30 avril 2008
Vidéo de l'INA: Isabelle Adjani en Algérie (1989)
ISABELLE ADJANI EN ALGERIE
Isabelle Yasmine Adjani, née le 27 juin 1955 à Paris, est une actrice française. Débutant à 14 ans au théâtre, puis entrant à la Comédie-Française, elle devient très célèbre à la fin des années 1970 grâce au cinéma, en jouant aussi bien dans des polars, dans des films dramatiques, dans des comédies ou dans des films costumés. Elle a obtenu quatre Césars de la meilleure actrice.
Isabelle Adjani naît le 27 juin 1955 à Paris 17e, d'un père algérien né en Kabylie [1], Mohammed, et d'une mère allemande, Augusta, surnommée Gusti.
Elle grandit avec son frère cadet à Gennevilliers, dans la banlieue nord-ouest de Paris, va au collège à Courbevoie, et obtient son premier rôle à 14 ans dans un film pour enfants, Le Petit Bougnat.
Elle entre à la Comédie-Française en 1972, où elle se fait remarquer en interprétant le rôle d'Agnès dans L'École des Femmes, de Molière. Au cinéma, elle est révélée au grand public par La Gifle de Claude Pinoteau, dont le succès la propulse dans le cercle des actrices françaises les plus populaires. Certains des réalisateurs les plus prestigieux la font tourner : François Truffaut (L'Histoire d'Adèle H.), André Téchiné (Barocco), Roman Polanski (Le Locataire), etc.
Source: DailyMotion
29 avril 2008
L’enseignement du berbère en France
De Charybde en Sylla
“Toute
langue est issue d’une culture, et véhicule la culture dont elle est
issue”. Ce truisme n’est l’apanage d’aucun savant ou spécialiste en
linguistique : il découle simplement du bon sens commun, essence d’une
réalité universelle. La culture berbère a
traversé des millénaires, et essuyé moult " invasions linguistiques ",
à travers son histoire. Par sa force et sa richesse, elle a su bâtir
une langue orale d’une vigueur exceptionnelle, qui a défié le temps et
intégré en son sein (et donc avalé) les autres langues.
Aujourd’hui encore l’oralité véhicule un enseignement non négligeable. Mais avec la mondialisation " standardisante ", instillée par l’audiovisuel, l’Internet et l’écriture, la sauvegarde d’une langue,
dite minoritaire, tel le berbère, ne réside plus que dans l’usage de
ses locuteurs : elle doit aussi et surtout s’enseigner. "
Car les langues, écrit Claude Hagège, professeur au Collège de France,
ne permettent pas seulement de parler ou d’écrire notre histoire bien
au-delà de notre anéantissement physique. Elles la contiennent."
Qu’en est-il de l’enseignement du berbère en France ?
Petit rappel historique sur l’émigration des Berbères en France
D’aucuns,
historiens et observateurs, s’accordent sur le fait que les Berbères –
les Kabyles, en particulier- constituent l’une des communautés
étrangères les plus anciennes de France. Concernant les Kabyles, leur
départ vers l’Hexagone a commencé vers le dernier quart du 19ème
siècle, au lendemain de l’insurrection de 1871 ( soulèvement de la
Kabylie contre l’occupant français).
Les
Berbères marocains, quant à eux, le début de leur présence ouvrière en
terre de France se situe vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Leur flux migratoire devient important dans les années 60 et 70.
Cependant, d’autres pays comme la Hollande ou la Belgique accueilleront
aussi beaucoup de Berbères marocains.
Le Berbère et l’enseignement universitaire
Depuis
les années 50, il existe dans les académies parisiennes une épreuve
facultative orale de berbère. Mais la plus vieille institution
universitaire française à enseigner le berbère est l’Institut National
des Langues et Civilisations Orientales (l’INALCO), depuis 1913.
D’autres universités dispenseront, plus tard, dans leurs cursus, un
enseignement du berbère, mais seulement à titre
optionnel : ainsi l’université Paris VIII (St Denis) depuis le début
des années 70, et l’université de Provence (Aix-Marseille I ) depuis
1981. D’autres cours, quoique de façon sporadique, ont pu être ouverts
par des universités telles que Paris V, Paris III, Lille III, Toulouse
II… Ce constat peu favorable à la stabilité de
l’enseignement et à la progression de la langue berbère en France est
inhérent aux moyens humains et matériels dérisoires qui sous-tendent
l’immense et dure tâche. A l’INALCO où l’on délivre des diplômes du
1er, 2ème et 3ème cycles en études berbères, seuls trois enseignants
sont titulaires. Un équivalent horaire de deux postes d’enseignants est
dispensé sous la forme d’heures complémentaires, ou attribué à des contrats à durée déterminée.
L’enseignement primaire et secondaire
Jusqu’à
aujourd’hui, il n’existe en France aucun enseignement stabilisé ou
officiel du berbère dans les collèges et les lycées français. Cette
langue ne bénéficie d’aucune aide ni d’aucune prise en charge par les
institutions françaises au niveau national. Pourtant, selon certaines
études, le berbère devance de loin les autres langues facultatives dont
quelques unes telles que : le turc, le vietnamien, l’Arménien, le
serbe, le croate… bénéficient d’un statut officiel et d’un appui d’un
Etat. Depuis 1995, une épreuve écrite de berbère peut être présentée au
baccalauréat. Elle est organisée par l’Education nationale, mais les
sujets sont préparés et corrigés par l’INALCO, suite à une convention
entre cette institution universitaire et la direction des enseignements
scolaire. Aucune préparation à cette épreuve n’est proposée aux élève
dans un cadre scolaire étatique – mis à part quelques chefs
d’établissements, initiative très rare, qui essayent de créer un
semblant de cours. L’essentiel de l’enseignement du berbère en France
est assuré par des associations culturelles. Des hommes politiques de
gauche et de droite, à l’instar de Jack Lang, en 2002, ou de
Jean-François Copé, en 2004, ont manifesté un
semblant d’intérêt pour la normalisation de l’enseignement de la langue
berbère. Pour le premier il s’agissait ni plus ni moins que
d’embrigader le Berbère dans " une expérience marginale et exploratoire
" sans aucune assise scolaire normalisée. Pour le second, sa " mise en
place d’une expérience d’enseignement pour la préparation des épreuves
du Berbère au bac dans un lycée parisien, le lycée Lavoisier ", est
restée figée à ce jour. En France, la question de l’enseignement du
Berbère est toujours posée. Selon Moh Cherbi, l’un des enseignants du
Berbère les plus connus en France, " la question du berbère reste posée
tant que son officialisation n’est pas effective en
Algérie. Mais si là-bas le combat incombe à tout un peuple, ici, en
France, le rôle des intellectuels est important. Leur combat essentiel
est de porter la revendication identitaire et linguistique berbères
jusqu’aux institutions françaises et européennes afin de normaliser
l’enseignement de la langue au niveau national. "
Le berbère, une langue en France
Pourtant
c’est ce qu’il ressort du débat qui a eu lieu en France, entre juin
1998 et mai 1999, autour de la ratification de la Charte européenne des
langues régionales minoritaires. Pour la
première fois, une proposition officielle de considérer le berbère
comme langue de France est annoncée publiquement.
