Salon du livre amazigh à Boumerdès [Algérie]
Un
salon du livre amazigh, sous le slogan "Aux couleurs du printemps
amazigh", se tiendra du 15 au 20 avril prochains, à la Maison de la
culture Rachid Mimouni de Boumerdès. Organisé sous l’égide du ministère
de la Culture, en collaboration avec le HCA et la Direction de la
culture de la wilaya de Boumerdès, "le Salon du livre amazigh se veut
itinérant pour montrer où en est le livre et l’édition amazighe", dira
Youcef. Merahi, SG du HCA. 
Le Salon du livre, dans sa prochaine édition de Boumerdès, sera axé sur trois chapitres, à savoir : exposition -ente, ventes dédicaces de livres en présence des auteurs, des journées thématiques et des activités culturelles. Le salon portera sur tout ce qui a trait à la création et à la recherche, les journées thématiques du livre et de l’écriture amazigh autour en présence de spécialistes de la question amazighe : on citera entres autres Saïd Chemakh, Brahim Salhi, Mouloud Lounaouci, Amin Zaoui, Oulhadj Laceb, Djellaoui et Y. Nacib. Ce dernier à travers ce salon, rendra hommage à R. Ath Mensour (Prf. Ouahés), auteur de la traduction du Coran en tamazight qui sera disponible au Salon du livre. Des bibliobus sillonneront les trois communes ; Beni Amrane, Bordj-Menaïél et Naciria en vue de rapprocher le livre du citoyen, une initiative à laquelle participera la Bibliothèque nationale. Au chapitre des activités culturelles, une pièce de théâtre intitulée : "Uzu n’Tayri" de Hadjira Oubachir est prévue ainsi qu’un récital poétique de l’illustre Ben Mohamed et de H. Oubachir en présence du chanteur et poète Aït Menguellet Lounis. Des prix seront décernés aux meilleurs auteurs et quelques étudiants.
"Montrer
et faire connaître l’écriture amazighe, parent pauvre de l’édition
nationale…, donner l’occasion aux différents auteurs de se rencontrer
et éventuellement créer une association des auteurs amazighs qui est
une piste à prospecter sérieusement. Et aussi, donner l’occasion aux
lecteurs de rencontrer les éditeurs et les auteurs", sont entre autres
les objectifs de ce 4e rendez- vous, après Bouira (deux premières
éditions) et Oran (3e édition), ajoute Y. Merahi. La
participation du HCA se verra rehaussée par 100 titres, dont 17 sont
édités en 2008 avec le 17e titre de "Timuzgha," et en point d’ancrage
la commémoration du Printemps berbère. Le S.G du HCA n’a pas manqué de
souligner l’absence criante d’un canal d’expression amazigh. Des
auteurs nous sollicitent, mais nos moyens sont limités ; “on ne peut
éditer tous les auteurs", dira-t-il. Et d’ajouter : "la poésie est
l’expression capitale ; elle est la quintessence de l’expression, mais
parfois il faut passer par la création, donc par le roman". Et
d’expliquer en étayant ses dires : "Le lectorat existe potentiellement
; mais la société bute avec l’oralité…Et puis, l’école algérienne ne stimule pas vraiment l’imaginaire du citoyen… On préfère entendre et déclamer la poésie". A ce titre, le SG du HCA préconisera la relance et
la recréation des bibliothèques communales par l’implication directe
des APC. La prochaine édition du Salon du livre amazigh de Boumerdès
sera d’un grand apport à tous les niveaux. "Une meilleure qualité et
quantité prendront le relais ; avant c’était symbolique…
Le salon
prendra de l’ampleur". En plus du Salon du livre de Boumerdés, cinq
séminaires sont prévus au courant de cette année 2008. Le caractère
oral de la langue et culture amazighs fait que d’autre supports
médiatiques : journaux, radios locales, une chaîne de télévision
s’avèrent plus que nécessaires, voire indispensables, pour une
véritable promotion. D’ailleurs, la multiplication de supports
médiatiques ne fera qu’encourager la création sous toutes ses formes. Par
ailleurs, plusieurs étudiants en langue et culture amazighes nous ont
fait part de leur sentiment de frustration après l’absence sur les
étals des buralistes de "IZURAN", journal dans lequel quelques pages
sont en langue amazighe.
Ahmed Kessi
Source: La Dépêche de Kabylie
Précisions aux lecteurs des Carnets berbères
Suite aux nombreux courriels que j'ai reçus me demandant quelles sont les démarches à suivre auprès des autorités françaises pour l'obtention de décrets de naturalisation des citoyens algériens nés avant l'indépendance de l'Algérie (1962), je tiens à préciser que le blog Carnets berbères n'a pas pour vocation (encore moins l'habileté) d'offrir ce genre de services. Carnets berbères est un site web et non une administration officielle.
Pour toutes questions relatives aux citoyens Algériens, nés avant 1962, qui voudraient obtenir leurs copies d'acte de naturalisation ou de naissance, veuillez lire ce qui suit:
L'acte demandé concerne une personne née en Algérie: Il vous faut contacter le Centre des archives d'outre-mer.
Situé à Aix-en-Provence, le Centre des archives d'outre-mer conserve les archives de l'histoire coloniale française et de la présence française en Algérie. Cependant, ne s'y trouvent pas les archives relatives aux protectorats (Maroc et Tunisie) conservées au ministère des Affaires étrangères.
Seul l'état-civil de plus de cent ans est conservé sous forme de microfilms à Aix-en-Provence.
Pour la période postérieure le lecteur s'adressera au ministère des Affaires étrangères, service de l'état civil à Nantes : service central de l'état civil 44941 Nantes cédex 09.
Centre des archives d'outre-mer
29 chemin du Moulin-Detesta, 13090 Aix-en-Provence (France)
téléphone (33) 04 42 93 38 50
télécopie (33) 04 42 93 38 89
Source: Mairie d'Aix-en-Province
Cordialement
Sinistri
"Berbères" dans le thésaurus de la Bibliothèque d'Antiquité d'Aix
Voici le résultat des notices bibliographiques que donne le descripteur "berbères" dans le thésaurus de la Bibliothèque d'Antiquité d'Aix de l'Université de Provence, France. Notez que la forme retenue pour l'indexation est le pluriel, le singulier étant une forme rejetée.
