Le rossignol de la chanson kabyle 

zeroukiL’artiste accrocha ses fans avec sa grâce naturelle et aussi sa force oratoire et ses tendances poétiques.

Allaoua Zerrouki, le rossignol de la chanson, est de retour cette semaine! Sous l’égide de la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, est organisée une évocation du grand chanteur et ce, du 15 au 17 avril à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.
Un riche programme est arrêté avec des expositions, des conférences sur la vie et l’oeuvre de l’artiste et aussi une projection d’un reportage et d’un documentaire sur Seddouk ainsi qu’un spectacle et des témoignages avec la participation de ses amis artistes et des grandes figures de la chanson.
Zerrouki Allaoua est né le 05 juillet 1915 à Amalou, un village des environs de Seddouk. Issu d’une famille généreuse, son père Séghir ben Arezki était imam à Aït Aïdel.
Très tôt Allaoua a fait montre de son intérêt pour la musique, il confectionnait lui-même à l’aide de roseau ses flûtes et autres pipeaux.
N’ayant pas, pour des raisons propres à l’époque, été au collège, Allaoua passa le plus clair de son temps à l’apprentissage des saintes écritures. Adolescent il s’était découvert une passion pour la poésie et la chanson.
Dans le même temps, il débarque à Béjaïa et tout en travaillant pour assurer son pain il continue de s’intéresser à l’art et à la chanson.
Il est initié aux instruments à cordes, à la flûte et aux rythmes par Mahmoud Baâli, Larbi Abdelwahab et Boudjemaâ Kadim.
La chanson andalouse fut son premier penchant et marqua ses débuts artistiques.
Au milieu des années quarante, Zerrouki Allaoua quitte le pays et s’installe dans l’émigration, il se produit sur les scènes de France et de Navarre; là où se trouvent les travailleurs algériens, l’artiste accrocha ses spectateurs et auditeurs avec sa grâce naturelle et aussi sa force oratoire et ses tendances poétiques.
En 1948, c’est son premier microsillon chez Marconi avec «Tilifun Sonni Sonni» etc. Zerrouki Allaoua a tout chanté: la vie, l’exil, son expérience au fond de la mine, la nostalgie du pays et aussi l’amour et la séparation d’avec sa dulcinée.
Cette dulcinée qu’il a d’ailleurs fini par épouser en 1953, et qui lui donna deux enfants: Moh Seghir et une fille qui mourra durant l’épopée libératrice. Avec plus de vingt chansons et autres airs, la carrière de Zerrouki Allaoua est assez bien remplie. Ses chansons sont d’ailleurs toujours fredonnées comme El Babour, A tassekurt, Sidi Aich, Tskhilek attir, D acu I gurbeh, Lewjab n wassen, ay Aziz attas itezhid, Zhar Ula, et aussi un hommage au colonel Amirouche.
Un accident de la circulation alors qu’il se rendait à Avignon où il devait se produire avec son camarade de voiture et compagnon: Dahmane El Harrachi. Miraculé mais fragilisé par l’accident, Allaoua décède le 17 novembre 1968 suite à ses blessures à Paris; il repose aujourd’hui au cimetière du père Lachaise.

A. SAÏD

Source: L'expression -->12 Avril 2008 - Page : 21