Cependant, La France n’a jamais ratifié ladite charte.
Au
Royaume-Uni, le Cornique, langue régionale parlée par une centaine de
personne vit aujourd’hui sa plus belle renaissance. Grâce à sa
protection par la Charte européenne de langues régionales ou
minoritaires, cet idiome celtique des Cornouailles est enseigné aux
enfants à l’école. Parmi ses fervents défenseurs, la romancière Ruth
Rendell et la chaîne de supermarchés Asda. Cette dernière pratique dans
ses magasins cornouaillais un affichage bilingue : Anglai/Cornique.
Les
Berbères de France, détenteurs de multiples commerces, ne doivent-ils
pas tout simplement commencer par montrer l’existence et leur
attachement à leur langue par son inscription sur les devantures au
côtés du Français ? Chose par ailleurs, pratiquée il y a belle lurette
par les communautés arabe, turque, grecque, etc.
Bien sûr, le combat est sur tous les fronts. Aucune démarche n’est à négliger.
Source: La Dépêche de Kabylie
Édition du Mardi 29 Avril 2008 N° 1798
Synthèse A. B.
20 avril 2008
Chronique bibliographique

Kamel Boukhchem et Gabrielle Varro
Benrabah, Mohamed. – Langue et pouvoir en Algérie. Histoire d’un traumatisme linguistique. Paris, Séguier, 1999, 350 p. (« Les Colonnes d’Hercule »).
Au
mois de mai 2001, le Président de l’Algérie s’est adressé au peuple
algérien sur les médias nationaux, en arabe classique. Pourtant, ce
sont les graves « événements » de Kabylie qui étaient au centre de son
allocution. L’exaspération de certains auditeurs (enregistrée par la
presse algérienne et française, comme dans les rues d’Alger et de
Paris) en dit long sur l’inadéquation de la langue choisie à la crise
vécue, et pointe le contenu « nationaliste » d’un discours qui se
voudrait « national ». Ce choix de langue frappe d’autant plus qu’il
équivaut à un choix d’interlocuteurs, et donc, à l’exclusion d’autres.
Pédagogiquement parlant, on ne peut pas dire que M. Bouteflika se soit
adressé aux citoyens de l’Algérie mais seulement à une fraction d’entre
eux : ceux qui comprennent l’arabe classique le plus châtié. Et
psychologiquement parlant, même ceux qui entendent cet arabe
particulier ont pu se sentir exclus ou offensés par ce choix : par
exemple les berbérophones, qui luttent depuis des années pour la
reconnaissance officielle de la langue berbère dans le pays.
L’exclusion était d’autant plus cuisante que ce président n’a même pas cherché à parler aux Kabyles : il a parlé des Kabyles
comme d’un tiers absent, un étranger ou un « radicalement autre ».
L’enjeu est tel que, même dans un cas où, clairement, il aurait été
plus diplomatique (et plus humain) d’opter pour le dialogue,
c’est-à-dire pour la langue parlée dans la région concernée ou au moins
pour l’arabe algérien que tout le monde comprend, le pouvoir ne lâche
pas la langue du pouvoir. Quel est donc cet enjeu ?
Le
livre de M. Benrabah s’attache à expliquer comment une langue, qui a
servi à regrouper un peuple dans la résistance contre le colonisateur,
a pu ne pas servir ultérieurement, ni à l’unité nationale ni au
développement du pays libéré. Bien que devenue l’étendard de
l’indépendance, la langue « arabe », au moment de la reconstruction,
après la guerre, et malgré la force de son pouvoir symbolique, a
failli. C’est à cette jonction historique, à ce moment crucial, où tout aurait pu en aller autrement, que
l’auteur situe le « traumatisme linguistique » (voir son sous-titre),
qui, selon lui, est à l’origine de la tragédie algérienne que nous
connaissons aujourd’hui, « une tragédie que l’on évalue entre 70 000 et
100 000 morts » (p. 24).
Pour
comprendre ce gâchis, il faut aller à la source du mal lui-même :
« l’instauration, dès l’indépendance en 1962, du totalitarisme
politique » (p. 21). « Pourtant, après 1962, le respect qu’elle
[l’Algérie] inspirait était en grande partie dû, d’une part à son
combat héroïque dans une guerre d’une rare violence, et, d’autre part,
à l’absence de haine à l’encontre du non musulman, de l’étranger,
français notamment » (p. 23).
Au
sortir de la guerre d’Indépendance (1962), l’absence de haine de
l’étranger, et notamment du Français, corrèle, dans un étroit rapport
dialectique, avec la liberté d’expression et l’estime de soi. Mais,
lorsque l’expression n’est plus libre, c’est-à-dire lorsque les
Algériens ne peuvent plus s’exprimer dans leur(s) langue(s), la haine
de soi s’installe, produisant la haine de l’étranger (du Français). Cet
état de choses est survenu très rapidement, avant la fin des années
soixante, avec la politique dite d’arabisation.
