation chérifienne (descendant du Prophète). L’Etat a tenté de manipuler ce fait sociologique pour renforcer l’arabisation et « l’islamisation » en pays kabyle (13). Mais cette distinction marabout/Kabyle tend à disparaitre chez les jeunes dont la désaffection à l’égard du maraboutisme est due en réalité à la perte du rôle des marabouts en tant que médiateur entre groupes rivaux du fait de leur impartialité (caste endogame) et en tant qu’intercesseur entre les croyants paysans et un Dieu lointain. Mais les poètes et les artistes resacralisent la période ante-islamique, tandis que les vieilles femmes sont toujours fidèles à leurs génies et aux gardiens tutélaires des lieux...

Quelles sont les stratégies de réidentification que peut déployer une minorité pour résister à l’assimilation et passer du statut d’une sous-culture à un statut d’une contre-culture (14) ?

Pour changer sa situation le groupe doit se modifier et redéfinir sa position vis-à-vis de la majorité pour augmenter sa capacité d’influence, tout en devenant un groupe visible et actif qui pèse sur le comportement et le regard de la majorité. Et, il doit également aménager une vie interne dense à l’écart de cette majorité (15).

La revendication berbère est conditionnée par la spécificité de la Kabylie par rapport aux autres régions du Maghreb. Cette spécificité réside dans la convergence de trois données fondamentales : sa cohésion sociale, son rôle de réserve d’hommes pour l’immigration intérieure et extérieure et l’introduction de l’école française au coeur de cette montagne pendant la colonisation. Toutes ces données ont permis aux Kabyles de jouer un rôle d’avant garde dans le déclenchement de la « Révolution » et l’encadrement de celle-ci. On constate deux faits importants :

1- le passage direct pour l’intellectuel et le migrant - pendant la colonisation de la vie villageoise à la pensée moderne par dessus la culture arabe savante.

2- l’intellectuel issu directement de la paysannerie renoue souvent avec sa culture d’origine en entamant un travail de collecte et de reprise en charge de la littérature orale.

L’engagement total de la Kabylie dans la guerre et la revalorisation de son passé et de sa culture engendrent un sentiment de fierté qui légitime la revendication ouverte de la berbérité.

Celle-ci s’est exprimée essentiellement par le chant, la poésie et l’écriture.

Chants et poésies

Les créations nouvelles répondent à une attente, presque à un appel de la société kabyle. Les artistes sont poussés souvent malgré eux, à orienter et à servir de guide à la revendication. Tout en échappant à la censure étatique, la chanson a conservé ses plus ancestrales capacités de diffusion, d’infiltration et d’évocation. En réveillant de vieilles valeurs enfouies, en redonnant vie, aux inoubliables mots de la tribu à ravers les rythmes ancestraux modernisés, la chanson a favorisé la rencontre des diasporas kabyles. Les artistes, dont la plupart ont vécu la migration, ont repris en charge les rythmes du vieux répertoire musical féminin (berceuses, contes ... ). Les thèmes nostalgiques ou « révolutionnaires » qui reviennent souvent sont ceux des ancêtres et des héros de, la berbérie. Devant la faiblesse ou l’incapacité de l’élite intellectuelle, fonctionnarisée et refugiée dans le giron de l’Etat, les poètes et les chanteurs engagent une critique sociale rigoureuse et dénoncent les mystifications de l’idéologie dominante. Ils reprennent aussi les refrains des confréries ou ceux des rites agraires et naturistes. La chanson injecte des néologismes, construits à partir de racine touareg (Tàmachek). Dans le même temps, des prénoms berbères anciens se propagent. On donnera aux enfants les noms des héros de l’Afrique du Nord ancienne : Massinissa, Jugurtha ... ou même Koceïla et Kahina, ceux qui ont combattu l’invasion arabe (16).

La langue écrite

Dans la dynamique de la production de l’identité kabyle, on assiste à l’expression volontaire de certains traits culturels et l’occultation d’autres segments doivent passer inaperçus pour l’out-groupe. Dans leur désir de reconnaissance les Kabyles mettent au point un système graphique qui est une notation phonétique du kabyle en ancien alphabet tifinagh modifié (celui des Touaregs). Pourtant l’usage a consacré depuis longtemps les caractères latins mais les puristes s’accrochent à leur trouvaille. Par sa seule existence cet alphabet a joué un rôle important pour la mobilisation de la jeunesse. Longtemps interdit par les autorités, ce code graphique s’est presque sacralisé en devenant un signe secret d’appartenance (17). On note tout de même une ambivalence vis-à-vis de l’écrit car la langue de l’ethnie est à la fois une langue de combat et une langue de l’intimité. Généraliser son enseignement, c’est livrer les secrets du groupe et s’exposer à la « captation » de ses référents par les autres ... Aujourd’hui encore la polémique porte sur l’alphabet officiel à utiliser. Les Arabophones optent pour les caractères arabes ou tifinagh.

Par quelles démarches intellectuelles et idéologiques s’exprime à son tour le mouvement berbère vis à vis de la majorité ? Pour échapper à une répression ouverte le mouvement a été contraint de modifier son caractère « culturaliste » pour se déployer sur le terrain de la démocratie et des Droits de l’Homme. Les Kabyles créent la première ligue des Droits de l’Homme en Algérie avant d’occuper l’espace de la légitimité conféré par leur participation à la guerre. Ils mettent sur pied des « Associations d’enfants de martyres » indépendantes du pouvoir et investissent ainsi les cimetières, ultime caution d’un Etat à la recherche de racines incertaines. Depuis 1988, ce mouvement a donné naissance à des partis à vocation nationale tout en gardant sa sensibilité régionale. Il oscille depuis longtemps entre trois positions.

1- Une position d’avant-garde qui consiste à convertir la majorité à l’idée de la lutte pour la réhabilitation des cultures populaires arabes et berbères.

2- Une position de repli sur la différence régionale. L’idée de vivre en étant égaux et séparés (autonomie, fédéralisme), longtemps rejetée par les Arabophones, fait son cheminement souterrain. Il reste que les frontières ethniques sont plutôt mal acceptées par les masses acculturées des villes - les agglomérations agissent, on le sait, comme un véritable moule assimilateur.

3- Une position « intellectualiste » qui consiste à valoriser la spécificité du Maghreb par sa composante berbère. On tente ici de réaménager l’identité reconnue aux Arabophones afin de la rendre compatible avec la différence kabyle. La berbérite est une composante commune aux Arabophones et aux Berbérophones. L’idée sous-jacente est que la majorité des Arabes maghrébins seraient d’origine berbère. Même si on est proche de la réalité historique, « l’identité » est une question de conscience et de croyance.

Comment peut-on comprendre les deux logiques étatiques et minoritaires qui essayent chacune de s’accaparer du point de vue des origines pour tenter d’assimiler l’autre ? Depuis toujours, les ethnies arabes et berbères ont dépensé une énergie considérable pour préserver les « ansab » qui sont les filiations parentales, familiales et ancestrales (18) L’ancêtre commun est souvent fictif, mais son nom est toujours un capital de puissance et de prestige. Les familles et les tribus sans grande puissance ont souvent établi des liens de vassalité avec les grandes tribus, elles ont pu ainsi participer aux vertus des premiers détenteurs de ce nom. Dans le passé existait un grand nombre de rites d’affiliation (adoption par le sang, tatouage, etc.). L’islam n’a cautionné que le rite de collactation (ridâ’a)(19). Les dynasties berbères qui ont régné sur l’Afrique du Nord et l’Andalousie (Almoravide, Almohade etc.) se sont toujours forgées des généalogies arabes et chérifiennes. Mais l’autorité politique ne rompt presque jamais avec les mécanismes segmentaires à l’œuvre dans l’organisation tribale mais les subvertit plutôt et les retourne à son profit. Le chef d’une confrérie dynastique (Almoravide) préserve l’ordre tribal en se légitimant par des valeurs religieuses. La tradition berbère s’est conservée au prix d’une lutte permanente avec les instances symboliquement dominantes. Ainsi la revendication kabyle ne peut être comprise aujourd’hui que comme l’émergence d’un autre nationalisme ou une transgression grave aux yeux du croyant, l’irruption à ciel ouvert d’un refoulé historique : le pouvoir de l’ancêtre qui remet en cause la croyance en un Dieu transcendant.