Berbères
PACTOLS-Peuples - Peuples - Africains
- Berbères
Population d'Afrique septentrionale et saharienne (Lar.)
Sous catégorie:
Documents (Peuples)
Monographie :
Encyclopédie berbère
/ Ed. Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman
(Aix-en-Provence) ; Ed. Centre de recherche berbère (Paris).
-Aix-en-Provence : Edisud, 2003. - p. 3783-3938
ISBN 2-85744-201-7
Extrait :
Aïn Fourna, antique Furnos Maius : ville de confins territoriaux, porte du Haut Tell
/ Ferchiou, Naïdé.
Africa, 1998. - p. 31-58
Extrait :
Du berbère au libyque : une remontée difficile
/ Galand, Lionel.
Lalies, 1996. - p. 77-98
Extrait :
El elemento tribal en Marruecos : de la romanización a la arabización
/ Gozalbes Busto, Guillermo ; Gozalbes Cravioto, Enrique.
-Granada : 1994. - p. 767-778
Extrait :
Formation des populations méditerranéennes de l'Afrique du Nord
/ Camps, Gabriel.
-Hammamet : Colloque international de biologie et de génétique de l'homme méditerranéen, 1968. - p. 51-57
Extrait :
Langue et littérature berbères : chronique des études (1980-1982)
/ Chaker, Salem.
-[S.l.] : Annuaire de l'Afrique du Nord, 1981. - P. 969-1019
Extrait :
Les Gravures rupestres libyco-berbères de Marrakech : analyse thématique et statistique
/ Rodrigue, Alain.
-[S.l.] : Bulletin de la Société préhistorique Ariège-Pyrénées, 1988. - P. 203-220
Extrait :
Les Recherches protohistoriques en Afrique du Nord de 1952 à 1962
/ Camps, Gabriel.
-Rome : Congresso internazionale delle scienze preistoriche e protostoriche, 1965. - p. 343-346-pl. 47
Extrait :
Rouahia, site berbéro-romain inédit dans la commune de Kéria (Tiaret, Algérie)
/ Cadenat, Pierre.
-[S.l.] : Antiquités africaines, 1977. - p. 241-252
Travail univ. :
Contribution à l'étude des villes et régions du Maghreb central : Hunayn et son territoire
/ Khelifa, Abderrahmane.
1993. - 3 vol. (713 p.)
Travail univ. :
Le Judaisme berbère dans l'Afrique ancienne
/ Richard, Raymond.
1965. - 39 p.
Monographie :
A la croisée des études Libyco-Berbères : mélanges offerts à Paulette Galand-Pernet et Lionel Galand.
/ Ed. Drouin, Jeanine ; Ed. Roth, Arlette.
-Paris : Geuthner;Comptes rendus du GLECS. Supplément, 1993. - 615 p.
ISBN 2-7053-1310-9
Monographie :
Berbères ou barbares ? : recherches sur le livre second de la Johannide de Corippe
/ Zarini, Vincent.
-Nancy, Paris : ADRA Association pour la diffusion de la recherche sur
l'Antiquité;De Boccard;Etudes anciennes, 1997. - XIII-262 p.
ISBN 2-9509726-5-9
Monographie :
Documents algériens : synthèse de l'activité algérienne : 1er janvier 1956 - 31 décembre 1956
/ Cabinet du Ministre de l'Algérie (Alger). Service de l'Information ; Marçais, Georges ; Leglay, Marcel.
Impr. officielle;Documents algériens, 1957. - 287 p.
Monographie :
Encyclopédie berbère
/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1995. - P. 2223-2374
ISBN 2-85744-808-2
Monographie :
Encyclopédie berbère
/ Ed. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1995. - P. 2375-2527
ISBN 2-85744-828-7
Monographie :
Encyclopédie berbère
/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1996. - P. 2529-2682
ISBN 2-85744-872-4
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/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1997. - P. 2683-2837
ISBN 2-85744-948-8
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/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1997. - P. 2683-2837
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
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/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1997. - P. 2839-2993
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Monographie :
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/ Ed. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1998. - P. 2995-3148
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-Aix-en-Provence : Edisud, 2000. - P. 3307-3461
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/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 2000. - p. 3463-3617
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/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 2001. - P. 3619-3781
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Encyclopédie berbère. 12, Capsa-Cheval
/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1993. - p. 1757-1911
ISBN 2-85744-625-X
Monographie :
Encyclopédie berbère. 21, Gland - Hadjarien
/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1999. - P. 3151-3304
ISBN 2-7449-0097-4
Monographie :
Encyclopédie berbère. IX, Baal-Ben Yasla
/ Ed. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1991. - p. 1289-1449
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
Encyclopédie berbère. VII, Asarakae-Aurès
-Aix-en-Provence : Edisud, 1989. - p. 983-1095
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
Encyclopédie berbère. VIII, Aurès-Azrou, addendum et réédition Asura-Ahaggar-A-jjer
/ Union internationale des sciences pré- et protohistoriques.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1990. - p. 1097-1287
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
Encyclopédie Berbère. X, Beni Isguen-Bouzeis
/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1991. - p. 1451-1601
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
Encyclopédie berbère. XI, Bracelets-Caprarienses
/ Dir. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1992. - p. 1603 à 1756
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
Encyclopédie berbère. XIII, Chèvre - Columnatien
-Aix en Provence : Edisud, 1994. - P. 1913-2067
ISBN 2-85744-201-7
Monographie :
Encyclopédie Berbère. XIV, Conseil-Danse
/ Ed. Camps, Gabriel.
-Aix-en-Provence : Edisud, 1994. - P. 2069-2222
ISBN 2-84744-201-7
Monographie :
Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale
/ Ibn Khaldoun ; Trad. Slane, Baron de ; Ed. Casanova, Paul ; Ed. Pérès, Henri.
-Paris : Geuthner, 1978. - 4 vol. (pagination multiple).
ISBN 2-7053-0047-3
Monographie :
La Islamización de la Extremadura romana
/ Ed. Valdés Fernández, Fernando ; Ed. Velázquez, Agustín.