M.
Benrabah appelle l’arabisation un « totalitarisme politique » ; pour
bon nombre d’observateurs extérieurs, elle pourrait, au contraire,
apparaître comme la revendication légitime d’un peuple libéré de
l’oppression coloniale. Une langue utilisée comme symbole et outil de
l’unité nationale n’est pas vraiment une idée neuve pour le lecteur
français. Ce lecteur, s’il est peu informé sur la situation spécifique
de l’Algérie (le cas de la plupart d’entre nous), demeure perplexe :
est-ce que l’arabisation n’est pas une bonne chose ? L’arabe n’est-il
pas la langue des Arabes ? Les Algériens ne sont-ils pas des Arabes ?
Nous savons qu’une partie de la population n’est pas arabe et
arabophone mais kabyle et berbérophone. Il faut ajouter à cette
information les chiffres donnés par M. Benrabah : en 1954, après 120
ans d’occupation coloniale, seulement 300 000 des dix millions
d’Algériens comprennent et lisent l’arabe classique. La langue
maternelle de la vaste majorité des gens est l’arabe populaire (à
plusieurs variétés mutuellement intelligibles) ou le berbère (tamazight), dont les variétés ne sont pas toutes intercompréhensibles. Or l’arabisation consiste à enseigner et imposer l’arabe classique, à savoir une langue essentiellement écrite qui n’est toujours pas comprise par la plus grande partie de la population.
Comme
beaucoup d’autres pays – dont la France –, l’Algérie a été un lieu
d’invasions à répétition et donc un « carrefour de civilisations ».
Autre conséquence, la pluralité linguistique y règne depuis
l’Antiquité. Les premiers habitants du Maghreb furent les Berbères (que
les Grecs et Romains désignaient par le terme de « Numides »). La
langue berbère est vieille de 5 000 ans mais les inscriptions anciennes
attestent le fait que les Berbères ont toujours écrit dans la langue
des conquérants, dans un alphabet qui vient probablement des
Phéniciens, originaires du Liban actuel (p. 28). Avec l’occupation
romaine, « certaines couches sociales se romanisent et adoptent la
langue latine. Face à cette population berbère romanisée, les Romani, on trouve les Mauri (ou
Maures), montagnards non romanisés » (p. 29). Comme ailleurs, aussi, la
bipolarisation était (et reste) forte entre ville et campagne. Avec
l’invasion arabe venue du Moyen-Orient, les citadins adoptèrent l’islam
(pour se protéger contre les attaques des nomades) et progressivement
la langue arabe, devenant bilingues (bilinguisme transitoire), ce qui
n’est guère le cas des ruraux. Même si ceux-ci se sont largement
convertis à l’islam et ont souscrit à l’idée que le Prophète ait
transmis le Coran à Mahomet en arabe (langue sacralisée1), ils continuent d’utiliser leur langue propre, le berbère.
Phéniciens,
Romains, Vandales et Byzantins, Arabes, Portugais, Espagnols, Turcs :
le brassage des langues, le « métissage linguistique », est intense,
donnant lieu à un arabe algérien (et maghrébin en général) qui s’est
perpétué jusqu’à nos jours et qui reste une langue d’ouverture.
Il
est clair que cette diversité linguistique influe considérablement sur
l’arabe local. Celui-ci, venu à l’origine du Moyen-Orient, a
naturellement évolué de façon substantielle avec le temps pour se
transformer et acquérir sa propre spécificité. Il serait juste de
rappeler que l’arabe maghrébin en général, et algérien en particulier,
se distinguent de leurs cousins proche-orientaux du fait de la
présence, au moment de la conquête arabe, de « substrats » différents
sur lesquels sont venus se greffer les nouveaux idiomes. Alors que les
parlers du Maghreb reflètent une profonde influence berbère, ceux du
Proche-Orient ont des caractéristiques araméennes (p. 43).
L’arabisation,
à l’Indépendance, pouvait apparaître comme l’expression de la nouvelle
Algérie, libérée de la colonisation française. Benrabah retrace
l’histoire de ce qu’il analyse comme un coup d’État dans l’État car,
explique-t-il, afin de « récupérer l’âme algérienne par les Algériens »
(p. 25), un petit groupe d’hommes2
a pris les commandes par la force et a mis au point toute une panoplie
de politiques pour accaparer et conserver le pouvoir, dont celle dite
d’arabisation. En utilisant l’expression « âme algérienne » –
récurrente à travers le livre3 –, l’auteur nous fait comprendre que l’arabisation n’est pas seulement une politique linguistique : elle vise l’être tout entier, l’identité des Algériens, comme une forme extrême d’assimilation.
Certains
critiques ont parlé de « brûlot » au moment où le livre de M. Benrabah
est paru. Il épouse toutefois un mouvement qui le rend moins polémique
qu’il ne paraît d’abord. Bien qu’il s’agisse d’une attaque en règle
contre l’arabisation, en effet, l’auteur argumente en linguiste, son
présupposé étant que toutes les langues sont égales et qu’il n’y a pas
de langue sacrée. Son analyse repose sur une démonstration basée sur
ces deux idées fortes qui font que, même si l’arabe est une grande
langue, il faut combattre la politique linguistique qui le sacralise,
au nom du rôle qui lui a été dévolu et des dégâts que cette politique a
entraînés.