L’Etat-Nation inspiré du modèle occidental a tenté, pour se légitimer, de s’imposer comme le support du message ancestral. Pris dans des contradictions insolubles, il. implose laissant place à un fondamentalisme religieux qui semble offrir une alternative universalisante aux jeunes croyants. L’affaissement des solidarités lignagères afférentes à l’ancêtre commun engendre un lien religieux abstrait qui efface tout autre inscription territoriale (maraboutisme). Il constitue une tentative ambiguë de conciliation du sujet universel, citoyen de l’Etat, avec la notion d’un Dieu qui ne s’exprime que par le Livre et par la Lettre. Par ailleurs, cette dimension existentielle et individuelle de la relation du croyant avec le « Maître des mondes » semble être contrebalancée par une quête cyclique de l’extase et de la possession au travers des mobilisations militantes urbaines visant à reconstruire la clôture d’une communauté archétypale grâce au verbe incantatoire qui dénonce l’infidèle et l’étranger... Quant à « la question berbère », elle agit, depuis longtemps, comme un véritable analyseur de la société maghrébine en charriant dans son courant des valeurs et des référents proscrits par une idéologie anachronique qui ne véhicule même plus la moindre efficience ni la moindre éthique. La méditerranéité, l’africanité et les valeurs du nomadisme sont devenues, depuis des années, les thèmes de recherche des poètes et des romanciers berbères. En Orient, les chrétiens ont impulsé une idéologie qui vise à dépasser le fait religieux au profit du fait national soit restreint (libanité, égyptianité), soit élargi (Antun Saâdé et l’idéal d’une grande Syrie, Michel Aflak et le Ba’th)(20). La stratégie des Berbères en Algérie consiste à changer les règles du jeu imposé par la minorité au pouvoir en plaçant leur combat sous le drapeau du pluralisme politique, de la laïcité et des droits de l’homme. Pourtant, si dans un premier temps ces idéaux permettent de sauver la différence culturelle et la liberté de penser, à terme, ils débouchent sur un humanisme homogénéisant et abstrait qui détruit les différences concrètes des communautés ...

Hamid Salmi
Psychologue, psychothérapeute, chercheur en ethnopsychiatrie et en médiation ;Université de Paris-VIII. auteur de « Ethnopsychiatrie : Cultures et thérapies » (Vuibert, 2004)

Notes

(1) Ce qui valait au

(3) Cf. Libération du 30 Décembre 1976.

(4) Ait Ahmed, H.,1983.

(5) Ccs positions ont été synthétisées par Chaker, S., 1989.

(6) D’autres auteurs arabes de cette époque tels que AL-Idrissi et Ibn Hawquel avec véhémence toute possibilité de descendance arabe pour les berbères

(7) Ecriture dont dérive l’alphabet tifinagh des Touaregs. Libyen est le nom donné par les Grecs aux Berbères du littoral.

(8) Les Phéniciens ont créé plusieurs cornptoirs en Afrique du Nord dont Carthage fondé en 814 av. J.C.

(9) La communauté Mozabite (berbère) de doctrine Kharédjite constitue le seul groupe « hétérodoxe » en Algérie. Le Shiisme et le Karédjisme, fortement présents au Moyen-Age, se sont résorbés dans la voie sunnite du rite malékite.

(10) Etoile nord-africaine (puis Parti du Peuple Algérien), fondée à pais en 1926 par une grande majorité de Kabyles.

(11) Le populisme confond le parti, l’Etat, le peuple avec « son passé glorieux et son avenir radieux ». Cette confusion perçue très tôt par les kabyles sentiment de l’honneur tribale déplacé sur le concept de Nation. Quand la structure tribale est intacte, elle empêche la diffusion de ce type de bricolage idéologique.

(12) Courant mystique de l’islam qui postule l’idée de l’absorption de l’homme dans l’essence divine. L’orthodoxie attachée à la transcendance d’un Dieu séparé de ses créatures, rejette cette conception religieuse.

(13) On dénombre environ, une douzaine d’instituts d’Etudes islamiques essaimés à travers la Kabylie.

(14) Une culture qui propose un changement de valeurs à la majorité sans prétendre au pouvoir (écologie, féminisme, culture régionale...

(15) Moscovici S., 1989.

(16) On peut prendre quelques titres dans le répertoire des principaux chanteurs compositeurs :

1 - Ferhat :

Tamazight = « la langue berbère »

A Dû = « le vent » (de liberté)

20 isseggwassen aya = « 20 ans déjà » (de dictature)

2- A :it Menguellat :

Askuti = « le boy-scout »

Ettes = « dors, dors encore » (ou l’opium du peuple)

3- Idir (paroles de Ben Moharned)

Cfu ay ixf-iw = « souviens-toi » (des combats passés)

Et en Poésie : Ouary, M., 1974. Mamrneri, M., 1969. Amrouche, J. 1937.

(17) Ce n’est pas un hasard : cet alphabet ressemble aux tatouages et aux motifs géométriques qui ornent les poteries, les tissages au Maghreb.

(18) Bourdieu, P. 1965.

(19) Avant l’islam l’adoption était considérée comme une manière parmi d’autres « créer » la parenté (pacte de sang, pacte de fraternité, pacte d’alliance donnant naissance à une confédération). Après la révélation seul l’adoption par le lait a étéreconnue juridiquement par l’exégèse du verset coranique (XXXIII : 6).

(20) C’est la deuxième tendance qui a triomphé. Elle a débouché sur un arabisfilc autoritaire qui a renforcé la prééminence de l’élément arabe au détriment des nonArabes (Kurdes, Juifs autochtones, Arméniens ... ).

Source: Afrique du nord

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Vers un système de traduction automatique en ligne des documents amazighes fondé sur les graphes UNL

Ali Rachidi, Ecole nationale de Commerce et de Gestion, B. P. 37/S Hay Salam, IRF – SIC, Faculté des sciences, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc, rachidi.ali@caramail.com.

Driss Mammass, IRF – SIC, Faculté des Sciences, B.P. 8106, Hay Dakhla, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc, driss_mammass@yahoo.fr.

Date de publication : 23 juin 2007

Résumé

L’intégration des technologies de l’information et de communication (TIC) à l’apprentissage de la langue Amazighe est absolument nécessaire pour que l’Amazighe ait droit de cité plein et entier sur le Web et dans le monde informatisé. Dans ce contexte, il est de plus en plus nécessaire de créer des documents multilingues qui intègrent l’Amazighe. La coédition d’un texte en langue naturelle et de sa représentation dans une forme interlingua semble le moyen le meilleur et le plus simple de partager la révision du texte vers plusieurs langues et de répercuter du texte et les modifications de L0 vers l'IL, et de régénérer vers L1,… Ln depuis l'IL.

