L'auteur

Apulée est né vers 125 ap. J. C. à Madaure, aux confins de la Gétulie et de la Numidie, non loin de Cirta, splendidissima colonia. Cirta c'est l'actuelle Constantine. En d'autres termes, Apulée serait aujourd'hui Algérien. Fils d'une famille qui appartenait à la bougeoisie cossue des cités provinciales, Apulée fit ce que font encore aujourd'hui les fils de famille : des études dites supérieures. Carthage rayonnait alors, sur l'Afrique du Nord, de tout son éclat universitaire. Le jeune Apulée alla vite se réchauffer à cet intense foyer de culture latine.

Après avoir séjourné à Rome, il se rendit à Athènes où il goûta aux conférences des philosophes tout en se faisant initier aux Mystères. De ce séjour athénien, il retira une connaissance incomparable de la langue grecque. De retour à Carthage, il mena une vie publique de rhéteur et de conférencier et fut choisi comme prêtre du culte impérial.


Info Soir - 8 mai 2008

Premier romancier de l'humanité
Apulée, enfant de Souk Ahras, revisité

La vie, la personnalité et la pensée d'Apulée, premier romancier de l'humanité, né à Madaure (actuel Medaourouch, dans la wilaya de Souk Ahras), ont été au centre de la conférence donnée hier après-midi à la Bibliothèque nationale d'Alger par le professeur français, Paul Mattei. «Apulée de Madaure a été en même temps un témoin et un représentant d'une civilisation en pleine mutation», a indiqué le professeur de langue et littérature latines à propos de cet auteur numide qui est l'auteur d'un ouvrage «picaresque» intitulé L'Ane d'or, considéré comme le premier roman de l'humanité et dont la traduction en arabe a été réalisée par l'universitaire algérien feu Abou Laïd Doudou.

«Apulée, qui a aussi écrit des œuvres philosophiques d'inspiration platonicienne, est aussi célèbre pour L'Apologie, un long discours de plus de cent pages dans lequel il parle des mutations de situations, de sentiments et d'idées du 2e siècle mais surtout des rapports entre les hommes et les femmes à l'intérieur de la famille», a précisé l'universitaire français mettant en exergue les «évolutions juridiques» évoquées par Apulée. «Outre la somptueuse rhétorique, L'Apologie est un témoignage historique de premier ordre sur le 2e siècle», a affirmé Paul Mattei à propos de l'œuvre d'Apulée «un fils de la Numidie, l'une de ces provinces de l'Afrique romaine, une région riche sur le plan linguistique, économique et agricole».

«La richesse de l'Afrique romaine était réfractée à travers une multitude de petites cités», a expliqué le conférencier citant la partie Est de l'Algérie, «une région de cités fort urbanisée». L'universitaire français a aussi évoqué la vie d'Apulée, né autour de l'an 125 qui, après une formation à Carthage «cité des écoles et des avocats», a suivi des études au Conservatoire de la philosophie d'Athènes avant de revenir dans son village où il mena une vie de conférencier mondain. «Apulée qui parlait plusieurs langues a toujours revendiqué son appartenance régionale», a conclu Paul Mattei qui a qualifié Les métamorphoses, un roman en onze tomes de «l'un des plus beaux morceaux de la littérature latine».

R. C. / APS

Info Soir - 3 juillet 2007

Apulée le rebelle, le philosophe

Le Théâtre national présentera, demain, mercredi, sa nouvelle production : Apulée, une pièce écrite par Ahmed Hamdi et mise en scène par Bouzid Chawki.

«La pièce renvoie à l’histoire de l’Algérie», a déclaré le metteur en scène lors d’une conférence de presse hier au Théâtre national. Et d’ajouter : «C’est l’histoire d’Apulée, un personnage numide entré en rébellion contre l’autorité romaine. C’était un philosophe et un combattant à la fois.»

Dans ce texte dramatique, le personnage d’Apulée est un personnage tragique : «Il lutte contre son destin, sachant que la bataille est perdue d’avance», a indiqué le metteur en scène, avant de poursuivre que le protagoniste, un héros, a connu une fin tragique : l’action révolutionnaire qu’Apulée a menée contre Rome est réprimée, et le rebelle est capturé et exilé. Il est banni de son pays.

«La pièce revêt une importance particulière», a expliqué Chawki Bouzid, et ce, dans la mesure où «elle traite trois aspects : le rapport de l’intellectuel à l’autorité, la richesse de l’identité nationale et le rôle de l’intellectuel dans l’écriture de l’Histoire».