La politique
d’arabisation signifie, dans le contexte actuel, le refus de la réalité
et du plurilinguisme algériens, c’est-à-dire du mélange, du dialectal
et de la différenciation sociale liée aux langues. L’arabe classique,
coranique ou littéraire, enseigné comme langue « haute », ne permet pas
de structuration identitaire individuelle, étant trop distant des
usagers. En cherchant à réintroduire l’arabe classique, dans une
diglossie où il remplacerait l’hégémonie de la langue coloniale (le
français), comme langue de l’élite, donc, face aux langues du peuple
(l’arabe populaire et le berbère), cette politique « d’arabisation »
rappelle et réitère l’action des conquérants venus d’Arabie au VIIe siècle
après J.-C. répandre l’islam. Certes, l’arabe a pu un temps
cristalliser les forces de résistance à la France, parce que la langue
française, qu’il devait supplanter, symbolisait le pouvoir du
colonisateur. Mais une fois la victoire obtenue, il y a eu un ratage :
les diverses langues, dont le berbère, mais aussi les variétés d’arabe
algérien parlées par tous ceux qui ont libéré l’Algérie, ont été
ignorées par les nouveaux décideurs qui ont fini par créer un État
islamique parlant l’arabe classique. Loin d’être la libération du
peuple et la valorisation des langues locales, l’arabisation représente
ainsi une nouvelle colonisation.
Notes
Liée
à la religion qu’il véhicule, venue du Moyen-Orient, la sacralisation
de l’arabe l’accompagne dès ses débuts dans les régions du Maghreb.
Par exemple, le ministre de l’Éducation de l’époque (1967)…
La
notion apparaît dès la préface (p. 25), et à nouveau lorsque M.
Benrabah évoque les savants berbères qui écrivent en latin, qui
« insufflent à cette langue un souffle nouveau et une âme
nord-africaine » (p. 30). Le plus célèbre des Berbères latinisés était
saint Augustin de Thagaste.
Pour citer cette recension
Kamel Boukhchem et Gabrielle Varro, Benrabah, Mohamed. – Langue et pouvoir en Algérie. Histoire d’un traumatisme linguistique. Paris, Séguier, 1999, 350 p. (« Les Colonnes d’Hercule »).,
Cahiers d'études africaines,
163-164, 2001
http://etudesafricaines.revues.org/document132.html
Source: Études africaines
19 avril 2008
Azzédine Rakkah, chercheur actif au CERI
Azzédine Rakkah est actuellement directeur de recherche
à la FNSP et au CERI, à Paris. Il est Docteur en sciences politiques :
IEP de Paris, 1997. Son champ de compétence est vaste, puisqu’il couvre
aussi bien la problématique de l’État au Maghreb, l’islamisme et la
violence politique, les problèmes de sécurité en Méditerranée et les
questions de démocratisation.
Auteur d’une thèse remarquée et très lue sur la guerre
civile en Algérie, et d’un grand nombre de travaux de référence, il
présente un projet de recherche très novateur sur « La violence de la rente pétrolière : Algérie, Lybie et Irak ».
Sa réflexion sur la formation violente des États
rentiers autoritaires croise des approches historiques, économiques et
politiques, pour aboutir à une réflexion sur les difficultés
d’installation de la démocratie dans ces pays. Sa connaissance des
terrains et sa maîtrise des questionnements théoriques font que cette
recherche s’annonce comme séminale.
Azzédine Rakkah est l’un des chercheurs les plus actifs
et les plus brillants du CERI. Ses travaux sur la guerre civile
algérienne - le thème de sa thèse de doctorant - ont trouvé un écho
international dont a témoigné l’accueil réservé à son premier livre en
anglai (publié par Columbia University Press aux Etats-Unis).
Ses recherches actuelles attestent une remarquable
capacité à la mobilité thématique. Il explore en effet des pistes
nouvelles concernant les ressorts de la violence islamiste dans une
perspective comparatiste et prépare un nouvel ouvrage sur la Libye
fondés sur des enquêtes de terrain. Loin de s’enfermer dans l’étude
d’un seul pays, est l’un des rares chercheurs français à jouir d’une
expertise transversale sur la zone arabo-musulmane.
Azzédine Rakkah co-pilote l’un des projets transversaux du CERI
sur les métamorphoses de la violence contemporaine ; il a coordonné un
projet soumis à l’Agence Nationale de la Recherche par le CERI en association avec d’autres centres de recherche ; il siège pour un deuxième mandat consécutif au Conseil d’unité du CERI
Il assurera cet automne un séminaire à la Maitrise en études internationales, Problèmes d’actualité en politiques internationales : Moyen Orient (INT6060B) et donnera à l’hiver le le cours POL 2840 « Enjeux politiques au Moyen-Orient ».
Source: Cerium
Envoyer un message à Azzédine Rakkah
Publications par Azzédine Rakkah :
16 avril 2008
Tapis berbères du Maroc: La symbolique - Origines et significations
La haute valeur artistique du tapis des tribus berbères a déjà inspiré
des artistes comme Paul Klee et Le Corbusier. Cet ouvrage présente de
nouvelles conceptions sur les débuts du tapis berbère et sur l'origine
et la signification de ses motifs.
Le tapis berbère
authentique ne descend pas des tapis d'Orient bien connus de l'ère
islamique ; mais la similitude de la technique du nouage et de certains
motifs indique des racines communes, qui remontent au néolithique
d'Asie Mineure. A l'écart des grandes civilisations de l'Antiquité et
loin des échanges culturels de la Route de la Soie, le tapis berbère,
dans les régions montagneuses de l'Atlas et les plaines atlantiques, a
gardé son originalité. Ceci le prédestine plus qu'aucun autre à
l'explication des symboles à partir de leur origine. Puisque les
textiles ne résistent pas à l'usure du temps et qu'il n'y a pas de
chaînes de pièces probantes à travers les siècles et millénaires, c'est
ici, pour la première fois, qu'un auteur présente les résultats
d'études comparatives approfondies.
Il rapproche les motifs
du tapis berbère des signes de l'art pariétal et des artefacts des
premières cultures de l'homme ; il démontre que le tapis berbère
connaît les mêmes principes dans l'emploi des signes et des formes et
qu'on y découvre une étonnante ressemblance ou correspondance même avec
les phénomènes du paléolithique supérieur de l'Europe et du néolithique
d'Orient et du bassin méditerranéen. Ainsi, le tapis berbère peut être
considéré comme le dernier témoignage authentique de ce monde
archaïque. Le langage abstrait et géométrique du tapis berbère est
dérivé à l'origine du corps et de la forme et fonction des organes
sexuels humains. Il se base sur la dualité ; et la rencontre des deux
sexes devient l'expression d'une magie de la fertilité qui, jadis,
était universelle et comprenait toute la nature.