-Merida (Badajoz) : Museo nacional de arte romano (Mérida);Cuadernos emeritenses, 2001. - 369 p.
Monographie :
La Kalaa des Beni-Hammad : une capitale berbère de l'Afrique du nord au XIe siècle
/ Beylié, Léon M. Eugène de.
-Paris : E. Leroux, 1909. - 124 p.
Monographie :
L'Afrique au miroir de l'Europe : fortunes de Jean Léon l'Africain à la Renaissance
/ Zhiri, Oumelbanine.
-Genève : Droz;Travaux d'Humanisme et Renaissance, 1991. - 246 p.
Monographie :
L'Algérie dans l'Antiquité
/ Kaddache, Mahfoud.
-Madrid : S.N.E.D, 1972. - 226 p.
Congrès :
L'Armée romaine et les barbares du IIIe au VIIe siècle
/ Ed. Vallet, Françoise ; Kazanski, Michel.
-Saint-Germain-en-Laye : Association française d'archéologie
mérovingienne;Musée des antiquité nationales;Mémoires de l'Association
française d'archéologie mérovingienne, 1993. - 473 p.
ISBN 2-950595-2-2
Monographie :
Le Mausolée royal de Maurétanie
/ Bouchenaki, Mounir.
-Alger : Direction des Affaires Culturelles (Alger), 1970. - 48 p.
Monographie :
Le Monde Libyco-Berbère dans l'antiquité
/ Ed. Désiré-Vuillemin, Geneviève.
-Paris : Institut pédagogique national;Documentation pédagogique africaine, 1964. - 2 vol. (131 p. : 32 pl.)
Monographie :
Les Monnaies de l'Afrique antique : 400 av. J.-C. - 40 ap. J.-C.
/ Alexandropoulos, Jacques.
-Toulouse : Presses universitaires du Mirail;Tempus (Toulouse), 2000. - 507 p.-17 p. de pl.
ISBN 2-85816-541-6
Monographie :
L'Image de la Tingitane : l'historiographie arabe médiévale et l'Antiquité nord-africaine
/ Siraj, Ahmed.
-Rome : Ecole française de Rome;Collection de l'Ecole française de Rome, 1995. - 732 p. dont 35 cartes
ISBN 2-7283-0317-7
Monographie :
Lineamenti di lingua Berbera : varietà Tamazight del Marocco Centrale
/ Durand, Olivier.
-Roma : Università degli studi La Sapienza;Studi semitici. Nuova serie, 1998. - XIV-194 p.
Monographie :
Précédents chamito-sémitique en Hébreu : études d'histoire linguistique
/ Durand, Olivier.
-Roma : Università degli studi La Sapienza;Studi semitici. Nuova serie, 1991. - 150 p.
Monographie :
Recherches sur les sociétés africaines à la fin de l'Antiquité : recueil d'articles 1986-1995
/ Modéran, Yves.
-[s.l.] : . - [244 p.]
Monographie :
Sahara Studien, 1988
/ Ed. Nowak, Herbert.
-Hallein : GISAF, 1988. - 158 p.
ISBN 3-85388-029-0
Monographie :
The Berbers
/ Brett, Michael ; Fentress, Elizabeth.
-Oxford : Blackwell;The Oxford history of England, 1997. - XVI-350 p.
ISBN 0-631-20767-8
Monographie :
Encyclopédie berbère
/ Dir. Chaker, Salem.
-Aix-en-Provence : Edisud, 2004. - p. 3939-4093
ISBN 2-85744-201-7
Extrait :
La langue libyenne et la toponymie antique de l'Afrique du Nord
/ Mercier, Gustave.
Journal asiatique, 1924. - p. 189-320
Monographie :
Les Maures et l'Afrique romaine : IVe - VIIe siècle
/ Modéran, Yves.
-Rome : Ecole française de Rome;Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, 2003. - 900 p.
ISBN 2-7283-0640-0
Congrès :
A Linguagem das moedas : três leituras sobre iconografia numismática :
seminário realizado no Museu Paulista da Universidade de Sao Paulo, no
dia 24 de outubro de 2002, em Sao Paulo, como parte integrante do 19°
Encontro Internacional Imagem e Ciência
/ Rencontres Internationales Image et Science (19 ; 2002 ; Sao Paulo) ;
Ed. Centre national de la recherche scientifique (Paris) ; Ed. Musée
Paulista (Sao Paulo).
-Sao Paulo : Universidade de Sao Paulo, 2003. - 88 p.
ISBN 85-89364-03-8
Congrès :
Stèles libyques figurées de Grande-Kabylie
/ Laporte, Jean-Pierre.
-[s.l.] : 1989. - 4 p.
Extrait :
Les troubles de Maurétanie
/ Euzennat, Maurice.
Comptes rendus des séances de l'année... - Académie des inscriptions et belles-lettres, 1984, n° avril-juin. - p. 372-393
Source: Bibliothèque d'Antiquité d'Aix
Encyclopédie berbère: Sommaire du fascicule XXV
Sous la direction de Salem Chaker
[...] (En septembre 2002) nous quittait Gabriel
Camps alors qu’il préparait le fascicule 25 de l’Encyclopédie berbère
dont il est le fondateur[...].
Son décès est considéré comme une perte inestimable aux études
berbères. Et l’on pouvait s’inquiéter quant au sort de l’Encyclopédie
berbère, cet outil scientifique indispensable pour les chercheurs. Mais
les efforts de Gabriel Camps qui a su, après des années de travail et
de production, constituer une large équipe solide et
pluridisciplinaire, ont fait que l’avenir de l’Encyclopédie n’est pas
hypothéqué.
Nous sommes, par ailleurs, très enchantés d’apprendre que l’Encyclopédie berbère continue sous la direction de Salem Chaker.
Nous publions ci-après le communiqué des éditions EDISUD annonçant la parution du fascicule 25 de l’Encyclopédie berbère.
Comuniqué des Editions EDISUD
L’Encyclopédie berbère continue !
Initiée par le professeur Gabriel Camps dès 1972 sous sa forme provisoire, l’Encyclopédie berbère paraît régulièrement aux éditions EDISUD depuis 1984 (fasc. 1).