«J’invite à travers cette pièce les intellectuels algériens, notamment les historiens à restituer à la personnalité d’Apulée sa place dans la mémoire collective», a-t-il lancé. S’agissant ensuite du travail de la mise en scène, Chawki Bouzid a indiqué : «Nous avons tenu à combiner les aspects modernes au passé historique. Cette conjugaison apparaît et dans le décor et dans les costumes». Interrogé aussitôt sur les raisons de ce choix, Chawki Bouzid a répondu : «C’est pour montrer et dire que Apulée est un personnage de tous les temps, que son action s’inscrit n’importe où de par le monde ; c’est un personnage universel. Il s’agit également d’une lecture moderne – et actuelle – de notre histoire.»

La pièce mêle, en outre, musique et chant au jeu de la scène. «Nous avons tenu aussi à faire un mélange de chant et de théâtralité, a-t-il relevé et, pour ce faire, nous avons fait appel à des étudiants du conservatoire de musique qui montent sur les planches pour la première fois. C’est une manière pour eux de faire du théâtre et du coup s’initier au jeu de la scène. Nous avons voulu par cette initiative former des jeunes au théâtre et assurer en conséquence la relève.»La pièce sera jouée en arabe classique. «Ce sera de l’arabe spontané», a-t-il expliqué. Et de souligner : «Il faut savoir qu’on ne joue pas et qu’on ne dit pas un texte, mais qu’on joue plutôt une situation.» Cela revient à dire que l’important dans cette pièce n’est pas le registre linguistique puisqu’il s’agit d’un prétexte pour raconter une histoire, montrer des personnages.

«Nous ne privilégions pas la langue, mais l’action théâtrale. Notre texte se veut universel. Il s’adresse à l’humanité.»

Enfin la pièce sera jouée par une vingtaine de comédiens. «Au départ, je voulais faire du texte un opéra, mais comme l’argent fait cruellement défaut, j’ai dû donc me contenter de ramener mon projet à une expression théâtrale», a-t-il expliqué.

Yacine Idjer

Info Soir - 24 mai 2005

L’œuvre d’Apulée sur les planches
Un mythe revisité

Apulée de Madaure sera bientôt mis en scène par le Théâtre régional de Constantine.

La version arabe de la célèbre œuvre du romancier algérien Apulée de Madaure, qui a vécu au deuxième siècle de l'ère chrétienne, sera mise sur scène au mois de juin prochain par le Théâtre régional de Constantine (TRC).

Natif de l'ancienne Madaure, actuellement M'daourouche, une commune de la wilaya de Souk-Ahras, Apulée a écrit deux romans intitulés L'âne d'or ou les métamorphoses et Le conte d'Amour et de Psyché.

Cette dernière œuvre, qui remonte au deuxième siècle de l'ère chrétienne, a inspiré le TRC, qui a fait appel au concours du célèbre dramaturge et metteur en scène irakien Djaoued El-Assadi afin d'en faire une pièce théâtrale en arabe classique.

Traduit par Abou Laïd Doudou sous le titre L'âne d'or, ce conte évoque l'histoire de Psyché, une princesse dont la beauté était si rare et si incomparable qu'elle fut prise pour une déesse. La déesse Vénus, jalouse de Psyché, décida de punir cette beauté et lui faire payer cher l'usurpation de ses droits.

Le directeur du TRC, Abdelhamid Ramdani, a affirmé, au sujet de ce projet, que le ministère de tutelle a donné son aval pour le montage du spectacle, exigeant une distribution de rôles spécifiques, une scénique particulière, un décor approprié, des costumes adéquats et un jeu de lumière étudié.

Une fois réalisée, cette pièce, qui entre dans le cadre de la promotion et de l'encouragement du théâtre expérimental, représentera l'Algérie à la 19e édition du festival du théâtre expérimental prévu, en septembre prochain, au Caire (Egypte) avant d'être inscrite au programme des manifestations célébrant l'Année de l'Algérie, capitale de la culture arabe, en 2007.

Le dramaturge irakien a donné son accord pour la réalisation de ce projet artistique, dont le montage est évalué à 7 millions de dinars.

Djaoued El-Assadi devrait, dans ce contexte, se rendre incessamment à Constantine et contribuer, par le biais de la mise en scène de l'œuvre d'Apulée de Madaure, considéré comme étant le premier romancier algérien de son histoire, à l'amélioration et à l'élévation du niveau artistique des comédiens et techniciens du TRC.

M. El-Assadi, connu du public constantinois pour avoir déjà présenté sur les mêmes planches sa pièce Femmes traditionnelles en guerre, compte également aider les jeunes metteurs en scène du TRC à approfondir leurs connaissances et leur expérience dans le domaine de l'art dramatique en général et du théâtre expérimental en particulier.

Source: Dz Lit

R. C.