Création
artistique de la femme berbère, son tapis reflète avant tout les phases
de sa vie et l'expérience de sa vie sexuelle : comme vierge, comme
nouvelle mariée, l'union avec l'homme, la grossesse et l'enfantement.
L'ouvrage ne s'arrête pas à l'interprétation des textiles. L'analyse
détaillée des documents et la comparaison avec d'autres domaines des
sciences : art rupestre, statuaire, céramique, architecture,
linguistique etc. font que la symbolique en général est concernée.
Le
livre est rédigé d'une façon compréhensible pour tout le monde. Il ne
s'adresse pas seulement à des amateurs et spécialistes de tapis, à des
archéologues et ethnologues, mais à tous ceux qui sont intéressés aux
origines de l'art et pour qui le déchiffrement du langage symbolique
apporte des connaissances approfondies et la compréhension du vrai
sens.
Détails
- Relié: 344 pages
- Editeur : Art Création Réalisation - ACR (1 juillet 2006)
- Collection : ORIENTALISME
- Langue : Français
- ISBN-10: 2867701805
- ISBN-13: 978-2867701801
- Prix :
EUR 71,25
Source: Amazone.fr
L’architecture selon Gropius et Prouvé
Film-Documentaire
L’Ecole
polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger a organisé, lundi
dernier, au profit de ses étudiants deux films documentaires sur
l’architecture.
Il s’agit de Le
Bauhaus de Dassau de Frédéric Compain et La Maison de Prouvé de Stan
Neuman. Leurs durées respectives sont de 26 et 24mn. Le Bauhaus de
Dassau constitue un des plus célèbres bâtiments modernes construits au
XXe siècle. Œuvre de l’architecte allemand Walter Gropius (1883-1969),
fondateur et premier directeur de l’Ecole du Bauhaus.
L’école est créée
à Weimer en 1919. Il s’agit de la fusion de l’Ecole supérieure d’art et
de l’Ecole des arts et métiers. Et c’est Walter Gropius qui décide
d’appeler Bauhaus cette institution. Bau signifie littéralement en
allemand « construction ». L’Ecole, qui, à l’origine, compte effacer la
distinction entre l’artisan et l’artiste, s’investit dans
l’architecture, design, l’industrie, entre autres. Ses créations sont
basées sur la synthèse des arts plastiques, l’artisanat et l’industrie.
En 1925, l’extrême-droite obtient la majorité au Parlement, d’où le
déménagement de l’Ecole vers Dassau. C’est dans cette ville que Gropius
construit ce bâtiment : le Bauhaus Dassau. Une aubaine pour mettre en
œuvre toutes ses conceptions architecturales. D’autant que pour lui,
l’art peut contribuer à changer la société. Les travaux de construction
commencent à l’été 1925 et prennent fin en octobre 1926.
L’école est
inaugurée le 4 décembre de la même année. Le plan est conçu presque en
étoile. Les divers départements s’étendent vers l’extérieur à partir
d’un noyau central. L’édifice comprend des espaces d’enseignement, un
bloc d’atelier de quatre niveaux, un théâtre, un réfectoire, un gymnase
et vingt-huit appartements-ateliers pour élèves. Le tout est surmonté
d’une terrasse. Le toit est plat et sans gouttières. Les murs sont
conçus en surfaces lisses et planes. De l’extérieur, on remarque
surtout un mur-rideau du côté des ateliers. La carcasse est en béton
armé et les sols sont en brique creuse, reposant sur des poutrelles. Le
bloc d’ateliers est relié à l’administration par un pont en fer et
béton. Le bâtiment présente une unité visuelle de par ses formes
agencées. Comme il est dépourvu de toute forme ornementale
architecturale. Il a une dimension fonctionnelle. Et les élèves peuvent
se rendre dans n’importe quel espace ou département de l’école sans
être obligés de sortir.
Pour Gropius : « Construire signifie donner une
forme aux activités de la vie. L’organisme d’une maison provient du
cours des activités qui s’y déroulent… La forme d’une maison n’existe
donc pas pour elle-même. » Walter Gropius démissionne de son poste de
directeur en janvier 1928. Lui succède Hannes Meyer, qui quitte son
poste en 1930. L’architecte, Mies Van Der Rohe, devient le nouveau
directeur.
En 1931, les nazis obtiennent la majorité au Parlement de
Dassau. L’école qualifiée de « cosmopolite » est fermée le 30 septembre
1932. Elle déménage à Berlin, où Mies Van Der Rohe loue une usine de
téléphones à cet effet. Peu après, les nazis mettent la main sur
l’ensemble de l’Allemagne. Les artistes et écrivains sont déclarés
dégénérés. L’école est dissoute en 1933.
Le second documentaire évoque
la maison de Jean Prouvé, ingénieur autodidacte et architecte sans
diplôme. Il a construit la maison dont il est question en 1954 à Nancy
pour y abriter sa famille. Elle est bâtie sur un terrain sablonneux,
situé sur une pente accessible seulement à pied. Le plan est linéaire.
La maison est fonctionnelle. L’espace est exiguë. D’où la nécessité de
le gérer rationnellement sans pour autant y susciter de la promiscuité.
Ainsi, l’architecture de cette maison est totale. Le souci de la
fonction prime sur la forme, critère auquel Jean Prouvé dit ne pas
s’intéresser.
Source: El Watan >
Edition du 16 avril 2008 > Culture
14 avril 2008
Rebel and Saint Muslim Notables, Populist Protest, Colonial Encounters (Algeria and Tunisia, 1800-1904)
Note: Livre disponible entièrement en ligne (en anglais), les liens dans la table de matière ci-dessous pointent vers le texte intégral du livre. Bonne lecture!