Il faudra cependant permettre des améliorations manuelles, car la forme interlingua ne sera pas toujours présente, ou pas assez améliorable par défaut d'expressivité, et les générateurs ne seront jamais parfaits. Pour plusieurs raisons, les graphes UNL (Universal Networking language) sont les meilleurs candidats. L’idée actuelle est de faire de la traduction manuelle collaborative sur le Web à l’aide d’une mémoire de polyphrases multilingues (MPM) outils construit par l’équipe de M. C. Boitet (GETA, CLIPS, IMAG à Grenoble, France), puis d’intégrer le résultat (les phrases en Amazighe) dans le document en UNL-XML. Enfin, il faudra construire un déconvertisseur UNL-Amazighe et un enconvertisseur en se basant sur les bases de connaissances construites sur la base des objets typés.

Abstract

The use of IT tools with Tamazight Berber is an absolute requisite for giving this language full citizenship on the Web in particular and in the digital world in general. Thus, the need to create Tamazight digital documents is becoming increasingly urgent. Granted, Unicode now includes the full Tifinagh character set, but the question that remains is how to implement information interchange between Tamazight and the languages of the Web. We contend that the best and simplest way to share concurrent revisions of the same text in multiple languages is to coedit text in natural language and then to render it into Interlingua (IL) for dissemination. This method allows the participants to (i) translate the text, with modifications if any, from L0 into IL, and subsequently to (ii) regenerate the text in L1 ... Ln starting from the same IL representation.

Generators will never be perfect. Therefore, manual editing should always be allowed, because the automatically generated IL form may be irremediably inexpressive, or may altogether be unavailable due to lack of relevant data in the knowledge base. Since Universal Networking Language (UNL) graphs seem to be the best tool for the job, human participants should use a UNL editor for manual translation and revising. We propose that the collaborative manual translations be done on the Web with the help of the bank of multilingual utterances compiled by C. Boitet's team (GETA, CLIPS, IMAG à Grenoble, France). The resulting Tamazight utterances should then be integrated in a UNLXML document. At a later stage it will be necessary to build a UNLTamazight deconverter and a TamazightUNL enconverter, relying on the knowledge base built on top of the objects that have been tagged so far.

Table des matières

1. Introduction

2. Langage UNL (Universal Networking Language)

2. 1. Le projet

2. 2. Le langage artificiel

2. 3. Le format de documents multilingues

3. Principes

3. 1. Unités lexicales (UWs)

3. 2. Relations entre les UWs

4. Format et document UNL-HTML

4. 1. Balises et syntaxe

4. 2. Illustration

5. Enconvertisseur et déconvertisseur UNL-Amazighe

5. 1. Enconvertisseur Amazighe-UNL

5. 2. déconvertissuer UNL-Amazighe

6. Système UNL

7. Conclusion

Texte intégral

1. Introduction

Ce papier s’inscrit dans un large mouvement international qui vise à ce que chaque peuple puisse disposer de tous les moyens pour communiquer dans sa langue. A l’époque, affirmer ou défendre une langue passait par d’autres moyens : fixer une orthographe, construire des dictionnaires monolingues ou bilingues, recueillir des traditions orales ou encore élaborer des polices d’imprimeur.

Aujourd’hui, le développement des ordinateurs personnels et des réseaux fait de l’informatique un moyen pour écrire et communiquer au même titre que le papier l’est depuis Cai Lun et l’imprimerie depuis Gutenberg. Mais les langues ne sont pas égales devant le processus d’informatisation et les populations parlant des langues mal dotées ont un accès limité à ces nouveaux moyens, limitation pouvant aller d’une simple gêne à une incapacité totale. L’Amazighe fait partie de ces langues peu dotées informatiquement. Par conséquent, des recherches scientifiques et linguistiques sont lancées dans ce sens pour améliorer la situation actuelle (Rachidi et Mammas, 2005a) (Rachidi et Mammass, 2005b) (Rachidi et Mammass, 2005c) (Boukous et al., 2003). Parmi les volets, qui occupent une position prioritaire, est de concevoir et réaliser des documents multilingues qui intègrent la langue Amazighe. En effet, et dans la pratique courante, un document multilingue consiste en plusieurs fichiers monolingues parallèles, qui peuvent être de la documentation technique aussi bien que des fichiers d’aide, des fichiers de messages, ou simplement de l’information thématique mise sur la toile et destinée à une audience multilingue (médecine, cuisine, chanson, traditions…).

La tâche est difficile, même pour un document géré de façon centralisée (Al Assimi, 2000) (Al Assimi et Boitet, 2001). D'habitude, on le crée d'abord dans une unique langue source, puis on le traduit dans plusieurs langues cibles (au moins une trentaine dans le cas de firmes comme IBM, HP ou Microsoft). Il faut avoir un moyen de garder trace des modifications, qui peuvent parfois être faites en différents lieux sur des versions en différentes langues. Dans ce cas, des traducteurs humains doivent retraduire les segments nouveaux ou modifiés, ou les réviser s'ils sont traduits par un système de TA de qualité. Ce que nous souhaiterons, c'est faire en sorte que le travail de révision puisse être partagé entre les langues, quels que soient le domaine et le contexte.

Il est clairement impossible de refléter les changements sur un fichier en langue L0 dans les fichiers en langues L1,… Ln automatiquement et fidèlement, sans une structure intermédiaire pour faire le pont, car il faudrait au moins un aligneur parfait à granularité très fine dans le cas simple d'un changement d'article ou de nom.

L'approche la meilleure et la plus simple nous semble être d'utiliser un interlingua formel IL et de :

  • répercuter les modifications de L0 vers l'IL,

  • regénérer vers L1,… Ln depuis l'IL.

Il faudra cependant permettre des améliorations manuelles, car la forme interlingua ne sera pas toujours présente, ou pas assez améliorable par défaut d'expressivité, et les générateurs ne seront jamais parfaits.

On choisit UNL (Blanc, 2001) (Boguslavsky et al., 2000) (Sérasset et Boitet, 99) (Sérasset et Boitet, 2000) comme interlingua pour différentes raisons :

  • il est spécialement conçu pour le traitement linguistique et sémantique par ordinateur ;

  • il a été dérivé avec beaucoup d'améliorations du langage pivot de H. Uchida utilisé dans ATLAS-II de Fujitsu (Uchida, 89), toujours évalué comme le système de TA anglais-japonais de meilleure qualité, avec une très grande couverture (586.000 entrées par langue) ;

  • les participants du projet UNL1 ont construit des "déconvertisseurs" d'UNL vers environ 12 langues, parmi elles, on cite l'arabe, l'indonésien, l'italien, le français, le russe, l'espagnol et le thaï;

  • bien qu'ils soient de nature formelle, les graphes UNL (voir ci-dessous) sont assez simples à comprendre avec peu de formation et peuvent être présentés de façon localisée à des utilisateurs "naïfs" en traduisant les symboles (relations sémantiques, attributs) et les lexèmes du langage UNL par des symboles et des lexèmes de leur langue ;

  • le projet UNL a défini un format "UNL-html" intégré à html pour des fichiers contenant un document multilingue complet aligné au niveau des énoncés, et a produit un "visualiseur" qui transforme un fichier dans ce format en autant de fichiers html que de langues, et les envoie à n'importe quel navigateur Web.

La suite est organisée comme suit. D’abord, on présentera l’UNL comme langage de représentation unifié. Ensuite, on exposera le format UNL-Html comme l’un des formats des documents multilingues stockés sur un serveur sous forme d’une collection de fichiers multilingues. Enfin, on essaye de donner une idée sur ce qui sera le déconvertisseur Unl-Amazighe et l’enconvertisseur associé en passant sur un certain nombre de concepts et définitions.