Le décès de G. Camps en septembre 2002, alors qu’il préparait le fascicule 25, est un coup dur pour les Etudes berbères ; mais la publication continue car G. Camps avait su réunir autour de lui, depuis le début du projet, une large et solide équipe pluridisciplinaire.
Selon le souhait de G. camps, c’est désormais sous la direction de Salem Chaker, Professeur de berbère à l’INALCO (Paris) et collaborateur de la première heure de l’Encyclopédie berbère, que cette équipe, qui associe historiens, pré- et proto-historiens, linguistes, ethnologues, spécialistes de littérature, géographes..., va poursuivre le travail engagé et le mener à son terme en une dizaine de fascicules. A l’heure actuelle, 25 fascicules de l’Encyclopédie berbère sont parus (soit 3938 pages imprimées) ; ils comptent, rédigées par plus d’une centaine de collaborateurs, 1025 notices rassemblant des savoirs considérables, jusque là extrêmement dispersés, dans trois domaines principaux : les sciences historiques, l’ethnologie-anthropologie et la linguistique.
L’œuvre est donc déjà colossale et elle s’est imposée comme la référence mondiale en matière berbère ; pour l’avenir, l’Encyclopédie berbère s’efforcera à la fois de maintenir, voire d’accélérer le rythme de sa publication (l’objectif étant de parvenir à deux fascicules par an) et d’assurer un bon équilibre entre trois grandes disciplines (sciences historiques/ethnologie/linguistique), entre les régions et entre les périodes historiques. Des réimpressions sélectives thématiques sont également envisagées afin de rendre plus accessible et plus visible la masse impressionnante de connaissances rassemblées dans certains domaines.
La parution du fascicule 26, qui comportera notamment d’importants développements sur "Juifs" et "Kabylie" est prévue pour le 2ème trimestre 2004.
******
Fondateur : Gabriel CAMPS
Directeur : Salem CHAKER
Conseillers scientifiques
H. Camps-Fabrer, J. Desanges, O. Dutour, H. Claudot-Hawad, M. Gast
Comité de rédaction :
D. Abrous
M. Arkoun
E. Bernus
A. Bounfour
R. Chenorkian
M. Fantar
E. Gellner
S. Hachi
J.-M. Lassère
J. Leclant
K.-G. Prasse
L. Serra
K. Slimani-Direche
G. Souville
P. Trousset
M.-J. Viguerra-Molins
Sommaire du fascicule XXV de l’Encyclopédie berbère
Hommage à Gabriel Camps (biographie, oeuvre scientifique, photo) - Textes de :
- M. gast
- E. Bernus
- J. Desanges
- S. Chaker
I (suite et fin)
I.71a Isaqqamâren, par M. Gast
I.71b Isaqqamâren(organisation sociale), par H. Claudot-Hawad
I.71c Isaqqamâran(génétique), par Ph. Lefèvre-Witier
I.72 Iubalena natio, par J. Desanges
I.73 Iunam, par G. Camps
I.74 Iunci (Macomades), par P. Trousset
I.75 Ivoire, par H. Camps-Fabrer
I.76a Iwellemmeden, par E. Bernus
I.77a Izli M. Peyron
I.77b Izli, Note linguistique complémentaire de S. Chaker
I.78 Izriten, par G. Camps
Index I
J
J.1a Jabbaren (station rupestre), par G. Camps
J.1b Jabbaren (anthropologie), par H. Claudot-Hawad
J.2 Jachère, par J. Erroux
J.3. Jarre, par G. Camps
J.4 Jasmin, par M. Gast
J.5 Jatte, par G. Camps
J.6a Javelot, par G. Camps
J.6b Javelot (Sahara - Monde touareg), par H. Claudot-Hawad
J.7 Jaziya, voir D.61 Djaziya, D.71 Djerawa et H.51 Hilaliens
J.8 Jean Troglita, par Y. Modéran
J.9 Jermouni Aïssa, par M. Haddad
J.10a Jeux en Kabylie d’après Boulifa / S. Chaker
J.10b Jeux chez les Ayt Mgild (Maroc central), d’après M. Claverie
J.10c Jeux à Tabelbala (Sahara algérien) d’après D. Champault
J.10d Jeux en pays touareg, par E. Bernus
J.11 Jilani (Mukhammed) S. Walentowitz
J.12 Jouets, par E.B.
J.13 Juba I, Juba II, par M. Coltelloni-Trannoy
Source: Tamazgha
- Voir aussi : Encyclopédie Berbère: Sommaire du fascicule XXVI
Encyclopédie berbère: Sommaire du fascicule XXVI
Ci-après le sommaire du fascicule XXVI de l’Encyclopédie Berbère [ parue] aux éditions Edisud. Il est consacré essentiellement à la Kabylie.