Descriptions
Book Description
Julia
Clancy-Smith's unprecedented study brings us a remarkable view of North
African history from the perspective of the North Africans themselves.
Focusing on the religious beliefs and political actions of Muslim
elites and their followers in Algeria and Tunisia, she provides a
richly detailed analysis of resistance and accommodation to colonial
rule. Clancy-Smith demonstrates the continuities between the eras of
Turkish and French rule as well as the importance of regional ties
among elite families in defining Saharan political cultures. She
rejects the position that Algerians and Tunisians were invariably
victims of western colonial aggression, arguing instead that Muslim
notables understood the outside world and were quite capable of
manipulating the massive changes occurring around them. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
About the author
Julia A. Clancy-Smith is Associate Professor of History at the University of Virginia.
Détails
- Broché: 373 pages
- Editeur : University of California Press; Édition : Reprint (14 novembre 1997)
- Langue : Anglais
- ISBN-10: 0520212169
- ISBN-13: 978-0520212169
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Première phrase
Traveling south from the city of Constantine, one reaches the small
oasis of al-Qantara, located in a narrow gorge at the western edge of
the Awras mountains
Rebel and Saint Muslim Notables, Populist Protest, Colonial Encounters (Algeria and Tunisia, 1800-1904), Julia A. Clancy-Smith
Suggested citation:
Clancy-Smith, Julia A. Rebel and Saint: Muslim Notables, Populist Protest, Colonial Encounters (Algeria and Tunisia, 1800-1904). Berkeley:
University of California Press,
1994. http://ark.cdlib.org/ark:/13030/ft4b69n91g/
Contents
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Preface
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Art berbère: Notices bibliographiques
Type : texte imprimé, monographie Auteur(s) : Marçais, Georges (1876-1962)
Titre(s) : L' art des Berbères [Texte imprimé] / par Georges Marçais, .. Publication : Alger : Gouvernement général de l'Algérie, 1956 Description matérielle : 19 p. : ill. ; 24 cm Collection : Les conférences-visites du Musée Stéphane Gsell ; 1954-1955 Sujet(s) : Art berbère
Notice n° : FRBNF35446324
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http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb35446324v/PUBLIC ------------------------------------------------------------------------------------------ Type : texte imprimé, monographie Auteur(s) : Nāǧī, Sālimaẗ
Titre(s) : Art et architectures berbères du Maroc [Texte imprimé] / Salima Naji Publication : Aix-en-Provence : Edisud ; Casablanca : EDDIF, 2001 impr. en Espagne Description matérielle : 206 p. : ill. en coul., jaquette ill. en coul. ; 31 cm Note(s) : Bibliogr. p. 201-203 Sujet(s) : Architecture islamique
-- Maroc Art berbère
Indice(s) Dewey : 720.899 33064
(21e éd.) ISBN 2-7449-0144-X (EDISUD). - ISBN 9981-09-074-3 (EDDIF) (rel.) : 45 EUR Notice n° : FRBNF38801086 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38801086n/PUBLIC ---------------------------------------------------------------------------------------------- Type : texte imprimé, monographie Auteur(s) : Basset, Henri Terrasse, Henri (1895-1971)
Hainaut, Jean (18..-19.. ; graveur) Titre(s) : Sanctuaires et forteresses almohades [Texte imprimé] / par Henri Basset et Henri Terrasse ; dessins et relevés de Jean Hainaut Publication : Paris : Maisonneuve & Larose, 2001 Cahors : Impr. France-Quercy Description matérielle : VIII-481 p.-LVII p. de pl. : ill., couv. ill. ; 24 cm Collection : Références Lien à la collection : Références Maisonneuve et Larose.
Note(s) : Bibliogr., 1 p. Index Reproduction : Fac-sim. de l'éd. de Paris : Larose, 1932 Sujet(s) : Almohades (dynastie)
Architecture islamique
-- Maroc
-- Haut Atlas (Maroc)
Fortifications
-- Maroc
-- Haut Atlas (Maroc)
Art berbère
-- Maroc
-- Haut Atlas (Maroc)
Indice(s) Dewey : 725.18
(21e éd.) ISBN 2-7068-1498-5 (br.) : 150 F : 22,87 EUR Notice n° : FRBNF37637065 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb376370658/PUBLIC ------------------------------------------------------------------------------------------------ Type : texte imprimé, monographie Auteur(s) : Huet, Karin (1953-....)
Titre(s) : Sous les toits de terre [Texte imprimé] :
Haut-Atlas : éléments d'architecture traditionnelle et décoration
picturale dans l'habitat berbère des hautes vallées / [textes], Karin
Huet, [photogr. et dessins], Titouan Lamazou Publication : Casablanca : Belvisi-Al Madariss ; Lons (4 bis av. d'Auteuil, 84140 Billère) : Publi-Action, 1988 Impr. en Espagne Description matérielle : 150 p. : ill. en noir et en coul. ; 34 cm Autre(s) auteur(s) : Lamazou, Titouan (1955-....
). Illustrateur Sujet(s) : Peinture et décoration murales berbères
-- Maroc
-- Haut Atlas (Maroc)
Art berbère
-- Maroc
-- Haut Atlas (Maroc)
Constructions en terre
-- Maroc
-- Haut Atlas (Maroc)
ISBN 2-906922-00-5 (erroné) (rel.) : 390 F
Notice n° : FRBNF36632047 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb366320470/PUBLIC
Source: Catalogue Bn-Opale Plus |
12 avril 2008
Hommage à Zerrouki Allaoua
Le rossignol de la chanson kabyle
L’artiste accrocha ses fans avec sa grâce naturelle et aussi sa force oratoire et ses tendances poétiques.
Allaoua Zerrouki, le rossignol de la chanson, est
de retour cette semaine! Sous l’égide de la direction de la culture de
la wilaya de Tizi Ouzou, est organisée une évocation du grand chanteur
et ce, du 15 au 17 avril à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de
Tizi Ouzou.