2. Langage UNL (Universal Networking Language)

L’NUL est l’acronyme de ‘ Universal Networking Language’. C’est un langage artificiel qui réplique, dans le Web, les fonctions des langages naturels dans la communication humaine. Il permet aussi aux ordinateurs du monde entier de inter communiquer, et enfin, avoir une infrastructure linguistique pour distribuer, recevoir et comprendre les informations multilingues. Par conséquent, il permet aux différentes populations du monde d’exprimer toutes les connaissances communiquées par les langages naturels.

L’UNL représente trois éléments caractéristiques: un projet international, un langage artificiel et un format de document multilingue.

2. 1. Le projet

Le projet UNLP consiste à mettre en place un système de traduction automatique universel. Il est défini comme un projet de "métalangage numérique" pour l'encodage, le stockage, la recherche et la communication d'informations multilingues indépendamment d'une langue source - et donc d'un système de pensée.

Il est mené sous l'égide de l'Université des Nations Unies (UNU, Tokyo). Plusieurs équipes réparties dans le monde travaillent sur ce projet (Japon, Inde, France, Espagne, Italie, Chine, Russie…). L’intérêt de cette collaboration est de travailler avec les mêmes règles et codes et d'obtenir ainsi un résultat vraiment universel, c’est-à-dire compréhensible par toutes les cultures.

2. 2. Le langage artificiel

L’UNL est un langage compris par les ordinateurs. Il est universel, c’est à dire que toute langue naturelle (parlée par des êtres humains) peut être traduite en UNL. De même, l’UNL peut être traduit en toute langue naturelle. Pour passer d’une langue naturelle à l’UNL, on utilise un enconvertisseur et pour passer de l’UNL à une langue naturelle, on utilise un deconvertisseur. La figure 1 demontre ce principe.

Image1

Figure 1. Principe de base de la traduction par UNL

Grâce à un enconvertisseur anglais-UNL et un deconvertisseur UNL-Français, on peut traduire automatiquement de l’Anglais au Français (cf. figure 2).

Image2

Figure 2 : principe de traduction

L’ajout d’un seul enconvertisseur Amazighe-UNL permet de passer de l’Amazighe au français (cf. figure 3). Ainsi, une équipe Amazigheienne n’a pas besoin de connaître le français pour faire progresser la traduction Amazighe-Français.

Image3

Figure 3. Principe d'ajout d'un enconvertisseur Amazighe-UNL

Enfin, deux équipes, française et anglaise, peuvent faire avancer les traductions Français-Anglais et indirectement Amazighe-Anglais. Et si on a le deconvertisseur UNL-Amazighe, la communication entre l’Amazighe, le Français et l’Anglais sera complète. Tout travail national aide à la communauté internationale.

2. 3. Le format de documents multilingues

Un même document UNL contient les textes en plusieurs langues ainsi qu’en UNL. Cependant, l’utilisateur ne verra que les langues le concernant, par exemple la langue source et la langue traduite. Le document est balisé, c'est-à-dire que des groupes de mots sont entourés de chaînes de caractères représentant un code compréhensible par les ordinateurs (comme <html> par exemple). On traitera UNL-HTML en détail dans la prochaine section.

3. Principes

L'UNL est composé de mots (Universal Words ou UW), de relations définies entre les mots et d'attributs. Les UW représentent le vocabulaire. Les relations entre UWs et les attributs représentent la syntaxe et la sémantique (donner un sens).

Comme l’anglais est connu par tous les développeurs informatiques, les UW sont définies par des termes ou des abréviations anglaises. Cependant, ceci n’est qu’une règle de commodité, les UWs pourraient être définies numériquement.

Les développeurs UNL francophones ont féminisé UW, car le terme français le plus voisin est "unité lexicale".

3. 1. Unités lexicales (UWs)

Les UWs représentent donc le vocabulaire de l'UNL. En d'autres termes, chaque UW représente un concept ou un ensemble de concepts, un concept correspondant à une idée précise. Une UW est formée d'un mot anglais suivi d'une liste de contraintes, qui précise le sens de l'UW.

La syntaxe d’une UW est :

<UW> := <Entrée> [liste des contraintes>] (entrée est un mot anglais)

Exemples :

Le mot Français « danse » existe au moins sous deux concepts, "je danse" ou "j'aime cette danse".

Dans le premier cas, il sera défini par dance(icl>do) ; c'est-à-dire comme un verbe d'action, défini par l'attribut "do" (faire en anglais).

Dans le second cas, il est défini par dance(icl>thing) ; c'est-à-dire comme un nom commun définissant un objet.

Le mot Amazighe «Image4  » (TAWADA) sera défini par walking(icl>thing) et pas seulement « walking » puisque le mot désigne plusieurs choses.

En augmentant le nombre d'attributs, on définit très précisément le sens de chaque UW. Exemple, le terme "marquer" pour marquer un but dans un match de football est défini par score(icl>event,agt>human,fld>sport). Ce mot est un verbe d'événement (icl>event), l'objet qui agit, l'agent, est un être humain (agt>human), le champ concerné est le sport (fld>sport). On remarque que dans la définition, le sens du mot est donné ainsi que les autres types de mot avec lesquels il peut interagir. Ceci pour éviter des phrases du genre : "Le chien a marqué un but de la main.".

Il existe six types de UWs :

  • UW de base est une entrée (mot en anglais) sans contraintes. Elle signifie tous les concepts correspondants en anglais. Elle est utilisée pour structurer la base de connaissances et comme moyens pour établir les correspondances entre les mots de différentes langues une fois que des correspondances spécifiques n’existent pas. Exemple : go, take, state, …

  • UW restreinte est une entrée suivie d’une liste de contraintes. Exemple: 1) state(icl>express), 2) state(icl>country), 3) state(icl>goverment), etc.

  • UW importée est une entrée qui n’est pas un mot anglais mais importée pour pouvoir exprimer des phrases en d’autres langues. Exemples : samba(icl>dance) ou Image5: ahidous(icl>dance).

  • UW temporaire est une entrée qu’on ne doit pas intégrer dans la base de connaissances ou dans le vocabulaire des UWs. Exemple : formule, nom propre, etc.

  • UW composée est une entrée temporaire, mais elle est un ensemble de relations binaires regroupées pour exprimer un concept complexe. Exemple : « women who wear big hats in movie theaters (icl>person) » peut être décomposée en plusieurs UWs.

  • UW nulle est une chaîne de caractères vides pour exprimer l’absence d’un argument nécessaire d’une relation. Elle peut être considérée comme temporaire. Exemple : « Med was killed ». le sujet est absent. Pour exprimer l’idée, on utilise agt(kill(agt>thing, obj>thing).@entry .@past, ‘   ‘) ou obj(kill(agt>thing,obj>thing).@entry.@past, Med.@topic)

3. 2. Relations entre les UWs

Les relations entre les UWs sont définies par des chaînes de trois caractères ou moins. Ce sont des relations binaires (entre deux UWs) et elles permettent de préciser quelle UW peut être utilisée avec quelle UW. L'UNL traite les textes phrase par phrase; ainsi les relations entre les UWs sont définies à chaque phrase. Une phrase est représentée sous la forme d'un graphe ou d'une liste.

Exemple :

la phrase «  I ran in the park yesterday » sera représentée par des relations (cf. figure 4.1) ou par des graphes (cf. figure 4.2).

Image6

Figure 4.1. Relations entre les UWs

Image7

Figure 4.2. Graphe des relations entre des UWs

Une phrase UNL est centrée autour du verbe principal de la phrase, ici "run". Les relations entre les mots sont ensuite définies à partir de ce verbe.

Les ensembles en gras sont inclus dans la définition des UWs, indépendamment de la phrase (exemple : "run(icl>do)", le mot "run" est défini comme un verbe d'action par le code "do" ("faire" en anglais)). Les UWs utilisées ont des attributs :

  • @entry signifie que l’UW est une entrée ou une UW principale de la phrase ;

  • @past signifie que l’UW est au passé ;

  • @def signifie que l’UW est defini (the park).

