La Bibliothèque nationale d’Alger a abrité, dans la soirée de dimanche, une conférence-débat portant sur la musique, moyen de communication entre les civilisations et les cultures arabes, animée par Maya Saïdani. Prévue à 21 h, la conférence ne débutera qu’une heure après

Ce retard accusé était dû en partie à la défection, au dernier moment, du professeur et musicien Ahmed Serri, lequel devait animer conjointement avec Maya Saïdani la rencontre. Dans une courte communication, la musicologue Maya Saïdani a, d’emblée, précisé que la musique est un thème vaste qui ne faut être débattu en deux heures de temps. Toutefois, la musique a pour principal objectif de faire appel à la paix. l’intervenante s’est posée plusieurs questions dont :  Si on pouvait considérer toute musique comme un moyen d’expression, qu’elle est le devenir de la musique algérienne au sein de la société ? Que savons-nous de la musique algérienne ? Existe-t-il une ou des musiques algériennes ?

Sur un ton serein, la conférencière a levé le voile sur la problématique des messages véhiculés à travers les différents styles que renferme la musique algérienne dont le raï. Elle n’a pas manqué de souligner que certains musiciens se sont lancés dans la modernisation de la musique, et ce, dans un but lucratif. C’est ce qui explique en partie les mauvais produits qui existent sur le marché national. « L’enfant, dit-elle, doit être bercé, dès son jeune âge par la musique. Une écoute attentive doit se faire au lieu de considérer la musique comme un moyen de divertissement. La musique est un phénomène scientifique qui nécessite avant tout une compréhension. Des parents habituent leurs enfants à écouter une musique de qualité mais je ne sais pas si on va vers une qualité ou une production. » Nos musiques, précise-t-elle, sont des traditions orales. « A mon sens, quelque part, il y a un problème dans nos notes musicales, car il y a rupture entre les traditions orales. »

Actuellement, la structure de la société algérienne ne lui permet pas de suivre un maître précis. Les médias nationaux ont un rôle important dans l’éducation de la musique. Ils se doivent de contribuer d’avantage pour apprendre aux auditeurs et de les éduquer à écouter la musique traditionnelle. La diversité des styles musicaux contribue à l’aboutissement d’une définition précise de la musique. Concernant l’histoire de la musique andalouse, l’interlocutrice a affirmé qu’il faut être prudent sur ce volet. A son avis, la question de la musique andalouse classique reste toujours posée. « Les textes existent certes, mais on ne sait pas qui a fait quoi. Il y a des genèses de la musique. Aujourd’hui, les musicologues hésitent à décider s’ils doivent parler de musique algérienne ou des musiques algériennes », argumente-t-elle.

A la question de savoir ce qu’elle pense sur l’apparition de certains groupes gnawa qui se plaisent à métisser les différentes musiques du monde, elle a argué que la qualité des produits de ces groupes dépend de leur niveau artistique et de leur savoir-faire en matière musicale. Il est à noter, par ailleurs, que Maya Saïdani est actuellement maître-assistante à l’Ecole supérieure de musique. Après des études à La Sorbonne où elle obtient un DEA, elle décroche par la suite un doctorat en histoire de musique et de musicologie. Elle vient tout juste d’éditer aux éditions Casbah un important et volumineux ouvrage, intitulé La musique du Constantinois, contexte, nature, transmission et définition.

Source: El Watan

Edition  du 16 octobre 2006

Par Nacima Chabani