Les critiques de la rédaction :
Cartouches gauloises
---------------------------------------------------------------
Un film français de Mehdi Charef avec Assia Brahmi, Tolga Cayir, Mohamed Faouzi Ali Cherif, Mohamed Dine Elhannani, Betty Krestinsky, Mohammed El Amine Medjahri, Thomas Millet, Marc Robert

Genre : Drame - Durée : 1H32 mn


Le Synopsis du film - Par André Ruellan

Printemps 1962: l'Algérie va devenir indépendante, et les enfants craignent tout autant les Français, les Algériens et les harkis au gré de l'odeur du tabac que répandent abondamment des soldats français énervés, ainsi que des balles qui couinent, tandis que deux petits copains français et algérien sont confrontés au drame de la guerre et du départ de l'Algérie...

L'avis de la rédaction Nord-Cinéma

Par Jacques Coulardeau

L
E DEVOIR DE MEMOIRE. Nous n’en finirons jamais de redécouvrir cette honteuse guerre d’Algérie et d’essayer de comprendre comment la république de la liberté, de l’égalité et de la fraternité a pu sombrer dans l’horreur d’une guerre coloniale, de la torture, de la mort à bout portant, du refus de l’égalité et de la liberté pour les autres, ce qui est en même temps le refus de leur reconnaître le droit à la fraternité. Le film insiste sur le vécu de la dernière année, des derniers mois de ce drame historique s’il en est un. Et le vécu est ignoble. Il n’y a pas de guerre coloniale propre. Il n’y a pas de guerre libératrice par des étrangers qui puisse jamais réussir : on n’impose pas la liberté à qui que ce soit. La liberté ça ne peut venir que du fond des tripes. De la même façon une guerre de libération a ses horreurs et il serait vain de lancer la pierre à la prostituée qui sera liquidée après la libération, ou aux soldats de la libération qui puniront celle qui a vendu son corps au profit de l’envahisseur, ni même aux soldats envahisseurs qui ont utilisé ses services car la sexualité c’est comme l’eau, il en faut pour vivre et survivre. Ce film est donc d’abord et avant à usage français et algérien, mais il pourrait peut-être enseigner quelque chose aux envahisseurs modernes que sont Bush, Blair et quelques autres.

Dr Jacques COULARDEAU,
Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines


Par André Ruellan

De grands sentiments et l'Histoire parfois malmenée pour un bon film qui possède à la fois le mérite de rappeler les péripéties atroces d'une longue guerre par le biais d'un petit Algérien curieux, inconséquent et souriant qui, dans ces dramatiques circonstances, pense surtout à jouer au foot avec des copains français de son âge dans les ultimes instants de cette tragique guerre coloniale et de ses soubresauts guerriers, où les moindres soupçons se réglaient à la mitraillette et à la bombe.
Le côté historique est assujetti à un raccourci insidieux que ne manqueront pas de constater les appelés de l'Armée à cette époque et qui se sont tapés des années de bled et de dangers. Par exemple, la simple évocation de l'OAS est apparemment absente. Mais passons: il s'agit avant tout de retenir le côté plein d'humanité des réactions enfantines, au gré de superbes images ocrées, et d'une reconstitution très précise de cette époque et de ses objets.
Question interprètes, le naturel est de rigueur, mis à part les excès grimaçants d'un lieutenant pour le moins psychopathe, et bravo pour cet hommage à Luis Bunuel et ses fameux " Olvidados ".

Source: Nord-Cinéma