Les éléments en italique représentent les relations entre les mots dans la phrase (Agt, tim, plc)

Ce graphe sera attaché à une base de connaissances UNL (UNL KB) qui contient les définitions et les différentes catégories de mots d’une langue naturelle. Par exemple, dans l’exemple précédent, on utilisé le mot « do » (entrée de base) qui est un élément de la base UNL KB. Cette base est un graphe sémantique composé de toutes les relations binaires directes entres UWs. La structure générale de l’hiérarchie des UWs dans la base UNL KB2, qui est sous forme de niveaux, est illustrée dans la figure 5.

Image8

Figure 5. Structure de la base UNL.

Après avoir détaillé les principes du langage UNL, nous présentons le format d’un document multilingue UNL-HTML.

4. Format et document UNL-HTML

4. 1. Balises et syntaxe

Le document UNL (Boitet et Wang-Ju, 2002) a le format illustré dans le tableau 1.

Tableau 1. Format du document UNL

Image9

La signification des balises utilisées est expliquée dans le tableau 2.

Tableau 2. Signification des balises

Image10

4. 2. Illustration

Image11

Explication :

  1. Texte d'origine

  2. Traduction en UNL

  3. Traduction allemande

  4. Traduction espagnole

  5. Traduction française

  6. Traduction amazighe

Les balises permettent à l'utilisateur de choisir ce qu'il désire visualiser. Si un utilisateur ne souhaite voir que la langue source et la traduction Amazighe, l'ordinateur ne rendra visible que les textes encadrés par les balises {org:el}{/org} et {Am dtime}{/Am}, ce qui donnera « I ran in the park yesterday ».

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5. Enconvertisseur et déconvertisseur UNL-Amazighe

Chaque équipe de l'UNL travaille sur le déconvertisseur et enconvertisseur de sa propre langue, en augmentant le nombre d'UWs et en précisant les relations entre les UWs. C'est en augmentant le nombre de phrases analysées que les progrès de la traduction automatique se réalisent. Toutes les UWs sont regroupées dans une base de données, ainsi que les relations possibles entre les UWs. La base de données d'UWs sera donc complète quand tous les concepts mondiaux seront entrés dans cette base, c'est-à-dire jamais... En effet, la langue évoluant sans cesse, de nouveaux concepts apparaissent tous les jours. Le but de l'UNL n'est pas de réaliser une traduction parfaite mais compréhensible, avec le moins d'ambiguïté; le réel danger d'une traduction étant l'ambiguïté, mais non la faute grammaticale ou d'orthographe.

5. 1. Enconvertisseur Amazighe-UNL

L'enconversion n'est pas (si on veut de la qualité pour du tout venant) une analyse classique. C'est une méthode de fabrication de graphes UNL qui suppose une bonne part d'interaction, avec plusieurs possibilités :

  • analyse classique multiple suivi d'une désambiguïsation interactive en langue source

  • entrée sous langage contrôlé,

  • encore plus séduisant (et encore pas clair, au niveau recherche pour l'instant), entrée directe via une interface graphique reliée à la base lexicale (dictionnaire) et à la base de connaissances.

En effet, c'est un analyseur indépendant de langues, qui fournit une structure pour une analyse morphologique, syntaxique et sémantique simultanée en utilisant un ensemble de règles universelles et le dictionnaire des UW. Le processus d'un enconvertisseur amazighe futur est le suivant : chaque texte d'entrée est scanné de gauche à droite. Par la suite, chaque morphème correspondant aux initiales de texte est extrait de dictionnaire des UWs et il devient morphème candidat. Les règles universelles (grammaticales) seront appliquées sur ces morphèmes selon l'ordre de priorité pour construire l'arbre syntaxique et le réseau sémantique de la phrase. Le résultat de ce processus est un réseau sémantique exprimé dans le format UNL. Le schéma de la figure 6 illustre la structure d'un enconvertisseur Amazighe-UNL.

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Figure 6. Structure d'enconvertisseur Amazighe

D'une manière explicite, il faut d’abord définir le corpus Amazighe dans le dictionnaire des UW en s’inspirant des anciens travaux (Achab, 96) (Achab, 98) (Arnaiz-Villena, 2000) (Haddachi, 2000). Il faut ensuite intégrer les règles grammaticales et sémantiques de l'Amazighe dans la base des règles universelles.

5. 2. déconvertissuer UNL-Amazighe

Le déconvertissseur est un générateur indépendant de langues naturelles qui fournit une structure pour une génération morphologique et syntaxique. Il peut déconvertir les expressions UNL à une variété de langues naturelles, en utilisant un certain nombre de données linguistiques telles que le dictionnaire, les règles grammaticales et le dictionnaire co-occurrence de chaque langue. Choses qui restent à concevoir et à réaliser par les chercheurs de la langue Amazighe.

Une question se pose : comment UNL peut être utilisé via l'Internet ? Pour répondre à cette question, on expliquera le processus dans la section suivante qui détaille le système UNL.

6. Système UNL

Le système UNL consiste en un ensemble de serveurs, d'éditeurs et de visionneurs UNL-langues naturelles. Prenons l'exemple d'un éditeur Amazighe et d'un visualiseur français comme illustré dans la figure 7.

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Figure 7. Structure de système UNL

Lorsqu'on développe une page Web en Amazighe, l'éditeur UNL reconnaît le contenu Amazighe et envoie le contenu au serveur Amazighe pour enconvertir le texte. Lorsque le texte est enconverti en UNL, le serveur Amazighe envoie le résultat à l'éditeur UNL. Les  développeurs de page Web peuvent ensuite intégrer UNL dans leur page web.

Lorsque le visualiseur  français essaie de lire cette page Web, il reconnaît le format UNL-HTML et envoie le contenu au serveur Français pour une déconverssion en français qui se charge d'envoyer par la suite le résultat au visualiseur français.

Le serveur Amazighe contiendra deux fichiers. Le premier est un dictionnaire qui liste la correspondance entre les UW et les mots de l'Amazighe. Le deuxième contiendra les règles grammaticales de l'Amazighe.

7. Conclusion

Le meilleur moyen de promouvoir la culture et la langue Amazighe a été d'adapter les techniques d'informations et de communication à l'apprentissage de la langue. Informatiser l'Amazighe demande un effort de plusieurs chercheurs et l'utilisation des leviers permettant d'obtenir rapidement des logiciels de qualité. Dans ce contexte, les documents multilingues resteront un moyen de diffusion du savoir Amazighe afin de valoriser cette culture sur le Web et dans le monde informatisé. En effet, il nécessaire de développer la plate forme logicielle pour intégrer l'Amazighe dans les documents multilingues. Le meilleur moyen est de développer un serveur Amazighe qui intègre l'enconvertisseur et le déconvertisseur UNL puisque l'UNL est un système de traduction automatique universel soutenu par la communauté internationale.

Bibliographie

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Uchida H. (1989) "ATLAS". Proc. of MTS-II (MT Summit), Munich, 16-18 août 1989, pp. 152-157.

Notes de bas de page

1 http://unl.ias.unu.edu (NDLR: lien brisé)

2 http://www.undl.org

Pour citer cet article

Ali Rachidi et Driss Mammass. «Vers un système de traduction automatique en ligne des documents amazighes fondé sur les graphes UNL». e-TI - la revue électronique des technologies d'information, Numéro 4, 23 juin 2007, http://www.revue-eti.net/document.php?id=1269.