Encyclopédie Berbère
Sommaire du fascicule XXVI (juin 2004)

"J"
J.14 Judaïsme dans l’Antiquité, par J. Lassère (p. : 3938-3951)
J.16 Juifs du Maghreb : de la conquête arabe à la décolonisation, par J. Taïeb (p. : 3952-3962)
J.16 Juifs au Sahara, par J. Oliel (p. : 3962-3968)
J.17 Juifs : Onomastique et langue, par J. Taïeb (p. : 3969-3975)
J.18 Jugurtha, par G. Camps (p. : 3975-3978)
Jugurtha, Note linguistique de S. Chaker (p. : 3979)
J.19 Jujubier, par M. Gast (p. : 3979-3981)
Jujubier, Note linguistique de S. Chaker (p. : 3981-3982)
J.20 Julien, voir I.46 Ilyan (p. : 3982)
Table des matières et Index J (p. : 3983-3985)
"K"
K1. Kabales (voir Bakales, EB IX, B17) - (p. : 3986)
K2. Kaboudia (voir Caput Vada, EB XII) - (p. : 3986)
"Kabylie" (p. : 3986)
K3. Kabylie : Géographie, par M. Dahmani (p. : 3986-3989)
K4. Kabylie : Anthropologie biologique , par M-C. Chamla (p. : 3990-3999)
K5. Kabylie : Art rupestre en Grande Kabylie, par G. Lefebvre ( p. : 3999)
K6. Kabylie : La Kabylie antique, par J-P Laporte (p. : 4000-4015)
K7. Kabylie : La région dans les écrits arabes, par R. Bellil (p. : 4016-4022)
K8. Kabylie : L’insurrection de 1871, par X. Yacono (p. : 4022-4026)
K9. Kabylie : Anthropologie sociale, par D. Abrous (p. : 4027-4033)
K10. Kabylie : Economie ancienne ou traditionnelle, par S. Doumane (p. : 4034-4038)
K11. Kabylie : Structures de l’agriculture en Grande Kabylie, par H. Isnard (p. : 4038-4042)
K12. Kabylie : Economie contemporaine, par M-O. Oussalem (p. : 4042-4046)
K13. Kabylie : Emigration, par K. Slimani-Direche (p. : 4046-4050)
K14. Kabylie : Les chrétiens, par K. Slimani-Direche (p. : 4050-4055)
K15. Kabylie : Langue, par S. Chaker (p. : 4055-4066)
K16. Kabylie : Dialectologie, par K. Naït-Zerrad (p. : 4066-4070)
K17. Kabylie : Littérature, par D. Abrous (p. : 4071-4074)
K18. Kabylie : Islam, par K. Chachoua (p. : 4074-4085)
K19. Kabylie : Le monde invisible. (voir C104) E.B (p. : 4085)
K20. Kabylie : Cosmogonie, par D. Abrous (p. : 4086-4092)
Kabylie : Cosmogonie, Note complémentaire de S. Chaker (p. : 4092-4093)
Encyclopédie Berbère
Centre de Recherche Berbère (INALCO - Paris)
EDISUD (La Calade, RN7, 13090 Aix-en-Provence.)
La francophonie en Algérie
Gilbert GRANDGUILLAUME
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,
Paris
LA FRANCOPHONIE EN ALGERIE
Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, Crimes et mensonges d'Etats, Histoire secrète, de la guerre d'indépendance à la "troisième guerre" d'Algérie, La Découverte, 2004, 665 pages, 23 €
Référence : Revue Hermès, Francophonie et mondialisation,
Editions du CNRS, N°40, octobre 2004, p.75-79.
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L'Algérie est un grand pays francophone et pourtant elle ne fait pas partie de la francophonie. Pour comprendre ce paradoxe, il faut réaliser que la langue française en Algérie est l’objet d’une forte ambivalence, qui présente des aspects sociaux, culturels, politiques et identitaires. L’Algérie a été constituée par la France tout en étant déniée d’une identité propre : « l’Algérie, c’est la France », a-t-on longtemps répété. La langue française est ainsi au cœur d’un nœud complexe. Il faut donc exposer ces problèmes, examiner la situation actuelle et s’interroger sur les perspectives ouvertes. Les problèmes liés à la francophonie en Algérie. Le paysage linguistique de l'Algérie est multilingue. Citons d'abord l’arabe, langue du Coran et de l'islam. Dénommé arabe classique, seule langue arabe écrite, considéré comme sacral et affecté aujourd'hui à des usages profanes, il a été en position difficile durant la colonisation. En effet, la langue française prit sa place dans l'enseignement et les usages officiels. L'ouverture au monde moderne se fit par le français. Par ailleurs, la langue maternelle est représentée par des parlers arabes et par des parlers berbères dans certaines régions, telles que la Kabylie. Bref, en 1962, tout le pays fonctionnait en français : enseignement, administration, environnement, secteur économique. Du fait de l'extension de l'enseignement avec l'indépendance, la langue française s'est beaucoup plus implantée en Algérie qu’elle ne l’avait fait durant la colonisation. Toutefois le gouvernement algérien voulait réaliser la « face culturelle de l'indépendance » en mettant à la place de la langue française la langue arabe, non pas la langue parlée, mais la langue arabe standard issue de l'arabe coranique : ce fut l'objet de la politique linguistique d'arabisation[i]. En dépit de résistances diverses, cette opération fut menée à son terme dans les années 80 jusqu'à la production de bacheliers en arabe. Le français a continué à être enseigné comme langue étrangère depuis la quatrième année de l’enseignement primaire, mais sa place a été réduite : le tableau suivant donne une idée de cette évolution en ce qui concerne le nombre de maîtres dans l’enseignement primaire selon la langue qu’ils utilisent.