Un riche programme est arrêté avec des expositions, des
conférences sur la vie et l’oeuvre de l’artiste et aussi une projection
d’un reportage et d’un documentaire sur Seddouk ainsi qu’un spectacle
et des témoignages avec la participation de ses amis artistes et des
grandes figures de la chanson.
Zerrouki Allaoua est né le 05 juillet
1915 à Amalou, un village des environs de Seddouk. Issu d’une famille
généreuse, son père Séghir ben Arezki était imam à Aït Aïdel.
Très
tôt Allaoua a fait montre de son intérêt pour la musique, il
confectionnait lui-même à l’aide de roseau ses flûtes et autres pipeaux.
N’ayant
pas, pour des raisons propres à l’époque, été au collège, Allaoua passa
le plus clair de son temps à l’apprentissage des saintes écritures.
Adolescent il s’était découvert une passion pour la poésie et la
chanson.
Dans le même temps, il débarque à Béjaïa et tout en
travaillant pour assurer son pain il continue de s’intéresser à l’art
et à la chanson.
Il est initié aux instruments à cordes, à la flûte et aux rythmes par Mahmoud Baâli, Larbi Abdelwahab et Boudjemaâ Kadim.
La chanson andalouse fut son premier penchant et marqua ses débuts artistiques.
Au
milieu des années quarante, Zerrouki Allaoua quitte le pays et
s’installe dans l’émigration, il se produit sur les scènes de France et
de Navarre; là où se trouvent les travailleurs algériens, l’artiste
accrocha ses spectateurs et auditeurs avec sa grâce naturelle et aussi
sa force oratoire et ses tendances poétiques.
En 1948, c’est son premier microsillon chez Marconi avec «Tilifun Sonni Sonni»
etc. Zerrouki Allaoua a tout chanté: la vie, l’exil, son expérience au
fond de la mine, la nostalgie du pays et aussi l’amour et la séparation
d’avec sa dulcinée.
Cette dulcinée qu’il a d’ailleurs fini par
épouser en 1953, et qui lui donna deux enfants: Moh Seghir et une fille
qui mourra durant l’épopée libératrice. Avec plus de vingt chansons et
autres airs, la carrière de Zerrouki Allaoua est assez bien remplie.
Ses chansons sont d’ailleurs toujours fredonnées comme El Babour, A
tassekurt, Sidi Aich, Tskhilek attir, D acu I gurbeh, Lewjab n wassen,
ay Aziz attas itezhid, Zhar Ula, et aussi un hommage au colonel
Amirouche.
Un accident de la circulation alors qu’il se rendait à
Avignon où il devait se produire avec son camarade de voiture et
compagnon: Dahmane El Harrachi. Miraculé mais fragilisé par l’accident,
Allaoua décède le 17 novembre 1968 suite à ses blessures à Paris; il
repose aujourd’hui au cimetière du père Lachaise.
A. SAÏD
Source: L'expression -->12 Avril 2008 - Page : 21
11 avril 2008
Hnifa, une vie brûlée
Documentaire sur une grande figure de la chanson kabyle
Hnifa,
une vie brûlée, film documentaire réalisé par Ramdane Iftini et Sami
Allam, adapté du livre biographique du journaliste Rachid Hamoudi, a
été projeté en avant-première jeudi dernier à la maison de la culture
Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.
D’une
durée de 60 minutes, l’œuvre retrace la vie tumultueuse de cette grande
dame de la chanson kabyle (1924-1981) au destin tragique souvent
comparé à celui d’Edith Piaf. Le portrait aborde en filigrane la
situation sociale des Algériens durant la colonisation, l’émigration,
la création de la radio d’expression berbère, les débuts de la
révolution.
Musicalement, il nous replonge par le truchement de l’image
et du son dans le monde merveilleux et éternel des chouyoukh du chaâbi
comme El Anka, M’rizek et les autres ténors de la chanson algérienne
des années d’or tels que Fadhila Dziria, Slimane Azem, Cherifa, Nouara…
Pour revenir au sujet du film, le réalisateur s’est contenté de deux
témoignages sur Hnifa. Une amie d’enfance de la chanteuse et l’auteur
compositeur Kamel Hamadi. Peu d’images aussi sur l’artiste disparue si
ce n’est quelques séquences vivantes puisées dans deux films dans
lesquels l’artiste a joué un rôle de figurante. Mais cela ne diminue en
rien à la qualité documentaire et technique de ce film qui a reçu
l’olivier d’or dans la catégorie documentaire lors de la 8e édition du
Festival du film amazigh qui s’est déroulé à Sétif et qui vient de
décrocher le prix du meilleur sujet au panorama du cinéma algérien
organisé à Riadh El Feth.
« On n’a pas la prétention d’avoir ramassé la
vie de Hnifa en une heure de temps. Notre documentaire n’est qu’un
petit travail pour perpétuer la mémoire de cette grande dame de la
chanson berbère (...). On n’a pas de biographies (livres, films). Dès
qu’un artiste disparaît, on reste dans les hommages posthumes », a
indiqué M. Iftini. Rachid Hamoudi, auteur du texte, dira pour sa part :
« Hnifa, c’est d’abord une femme qui a eu une vie très tourmentée qui
se prête à bien à l’écriture.
C’était aussi un fil d’Ariane pour faire
connaître le contexte culturel dan slequel elle a vécu. On ne parle pas
que d’elle dans le documentaire, mais aussi des autres chanteurs, de
l’histoire de la radio, de l’apport des artistes de l’émigration à la
révolution, de l’exil, etc. Il faut dire aussi que nous manquons de
biographies sur les grands artistes ou écrivains. Peu d’entre eux se
sont livrés sauf peut-être Bachtarzi, Mohamed Hilmi, Rouiched et ces
dernières années Djohra Abouda et Matoub Lounès dans leurs livres. La
plupart étaient illettrés et les récits autobiographiques sont
également peu prisés dans une société où la pudeur est une valeur
centrale. A l’exception du journal de Feraoun, de notes de Rachid
Mimouni même nos écrivains se sont contentés de fiction. Il y a aussi
un manque cruel d’archives au niveau des éditeurs de l’époque ou des
organismes de spectacles. Il y a 10 ans, les archives de l’entreprise
étaient dans un état lamentable.