Source: Revue Eti-Net

 

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Traduction et adaptation d’un texte dans une langue émergente : cas du Petit Prince en amazighe

Introduction

L’objet de cette communication est de présenter une expérience de traduction du français vers l’amazighe dont je suis l’auteur. Il s’agit de la traduction du célèbre conte de Saint-Exupéry : Le Petit Prince.

Cette présentation portera essentiellement sur les difficultés d’adaptation d’un contenu initialement en français vers une langue émergente qu’est l’amazighe. Nous aborderons particulièrement les difficultés du passage d’un texte écrit (ici le français) vers un écrit oralisé (l’amazighe en construction) et les problèmes liés au choix du vocabulaire ou liés à la syntaxe et à la stylistique. Nous essayerons également d’analyser les limites de la production d’un texte amazighe à la fois standardisé sur le plan linguistique et proche de la langue maternelle et de l’espace socioculturel de l’enfant.

De la mémoire des mots et de l’émigration des cultures

L’itinéraire historique et étymologique d’un vocable ou d’un concept suit souvent le mouvement et le parcours de l’homme qui le détient. Une notion passe de proche en proche à la propriété de celui qui l’accepte et l’utilise. Une notion se transmet de proche en roche et appartient à celui qui l’accepte et l’utilise. Une notion peut voyager d’une culture à une autre, jusqu’à devenir universelle et appartenir au patrimoine humain.

C’est ainsi que dans le bassin méditerranéen, berceau des cultures et des civilisations, plusieurs peuples ont contribué à la construction d’un fonds culturel, mythologique, philosophique et lexical riche et commun.

Avant l’invention de l’écriture, les échanges linguistiques entre les cultures se faisaient par le biais de l’oralité. L’origine de certains mots, de certains contes ou de certains concepts est souvent énigmatique et renvoie forcément au socle commun d’une même région culturelle, habitée ou fréquentée par différents peuples.

La langue et la culture amazighes, ancrées dans la région méditerranéenne - l’une des civilisations les plus anciennes de cette région - a certainement contribué, à côté des autres cultures, à la construction du socle culturel et linguistique commun et à l’émergence de la pensée humaine universelle. En analysant par exemple le fonds lexical commun entre le grec et l’amazighe, l’on s’aperçoit de l’existence de centaines de mots communs aux deux langues et à d’autres langues de la région [1]. Même constatation en ce qui concerne le substrat mythologique ou philosophique. Un conte peut exister sous différentes versions d’une région à une autre et d’une culture à une autre dans une même aire géographique. Le mythe d’Atlas ou celui d’Anzsar, par exemple, est narré différemment selon un canevas propre à chaque région.

Même constatation dans le domaine du patrimoine symbolique et artistique. Plusieurs signes et symboles des arts populaires sont communs aux peuples méditerranéens. On parle même de l’emprunt de plusieurs lettres du système latin, devenu universel, du fonds symbolique libyque et Tifinaghe . [2] Les échanges entre deux ou plusieurs cultures limitrophes est un phénomène naturel. Aujourd’hui, avec l’explosion des moyens de communication, ce phénomène s’étend même à des cultures très différentes, et appartenant à des aires géographiques souvent très éloignées. La culture va incessamment devenir universelle et, de proche en roche, va transcender l’identité des peuples.

L’amazighe : de l’oral à l’écrit

Bien que les premiers essais de transcription de l’amazighe remontent au Moyen Age avec les travaux de Awzal, le passage de la langue amazighe de l’oral à l’écrit s’est fait depuis l’arrivée des ethnologues européens en Afrique du Nord, il y a plus d’un siècle. Ce passage a commencé par la transcription et la fixation de la littérature orale sous forme de contes, de poésies, etc., et par la transcription de récits de la vie quotidienne racontée par les locuteurs de cette langue.

Au début de l’indépendance, une génération d’instituteurs et d’intellectuels amazighs passent de la phase de la transcription à celle de la production littéraire proprement dite, et parallèlement, à la traduction de quelques œuvres du patrimoine littéraire universel (B. Brecht, W. Shakespeare…), avec souvent une intervention et une adaptation volontaire du contenu de ces œuvres. Ces traductions et ces productions littéraires se font évidemment en dehors du circuit officiel lié au statut de la langue. Bien qu’il s’agisse apparemment d’une nouvelle donne, l’appropriation de la pensée universelle par l’amazighe existe réellement depuis toujours par le biais des échanges culturels entre les peuples.

Cependant, l’amazighe, langue émergente en passage de l’oral à l’écrit, a besoin de se réinscrire dans l’universel comme langue reflétant une culture méditerranéenne millénaire, ouverte et tolérante. De plus, elle a besoin de s’approprier des moyens modernes pour sa transmission et pour la diffusion des valeurs humaines qu’elle véhicule et du savoir ancestral qu’elle détient.

Traduire le Petit Prince

J’arrive maintenant à l’objet de cette communication, celui de ma propre expérience dans le domaine de la traduction et de l’adaptation d’une œuvre littéraire. Il s’agit du célèbre conte d’Antoine de Saint-Exupéry « Le Petit Prince », œuvre traduite du français vers l’amazighe. Ce conte, bien qu’il ait été vraisemblablement inspiré d’une tradition orale saharienne, a été adapté lui-même à une nouvelle culture, « le français », et à une nouvelle époque, « 1943 » (pendant la Seconde Guerre mondiale). Le conte contient donc des notions et un vocabulaire moderne très éloignés de ceux utilisés dans la vie quotidienne du désert.

Pourquoi le Petit Prince ?

Outre qu’il s’agit d’un conte destiné à la jeunesse (de 7 à 77 ans, comme dirait Tintin) c’est une des œuvres qui véhicule les valeurs nobles de l’amour, l’amitié, l’altruisme et la solidarité. Ces valeurs coïncident justement avec le cadre général dans lequel la communauté amazighe s’inscrit et qu’elle aspire à véhiculer. Le Petit Prince étant l’une des œuvres les plus lues et les plus traduites dans le monde, elle a été adaptée à pratiquement toutes les langues parlées de la planète. La dernière traduction en date (mai 2005) est sa traduction en Toba, langue indigène parlée par une communauté aborigène de l’Argentine. Le Petit Prince de Saint-Exupéry est le deuxième livre traduit en cette langue après le Nouveau Testament.

La deuxième raison qui m’a poussé à traduire et adapter ce conte dans ma langue maternelle est le fait que l’auteur y fasse parler le Petit Prince avec tantôt un serpent ou un renard, tantôt avec une fleur, un astre ou un volcan. Ceci coïncide parfaitement avec la mythologie et la cosmogonie amazighes.

La troisième et dernière raison, c’est que ce conte se passe dans le désert saharien, région touarègue et amazighe par excellence. Et comme je suis moi-même issu d’une famille nomade de cette région, j’ai donc décidé de faire profiter les enfants d’une traduction amazighe de ce conte qui me séduit tant depuis mon enfance. Bien que le Petit Prince ait été auparavant traduit en tamachaq au début du siècle dernier, et en kabyle en l’an 2004, j’ai décidé d’ajouter une version marocaine qui ne fera qu’enrichir mon expérience en traduction [3] et élargir le répertoire des traductions du Petit Prince en langue amazighe.

La langue de traduction

Le conte a été traduit en amazighe, langue orale dont l’écriture est en construction. Malgré les tentatives de standardisation de la langue amazighe, les dialectes sont actuellement les seuls à êtres pratiqués, à l’écrit comme à l’oral.

Le lectorat cible

Le Petit Prince traduit en amazighe est un conte destiné en premier lieu à la jeunesse, mais, en espérant qu’il soit lu et apprécié par tous, sans distinction d’âge.

« Le Petit Prince » est donc une œuvre littéraire « célèbre », traduite d’une langue internationale, le français, vers une langue en construction, l’amazighe, et destinée à un lectorat de jeunes. Ce sont ces conditions particulières qui ont fait toute la difficulté de cette traduction.