Effectifs enseignants du primaire. Source : Ministère de l’Education nationale, Alger. En ce qui concerne l'enseignement supérieur, son arabisation fut largement entamée, notamment dans les sciences humaines, mais le secteur économique ( et en partie administratif) a continué à être géré en français (ou à la rigueur en anglais). Cette politique d'arabisation s'est déroulée de façon conflictuelle, à la différence de ce qui s'est passé en Tunisie et au Maroc, où une option de bilinguisme franco-arabe a été généralement assumée. Ce bilinguisme fut pratiqué dans les premières années de l’indépendance, mais le conflit qui opposait deux couches de la société a visé à éliminer la langue française. Les enjeux en étaient idéologiques, mais aussi économiques : il s'agissait pour les arabisants de prendre les places occupées par les francisants, au besoin en créant chez eux une mauvaise conscience fondée sur le lien langue française - France - colonisateur. Ainsi cette politique s'est imposée dans un climat d'hypocrisie sociale (la langue française demeurant la langue de la réussite réservée à l'élite), et a conduit à une faillite du système d'enseignement, constatée tant par les personnalités politiques (présidents Boudiaf, Bouteflika), que par des commissions de réforme de l'enseignement (révélant par exemple le taux important d'échecs à l'examen du baccalauréat). De plus cette politique d'arabisation s'est trouvée discréditée à partir des années 80 par le lien qu'elle a entretenu avec le mouvement islamiste qui a utilisé les enseignants arabisants pour sa propagation. Elle l'a été enfin par le fait que ses promoteurs se sont opposés non seulement à la langue française, mais aussi aux langues parlées[ii], arabes et surtout berbères, ce qui a engendré, de la part des Kabyles principalement, une opposition déterminée à cette politique. Au mépris de considérations pédagogiques, l’arabisation a été l’instrument d'un clan politique, elle a été un moyen de conquête d'une partie du pouvoir. Elle était en même temps utilisée par le régime en place qui recherchait une légitimité dans la référence à l'islam et dans l'hostilité à la France. Or ce même pouvoir, considéré dans les années 80 comme autoritaire et corrompu, avait utilisé la langue française pour la gestion du pays : de ce fait celle-ci avait pris aux yeux des masses une connotation oppressive. Mais comme elle bénéficiait par ailleurs d'une image positive d'ouverture à la modernité et de libération des tabous traditionnels, elle s'est trouvée au cœur d'une ambivalence, objet d'attachement et de rejet, sur le modèle de la relation à la France. L'état de la francophonie en Algérie Aujourd'hui la langue française tient en réalité une grande place en Algérie. Elle est enseignée à partir de la quatrième année du degré primaire. Il est question de le faire dès la seconde année, et de reprendre la formation d'enseignants de français, qui avait été négligée depuis les années 80. Elle a sa place dans le secondaire comme langue étrangère, et dans le supérieur, surtout dans les matières scientifiques. Elle est pratiquée dans de nombreuses écoles privées (autrefois interdites). Elle est toujours considérée comme la clé nécessaire pour poursuivre des études (notamment à l'étranger) ou pour trouver un emploi[iii]. Sa connaissance est liée pour les jeunes à l'espoir d'émigrer. Elle est présente dans les foyers par la télévision, les quotidiens publient les programmes de la télévision française, de telle sorte qu'une fraction importante de l'opinion algérienne vit à l'unisson de la vie publique en France. Une bonne proportion de la presse, privée ou publique, est publiée en français. Quant au secteur économique, il ne fonctionne qu'en français ou en anglais. La loi de généralisation de la langue arabe, adoptée en décembre 1996, n'a été suivie d'aucune application. Ainsi, à la différence des années 80, il n'y a plus en Algérie d’impératif politique susceptible d’exclure la langue française ou d’en interdire l'emploi. Outre sa présence directe, le français est présent en Algérie dans le langage quotidien par son association aux autres langues parlées, dans le cadre de ce qu'on appelle l'alternance codique : une phrase comprenant une alternance d'algérien, de français, de berbère. Le français est devenu un réservoir des langues algériennes : arabes ou berbères, elles prennent des mots français auxquels elles donnent une forme locale : téléphonit-lu, « je lui ai téléphoné », entend-on couramment. C'est donc une nouvelle façon de parler qui se crée en Algérie, à laquelle le français est associé, de même qu'il l'est à la création artistique d’auteurs, de chanteurs ou de comédiens, qui ont recours à trois langues d’expression : le français, l’arabe et le berbère. Une enquête récente de D.Caubet sur la création artistique[iv] donne la parole à certains d’entre eux. Des perspectives ouvertes Lors du 9ème Sommet de la Francophonie à Beyrouth en octobre 2002 le président Bouteflika a prononcé devant l’Assemblée un important discours exprimant l’ouverture de l’Algérie au monde extérieur. Il y participait en tant qu'invité personnel du président libanais. De fait cette démarche ne s’est pas doublée d’une adhésion officielle à laquelle l'opinion algérienne n'est pas préparée. Dans le même temps une commission de réforme de l'enseignement a travaillé durant une année (2001-2002 ). Son rapport n'a pas été rendu public mais il s’est avéré qu'une partie importante de ses travaux a été dominée par l'opposition entre partisans et adversaires du français, dans le cadre d'une rénovation de la pédagogie et d'une modernisation de la structure d'enseignement. Les conflits qui ont suivi ces travaux ont révélé une sensibilité d'une bonne partie de l'opinion à la question linguistique et ont révélé un attachement profond à la langue arabe pour différentes raisons. Pour certains l'échec de l'enseignement est lié à la part trop grande réservée au français dans le milieu social. De plus, l'attachement à la religion, à une forme de vie traditionnelle, la conscience de l’hypocrisie sociale qui entoure la question du français, la méfiance vis-à-vis d'un débridement des mœurs sous l'influence occidentale, font qu'existe un large courant d’opinion attaché à la langue arabe, qui empêche le pouvoir de décider certains changements, comme des mesures pour l'accroissement du français dans les programmes, et encore plus, l'adhésion à la francophonie. Toutefois il existe aussi - et en partie chez les mêmes - un fort courant moderniste qui estime que la revalorisation de l’enseignement nécessite de donner une part plus grande au français (voire à l’anglais). Ceci conduit à s'interroger sérieusement sur la place des langues en Algérie. Il est certain que l'arabisation, même mal conduite, répondait réellement à un souhait de la population d'être rattachée par cette langue à l'islam et au monde arabe. Or cette conscience existe toujours, réactivée quotidiennement par les événements de Palestine et d'Irak. C’est pourquoi les circonstances actuelles, qui pourraient conduire à donner une part trop belle au français, et ceci d'autant plus facilement qu'une large part de l'opinion le souhaite, doivent être considérées avec une grande prudence. En fait l'Algérie a besoin des deux langues de culture, le français et l'arabe, pour des objectifs différents, complémentaires, mais potentiellement antagoniques. Aussi la meilleure solution à envisager dans le cadre de la francophonie serait d'aider l'Algérie à mettre en place un véritable bilinguisme, hors de l'opposition actuelle qui réserve le français au moderne et l'arabe à la tradition. Car c'est une promotion des deux langues qui est nécessaire, dans une coopération pédagogique qui aide l'arabe à se moderniser, et le français à être approprié. C'est seulement à cette condition que la perspective de diversité culturelle pourrait témoigner de sa sincérité, alors qu'une victoire trop facile du français sur l'arabe, à la faveur des déboires subis par la politique d'arabisation, pourrait réserver des lendemains amers. Un colloque tenu à l'Institut du Monde Arabe[v], organisé par le ministère des Affaires Etrangères (qui vient de mettre en place, en coopération avec l’Algérie, un important programme de formation de professeurs de français), a semblé admettre cette perspective, mais sa mise en œuvre ne pourra se faire que si la francophonie n’est plus perçue comme un nouvel impérialisme linguistique, mais comme un cadre qui veut réserver ses chances à toutes les langues, à plus forte raison à une langue comme l'arabe qui plonge ses racines dans une longue histoire culturelle, dans laquelle l'Algérie reconnaît une part de son identité.