A propos de Hnifa, on l’a comparée à
Edith Piaf. Sait-on combien de livres et tout récemment un film (La
Môme) qui lui ont été consacrés ? Au hasard, que connaît-on vraiment de
Fadhila Dziria, de Tetma ou pour rester dans le champ culturel
d’expression kabyle de Mouloud Mammeri, de cheikh Aheddad ? Un
documentaire, un film, une émission permet d’abord à mon humble avis de
faire connaître aux nouvelles générations une partie de leur histoire
et de leur identité. Il faut retisser les fils distendus de la
mémoire. »
Ahcène Tahraoui
Source: El Watan, Edition du 10 avril 2008 > Supplément TV
- Projection du film-documentaire fiction Hnifa, une vie brûlée de Ramdane Iftini et Sami Allam
La diva ressuscité par le cinéma

La projection débat du film documentaire de Ramdane Iftini et Sami Allam, Hnifa, une vie brûlée, a eu lieu jeudi
dernier au siège de l’association. Il s’agit de remettre en séquences
l’adaptation du livre de Rachid Hamoudi, qui retrace la vie tumultueuse
d'une artiste à la voix unique dotée d’un talent hors norme, et ce
depuis sa naissance en 1924 jusqu'à sa disparition en1981.
L’immortelle
diva de la chanson kabyle renaît de ses cendres. En effet, un
documentaire a été présenté comme le récit d’une vie et d’un parcours
hors du commun au format fiction. ainsi, sur 52 minutes de fiction,
cette dernière retrace sa vie et avait sa place vu le manque d'images
et de son de Hnifa, hormis ses chansons, son passage dans le film
l'Incendie et quatre photos que le réalisateur a choisies de présenter
façon Marilyn Monroe par Andy Warhol. Dans le cadre de la manifestation
"Alger, capitale de la culture arabe 2007", la salle Algéria projettera
aujourd’hui l’avant-première du documentaire consacré à la diva de la
chanson kabyle, Hnifa.
Le film-documentaire intitulé Hnifa, une vie
brûlée, retrace la vie et la carrière artistique de la chanteuse kabyle
(1924-1981). Le film de 52 mn est produit et réalisé par Ramdane
Iftini, en collaboration avec Samy Allam. Cette réalisation
cinématographique est inspirée d’un texte du journaliste Rachid
Hamoudi. Artiste au destin tragique, Hnifa est née dans un village de
Haute Kabylie et à l’époque elle connut, à l’instar du reste de ses
congénères, l’émigration vers la Casbah d’Alger d’abord et vers la
France ensuite. Elle a chanté l’amour, la misère, l’exil...des thèmes
en somme qui décrivent la tourmente et les destins contrariés.
Hnifa
est décédée en 1981, dans un hôtel parisien. Sa dépouille est restée
près d’un mois à la morgue, avant d’être enterrée dans un cimetière de
la banlieue parisienne. Grâce à sa fille et aux artistes de sa
génération, ses ossements ont été rapatriés au cimetière d’El Alia.
Ramdane Iftini, coauteur avec Samy Allam du documentaire, Hnifa, une
vie brûlée, n’est pas revenu de la 8e édition du Festival du cinéma
amazigh, les mains vides. Premier produit, premier prix !
Le
réalisateur, qui signe là son premier documentaire sur la vie et aussi
le contexte socioculturel dans lequel a vécu l’artiste, a raflé la plus
haute distinction de ce rendez-vous cinématographique, l’Olivier d’or.
Un trophée qui vaut 200 000 DA et plus que ça : un symbole !
Le réalisateur déclare à ce sujet : “Sincèrement,
j’avoue que tous les gens qui font un travail dans n’importe quel
domaine artistique s’attendent à être récompensés de quelque façon que
ce soit. Les prix en Algérie, je n’en ai pas une
grande idée, mais en tout cas c’est toujours un plus pour ceux qui les
arrachent en proposant une œuvre quelle qu’elle soit. Cela ouvre
certainement d’autres portes aux lauréats pour de nouvelles productions
artistiques et leur permet également d’avoir une sorte de carte de
visite qui convainc”.
A une question de savoir ce qui a motivé son
choix, le réalisateur déclare : "Au départ, ce produit devait être un
livre cosigné avec Rachid Hamoudi. Nous avions tenté de reconstituer la
vie, le parcours de Hnifa, et aussi tout le
contexte socioculturel de l’époque. L’ouvrage était bouclé en 1993, et
au moment de l’éditer Rachid Hamoudi et moi-même avions quitté Alger.
Ce n’était pas la seule raison qui a motivé la non-édition du
manuscrit, c’est surtout le fait que le document n’était pas très
étoffé, il contenait 80 pages, et nous n’avions pas trouvé plus de
quatre photos d’archives. C’est par la suite, sur la base de ce travail
que nous avions, au début des années 90, reconstitué le scénario de
l’œuvre Hnifa, une vie brûlée. A l’écran, nous avions buté sur un tout
autre problème : celui du manque d’images d’archives. Extrêmement rares
étaient les images qui mettaient en scène Hnifa.
Il y avait une seule séquence d’elle dans El Hariq de Mustapha Badie, où elle a campé un petit rôle, mais il fallait le savoir ! Dans
notre documentaire, nous avons donc opté pour une reconstitution de
quelques événements historiques qui s’étaient déroulés entre 1924 –
date de la naissance de Hnifa et le début des années 80 – date de sa
mort en 1981-, puis nous avions également reconstitué l’historique des
figures marquantes de la scène lyrique, à commencer par Sfindja, entre
1910 jusque dans les années 80, avec notamment l’émergence de Ferhat
Imazighen Imoula et Idir”.
Merbouti Hacene
Source: La Dépêche de Kabylie N° :1747
Date 2008-03-01