Quelles sont les difficultés que j’ai rencontrées pendant la traduction de cet ouvrage ?

La première difficulté est évidemment liée au statut juridique de la langue amazighe et à sont état de langue en cours de standardisation. Etant donné que l’amazighe est une langue émergente et en cours de normalisation, j’ai été forcé d’utiliser, comme base de ma traduction, le parler que je maîtrise le mieux, à savoir, le parler du sud-est marocain. Bien entendu, si j’avais exclusivement utilisé ce parler, aussi riche soit-il, je n’aurais jamais traduit ce conte. La version traduite que je propose est d’emblée destinée à une frange réduite de lecteurs. Il s’agit des locuteurs d’une variante régionale du sud-est marocain bien que cette variante soit proche à la fois de la variante du sud « tachelhit » et du centre « tamazighte » En plus, étant donné que la langue amazighe ne vient que récemment d’être introduite dans les écoles, les enfants n’ont pas encore acquis les compétences nécessaires pour lire un tel ouvrage. Ajoutant à ce problème celui de la graphie Tifinaghe avec laquelle le conte a été transcrit. Cet alphabet, non maîtrisé par une grande majorité de lecteurs habitués à lire l’Amazighe en graphie latine ou arabe, réduit encore plus le nombre de lecteurs potentiels.

Ceci dit, quels sont les problèmes de traduction au sens linguistique que j’ai rencontrés en adaptant le contenu de cette œuvre, exprimé en français, vers l’amazighe ?

La première difficulté est évidemment celle du lexique. Cependant, étant donné que les événements du conte se passent dans un désert, le vocabulaire lié à cet espace est riche et varié dans le parler du sud-est marocain, région subdésertique à cheval entre la montagne et le désert. Le lexique de base utilisé par l’auteur du Petit Prince trouve d’emblée son équivalent dans le parler amazigh du sud-est marocain, du moins, compte tenu de mes modestes connaissances. La difficulté est de choisir le lexique le plus simple, le plus proche de l’univers de l’enfant et appartenant autant que possible à un lexique commun à tous les dialectes.

Cependant, un ensemble de vocables et de notions exprimées en français ne trouvent pas leur équivalent en amazighe, du moins dans le parler que je maîtrise le mieux, à commencer par le titre même du conte. Le concept de Prince, par exemple, n’existe pas dans la culture amazighe. Mais, étant donnée que celui du Roi est bien présent et même sous différentes formes (agellid, amnukel, amghar…) la dérivation du concept de Prince (agldun) s’avère simple et convenable. Cette notion de Prince existe également dans les différents lexiques de néologie élaborés par les amazighisants tel Feu Mouloud Mammeri… Mais ce n’est pas toujours le cas !

Il est évident que les vocables comme : la soif (fad), le vent (azwu), l’amour (tayri), le coucher de soleil (aghelluy n tafuyt), le puits (anu), le mouton (izimer), la fleur (aledjig), le renard (abaghugh), l’étoile (itri), le ciel (igenna), le serpent (ifigher), le jour (ass), la nuit (idt), les larmes (imettawen), la vie (tudert), l’eau (aman), etc.., qui reviennent souvent dans le conte du Petit Prince, ainsi que des notions comme l’amitié (tiddukla), la fraternité (taymat), la liberté (tilelli)…etc., sont des notions courantes dans le vocabulaire quotidien de la culture amazighe. Cependant, bien que le conte du Petit Prince se déroule dans le désert, le vocabulaire utilisé par son auteur n’appartient pas toujours à cet espace et ne renvoie pas toujours à la vie et aux traditions des nomades. Une bonne partie du lexique utilisé appartient au vocabulaire moderne, ou renvoie à une culture différente de celle du Sahara. C’est ainsi que des vocables comme : moteur, avion, réverbère, boa, astéroïde, cravate, etc., ainsi que des notions comme orgueil, ennui, absurdité, etc. sont des notions inhabituelles dans l’usage quotidien de l’amazighe, du moins à ma connaissance. A partir de là, comment donc procéder pour traduire des notions étrangères à la culture et la langue amazighe ?

La consultation des dictionnaires

Les lexiques classiques des autres parlers amazighs s’avère nécessaire et souvent pratique pour vérifier la présence d’un vocable donné dans une autre aire géographique. Ensuite, la consultation du lexique de néologie est un passage obligé, en particulier le célèbre « Amawal » [4]

Extension sémantique

Plusieurs termes en français ne trouvent pas leurs équivalents exacts dans l’amazighe. Toutefois, certains vocables proches, ou renvoyant aux mêmes concepts, ont pu être adaptés à la culture amazighe. Exemples : Le mot planète a été substitué au mot étoile (itri) ; Le mot église a été remplacé par le mot mosquée (tamzgida) ; Le mot punition a été rapproché du mot amende (izmaz), etc.

La restitution du vocabulaire ancien

Simultanément, j’ai procédé à la restitution des anciens termes mémorisés par les personnes âgées et méconnus dans le langage des jeunes. Exemples : Les chiffres. Dans mon parler, on utilise la langue arabe pour désigner les chiffres à partir de quatre. J’ai donc restitué les noms amazighs des chiffres quatre (koz), cinq (semmus), six (sdis), etc. Autres exemples : Le mot aider (aws) a été substitué au mot (âawen) d’origine arabe. Se dépêcher (ghiwel), mentionner (bder), le pardon (Asurf), la rouille (tanikt), le boulon (takcrirt), malgré-lui (ccil-as), le radeau (agherrabu), le pommier (adeffuy), etc.

Lorsque cela s’est avéré nécessaire, j’ai également utilisé des locutions et des idiomes pouvant renvoyer à la valeur sémantique proche du terme français. Exemples : La phrase : « Il a été choqué » a souvent été traduite (ulin as idammen) qui littéralement veut dire « le sang lui monte » à la place de (iqelleq) qui est d’origine arabe. La phrase : « Il faut être indulgent avec les grandes personnes » a été traduite (medden imeqranen, ssurfat ten, ad ur fellasen ttawim)... Littéralement : « il faut pardonner les grandes personnes et ne pas les prendre (au sérieux) », etc.

Dérivation lexicale

Certains vocables auxquels je n’ai pas trouvé de correspondants en amazighe, ont parfois été forgés à partir du nom ou du verbe renvoyant à cette notion, présente quant à elle, dans le langage usuel. Exemples : Le nom tanegmirt, (proie) est dérivé du verbe gmer (chasser) ; Le nom tamskant (démonstration), a été forgé à partir du verbe sken (montrer) ; Le nom agldun (prince), a été forgé à partir du nom Agellid (roi) ; Le nom gartuga (mauvaise herbe), a été forgé à partir du mot tuga (herbe) et du préfixe gar (mauvais, faux) ; Mauvaise graine (garamud), à partir de graine (amud) et du préfixe (gar)… etc.

Lorsque la dérivation directe n’était pas évidente, ou lorsque le terme existait dans un autre parler, je n’ai pas hésité à l’emprunter, à l’utiliser et à l’adopter.

Les emprunts

-  L’emprunt intra-dialectal : Plusieurs mots utilisés pour traduire le « Petit Prince » n’appartiennent pas au parler de base que j’ai utilisé, mais à un autre parler du même espace géographique. Exemples : Le mot iheyya (joli, bon), a été substitué au terme ihla d’origine arabe, utilisé dans mon parler ; Le mot inmala (proche) a été substitué à iqerreb également d’origine arabe ; Le nom tifawt (matin) a été substitué à sbah encore une fois d’origine arabe. Le verbe rmigh (être fatigué) à la place de (uhlegh)… etc.