[i] Pour cette question, voir mon ouvrage Arabisation et politique linguistique au Maghreb , Maisonneuve et Larose, Paris, 1983, et pour le suivi récent, ma contribution « Les enjeux de la question des langues en Algérie », in Les langues de la Méditerranée, R.Bistolfi dir., Paris, L’Harmattan, 2003, p.141-165. [ii] Voir à ce sujet Mohamed Benrabah, Langue et pouvoir en Algérie. Histoire d’un traumatisme linguistique, Paris, Séguier, 1999. [iii] C’est ce que révèle l’étude « perception et pratique des langues étrangères dans le système éducatif en Algérie », Revue du CENEAP (Centre National d’Etudes et d’Analyses pour la Planification), N°18, Alger , 2000. [iv] Dominique Caubet, Les Mots du Bled, Création contemporaine en langue maternelle, Paris, L’Harmattan, 2004. [v] Colloque « Français-arabe, arabe-français : construire ensemble dans une perspective plurilingue », Institut du Monde Arabe, 13-14 novembre 2003, Paris. Source: grandguillaume.free | |||||||||||||||||||||||||
“Isefra n’Si Moh U M’hand’’ : un nouvel ouvrage prochainement dans les librairies
Mohand
Zine Arab, un chercheur autodidacte en patrimoine berbère du village de
Taourirt-Amrane (Aïn El Hammam), a lui aussi cumulé un certain nombre
de poèmes de Si Mohand tout au long de ses harassantes investigations.
Des variantes de poèmes déjà transcrits ailleurs et des inédits forment
le nouvel ouvrage qu’il s’apprête à publier dans quelques quelques
semaines chez “Les Editions du Savoir’’ à Tizi Ouzou. 
Sans
qu’elle soit déclarée officiellement comme telle, l’année 2006 sera
sans doute celle d’Ibn Khaldoun dont ont commémore le 600e anniversaire
de sa mort comme elle sera aussi l’année de Si Muh U’M’hand qui est
mort il y a exactement un siècle.
Depuis le siècle qui a précédé
la naissance de l’historien et sociologue maghrébin jusqu’à la fin du
19e siècle, où la parole magique de Si Mohand U M’hand atteignit son
acmé dans une aventure qui dépasse la volonté même du poète, la société
algérienne a vécu de multiples épreuves qui ont marqué une rupture
radicale avec l’héritage almohade en se matérialisant par l’effritement
de l’organisation politique et le début des occupations de l’ère
moderne : espagnole, puis turque et, enfin, française. C’est suite à
cette dernière, et plus particulièrement suite à la conquête de la
haute Kabylie en 1857 par les armées françaises, que le destin de Si
Mohand U M’hand se forgea dans le sang, la déportation et la misère.
De
la tragédie et de la fatalité collectives, il a su exprimer par des
mots simples, trempés dans la philosophie et le rhétorique kabyles,
l’histoire, le récit, les angoisses et les espoirs. Il a fait de son
cas personnel, le pattern de la déréliction humaine que coltinera la
société algérienne des décennies durant. A côté de Cheikh Mohand U
Lhocine, qui symbolise la rigueur morale et la sagesse kabyle
hypostasiées en conduite de la vie, Si Mohand U M’hand se révèle comme
un repère, un des éléments fondateurs de la modernité kabyle qui se
prolongera dans les luttes du Mouvement national, la guerre de
Libération et les mouvements culturels et politiques qui secoueront la
Kabylie de l’après-indépendance.
Depuis les travaux consacrés par
certains chercheurs coloniaux, puis par Boulifa, Feraoun et Mammeri, à
la vie et à l’œuvre de Si Mohand U M’hand, d’autres ouvrages ont vu le
jour au cours de ces dernières années. On se contentera de citer Younès
Adli et le dernier livre de Ghobrini, ‘’La Rencontre des Géants’’, sur
le ‘’sommet’’, l’unique, ayant réuni Si Muhand U M’hand et Cheikh
Mohand U Lhocine.
Mohand Zine Arab, un chercheur autodidacte en
patrimoine berbère du village de Taourirt-Amrane (Aïn El Hammam), a lui
aussi cumulé un certain nombre de poèmes de Si Mohand tout au long de
ses harassantes investigations. Des variantes de poèmes déjà transcrits
ailleurs et des inédits forment le nouvel ouvrage qu’il s’apprête à
publier dans quelques semaines chez ‘’Les Editions du Savoir’’ à Tizi
Ouzou. Certains de ces poèmes ont été confiés depuis des années à des
personnes qui, apparemment, préparaient des travaux sur Si Mohand.
Mais, inquiet du sort qui pourrait leur être réservé après des années
d’attente, Mohand Zine se résout à les faire publier lui-même au grand
bonheur des passionnés du patrimoine littéraire kabyle. Il faut
souligner ici que la décision d’éditer un ouvrage sur Si Mohand U
M’hand ne relève nullement, chez Mohand Zine, d’un effet de mode. Ce
sont des pièces qu’il a amoureusement gardées dans son écrin depuis de
longues années à côté d’autres textes dont il a patiemment fait la
recension et qui, espérons-le, feront l’objet de publication.
L’itinéraire
particulier et le destin exceptionnel de ce démiurge de la création
kabyle moderne font que tous les travaux menés jusqu’à présent sur son
œuvre et sa vie n’ont aucune chance d’épuiser le sujet. Poésie
disséminée aux quatre vents dans une fougueuse oralité, mythe entretenu
sur la personnalité et l’inspiration du poète, échos d’une insondable
fertilité auprès des générations du 20e siècle, tout cela fait que les
recherches et les interrogations sur le poète ne font peut-être que
commencer.
