Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration Connexion + Créer mon blog
canalblog
MENU
Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie Tous les blogs Littérature, BD & Poésie
Recherche
Connexion + Créer mon blog Editer l'article Suivre ce blog Administration
Partager
Carnets berbères et nord-africains
Publicité
Carnets berbères et nord-africains
Articles récents
  • index Carte du site Recherche avancée Rechercher
  • 1er novembre 1954 : C’était le début d’une belle révolution
  • Bibliothèque nationale [d'Alger] : la musique comme moyen d’expression
  • Nadia At Mansour, chanteuse, poète et écrivain kabyle
  • La « culture nébuleuse » ou l’islam à l’épreuve de la comparaison
  • Idir, l’espace kabyle et les grands espaces
  • Portrait: Militant de la cause nationale, historien
  • Emblèmes et chronologie sur l'Algérie
  • Les Berbères - Des tribus juives des Aurès aux mellahs des villes côtières
  • Vidéo INA: Visite et discours de De Gaulle en Kabylie en 1961
Derniers commentaires
Contacter le propriétaire du blog
  • Carnets berbères et nord-africains
  • >
  • 04- Chants et musique
  • >
  • Malika Ouahes sur les traces de Taos Amrouche
24 février 2008

Malika Ouahes sur les traces de Taos Amrouche

Son père s’appelle Ramdane At-Mansour, sa sœur Nadia At-Mansour. Le premier est universitaire, poète connu pour ses recueils : Isefra n at zik, Tiɣri, Agani… Nadia pour sa part est psychanalyste et chanteuse interprète. Elle s’est faite connaître par son album Chants soufis de Kabylie. Elle a également publié A la recherche de l’âme Interprétation d’un conte kabyle initiatique, une analyse pour le moins novatrice dans le champ de la littérature berbère qui applique les concepts psychanalytiques à un conte kabyle. C’est dire que les At-Mansour sont des agents culturels très impliqués dans le champ littéraire kabyle et qui montrent, si besoin est, qu’on peut être moderne tout en s’imprégnant du patrimoine traditionnel. ...

Quand on évolue dans pareil entourage familial, on ne peut qu’être tenté à son tour de goutter au plaisir des mots, du chant, de la musique…Malika Ouahes a non seulement reçu le flambeau mais elle le porte bien. Ceux et celles qui ont assisté le 20 mai passé à sa performance au Théâtre de la Vieille Grille ne sont pas repartis déçus. Tenus en haleine pendant une heure et demi, les spectateurs sont pour la plupart restés subjugués par le talent multiple d’une femme exceptionnelle.

Performance est le juste mot pour caractériser le travail de Malika Ouahes. A elle seule, elle a pu, le temps du spectacle, exécuter en solo des chants qui rappellent la Kabylie traditionnelle. Si ces chants sont aujourd’hui tombés en désuétude, c’est un pur bonheur de les retrouver sous une forme renouvelée. Leur exécution en solo leur donne une esthétique particulière. L’interprète passe avec une formidable aisance d’un chant d’amour (Siweḍ sslam i bu leɛyun) à un d’autres chants traitant d’autres thématiques sans que le spectateur étranger à la culture berbère ne se sente perdu. Les commentaires de Malika Ouahes tant sur les chants que sur leur genèse l’introduisent avec une passion inouïe dans le vif du sujet. Le superbe jeu de voix donne à l’oreille l’illusion d’une exécution collective des chants. C’est là une des facettes de la modernisation du chant traditionnel de le faire passer d’une sphère collective à une prise en charge individuelle. Les chants ne sont plus l’expression de préoccupations collectives comme dans la tradition mais comme le regard individuel sur une vie collective.

A côté des chants kabyles traditionnels, les spectateurs présents à la Vieille Grille ont eu droit à des compositions chantées en français par Malika Ouahes. On y retrouve la même quête que celle déjà existante dans les chants soufis de sa sœur Nadia At-Mansour : une quête mystique. Le spectateur n’oubliera pas cette chanson portant sur le miroir, motif littéraire par ailleurs très fréquent dans la littérature de manière générale. Le sujet, en proie à tous les malaises, cherche à tout prix le responsable autour de lui. Lorsqu’il s’assoit le soir venu devant son miroir, l’image qu’il lui renvoie n’est que la sienne propre, suggérant ainsi que souvent le mal dont nous souffrons est en nous, nous en sommes les responsables et il serait inutile de chercher la raison chercher chez les autres. Le sujet ne retrouve sa quiétude que lorsqu’il décide d’affronter son propre Moi dont souvent il se dérobe.

Le spectateur curieux de découvrir Malika Ouahes peut écouter son CD intitulé Chants traditionnels kabyles. Il contient quatorze (14) morceaux appartenant aux divers genres poétiques chantés traditionnels (azuzen, adekkeṛ, tibuɣarin…). Les textes sont extraits de l’ouvrage Isefra n at zik de Ramdane At-Mansour.

Devant l’hégémonie commerciale du non-stop que d’aucuns étrangement considèrent comme une aubaine pour la chanson kabyle (Nous ignorons pour notre part de quelle façon), des voix comme celle de Malika Ouahes sont des bouées de sauvetage. Une voix qui rappelle avec plaisir celle de Taos Amrouche. Malika Ouahes est visiblement sur ses traces. Pourvu qu’elle persévère !

Tifin

Les titres du CD:

Lire l'article en PDF

Source: Revue Tifin

Publicité
Posté par Sinistri à 19:17 - Commentaires […] - Permalien [#]

Partager cet article

Vous aimez ?
0 vote
Les Berbères
Jean Amrouche Mythe et réalité, Réjane le Baut, entretien
Vous aimerez aussi :
index Carte du site Recherche avancée Rechercher
index Carte du site Recherche avancée Rechercher
1er novembre 1954 : C’était le début d’une belle révolution
1er novembre 1954 : C’était le début d’une belle révolution
Bibliothèque nationale [d'Alger] : la musique comme moyen d’expression
Bibliothèque nationale [d'Alger] : la musique comme moyen d’expression
Nadia At Mansour, chanteuse, poète et écrivain kabyle
Nadia At Mansour, chanteuse, poète et écrivain kabyle
Commentaires
M
maylissse75
14/11/2014 01:30
Très belle voix et plus votre papa et ma maman sont cousin.Maman était la fille de Saîd Atmansour et moi, je me prénomme Gisèle Ait-Amar et habite Paris.<br /> <br /> Bravo à vous.
I
ingi
29/07/2010 21:42
Très belle voix, très beaux textes. Une révélation. J'adore.<br /> --------<br /> Merci Sinstri pour cette présentation (Je visite de temps en temps ton blog, bien riche et sérieux). Merci à Tifin.
Recherche
Publicité
Archives
  • 2009
    • Avril (1)
    • Mars (1)
  • 2008
    • Novembre (1)
    • Septembre (2)
    • Juillet (2)
    • Juin (6)
    • Mai (25)
    • Avril (18)
    • Mars (19)
    • Février (9)
    • Janvier (92)
  • 2007
    • Décembre (22)
    • Novembre (1)
Carnets berbères et nord-africains
  • Patrimoine documentaire berbère présenté sous forme de sources d'information, d'articles publiés et de documents archivés.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
Publicité
Flux RSS
Publicité
Publicité
  • Voir le profil de Sinistri sur le portail Canalblog
  • Créer un blog gratuit sur CanalBlog
  • Top articles
  • Contact
  • Signaler un abus
  • C.G.U.
  • Rémunération en droits d'auteur
  • Offre Premium
  • Cookies et données personnelles
  • Préférences cookies