Souvent, j’ai simultanément utilisé des synonymes en usage dans ce même espace géographique pour enrichir le vocabulaire. Exemples : Les verbes irw, izi et ighuda (être jolis, bon) ; Istegh et ittiqs (éclater)… etc.

-  L’emprunt inter-dialectal : Chaque fois qu’un vocable était inconnu dans les parlers de notre région, j’empruntais alors celui-ci à un autre parler plus ou moins proche, souvent en utilisant les dictionnaires disponibles. Exemples : Iilell (mer), zzider (endurance), asirem (espoir), irwas (ressembler) ; waqila (peut être), taghlaghlt (échos), aghanib (crayon, stylo), tawaghit (incident)… etc.

L’emprunt aux autres parlers n’a cependant pas été systématique. Souvent, pour faciliter la lecture du texte, j’ai préféré garder les vocables utilisés et bien intégrés dans l’usage quotidien bien qu’ils soient empruntés aux autres langues. Exemples :

— Les emprunts à l’arabe : Jjib (poche), asanduq (caisse), yumen (croire), akursy (chaise), iwhen (il est facile)… etc.

— Les emprunts au français : Amaksyan (mécanicien), amutur (moteur), adiktatur (dictateur), minut (minute)… etc.

— Les emprunts aux autres langues, et au lexique universel : Aboa (boa), el-bridj (bridge), golf (golf), kravat (cravate), mil (mil), astronom (astronome), ateleskop (télescope), diamand (diamant)… etc.

Néologie

Bien que l’emprunt inter-dialectal soit souvent considéré comme étranger pour un jeune lecteur amazigh ne sachant que son parler maternel, la vraie néologie est celle puisé dans les lexiques modernes élaborés par les amazighisants, et diffusés dans les milieux associatifs. Le plus connu, le mieux diffusé et le plus pratique est l’Amawal Imdyazen. C’est à partir de ce manuel que j’ai puisé l’équivalent en amazighe d’un certain nombre de termes inconnus dans nos parlers. Exemples : Unugh (dessin), anazur (artiste), turda (opinion), tasertit (politique), adrug (mystère), uttun (numéro), adlis (livre), tamsirt (leçon), amaynu (nouveau), ameghrad (universel), taksna (tragédie)…etc.

Voici un extrait du Petit Prince en français suivi de sa traduction en amazighe. Il s’agit du Chapitre XXIII. L’un des plus courts chapitres du conte, mais l’un des plus riches en informations et en morale.

-  Bonjour, dit le petit prince.
-  Bonjour, dit le marchand. C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l’on n’éprouve plus le besoin de boire.
-  Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.
-  C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
-  Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
-  On en fait ce que l’on veut... " Moi, se dit le petit prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine... "

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Dans ce court chapitre, on peut relever trois types de vocables :
-  Trois néologismes : agldun (Prince) ; atrar (moderne, mis pour perfectionné) ; smumraw (cinquante).
-  Trois emprunts : minut (minute) ; el-kina (pilule) ; asbbab (marchand).
-  Le reste est constitué de mots appartenant au lexique fondamental de tamazight. J’estime que plus de 70% du lexique utilisé dans la version française du Petit Prince, trouve son équivalent dans le lexique de base amazighe. Il est important de noter qu’un certain nombre de mots sont considérés comme des emprunts inter-dialectaux. Exemple : akud (temps) ; imalas (semaine) étant deux vocables qui d’habitude, ne sont utilisés que dans le parler du sud « tachelhit » alors que dans mon parler du sud-est, l’un est emprunté à l’arabe luqt (temps), l’autre au français simana (semaine).

L’utilisation des néologismes n’est pas du tout systématique. Par exemple, bien que le mot « minute » soit présent comme néologisme (tusdidt) dans l’Amawal et dans le dictionnaire de M. Chafik, j’ai préféré utiliser l’emprunt « minut » car, d’une part il est compris par tout le monde, et d’autre part, le néologisme « tusdidt » peut être confondu avec l’adjectif « mince » qui a la même forme au féminin singulier.

Souvent, lorsqu’un mot est inhabituel à la culture et à la langue amazighe, je n’hésitais pas à l’adapter à l’environnement socioculturel le plus proche à cette culture même si ce mot trouve son équivalent dans les emprunts. Exemple : pour traduire « fontaine », bien que le mot « tasqqayt » (ou tasebbalt) existe comme emprunt, je lui ai préféré le mot « taghbalut » (source) parce qu’il est plus affectif et plus ancré dans la culture amazighe.

Il est important de signaler que pour traduire le Petit Prince, j’ai utilisé autant que possible les dictionnaires qui me sont accessibles, mais il n’a jamais été question de créer mes propres néologismes.

Conclusion

Dans l’état actuel de la langue amazighe, celui d’une étape transitoire entre l’oral et l’écrit, une œuvre littéraire, en particulier un conte comme celui du Petit Prince, devrait être de préférence narrée aux enfants par le moyen d’un support audio, et par la voix d’un conteur, comme autrefois. Chose que je n’ai pas pu réaliser pour le moment.

Bien que le support écrit soit nécessaire pour l’enseignement et la diffusion de la littérature et du savoir, le support audiovisuel, accompagné ou pas d’un support écrit, est le moyen le plus efficace qui garantira une meilleure diffusion de la langue et de la culture amazighe, et qui permettra de toucher un large public amazighophone, qui, jusqu’à présent utilise le créneau oral comme principal moyen de communication.

La restitution des mots anciens, l’utilisation des locutions et idiomes, la dérivation lexicale et l’emprunt inter-dialectal constituent le moyen le plus efficace et le plus simple pour pallier le déficit lexical en amazighe.

Cependant, l’amazighe, doit aussi profiter de l’emprunt aux autres langues internationales. Ce phénomène est naturel à toutes les langues en particulier en ce qui concerne le vocabulaire technique et scientifique. Pour l’amazighe, langue en émergence et en cours de standardisation, le recours aux néologismes n’est utile, à mon avis, que lorsque la recherche dans les autres dialectes a été épuisée. Pour la littérature amazighe destinée en particulier à la jeunesse, la néologie a tendance à empêcher l’accessibilité et la vivacité de la langue. C’est pour cela que, personnellement, je préfère garder les emprunts tels qu’ils sont utilisés dans la langue quotidienne des amazighs. Ceci évidemment, dans le cas où le vocable en question est absent dans un des parlers amazighs, et si sa dérivation d’un radical existant n’est pas évidente.

Lahbib Fouad
Yeschou@gmail.com

[1] M. A. Haddadou . La langue berbère : Les emprunts antiques. juin 2005, la dépêche de kabylie n°921.

[2] L’alphabet latin serait-il d’origine berbère ? par Mebarek Slaouti Taklit L’Harmattan, 2004.

[3] Expérience personnelle en traduction d’œuvres littéraires (La plupart des nouvelles traduites ont été publiées dans les revues et journaux) : Ighmer (Nouvelle de Mohamed Khair-Eddin) ; Jadou (Nouvelle de Said El Mahroug) ; Ilse (Nouvelle de Brahim Al Kouni) ; Amghar (Nouvelle de Moha Souag) ; Tageldit (Nouvelle de Tahar Djaout) ; Agrawal (Livre autobiographique de Lounes Matoub / Prix Mouloud Mammeri 1998), Agldun amezzan (Conte de Antoine de Saint-Exupéry)...

[4] Amawal (lexique) tamazight – tafransist (berbère-français), tafransist-tamazight (français-berbère). Paris. Imdyazen, 1980. 131p. utilisé par la plupart des créateurs en langue amazighe

Source: Afrique du nord

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