Au recueil sobrement intitulé : ‘’Isefra n’Si Muh U M’hand’’ de Arab Mohand Zine, nous avons fait le texte introductif suivant :
Une épopée en devenir
“Ur d djin imezwura
ayn ad inin ineggura’’ (nos devanciers n’ont rien omis qui puisse
encore être dit par notre génération). Cette maxime kabyle pourrait
s’appliquer aussi bien à la poésie de Si Mohand U M’hand que pour les
études et recherches auxquelles ont donné lieu ses textes après leur
recension qui n’a jamais épuisé un patrimoine au sort et aux
ramifications exceptionnels. Patrimoine ; voilà un concept par
l’ambiguïté duquel les recherches les plus raisonnées et les plus
sincèrement engagées comme les manipulations les plus diaboliques des
tenants de la culture officielle ont été justifiées.
Après Père
Savignac, Boulifa, Feraoun et Mammeri et d’autres auteurs plus récents
qui ont produit des livres sur Si Mohand et sa poésie, un autre ouvrage
sur le poète et sa création serait-il vain ou d’une importance
subsidiaire ? La lecture du livre de Mohand Zine Arab nous suggère tout
à fait le contraire. Mieux, elle nous conforte dans l’idée que Si
Mohand demeure un repère inamovible, un poète démiurge de la kabylité
retrouvée qu’il importe toujours de héler et d’interroger par ces temps
retors coincés entre le miroir d’un passé aussi glorieux que chaotique
et un présent guère mieux servi par une modernité factice, plus subie
que sereinement vécue.
Le travail accompli par les prédécesseurs
de Mohand Zine Arab a été effectué dans des conditions et un contexte
des plus délicats où la culture authentique de tout un peuple était
ravalée, dans le meilleur des cas, au rang de simple folklore
lorsqu’elle ne figure pas dans le registre des survivances d’une
expression indigène bonne pour égayer les nostalgiques d’un exotisme de
pacotille blasés par la civilisation moderne. Leur mérite est d’autant
plus grand qu’ils firent des pièces exhumées de Si Mohand un matériau à
partir duquel d’autres interrogations et d’autres recherches verront le
jour de façon à permettre à d’autres passionnés de la culture kabyle
d’insérer les strophes, l’angoisse et la philosophie mohandiens dans
une épopée générale de la renaissance kabyle.
Les inédits et les
variantes des poésies de Si Mohand que nous présente ici Mohand Zine
Arab sont le fruit de recherches harassantes et obstinées d’un
passionné du verbe kabyle. Ayant eu accès aux travaux antérieurs menés
par les Mammeri, Feraoun et d’autres chercheurs en anthropologie
culturelle, il restait l’éternel insatisfait du fait que ses propres
investigations lui ont fait découvrir des facettes méconnues du poète
et des strophes non recensées de ses compositions. De ces dernières, il
nous présente ici celles qu’il juge mériter d’être connues des
lecteurs, car d’autres pièces de notre troubadour, répertoriées par
l’auteur de ce livre, seraient vus comme ‘’vulgaires’’, ou du moins
offenseraient quelque peu la morale générale. C’est un choix qu’il
convient sans aucun doute de respecter même si Si Mohand U M’hand est
un tout dont la philosophie de la vie est faite des grands moments
d’interrogation allant de la métaphore lyrique sur la beauté
inaccessible et dévoreuse des coeurs jusqu’à la déréliction humaine
faisant plonger l’homme dans l’angoisse existentielle, le doute, et
parfois même dans l’irréligion.
Le recueil à la lecture duquel
nous invite l’auteur est composé de textes en version originale kabyle
et d’une traduction en français. C’est maintenant une pratique bien
établie qui facilite la lecture à tous ceux qui trouveraient des
difficultés à comprendre le texte original. Demeure l’éternelle
problématique de la traduction, sujet traité et trituré par tous ceux
qui, peu ou prou, ont eu à s’expliquer sur le passage d’une langue à
une autre, particulièrement dans un domaine aussi délicat que la
poésie. Celui qui a sans doute pris le plus conscience de la relativité
de l’entreprise de traduction, en l’occurrence Mouloud Mammeri, se
trouve être, à notre sens, l’un des moins infidèles traducteurs du
kabyle au français. Ceux qui ont assisté Arab Mohand Zine dans cette
difficile tâche ont fait de leur mieux pour rendre l’idée développée
par les vers de Si Mohand à défaut d’en communiquer toute la saveur et
toute l’envoûtante ivresse. Comme le dit bien le proverbe kabyle : on
ne peut pas, ici-bas, acquérir, tout à la fois, la perdrix (comme
gibier) et ses œufs (Tasakurt, timallalin). Le joyau d’un tel travail-
et qui justifie exclusivement les efforts qui y sont investis- demeure
indubitablement la collecte des compositions elles-mêmes, présentées en
kabyle, langue dans laquelle elles ont été dites par notre barde. Le
défi qu’il s’agissait de relever dans ce cas de figure- une réussite
incontestable qui comblera de bonheur tous ceux qui sont attachés à la
promotion et à la modernisation de la culture kabyle-, a été de faire
accéder au domaine de l’écrit des pièces fort dispersées, sauvegardées
par la simple magie de l’oralité.
Le travail de Mohand Zine Arab, fruit d’une patiente et longue investigation solitaire, nous redonne l’espoir, quelque peu émoussé ces dernières années, que d’autres poètes soient redécouverts et leurs œuvres dépoussiérées. Nous pensons par exemple à Youcef Ulefqi de Taourirt-Amrane, compagnon et émule de Si Mohand ayant à son actif un riche répertoire détenu par quelques rares vieilles personnes, comme nous pensons aussi à d’autres aèdes dont la fortune est plus aléatoire puisqu’ils sont encore confinés dans un quasi anonymat. Une chose paraît sûre avec l’ouvrage que nous tenons entre les mains : ce n’est pas un livre de plus sur Si Mohand U M’hand. Ce sont plutôt d’autres pièces du puzzle de la culture kabyle qui nous parviennent des tréfonds de la mémoire et qu’il importe d’ajouter au grand édifice entamé par les pionniers et les pères de la renaissance kabyle.
Amar Naït Messaoud
‘’Isefra n’Si Muh U M’hand’’ de Arab Mohand Zine
A paraître aux Éditions du Savoir, Tizi Ouzou
Source: La Dépêche de Kabylie
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